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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 23:08

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Tenu quelque peu écarté de ce blog par mon activité professionnelle, je n’ai pas pris le temps de me lancer dans l’écriture des quelques billets que l’actualité me signalait, sur le mariage gay avec les états d’âme de François Hollande ou le savoureux épisode des « guignols de l’info » que sont entrain de nous jouer les leaders de l’UMP, épisode qui a au moins le mérite de soulager un peu le gouvernement socialiste de l’acharnement médiatique dont il est victime.

Laissons tout cela mûrir encore un peu, j’aurais sûrement l’occasion d’y revenir, pour faire part de la tristesse, voire l’exaspération que m’inspire l’attitude d’une partie de la profession à laquelle j’appartiens. Je m’en tiendrais à trois exemples récents qui ont suscité chez moi une irritation croissante.

Il y eut d’abord, il y a quelques semaines, les déclarations de l’inévitable Patrick Pelloux, coqueluche des médias car c’est un « fort en gueule » qui passe bien dans le « poste », à propos d’un drame survenu sur l'autoroute A 20, où une Lotoise avait accouché seule avec son compagnon d'un enfant, portant des accusations sur le démantèlement des hôpitaux de proximité, avant de se voir apporté un démenti cinglant par la patiente qui s’était rendu dans un hôpital relativement éloigné non par contrainte, mais par choix. Il ne s’agit pas ici de nier le problème que pose la désertification médicale de certaines régions, mais en le plaçant là où il se situe vraiment, le manque de médecins (manque qu’on ne voit pas comment il pourrait être résolu sans certains mesures contraignantes quant à l’installation, même si on peut comprendre l’inquiétude des internes qui se sont mis en grève), et non au niveau des petites structures hospitalières, qui au-delà d’un coût que nous ne pouvons plus supporter, présentent un risque majeur en termes de sécurité pour les patients car moins on pratique certaines interventions (du fait d’une population insuffisante) plus elles sont à risque…Une situation décrite dans le film « Amour » de Haneke permet d’illustrer ce point. A la suite d’un accident vasculaire régressif dont la cause serait un rétrécissement athéromateux de la carotide, une solution chirurgicale peut être proposée pour prévenir une récidive qui pourrait elle n’être pas régressive. La décision d’opérer ne devrait être prise que si le risque de récidive est supérieur au risque opératoire, et ce dernier dépend en partie du chirurgien, les plus expérimentés étant généralement ceux qui opèrent souvent…..

Plus grave la parution de ce scandaleux « guide » des 4000 médicaments utiles ou dangereux par Bernard Debré et Philippe Even. Arbitraire, mal documenté, affirmations péremptoires sous couvert d’un rationalisme pseudo-scientifique, méconnaissance de certains des avancées les plus récentes de la médecine, mais surtout irresponsable car préjudiciable pour nombre de patients qui ne peuvent être que désarçonnés par la lecture de ce livre et être amenés à arrêter d’eux mêmes des médicaments qui leur sont indispensables, tout cela semble bien plus dicté par la volonté de se faire de la publicité et d’exploiter le filon « médiator » pour tirer un bénéfice financier d’un succès de librairie garanti par le soutien médiatique. J’ai feuilleté ce livre et ce que j’ai lu sur les antidépresseurs m’a stupéfié : les produits les plus récents (prozac et autres) sont classés comme inefficaces, et les produits de référence anciens (anafranil) comme dangereux. Il ne reste plus aux déprimés qu’à se suicider….De grands noms de la médecine se sont indignés, mais il a été bien peu fait écho à leur protestation. Certes il existe bien des médicaments inutiles et dangereux, plus souvent par la façon dont ils sont prescrits que par leur nature même, mais la façon dont cela doit être communiqué au grand public nécessite documentation irréprochable et sérieux. Des universitaires, les académies de médecine et de pharmacie s’y emploient et le résultat de leur travail devrait être bientôt disponible.

Enfin, cerise sur le gâteau, il y a eu cette grève de certains médecins libéraux pour protester contre le projet de limitation des dépassements d’honoraires. Et tout cela bien sûr au nom de l’intérêt des patients, slogan qui ne sert qu’à masquer, pas toujours certes mais bien souvent, intérêt personnel, fascination de l’argent et rentabilité. Ce masque est souvent devenu inconscient, une partie de la profession médicale, engagé dans un processus de surmédicalisation, ayant fini par se convaincre que celle-ci était indispensable à une « bonne » politique de santé publique. Sans être un adepte d’Ivan Illich, on serait sans doute effaré de connaître le nombre d’examens biologiques et radiologiques totalement inutiles qui sont pratiqués et pire encore le nombre d’interventions chirurgicales injustifiées (combien d’appendices et d’utérus auraient il pu chaque année être épargnés ?). J’ai peu pratiqué la médecine libérale, seulement de façon épisodique à l’occasion de remplacement d’un neuropsychiatre d’une ville « surmédicalisée », Pau, lorsque j’étais médecin hospitalier à Bordeaux dans les années 80, mais j’étais stupéfait par le nombre d’examens pour moi inutiles qu’il prescrivait et dont la seule justification me paraissait être la « rentabilisation » du matériel d’exploration (Doppler, électroencéphalogramme, etc…).

