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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 21:40

 

 

1388250_7_44f6_une-scene-du-film-italien-de-ferzan-copie-1.jpg

Nous sommes, Bertrand et moi, en vacances depuis vendredi soir. Comme chaque année, ou presque, nous irons à Sitgès du 3 au 13 aout, mais nous décidons toujours au dernier moment, en fonction de la météo,  du trajet aller et retour qui nous y amènera. Cette fois nous partirons jeudi pour le Mont saint Michel que Bertrand ne connait pas, avant de rejoindre Bordeaux vendredi où nous espérons que le temps, qui s'annonce incertain à l'ouest,  nous permettra d'aller initier notre bronzage à la plage gay du Porge. Dimanche nous atteindrons Saint Jean de Luz, la ville de mes vacances d'enfance et d'adolescence, sans oublier d'emporter le CD des chansons  basques de Louis Mariano, avec au programme un diner prévu "Chez Pablo" (ah les succulents chipirons à l'encre!) et une perfection du bronzage (croisons les doigts, le Pays Basque est peut être encore plus arrosé que la Bretagne) à la plage, gay elle aussi, des "100 marches" à Bidart. Le 3 au matin nous traverserons la frontière à Irun pour nous diriger vers Sitgès. Le 13 nous prévoyons un retour sur paris avec une étape en Dordogne à Sarlat, que bien que bordelais je n'ai jamais visité.

 

Nous avons vu ce week-end un film qui m'a enchanté, une comédie tendre, "Le premier qui l'a dit", l'histoire d'un fils de bonne famille italienne qui se fait doubler par son propre frère pour faire son coming out. On pourrait reprocher au réalisateur une certaine naïveté dans ce pamphlet en faveur du droit à la différence qui oscille entre la comédie à l'italienne et le mélodrame, il me semble pourtant que le film fait souvent "mouche"  et touche au plus profond. Courrez y.

On est loin de l'émotion et de la tendresse avec "Inception", thriller fantastique, métaphysique ou de science-fiction, on ne sait, mais un peu trop intelligent, trop brillant. On est sidéré par la virtuose du réalisateur qui semble arriver à ne pas se perdre dans ces mondes de virtualité/réalité emboitées, le spectateur lui un peu, et puis après tout le réalisateur aussi si l'on en croit le dernier plan du film!

 






 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 21:15

 

 

 

989-notre-dame-paris-BP.jpgUn soir de la semaine dernière, le temps était plutôt lourd, le "mari" (soyons moderne) de mon ex (celui pour lequel il m'a quitté, 13 ans déjà, il y a prescription!!) nous avait convié à un pique nique sur les bords de Seine, au pied de Notre Dame. Nous nous retrouvâmes à 12, Pont saint Louis, un petit pincement au coeur en passant devant les jardins de Notre Dame qui furent un de mes terrains de chasse quand habitant Bordeaux je venais m'éclater à Paris (avant que Chirac en 1985 ne les fasse fermer la nuit). Nous avons renoncé à nous installer rive droite, plutôt gayfriendly, mais la place était prise. Nous nous sommes donc déployés rive gauche, où l'espace disponible est bien plus important. Autre souvenir, celui des gigantesques bals gay du 14 juillet, qui ont été supprimés, si ma mémoire ne me trahit pas, le mois de juillet qui a suivi la coupe du monde de foot ball de 1998, en raison d' incidents homophobes. Le lieu doit prédisposer à l'homophobie, car je ne sais combien de fois nous nous sommes faits traités de pédés...dans toutes les langues..encore un souvenir du bon vieux temps!

Le hasard fait que je suis en train de lire "Le grand nulle part", de James Ellroy, un des chefs d'oeuvre du roman policier, le premier que je lis de cet auteur dont je ne connaissais jusqu'ici que les adaptations cinématograhiques de ses oeuvres, notamment L.A.Confidential. Il n'est pas facile d'entrer dans ce roman aux personnages multiples, à l' intrigue foisonnante, à l'écriture hachée. Si la chasse aux communistes dans les milieux du cinéma au temps du Mac Cartysme est au centre de l'intrigue, l'histoire se concentre aussi sur le milieu homosexuel dans ce qu'il a de plus sordide et décrit jusqu'au malaise l'homophobie de l'époque à Los Angeles. Pourtant le personnage le plus attachant est celui du policier Danny Upshaw, qui enquêtant sur une série de meutres dans les milieux homosexuels, va progressivement prendre conscience de son homosexualité.