Plutôt que ce billet d’humeur j’aurais également pu donner mes impressions sur les excellents films que j’ai vus ces dernières semaines. « Après 68 », d’Olivier Assayas, qui montre comment un génération d’étudiants a frôlé le terrorisme (film qui peut paraitre ennuyeux à qui n’a pas vécu la période si j’en crois la réaction de Bertrand) ; « Les collines de Wellington », retraçant l’échec de la campagne napoléonienne au Portugal, film que la mort n’a pas permis à Raoul Ruiz, l’auteur du magistral « Mystères de Lisbonne », de réaliser mais que sa femme a su mener à bien avec sa propre sensibilité ; « Royal Affair » le beau film historique qui conte, au dix huitième siècle, l’amour et la fin tragique de Struensee, habité par l’esprit des « Lumières», médecin et conseiller du roi fou du Danemark; et surtout le bouleversant « Amour » de Michael Haneke, qui me hante encore.

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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 09:32

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Les séminaires de « team building » auxquels mon entreprise me convie régulièrement une fois l’an dans un environnement de la région parisienne certes agréable, ne sont pas de ceux, notamment du fait des activités sous forme de « jeux de rôle » que j’abhorre, qui me mettent le plus en joie, mais les nouvelles qui se sont succédé durant les deux jours de celui qui s’est déroulé la semaine dernière m’ont fait voir les choses sous un jour plus positif.

La plus probable était l’adoption en conseil des ministres du projet de loi sur le mariage homosexuel. Cela faisait certes peu de doute mais on entendait dire ici ou là que certains socialistes « de terrain » souhaitaient un report et le « Parisien » faisait état de confidences de proches de Hollande : "dans son esprit, un couple homo, ça reste une étrangeté" - sentiment qui reste, je le disais dans un précédent billet, celui d’une majorité d’hétérosexuel si ce n’est de la totalité. Crédible quand on se souvient des réticences de Jospin vis-à-vis du Pacs et des positions de son épouse. Il est des cas où l’on peut se réjouir que l’idéologie « contraigne». Un report aurait sonné comme un avis d’enterrement du projet dans le contexte du déluge de bêtises et d’insanités dont nous a gratifié la droite (en ce qui concerne Serge Dassault je ne suis pas sûr d’avoir identifié à la décadence de quelle Grèce il se réfère, l’actuelle ou l’antique ?)…Et dans le même temps le gouvernement espagnol renonçait à défaire la loi votée par les socialistes mais qui venait d’être validée par le conseil constitutionnel de ce pays. Il en sera de même en France, quelque soient les effets d’annonce de tel ou tel membre de l’UMP il ne sera plus possible de revenir en arrière.

L’heureuse réélection de Barak Obama semblait moins certaine. Il n’a certes pas confirmé les espoirs qu’on avait mis en lui mais la perspective de retrouver une Amérique dirigée par le membre d’une secte religieuse, aussi modéré soit il parmi les républicains, m’effrayait. Puisse cette victoire, obtenue en grande partie grâce au vote des minorités et qui montre que le règne sans partage de « l’hétérosexuel blanc » est terminée, faire réfléchir tous ceux, Jean-François Coppé en tête, qui entrainent la droite dans une dangereuse dérive identitaire.

Par contre, la prise en compte par le gouvernement Ayrault d’une partie importante du rapport Galois m'a presque surpris. Pourtant, je n’aurais point du l’être si l’on en croit ce que j’écrivais dans ce blog au lendemain des élections législatives : « François II a donc parachevé sa victoire par un triomphe électoral législatif qui semble lui donner encore plus de latitude que le premier du nom pour appliquer sa politique, même le Sénat est entre les mains de ses amis. Semble car, une fois les mesures symboliques prises, il ne le pourra pas. Son prédécesseur socialiste fit pendant deux ans ce qu’il avait promis, avant d’avoir à choisir l’Europe et le tournant de la rigueur, François Hollande n’aura même pas six mois. C’est parce que je le crois capable de réaliser aussi équitablement que possible et faire admettre cette « nécessaire adaptation » que j’ai voté pour lui».
Il lui faudra sans doute aller plus loin, se séparer des verts et des communistes, mais ne commencent ils pas à s’en aller d’eux mêmes? Cela risque malheureusement de n’être pas suffisant pour enrayer, ou encore moins inverser, l’incroyable unanimité de tous les médias pour fustiger les premiers mois du gouvernement Ayrault et crier au « couac » , à la queue leu leu, à la moindre manifestation, démocratique, d’une opinion réservée ou divergente d’un membre ou d’une formation de la majorité….Sarkozy se plaignait d’avoir été lynché par la presse, ce qui n’était pas tout à fait faux, il semble que celle-ci cherche à s’en disculper en s’acharnant sur son successeur….Quelle aubaine pour les populistes de tous poils qui s’en donnent à cœur joie.
Si François Hollande échoue, Marine Le Pen aura un boulevard devant elle, comme peut le faire craindre le témoignage de mon « beau père » (le père de Bertrand) qui déjeunait hier chez nous et qui m’a fait parvenir ce lien et ce commentaire alors que je l’ai connu votant à gauche :
http://ripostelaique.com/formidable-discours-de-renaud-camus-a-orange-45.html
« Voilà le discours dont je te parlé hier. J'avais participé la veille à la "marche contre le fascisme islamiste". Nous étions plus de 3000 de Denfert à Place d'Italie, j'y ai reconnu Renaud Camus,
je lui ai serré la main en lui témoignant mon admiration pour son discours
à la convention des Identitaires du 4.11.12 ».