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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 19:53

 

 

 

gecole4-copie-3.jpgLors d’un récent billet consacré à la gaypride j’avais indiqué que nous avions le lendemain participé à une fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur « inscription ». J’avais répondu à une « invitation » reçue sur un site gay, invitation qui recommandait de s’inscrire à l’avance en envoyant par e-mail une photo visage et corps. Je subodorais que je ne correspondais sans doute plus aux critères d’âge le plus souvent appliqués pour ces évènements, mais en l’absence de précision, j’avais envoyé un lien vers les photos de Bertrand et de moi sur le dit site gay de rencontre où nous ne cachons rien de notre anatomie et j’avais reçu en retour une acceptation de l’inscription.
Arrivé sur les lieux de la sauterie, un « profileur » accueillait les participants et j’ai eu le sentiment que si je n’avais pas pris la précaution d’amener avec moi mon « attestation » d’inscription, nous n’aurions pu franchir l’entrée. Ceci fait nous découvrîmes, après nous être débarrassés de nos vêtements dans les sacs poubelles fournis, un lieu immense, sur plusieurs étages avec bar, salons de « repos », distributeurs de gel et de préservatifs, et même douches. J’ai eu vite confirmation de mon pressentiment, j’avais étonnamment échappé au filtre de la sélection (dilettantisme du « profileur » internet ?), car j’étais de loin le plus âgé des participants dont la majorité avaient des corps qui en auraient fait rêver plus d’un. Pourtant l’ambiance était loin d’être aussi « chaude » que ne le laissait supposer l’invitation : lieu trop grand pour le nombre de participants, tendance de certains à se donner un air d’inaccessibilité où à ne venir qu’en « touriste » pour se « faire désirer », difficulté pour d’autres de choisir entre tant de si beaux spécimens.... ? On trouve là la limite d’application de critères de sélection trop sévères. Je ne serais pas étonné que bien des participants ne se soient contentés que du seul plaisir des yeux. Ce ne fût pas mon cas mais l’expérience ne sera pas inoubliable...
Ce type de soirées « sur inscription ou sélection» existent depuis fort longtemps. J’ai ainsi fréquenté pendant plusieurs années les « après midi » du Clan Nature, organisés le premier dimanche de chaque mois dans un bar sexe privatisé pour l’occasion, avec une sélection à l’entrée plus ou moins sévère selon le « profileur » (un temps même la sélection se faisait en deux temps, sévère les deux premières heures, puis plus souple...). Internet a permis la prolifération de ces « sexparty », avec une sélection qui se fait maintenant sur « dossier ». Nous avons pris l’habitude depuis quelques temps de nous inscrire à telle ou telle de ces propositions, en fonction des critères plus ou moins explicites qui sont donnés, désir sans doute de voir d’autres têtes (entre autres) que celles que nous côtoyons régulièrement dans nos bars sexes préférés. Nous avons ainsi été à deux reprises à une « touze », dont les critères de sélection sont plus axés sur le côté « bien foutu, bien monté » que sur l’âge, avec un nombre limité de participants (entre 20 et 30). Le mot « touze » est d’ailleurs contestable car cela ressemble plus à ce qui se déroule dans les bars sexe « naturistes » qu’à une mêlée générale, mais avec une clientèle qu’on a pas l’habitude de rencontrer dans ces endroits publics. Dans sa première partie, cette soirée est filmée par l’organisateur (les participants portent alors un masque) pour être mise sur un site internet payant...
Hier soir nous étions « parrainé » par un de nos contacts internet pour participer à une touze « géante », la soirée « des sans culottes », plus de 150 personnes, organisée dans un appartement de 200 m2 en banlieue (mais vue sur la Tour Eiffel) avec de larges terrasses aménagées pour n’être pas accessibles à la vue du voisinage. Apéritif en petite serviette autour de la taille jusqu’à ce que tout le monde soit là, avant que le « jeu » ne commence. Il y avait même une tombola où Bertrand a gagné un barbecue ! De loin le plus sympathique de ces évènements auxquels nous avons pris part, et de loin aussi le plus « chaud ». « Clientèle » beaucoup moins star que rue quimcampoix (quelques présents aux deux tout de même !), atmosphère beaucoup plus « conviviale » dans tous les sens du terme mais bien sûr sélectionnée. Nous sommes rentrés a plus de 2 heures du matin.
J’ai eu à plusieurs reprises des amants qui n’acceptaient pas ce « principe de sélection », et qui, même s’ils remplissaient parfaitement les critères, refusaient d’aller dans ce genre d’endroits. Vieux réflexe égalitaire...Mais le désir ignore les principes de la République, et la sélection, si elle n’est pas imposée à l’entrée se fait après, comme à l’université. Personnellement , même s’il a pu m’arriver d’en être la victime et si les temps sont proches où il sera sage que je ne tente pas le diable, cela ne m’a jamais choqué à condition que cette sélection soit transparente (pas du type : « la direction se réserve le droit d’admission ») sur des critères annoncés sans ambiguïté, ce qui est cependant assez rarement le cas.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 21:31