 

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 09:20

 

 

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Le tweet de la prmière concubine de France n’aura donc pas eu l’effet électoral pervers, pourtant annoncé par des commentateurs de moins en moins avisés, qu’avait eu entre les deux tours de 2007 l’annonce d’une TVA sociale par notre impayable zozo centriste, Jean-Louis, qui profitant de la mauvaise chute du béarnais à la suite du coup que lui a porté Martine, vient de remonter sur scène pour un (ultime ?) tour de piste.

François II a donc parachevé sa victoire par un triomphe électoral législatif qui semble lui donner encore plus de latitude que le premier du nom pour appliquer sa politique, même le Sénat est entre les mains de ses amis. Semble car, une fois les mesures symboliques prises, il ne le pourra pas. Son prédécesseur socialiste fit pendant deux ans ce qu’il avait promis, avant d’avoir à choisir l’Europe et le tournant de la rigueur, François Hollande n’aura même  pas six mois. C’est parce que je le crois capable de réaliser aussi équitablement que possible  et faire admettre cette « nécessaire adaptation » que j’ai voté pour lui. S’il réussit, il peut être le premier des présidents de la Vé république élus dès leur première candidature à être réélu…sinon il est à craindre que nous nous retrouvions avec bien plus de deux ou trois députés FN dans la prochaine assemblée, pas seulement à cause de la proportionnelle...

La déroute d’un grand nombre d’élus de la « droite populaire », aussi réjouissante soit elle pour nous à travers la disparition de bien de ses «héros » de l’homophobie, ne doit pas faire illusion, les électeurs ont tout simplement préféré « l’original » à une mauvaise copie encore plus nauséabonde. La France de l’ouest est de plus en plus rose, l’air marin sans doute, mais l’est se fait plus noir à chaque élection. Les conseillers du président déchu ont fait la preuve de l’inefficacité d’une surenchère verbale et d’effets d’annonce qui, tout en stigmatisant certaines communautés, laissent la situation empirer et ne font qu’ « actualiser » le sentiment de perte d’identité culturelle d’une partie de la population. On peut rêver - le tandem Toubira/Walls permet tous les espoirs - qu’une action en profondeur, discrète, continue, préventive autant que répressive et réaliste (régularisant par exemple tous  les sans-papiers de longue date qui ont un travail) se mette enfin en place.

Je vais également devoir m’habituer à la probabilité de mon «mariage». La droite « populaire » ayant perdu de son pouvoir d’influence, il ne reste plus guère que l’Eglise catholique pour s’y opposer (l’on voit mal, dans l’ambiance actuelle les Imams se mêler de l’histoire…). Dans les années 80, je pestais contre « Ginette » ( http://limbo.over-blog.org/article-ginette-46573957.html), mon amant d’alors, qui me présentait à ses copains comme son « mari ». L’appellation me semble toujours aussi ridicule et caricaturale, mais je ne me sens pas le droit de priver Bertrand des avantages probables, étant donné nos 18 ans de différence d’âge,  que pourrait lui procurer cette « extension » de l’institution : l’héritage sans problème et la possible pension de réversion…Mais rassurez vous, il reste exclu que je le qualifie de mon « mari ».

L'appel de Renaud Camus en faveur de Marine Le Pen, s'il m'a attristé , ne m'a cependant pas détourné de la lecture de son journal dont je viens de terminer celui de 2011, "Septembre absolu"., peut-être le dernier puisque Fayard vient de rompre son contrat. Une grande partie narre ses voyages, notamment en Italie -il faudra que je me décide enfin à découvrir es Dolomites- afin de préparer l'écriture de volumes des "Demeures de l'esprit". Ses obsessions quant à la décrépitude du langage contemporain et au grand "remplacement" sont bien sûr omniprésentes en cette année électorale où il envisageait de se présenter - il n'a pas obtenu les signatures- au nom du Parti de L'in-nocence. Il relate la réponse -un refus- que lui fit l'écrivain Emmanuel Carrère (qui vient de publier "Limonov", célébré par la critique) à sa proposition d'écrire un texte pour la revue de ce parti. Me sentant en résonnance avec ce qu'il dit, je me permets d'en reproduire quelques extraits
"Je suis d'accord, à peu de chose près, avec tout ce que tu dis, pour la simple raison que c'est toi qui le dis, qui le déploies, le stratifies, le bathmologises, et que c'est la météorologie de ton esprit, pas un discours de vérité. Je ne suis d'accord avec rien de ce que dit ton parti, même et surtout quand cela recoupe mot pour mot ce que tu dis, toi. Même et surtout -encore plus surtout_ quand quelque chose en moi, quelque part, est d'accord.
"Par exemple  je crois avoir l'oreille presque aussi sensible que toi aux pauvretés et trivialités du langage contemporain......Mais quand des gens se rassemblent sous t houlette pour communier dans le dédain apitoyé pour ceux de leurs semblables qui disent "pas de souci", "c'est-vrai-que" ou "le Gersss", et pire encore, pour jouir à gros bouillon de se distinguer de cette plèbe, je trouve que ça ne va plus. Je trouve même - pardon-, je vais être pr^cheur- que s'affranchir de ce dédain et de cet orgueil de caste est un enjeu de progrès moral et spirituel, s'y complaire une erreur, celle dont l'évangile fait reproche aux pharisiens....
"Puisque j'y suis, je continue, et te dis ce que je pense d'un des thèmes les plus insistants de l'In-nocence, qui est le grand remplacement, la colonisation à l'envers, les étrangers qui devraient se conduire, chez nous, comme des invités bien élevés, aimant notre langue, pratiquant notre religion - ou la leur, mais avec discrétion, et en nous en étant reconnaissants de notre mansuétude. Sincèrement Renaud, je pense que tout cela n'a plus de sens, pour la simple raison que nous sommes plus de six milliards (ou sept?) sur terre, ce qui est évidemment beaucoup trop, ce qui ne va faire qu'empirer et rend, je suis mille fois d'accord avec toi, la vie nécessairement moins douce, les voisins plus nombreux, plus bruyants, plus nocifs, mais à part qu'espérer qu'un cataclysme décime les trois quarts de la planète (et de faire partie du quart qui reste), qu'y faire sinon se pousser pour faire de la place?"...
"C'est au fond cette conviction d'être dans son droit -de Français de souche, de gens qui savent parler, des gens qui savent- qui me heurte, non dans tes écrits où tu ne cesses de reuser et de saper ce que tu penses, mais dans ce que je peux lire du parti de l'In-nocence.....
( Lettre d'Emmanuel Carrère reproduite dans "Septembre absolu" de Renaud Camus, Journal de l'année 2011, Fayard2012)

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:17

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Je commence ce billet dans l'avion qui me ramène de Stockholm où se déroulait l'édition annuelle de la "Springfield", un des plus importants congrès sur la maladie d 'Alzheimer. C’est la 4ème ou 5ème fois que je reviens dans cette ville que je n'ai jamais eu le temps de visiter, celui cependant de constater qu'ici, contrairement à la Nouvelle Orléans, toutes les sites gays de rencontre étaient très actifs : l’Europe du Nord noierait-elle sa rigueur protestante, son orthodoxie financière et son ennui, dans l’alcool et le sexe ? Si, comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert, « Le 6 mai 2012 fut la victoire de notre ascendant nordique, j’allais dire belge et pourrais ajouter scandinave, sur notre vieux fond latin», c’est un avenir plutôt austère qui s’annonce….

En feuilletant la presse quotidienne et les hebdomadaires, j'ai pu m'amuser à compter le nombre d' articles où l'on vous décrit maintenant, comme une évidence, le parcours d'un homme, François Hollande, destiné á être président, sans oublier les visionnaires qui se rappellent à notre bon souvenir, tel le même Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier livre particulièrement jouissif, « Derniers carnets-scènes de la vie politique en 20012 », rapportant sa rencontre en 2004 avec le futur président : " Après le repas, en regardant Hollande s'éloigner sur le boulevard Saint-Germain pour rejoindre le siège de son parti, j'ai pensé que je venais probablement de déjeuner avec un futur président de la république . Je ne galèje pas....".

Dimanche dernier, fatigué d'entendre Coppé, ses sbires et ses rivaux, prendre les électeurs pour des attardés mentaux en nous répétant à l'infini, a propos des législatives, qu'il ne fallait pas donner au PS tous les pouvoirs, donc les lui faire perdre tous ou presque, et peut être nostalgique de n’avoir pas participé à la fête en 1981- j' habitais Bordeaux et surtout je vivais alors avec un militant RPR, j' ai déjà conté cet épisode- j'ai finalement entrainé Bertrand à la Bastille. Je n'avais pas imaginé qu'il puisse y avoir tant de monde, une foule très colorée, dans tous les sens du terme, et dont la joie faisait plaisir à voir, si dense qu'on pouvait craindre qu’au moindre incident sa mise en mouvement ne déclenche une panique catastrophique. Nous avons préféré nous en extraire avant l’arrivée du futur président et foncer fêter la victoire dans le marais tout proche.
Les rapprochements avec 1981 ont leur limite. Certes il s'agit à nouveau d’ un François (je constate avec dépit que la dénomination " François 2" connait un grand succès sans qu’il ne soit jamais mentionné que je suis le premier à l’avoir employé sur ce blog il y a de long mois!), certes ce dernier a emprunté nombre de formules de son prédécesseur et imité certaines de ses postures, poussant le mimétisme jusqu’à réaliser le même score, certes on peut faire des parallèles entre les présidences de Giscard et de Nicolas, mais en 1981 la victoire de François Mitterrand répondait a une espérance folle et résonna comme un tremblement de terre -la bourse s effondrait de 20% le lendemain de l élection-, alors que cette fois ci, la victoire était attendue -la bourse à gagné près de 2%.
Mon état d’esprit est également bien différent. En 1981 mes convictions étaient fortement ancrées à gauche et j’attendais Mitterrand comme le messie; en 2012, alors que je m’étais éloigné progressivement du parti socialiste depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique, ce blog en témoigne, Nicolaparte a réussi le tour de force, en ressuscitant le clivage droite-gauche, de me ramener au bercail.