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La presse s’est faîte l’écho de l’utilisation très répandue d’une nouvelle drogue que l’on pourrait se procurer sur internet, « la méphédrone », drogue euphorisante qui simule les effets de l’ecstasy. Les Autorités de Santé viennent de lancer une alerte en raison de plusieurs cas de décès. L’utilisation de  telles drogues récréatives répond aux effets de mode. Il y a deux ou trois ans, lors d’un épisode tragique survenu au cours d’une soirée gay « people », il a été dit qu’une des drogues consommées avait été « la drogue du violeur », le GHB. Je n’avais pas immédiatement identifié de laquelle il s’agissait, il y a tellement de « drogues du violeur », et ce d’autant plus qu’il n’y avait pas eu viol (mais le terme est sans doute plus vendeur que celui de « drogue récréative »).
Renseignements pris, il s’agissait d’un dérivé du GABA (une des molécules, appelées neuromédiateurs, qui transmettent l’information entre neurones dans le cerveau). Ce neuromédiateur intervient dans les situations d’alarme, de peur, d’anxiété et d’éveil. Il a été découvert par Henri Laborit au début des années 60, un neurochirurgien militaire qui s’était déjà illustré en découvrant, 10 ans plus tôt, les propriété antipsychotiques de la chlorpromazine, ce qui allait révolutionner le traitement de la schizophrénie et contribuer à la sortie de l’asile de nombreux malades. Le GABA est utilisé en médecine comme anesthésique en raison de ses propriétés hypnotiques et relaxantes, son utilisation ayant été détournée du fait de cette action relaxante, avec diminution de l’anxiété, euphorie, état proche du rêve et de l’ivresse. Il est également utilisé par les bodybuilders pour d’autres raisons. Il n’est pas normalement pas possible de s’en procurer mais certains semblent y parvenir sur internet. Alors pourquoi « drogue du violeur », tout simplement parce que ses propriétés hypnotiques, si on l’introduit subrepticement dans une boisson, peut permettre de prendre en partie le contrôle d’une personne. Mais ceci est le cas de biens des tranquillisants, surtout ceux qui agissent sur le GABA, notamment le Rohypnol, ce qui a conduit à ne plus en commercialiser que la posologie la plus faible et en modifier la composition afin qu’il colore les boissons ou l’Halcion, qui a été retiré du marché. Ce détournement de médicaments à des fins « récréatives » ou criminelles, ne date pas d’aujourd’hui. Je me souviens qu’un de mes premiers amants avait voulu me faire croire qu’il était dépressif, pour que je lui prescrive du Survector, un antidépresseur utilisé alors surtout chez la personne âgée, mais dont j’ai appris qu’il l’utilisait à des doses dix fois supérieures en discothèque, comme stimulant. En fait ce produit à forts doses a des propriétés amphétaminiques (comme l’extasie) et a du être, lui aussi, retiré de la vente. Un autre médicament de ce type, utilisé en médecine vétérinaire surtout, la kétamine, dangereux hallucinogène, est également très recherché dans certaines soirées.
Il va sans dire, qu’outre les risques d’addiction, ses drogues peuvent être mortelles, notamment si elles sont associées ou prises avec de l’alcool qui les potentialise, ou si la personne a le moindre problème cardiaque (souvent méconnu…).
Certaines drogues, apparemment plus anodines, comme les « Poppers », qui sont aussi dérivés d’un médicament utilisé dans des tests cardiologiques (le nitrite d’amyle), peuvent provoquer de sérieux problèmes cardiaques (et ils sont d’ailleurs contre indiqués avec les stimulants de l’érection comme le viagra). On peut comprendre que leur interdiction à la vente en France en 2008 ait perturbé la communauté gay. Ils sont depuis peu à nouveau autorisés, le Conseil d’Etat ayant cassé l’arrêté d’interdiction, le jugeant proportionné par rapport au risque.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 22:46

 

 

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L'extrait qui suit du livre de Jacques Fortin, "l'homosexualité est elle solublke dans le conformisme", rappellera aux habitués de ce blog bien des propos qui y ont été tenus :

"Nous sommes-nous battus pour ça ?
Pétition pour le « mariage gay » à l'heure où le mariage hétéro implose, sans s'interroger outre mesure sur le contenu possessif, oppressif du mariage. Homoparentalité à deux papas deux mamans qui revendique d'instrumentaliser les corps en mère porteuse ou donneur anonyme. Retour en force de la « romance amoureuse » et du duo/duel de la conjugalité à la mode hétérosexuelle. Changement d'état civil (bien hétéronormé ?) pour les transexuel/les...
Tout cela sent la reddition à l'ordre sexiste. On n'est plus dans la mise en procès de l'hétérosexisme machiste, mais plutôt dans le syndicalisme exigeant sa part à lui du « grain à moudre ».
En même temps que, orchestrateur sournois de nos imaginaires, s'est épanoui un espace commercial qui dicte les modes, les comportements, les goûts, l'égotisme sexuel et la futilité consommatrice.
Est-ce bien de cet utilitarisme, de ces normes et de ces « valeurs » dont les « hors-le-genre » avaient besoin ? Cela correspond-il à nos vies réelles ?
.......
L'abrogation de vieilles lois indignes était nécessaire ici et reste urgente ailleurs ; l'égalité de droits va de soi, elle est demandée maintenant... mais de quels droits qui ne soient pas piégeurs ? de quelle égalité qui ne soit pas un miroir aux alouettes ?"

Jacques Fortin, militant LGBT, est un des fondateurs de la revue "Masques", assez élitiste, qui à la fin des années 70 et au début des années 80 était dédiée aux expressions culturelles des homosexualités. Jacques Fortin est aujourd'hui militant du parti du facteur, bien loin donc de ma sensibilité politique actuelle... Serais je toujours marqué par mon passé gauchiste? Mais Edmond White, dans sa chronique biographique des années 70 à New York récemment parue, "City Boy", dit à peu près la même chose. Opinion d'une génération?

Il me semble pourtant qu'il y a d'autres urgences aujourd'hui que celle du mariage et de l'adoption, l'homophobie qui est loin de régresser, le suicide des jeunes gays, etc... Ce qui m'étonne le plus c'est cette attachement au mot "mariage". Il me semble pourtant que l'important c'est l'égalité des droits, et que le mot "mariage" a une connotation culturelle si hétérosexuelle qu'elle a tendance à me paraître ridicule quant il s'agit de deux hommes (ou deux femmes). Une "union civile" ou autre, avec les mêmes droits me conviendrait tout à fait. Mais sans doute nos nouveaux conformistes sont ils "nominalistes" et de la même façon qu'ils font débuter l'histoire de l'homosexualité à l'invention du mot (certains se rappelleront les échanges plutôt vifs que m'avaient valu mes positions "essentialistes" quant à l'homosexualité dans la Grèce antique), ils ont besoin du mot "mariage" pour se sentir "normaux". Et puis c'est vrai, le mariage appelle des enfants (restons conformiste), d'où la nécessité d'obtenir aussi l'adoption...le mot "mariage" serait le sésame au droit à l'indifférence...Les "folles", nos ancêtres", étaient souvent inséparables de leur "petit chien", nos nouveaux homos auront leur enfant...