François Hollande n’est pas François Mitterrand, mais il en est le digne héritier (celui de Jacques Delors aussi), héritage que contrairement à Fabius («lui c’est lui, moi c’est moi ») ou à Jospin (le «devoir d’inventaire») il assume. Le choix de la grande bibliothèque était particulièrement judicieux pour lui rendre hommage le 10 mai, annonçant ainsi le retour de la « Culture » dans ses priorités (j’avais également apprécie l’hommage rendu à Pierre Bérégovoy, un de nos plus grands ministre des finances). Je suis de ceux qui pensent qu’il peut nous surprendre, qu’il peut être celui qui nous fera traverser au mieux la terrible période qui s’annonce. Il a eu la sagesse et la chance de s’être entouré d’hommes intègres et compétents, contrairement à Mitterrand qui par amitié aveugle a laissé s’installer une cour de personnalités sulfureuses. Mais pour cela il devra s’affranchir de son programme, il le sait. On ne lui pardonnera rien, déjà les poujadistes de tout bord poussent des cris de truie qu’on égorge à la moindre de ses dépenses…
Dans son entourage il y aura son ami Jean Pierre Jouillet, il lui en avait voulu d’avoir cédé quelque temps au charme sarkozien, mais il s’en était vite repenti. On sait ce qu’il en est des autres « transfuges », certains ont trahi à nouveau, en sens inverse (après tout, comme pour l’infidélité, c’est souvent le premier pas qui est le plus difficile à franchir…), d’autres, plus décents, ont assumé jusqu’au bout, tel Eric Besson qui a annoncé qu’il allait rejoindre le privé, mais où est donc passé Bernard Kouchner! Peut être la prophétie de François Mitterrand, révélée par FOG dans son livre, s’est elle réalisée : «Un GO égaré en politique. Vous verrez, il finira là où il a sa vrai place : au Club Méditerranée». (Je ne résiste pas au plaisir de livrer celle sur DSK : « Un jouisseur sans destin. Je le verrais plutôt à la tête du patronat qu’à la tête du PS. Mais il est si ficelle qu’il pourrait diriger les deux en même temps.»)


« François Hollande a emporté la primaire socialiste. Vu d’ici, il est notre futur président le plus vraisemblable. Je n’ai rien contre lui personnellement, je le trouve même plutôt sympathique : ce ferait une fameuse différence avec Nicolas Sarkozy. Et comme il est assez probable que leurs lignes politiques respectives seraient à peu près les mêmes….De toute façon, quand nous en serons là, si nous en sommes là, je ne m’occuperai plus de politique. Il y seulement que voir l’un me sera beaucoup moins désagréable que voir l’autre. C’est physique, comme il ne faut pas dire. »
(Renaud Camus – Septembre absolu, journal 2011, Fayard 2012)

Le 6 mai, après avoir fait le choix de Marine le Pen au premier tour, Renaud Camus a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy….

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 18:14

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Au moment ou je commence ce billet, 17h, les premières estimations sorties des urnes et publiées sur le site de la tribune de Genève, prévoient une victoire assez large de François Hollande. Je n ai pas pu voir mercredi soir le débat tant attendu, pris par un dîner professionnel, si ce n' est sur sa conclusion " moi président", mais je n ai jamais été inquiet quant à son issue. Il est étonnant de voir combien les politiques ont la mémoire courte, ils ont oublié qu il y avait déjà eu une confrontation Sarkozy-Hollande, télévisuelle et dans les urnes, aux élections européennes de 1999. François Hollande avait fait jeu égal pendant le débat et ...écrasé Sarkozy dans les urnes! Comment ce dernier a-t-il pu sous-estimer son adversaire à ce point. S il avait lu " cahiers secrets de la Ve république " de la journaliste Michèle Cotta, il aurait su que dès 2005 il était considéré comme le meilleur candidat socialiste pour 2007 mais qu' il en été empêché par le tsunami médiatique "Ségolène". Pour paraphraser Arnaud Montebourg " son problème ce fut sa compagne" . Bien avant l affaire DSK un commentateur avisé comme Denis Jeambar, ex- directeur du point, disait sa conviction qu il serait le prochain président et il y a plus de 6 mois le sociologue Àlain Touraine a fait le même pronostic.