" Il était cinq heures du matin. Je suis entré dans le square qui forme la pointe de l'île Saint-Louis et d'où l'on peut, en enjambant d'autres barrières, accéder à des quais, en contrebas, un cap, d'autres taillis. Quatre ou cinq dragueurs croisaient en ces parages, un assez beau garçon était agenouillé devant un autre, qui s'arc-boutait contre un arbre. Je venais de me répandre moi-même, dans les profondeurs de la rue des Anglais, avec un musculeux étranger. J'étais donc sans désir immédiat, libre, détaché, absent en quelque sorte à ces ombres, ces quêtes, ces rares accordailles entre deux eaux. Et pourtant je sentais une fois de plus, de toutes mes forces, que là était bien mon univers, que ces marcheurs obstinés étaient mes frères, que j'étais pour toujours de leur côté de la barrière, contre les dormeurs, les vertueux et les indifférents ; que ce jardin c'était mon camp, ce fleuve mon ami, cette beauté mon sommeil, et cette veille ma joie. "
(Renaud Camus, Aguêts, journal 1988, 1998)

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 22:03

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Notre première participation à la Gaypride en tant qu’association a quelque peu manqué de professionnalisme. Nous avions certes de beaux T-shirts bleus aux couleurs de l’AMG, mais pas de banderole, ce qui s’avéra être une erreur car les 8 ou 9 adhérents ayant tenu leur engagement (nous aurions du être au moins 13) ont eu beaucoup de mal à rester ensemble sur un même niveau sans nous faire disperser par la masse des participants. Nous avons pu tout de même distribués les milliers de « cartes de visite » de l’association et nouer de nombreux contacts, nous aventurant même en fin d’après midi à prolonger cette distribution en faisant un tour des bars du marais….Nous ferons mieux l’année prochaine…Une frustration cependant, l’absence de vision d’ensemble de la marche et de son affluence puisque nous n’en avons vu que ce qui était devant et derrière nous. Il m’a semblé que l’ambiance était plus à la fête qu’à le revendication et qu’il y avait un monde fou, ce qui rend sidérant de mauvaise foi les chiffres de participation de la préfecture de police. Le soir, comme à l’habitude le Marais était en ébullition. Nous avons clôturé tout cela avec Bertrand le lendemain en allant participer « chaudement » à la fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur inscription…

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 21:35

 

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Il se confirme que l'épidémie de SIDA pourrait être éradiquée si on s'en donnait les moyens. Le traitement systématique de toutes personnes infectées apparait selon un modèle mathématique comme le meilleur moyen de prévention : "le dépistage volontaire universel du VIH chez l'ensemble des adultes (en moyenne une fois par an), suivi immédiatement d'un traitement antirétroviral en cas d'infection, permettrait de réduire de 95 % l'incidence annuelle de l'infection par le VIH en dix ans. " annonçait l'OMS sur le site du Lancet en 2008. Elle s'apprête à recommander le traitement antiviral comme arme anti transmission. Deux écueils majeurs cependant à la mise en œuvre efficace de ce programme : la  possibilité de réalisation d'un dépistage systématique et le coût...

Un moyen de réduire le coût serait sans doute de mieux connaître les groupes à risque et ainsi de mieux cibler le dépistage. On n'aurait pas imaginé que les seniors qui ont tant de mal à garder un emploi dont on va pourtant reculer l'âge limite se voient offrir une compensation par une prolongation de leur vie sexuelle!
Les plus de 50 ans seraient de plus en plus nombreux à être contaminés par le VIH... Des mauvaises langues, se référant à un de mes billets précédents, pourraient penser que les troubles de l'érection qui deviennent fréquents après cette étage chez ceux d'entre eux, nombreux, qui souffrent d'affections métaboliques (diabète) et cardiovasculaires, amènent nombre de séniors à se contenter de la sodomie passive qui est la pratique la plus risquée, mais vous n'y êtes pas du tout!  Une des raisons invoquées (outre le fait que l’augmentation de l’espérance de vie des personnes contaminées grâce aux traitements augmente automatiquement ceux qui atteignent l’âge de 50 ans !) est la prise de viagra qui permettrait de poursuivre plus longtemps des activités sexuelles ! Lorsque la très sérieuse OMS a rapporté ce fait il y a déjà un certain temps, un internaute, sur un autre blog, qui avait l'habitude, tel Mr Jourdain, de tenir des propos homophobes sans le savoir, avança que la principale raison devait être en fait la fréquentation régulière des salles de sport qui nous rendrait, nous les seniors, plus "virils" et donc ("dixit") plus attirants (les tantes, les folles tordues sauf les "bodybuildés", les queers, les bears, les crevettes, les bcbg avec leur vide poche en bandoulière, et toutes les autres seraient donc à l’abri...) !!

Quant on sait que  les adeptes des plans à 3 (ou plus) pour lesquels le SNEG lance une campagne de prévention (http://www.histoiresdemecs.org/ ) constituent aussi un groupe à risque, je peux considérer que j'ai "la totale" ou presque : pratique intensive du sport, plus de 50 ans, plan à plusieurs  fréquents, seul le viagra manque pour l’instant à l’appel (en fait j'ai bien fait un essai il y a une dizaine d'années pour tester si l'on pouvait diminuer la longueur de la période réfractaire entre deux coups...pas concluant!)


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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 21:55

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Pourtant ce sera ma première gaypride en tant qu' "acteur" du défilé. La nouvelle direction de l'Association des Médecins Gays a décidé de rompre avec la position de l'ancienne et nous défilerons donc, en 22è position, juste derrière le bus d'info service. Nous n'aurons ni de char, ni même de bus, n'étant pas assez nombreux à avoir accepté de défiler (même chez certains militants la visibilité fait problème) mais un T-shirt aux couleurs de l'association que je suis allé chercher ce soir dans un café du 3è où nous avions une réunion préparatoire.

Que de  chemin parcouru. Lorsque je suis arrivé à Paris, il y a 20 ans, la "Gay Pride" partait de République, passait à Bastille, puis suivait la rue de Rivoli jusqu'à Beaubourg. Quelques milliers de courageux seulement y participaient. Je dois avouer que le militant gay bordelais "libéré" que je croyais être a suivi sa 1ère marche parisienne...sur le trottoir. Petit à petit nous fûmes plus nombreux, la rue de Rivoli "s'est émue" (quelques incidents avec les forces de l'ordre devant l'Hôtel de Ville au début des années 90) et le parcours s'en est trouvé modifié. En 94 ou 95, de Montparnasse à la Bastille près de 80.000 personnes ont participé, jusqu'à atteindre 300.000 pour l'Europride en 97. Cette marche était alors festive, tous les bars et boites parisiennes y participaient, ainsi que le mouvement associatif autour du SIDA (Act-up était très présent avec une sono d'enfer). Mais peu à peu le milieu associatif "politisé" noyauté par le centre gay et lesbien a pris le pouvoir. Cette "fête" qui a culminé avec près de 800.000 personnes au début de ce siècle, est essentiellement devenue un mouvement revendicatif et syndical très corporatiste qui s'est traduit par l'exclusion, ou du moins le rejet en fin de cortège du "milieu" (bars, boites, etc). Son nom même a changé (Marche des fiertés, hétéro, lesbienne, gay, bi, trans)! Tout cela est bien moins festif que par le passé, le côté "Carnaval Gay" marginalisé.