Nous nous marrierons donc, du moins certains d entre nous et je vais significativement payer plus d impôts ( ça a un prix les convictions!). Mais des défis bien plus importants l' attendent, économiques sans doute (j ai trouvé amusant de voir sur un autre blog un internaute qui dit avoir voté pour le trotskiste de cirque trouver son programme économique inapplicable!) mais surtout répondre intelligemment aux inquiétudes compréhensibles de certains électeurs du Front National devant une immigration mal maîtrisée. François Hollande saura t il résisté à certains "idéologues" du PS et écouter les autres, comme l' a bien résumé un journaliste de libération: "Nombre d élus et de militants de gauche n' ont pas partagé ces dérives, mais la peur d' être qualifiés de réactionnaire par un milieu parisien restreint mais influent, en à fait taire beaucoup. François Hollande opérera- t-il dans ce domaine une difficile synthèse ou saura-t il rompre clairement avec les impasses d' un petit milieu pour comme il le dit, parler aux électeurs du Front National et rassembler le pays."

En attendant les résultats j'ai vu " Margin call" , excellent film sur le capitalisme financier et ses dérives, illustration parfaite de la « théorisation » de l’économie de marché par Jean-Pierre Dupuy, disciple de René Girard, et pour lequel l’économie de marché a pris le relais de la religion pour «

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 21:37

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Je ne voterai pas dimanche. Non que je fasse partie de ces 44% de girouettes analysées par un sondage récent et qui ont changé d’avis, mais je serai à la Nouvelle Orléans pour le congrès annuel de l’American Neurology. C’est donc par procuration que j’apporterai mon suffrage à François II, choix que j’envisageais déjà dans mon billet du 09/05/2011 (« 30 ans déjà »), avant que n’éclate l’affaire DSK. Il ne s’agit donc pas, comme ces anciens ministres dits de gauche égarés en sarkoland et dont on ne sait s’il faut qualifier leur attitude de pathétique ou d’obscène (ceci ne concerne pas l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Allaigon, qui n’a jamais été de gauche et qui a apporté son soutient à Hollande depuis plusieurs semaines), d’un ralliement au vainqueur probable d’une campagne surréaliste. La stratégie savamment élaborée par Patrick Buisson, radicalisation à droite et coup de pouce aussi sournois que complice à notre inénarrable Jean-Luc, Hébert des temps modernes, qui a décidément des amis inattendus (allant du dit Buisson à Henri Guéno en passant par Dassault…), semblant avoir échoué (semblant car certains se raccrochent encore désespérément à l’espoir fou d’un peuple si déboussolé que les sondages ne sauraient en appréhender les états d’âme), les rats commencent à quitter le titanic.

Ce billet, puisqu’il témoigne d’un vote plutôt «politiquement correct», devrait contribuer à donner de mon blog une image positive et l’éloigner un temps des blogs « malsains ». J’ai en effet reçu avec stupéfaction, un mail  d’un responsable « d’Over-blog », me signalant que mon blog ne pourrait continuer à être classé comme « sain », c'est-à-dire ouvert aux annonceurs publicitaires, ce qui en facilite la diffusion, que si j’acceptais de supprimer le billet, datant de près de deux ans( !), intitulé « Black, blanc, beur », écrit au moment de la « mutinerie » de l’équipe de France de football lors de la dernière coupe du monde….Il semble qu’il ait été considéré comme « sensible». J’ai accepté, un peu vite peut être, sa suppression car il ne s’agissait que d’un billet d’humeur, que l’on peut d’ailleurs retrouver sur le site communautaire gay "gayattiude" sous le pseudo "hyperion". Je crains toutefois que l’on puisse en trouver de bien plus sensibles (!), mais si cela devait être le cas, je n’irai pas plus loin dans l’autocensure, je me passerai des bandeaux publicitaires.

« Il y a un machin bizarre, assez embarrassant. Ça vous prend un peu par surprise, on ne sait pas trop quoi en faire. On appelle ça la beauté ». Cette citation, tirée d’une critique du dernier film de Francis Ford Coppola, rend à merveille compte de ce poème cinématographique, fantastique, gothique et envoutant, dont le motard hard rock qu’on croirait surgi de Rusty James sert d’illustration à ce billet, mais pourrait tout au tant s’appliquer à la trilogie de l’écrivain japonais Haruki Murakami, « 1Q84 » dont j’aborde le deuxième tome. Les deux œuvres ont aussi en commun un hommage à un grand écrivain, Edgar Poe pour le Coppola, et Georges Orwell pour le roman.

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 22:05

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Mon dernier billet, inspiré par la lecture de plusieurs articles parus dans la presse ces derniers mois, s'inscrivait dans la lignée de plusieurs autres, plus anciens, comme "les neurones de la peur" ou surtout "Intention, conscience et libre arbitre". ( http://limbo.over-blog.org/article-intention-conscience-et-libre-arbitre-50676034.html).

Il se trouve que les quelques interrogations qu'il a suscitées sur la version de ce bog publiée sur un site gay ( http://blog.hyperion.gayattitude.com/) ont trouvé un écho inattendu dans le Monde de ce weekend. Il y est fait état d'une proposition parlementaire (trans-parti) qui préconise de préciser, voire de supprimer l'usage de l'IRM fonctionnelle en justice : « Ces technologies provoquent des tensions d’ordre éthique, philosophique, juridique et social, car elles répondent partiellement aux interrogations que l’homme s’est posées…sur la pensée, la conscience, la mémoire, les émotions, la liberté, la responsabilité et le libre arbitre ».