Pourtant les réticences de certains gays persistent. Ainsi le trésorier de notre association qui a pourtant participé activement à l'organisation de notre participation ne sera pas présent. il n'est pas à l'aise avec l'image que cette manifestation donne de nous à travers sa médiatisation Je ne lui ai pas caché mon agacement et mon incompréhension. Je peux certes comprendre qu'on ne souhaite pas participer à cette manifestation, mais moins qu'on la dénigre parce "qu'elle ne donnerait pas une bonne image de nous". Cette "opinion" sur la GayPride était déjà celle de Frédéric Martel dans son livre "Le Rose et le Noir", histoire de l'homosexualité des années 70 à 90, qui accusait celle-ci d'être le témoin du repli identitaire, communautariste, des homosexuels. Didier Eribon avait alors vertement apostrophé l'auteur dans le Nouvel Observateur, montrant comment il cédait au discours hétérosexuel et sciait la branche sur laquelle nous étions assis. Car dans ce "donner une bonne image de nous", il y a un double déni : d'abord le déni de la "folle" (l'image le plus souvent reprise dans les médias, du moins au début, dans les reportages sur la gaypride), et donc le déni, reproduisant les comportements d'exclusion et rejet de l'autre, de tout un pan de la culture homosexuelle, mais surtout déni de tout ce qui a constitué le mouvement homosexuel de libération, qui pourrait être résumé par cette expression de Didier Eribon à propos de Genêt "La volonté de gêner". Nous ne nous sommes pas battu pour "donner une bonne image de nous" mais pour "être nous". Certains ne semblent pas voir que derrière la GayPride, il y a tout ce qui fait que la condition d'homosexuel a radicalement changé depuis quelques années. Sans les "GayPride" dont les émeutes de "Stonewall" et les manifestations organisées par Harvey Milk sont les ancêtres,  et ceux qui ont permis qu'elle passe en France de 1000 participants en 1990 à 800.000 aujourd'hui, nous n'aurions pas parcouru un tel chemin.

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 19:41

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Selon des chercheurs néerlandais qui ont réalisé une étude dite « scientifique » sur 42 hommes et femmes, les homosexuels ont la faculté de reconnaître d'autres personnes gaies plus rapidement que les hétéros, et ce « gayradar »  serait du au fait qu'ils sont beaucoup plus analytiques que les hétérosexuels, portent une plus grande attention aux détails et notamment aux petits indices sur l'orientation sexuelle d'autrui. Passons sur le fait que si cette enquête dont j’ai trouvé les résultats dans le magazine gay « e-illico » avait été réalisée sur d’autres communautés que celle homosexuelle, elle aurait sans doute soulevé l’indignation, pour nous intéresser à sa méthodologie quant à la constitution de l’échantillon « homosexuel ». Il est très peu probable qu’il ait été réalisé de façon parfaitement aléatoire  (car nombre d’homosexuels dissimulant leur homosexualité ne sont pas accessibles à l’échantillonnage) mais plus probablement dans les milieux gays, biais considérable puisque les gays du « milieu » répondent à différents « clonages » plus facilement repérables par leurs congénères que par les hétéros….Il me semble, en tous cas selon mon expérience, qu’en dehors de la minorité d’entre nous qui correspondent naturellement ou par provocation aux stéréotypes homosexuels de l’inconscient collectif (en d’autres termes qui portent les stigmates de la « folle »), notre façon de nous habiller, de façonner notre physique et surtout de croiser le regard de l’autre sont les clés de notre reconnaissance mutuelle, beaucoup plus qu’une quelconque capacité « d’analyse ».
On pourrait s’amuser de la même façon à étudier la possibilité de discrimination du caractère  « actif » ou « passif » de la pratique sexuelle chez les gays. C’est une question qui brûlait les lèvres de ma mère lorsque je lui ai jeté à la figure l’aveu de mon homosexualité. Pour les vétérans comme moi qui ont connu les heures de gloire de l’accession des gays à la visibilité, cette identification n’allait pas de soi puisqu’ à la fin des années 70, lorsque j’ai commencé à fréquenter les lieux de notre enfermement, on m’expliqua que la position du trousseaux de clé que l’on voyait à la ceinture de tant d’entre nous, à droite ou à gauche, indiquait dans quel sens nous fonctionnions. Le système pouvait même se sophistiquer pour préciser les pratiques par la couleur du mouchoir qui dépassait de la poche arrière de notre jean. Je dois avouer avoir oublier ces codes qui étaient tout de même bien plus sympathiques que les critères de la médecine légale au 19è siècle qui affublait les homosexuels de stigmates physiques, anus d’aspect féminin pour les passifs, forme particulière du pénis pour les actifs (« Les anormaux, cours au Collège de France », Michel Foucault).Cette signalétique semblait toutefois superflu pour ceux chez qui tout dans l’attitude évoquait pour nous la béance anale. Je n’allais pas tarder d’apprendre à mes dépends, qu’à l’apparence il ne fallait point se fier lorsque, en cette fin des années 70, Eric qui était mon amant et qui « prêtait » volontiers ses conquêtes à ses deux meilleurs copains avec lesquels il habitait le même grand studio, me mis dans les bras de Michel, très joli garçon qui se plaisait à se conformer aux stéréotypes de la « folle ». Michel avait la réputation d’être « très bien monté » mais je n’avais pas imaginé que ce fût à ce point là lorsque dans l’obscurité de la pièce où nous allions dormir tous trois, ma main découvrit son l’ampleur de son sexe lorsqu’il se glissa dans ma couche. Ayant encore une expérience très limitée de la sodomie, je bénis le ciel qu’il fût « folle ». A tort, il était actif, très actif même, j’ai mis quelques jours à m’en remettre…Je n’ai pas cherché à renouveler l’expérience.