L’utilisation de l’imagerie cérébrale est de pratique courante aux Etats Unis. Je ne savais pas qu’une loi récente en France avait élargi son usage à l’expertise judiciaire. Le Comité national consultatif d’éthique devrait rendre prochainement son avis. Je partage l’avis de Stéphane Lehéricy, chef de service de neuroradiologie à la Salpetrière : « L’IRM fonctionnelle ne peut être utilisée pour prédire de façon suffisamment fiable un comportement individuel. C’est un outil de recherche pour appréhender le fonctionnement du cerveau à l’échelle d’un groupe. On n’en tire le plus souvent que des statistiques obtenues dans des conditions expérimentales données, pas dans la « vraie vie». Mais dans un avenir sans doute pas si lointain, l’imagerie cérébrale trouvera sa place à côté des recherches d’ADN…

On pourrait d’ailleurs se demander pourquoi l’utilisation de l’expertise psychiatrique, qui a sa place dans les cours de justice depuis fort longtemps, mais dont le caractère « scientifique »reste à établir, ne soulève pas la même « réserve». Peut être parce qu’elle fait porter la « non responsabilité » sur la société, la famille, etc, non sur la structure même du sujet….

L’autisme fait partie de ses maladies, dont on reconnait maintenant l’origine dans un trouble du développement du cerveau, mais qu’une certaine école de pensée psychiatrique, la psychanalyse, continue à considérer comme liée à des parents « pathologiques ». La Haute Autorité de Santé a enfin promulgué des recommandations qui constituent un désaveu de la psychanalyse appliquée au traitement de l'autisme, une pratique majoritaire en France mais combattue depuis longtemps par les associations de familles d'enfants autistes…

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 11:06

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Il n’est pas douteux que pour nombre d’entre vous ne doute pas une seconde que leur décision de voter pour tel ou tel candidat lors de la prochaine élection présidentielle ne soit la résultante d’un choix personnel lié à leur « libre arbitre ». Ce n’est pourtant pas dans ce sens que vont les avancées récentes dans le domaine des neurosciences. Les progrès de l’imagerie cérébrale par résonnance magnétique nucléaire, dite « IRM fonctionnelle », nous permettent de visualiser l’activité des régions du cerveau impliquées dans les processus de décision. Nous savions depuis longtemps que lorsque, par exemple, nous décidons de faire un mouvement avec le bras, les neurones qui commandent ce mouvement « s’allument » dans le cerveau une fraction de seconde avant que le bras ne bouge, ce qui traduirait notre « volonté» de faire ce mouvement, mais ce qu’on vient de mettre en évidence c’est qu’une partie du cerveau s’active 7 à 8 secondes, selon le compte-rendu qu’en fait Jean-Didier Vincent dans un récent numéro de l’express, avant que le sujet ait conscience de la décision qu’il va prendre ! Bien plus si l’on met en place un dispositif à choix multiples, plusieurs boutons sur lesquels le sujet doit appuyer en fonction de son choix, l’activité préalable du cerveau permet même « prévoir» quel bouton va être actionné…. »Si une activité cérébrale peut prédire une décision volontaire, l’existence d’une relation de causalité met à mal celle de libre arbitre » souligne le Pr Vincent. Ceci va dans le sens d’autres recherches selon lesquelles plus est complexe le processus de choix, moins il est conscient : « nous croyons que c’est en raisonnant que nous prenons des décisions, mais il se pourrait que nous nous contentions de répondre à des indices issus de notre environnement de façon automatique…la majeure partie de nos pensées personnelles serait effectivement causée par le réseau social auquel nous appartenons, déclenchée par des signaux automatiques et l’imitation». « Nous sommes les autres » écrivait déjà Henri Laborit, neurochiurgien et biologiste, auteur de « L’éloge de la fuite ».

Il semble bien, qu’inconsciemment, nos hommes politiques appliquent cette théorie selon laquelle nos actes ou nos pensées ne sont ni rationnels, ni conscients, en mettant en branle ces signaux automatiques, taxation des riches ici, stigmatisation des immigrés et de leurs rituels religieux là (on peut certes considérer que les deux branches de l’alternative ne peuvent être renvoyées dos à dos sur la plan de l’éthique, mais ce n’est pas là l’objet de mon propos) qui nous feront prendre tel ou tel bulletin de vote.