Les folles n’étant  pas toutes « passives » (souvent tout de même!) et ceux qui font le plus « mec » loin d’être toujours actifs, on peut s’interroger sur la pertinence de la théorie psychosexuelle freudienne qui assimile la passivité à ce qui est féminin, castré et masochiste et l’actif à ce qui est masculin, phallique et sadique. Certes s’il peut y avoir superposition partielle de ces dichotomies, les pratiques homosexuelles ont aussi une indiscutable dimension historique, sociologique et culturelle. Mais surtout, toutes ces « théorisations » d’une pratique passent à côté de ce qui relève au moins autant du hasard que de la nécessité, l’expérience individuelle du plaisir et ses aléas. Si je m’en tiens à ma propre expérience, l’adoption lors de mes « premiers pas » d’une position préférentiellement passive dans mes rapports sexuels a plus tenu à mon manque de confiance en moi quant à mes performances sexuelles en tant qu’actif (on peut se demander si certains passifs exclusifs et insatiables chez lesquels on échoue à déclencher la moindre érection, n’ont pas compensé par une jouissance anale leur impossibilité d’une jouissance pénienne) qu’à une prédisposition  à cette position où à une recherche préférentielle du plaisir par cette voie (la sodomie, quelle que soit son sens, n’a d’ailleurs jamais constitué chez moi une condition pour que je considère un rapport comme satisfaisant). La passivité comme paresse….Et puis mes tous premiers amants étaient tous actifs, j’ai fait preuve d’une certaine capacité à l’adaptation…De plus toute tentative de théorisation « psychologique » de la sodomie a tendance à la « fixer » dans une des deux positions, ce que dément la possibilité de « réversibilité » d’un certain nombre d’entre nous ou même d’évolution temporelle ce dont je fais l’expérience depuis que je fréquente les bars sexe « naturistes » et que le poids du temps qui s’inscrit sur mon visage m’a amené à constater qu’un certain « argument» dont m’a généreusement doté la nature était devenu, notamment pour les passifs, un « attracteur » bien plus performant que mon « physique ». M’assumer en tant qu’actif a fait notablement remonter le « compteur » de mes rencontres…

Ne pas se fier au « gayradar »…


PS : Dans le livre qui tient lieu d’illustration, Léo Bersini  en vient – via Freud et Bataille, entre autres – à interroger la jouissance supposée dans l’acte sodomique : le rectum serait-il la tombe de ce phallus priapique que vénère le style macho ?

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 19:57

 

 

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Après avoir publié le billet précédent, je me suis souvenu de ces propos de Didier Eribon, qui l' auraient parfaitement illustré, dans son livre "Réflexions sur la question Gay : "Les vies gays sont des vies différées; elles ne commencent que lorsqu'un individu se réinvente lui même, en sortant de son silence, de sa clandestinité honteuse. Lorsqu'il choisit au lieu de subir et par exemple, lorsqu'il se compose une autre famille-constituée de ses amis, de ses amants, de ses anciens amants et des amis de ses anciens amants- et se reconstruit ainsi son identité après avoir quitté le champ clos et étouffant de sa famille d'origine et de ses injonctions tacites ou explicites à l'hétérosexualité. Une telle fuite ne signifie pas nécessairement, cela va de soi, la rupture totale avec sa famille, mais plutôt la nécessité de s'en tenir éloigné et de la tenir à distance. Avant cela, les vies gays ne sont que des vies vécues par procuration, des vies imaginées, ou des vies attendues, espérées autant que redoutées."

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