Le processus de décision serait également dépendant de la probabilité que nous attribuons à la survenue d’évènements. Des expériences ont montré que notre machinerie cérébrale avait systématiquement tendance à surestimer (sauf chez les dépressifs) la probabilité de la survenue d’évènements favorables, ce qu’on appelle le « biais optimiste». « Ce biais aurait une fonction adaptative et contribuerait à la santé mentale". Il semble bien que la machinerie cérébrale « hyperactive» de notre président encore en exercice soit victime d’une exagération de ce « biais » si l’on en juge par ce qu’il laissait entendre il y a encore quelques semaines, il allait « exploser » Hollande …

Le déterminisme inconscient de nos pensées et actes ne saurait avoir pour origine le seul réseau social, il faut aussi considérer les facteurs génétiques qui ont été identifiés comme favorisant des comportements du type addictions, à l’alcool, au jeu, à la drogue et au sexe (l’ADN de DSK porterait t’ il la trace de ce facteur, s’interrogeait on récemment dans un article du Monde….). Bien plus, notre niveau même de « sociabilité», d’empathie, serait déterminé par un fragment génétique du récepteur de l’hormone ocytocine.

On voit bien les conséquences philosophiques de ces travaux. La raison une illusion ? La conscience une apparence ? La responsabilité et le libre arbitre un leurre ? On peut se demander si la pénalisation des délits commis par les malades mentaux voulue par la majorité politique actuelle n’est pas inconsciemment la première étape d’une réaction à ces possibles conséquences : si nous ne sommes pas responsables de nos actes, la « justice » ne doit plus avoir pour avoir pour objectif premier en rendant son jugement de «dissuader», de préserver l’ordre social, mais de « satisfaire» les victimes…

Non seulement nous ne pensons pas par nous-mêmes, nous savons depuis René Girard que nos désirs sont eux aussi ceux des autres, mais notre monde lui aussi, selon la version la plus élaborée de la théorie des cordes, ne serait qu’une illusion, projection holographique d’un monde imaginaire en deux dimensions.

Qu’en est-il alors de l’âme? Selon Jean-Didier Vincent : « L’âme devient l’expression dans le cerveau de la jouissance et de la souffrance du corps, et de tous les affects qui servent de fondement à nos actes conscients ou inconscients en nous ouvrant les portes de l’art, de la beauté et de la poésie, pour l’instant inaccessibles aux neurobiologistes.»

Oublions donc Descartes, « Je ressens donc je suis » plutôt que « Je pense donc je suis ».

La connaissance des mécanismes du désir ne vous met pas à l’abri de son emprise, mais elle peut vous permettre d’en desserrer quelque peu les liens ou d’atténuer le jugement que l’on porte sur le comportement des autres. On pourrait espérer que de la même façon être conscient du caractère « programmé » de nos pensées et actes nous amène à rendre un certain recul par rapport à eux et nous éviter de nous comporter en « diseuses de vérité » comme savent si bien le faire certains blogueurs de ce site.....

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 09:41

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Si j’étais encore lycéen passant mon épreuve de philosophie au bac, un sujet tel que « Toutes les civilisations ne se valent pas », m’aurait sans doute séduit avant que je ne m’aperçoive qu’il était piégé et que j’allais m’avancer sur un champ de mines. Le premier réflexe serait en effet de traiter le sujet en tant que tel, sur le fond, d’interroger d’abord le concept de «civilisation» et sa dimension temporelle, puis celui de «valeur», avant de discuter la pertinence d’associer le second au premier et de me demander si cette association impliquait immanquablement une « hiérarchisation» entre les civilisations. Les auteurs sur lesquels appuyer mes réflexions ne manqueraient pas, de Lévi-Strauss à Renaud Camus. Ma conclusion aurait sans doute été que, non, décidément, toutes les civilisations ne sont pas équivalentes, à moins de soutenir l’aporie selon laquelle notre civilisation, celle du « tout se vaut », celle qui met sur le même plan Mozart et Mickael Jackson, a la même valeur que, la notre toujours mais il y a quelques siècles, celle qui a donné naissance au colonialisme et à l’esclavage. Mais il serait imprudent, dans notre monde orwellien, de s’en tenir au seul texte, et non à son sens « voilé», celui que sous-entendait l’auteur de la citation, l’éminence grise (noire?) d’un candidat en campagne électorale, « l’Islam est inférieur au christianisme». Inacceptable en effet, le tollé était prévisible, il était même l’objectif recherché par le personnage, car sans ce déchainement médiatique la phrase serait passée inaperçue du « bon peuple » à qui elle était destinée.
Nicolas Sarkozy a donc décidé de suivre la stratégie de « premier tour» inspirée par son conseiller Patrick Buisson, celle d’une radicalisation droitière, afin de rassembler son électorat traditionnel et de mordre au maximum sur le Front National. La charge est massive avec un alignement sur les thèmes de la « droite populaire » : mariage homosexuel, chômeurs, droit de vote des étrangers, publication fort à propos d’un rapport sur la délinquance étrangère…Stratégie fort risquée car ramener Christine Boutin à la maison ne fera pas forcément suivre suffisamment d’électeurs potentiels du Front, tout en menaçant de faire passer bien des modérés chez le béarnais, et qui ne peut manquer de provoquer des dérapages incontrôlables, pas celui de Claude Guéant parfaitement prémédité, mais du type de celui de Christian Vanneste, minimisant la déportation des homosexuels ce qui nous même valu une protestation du Front National! 

Cette radicalisation, conçue comme tentative de la dernière chance de redresser la barre d' un navire en perdition, pourrait s' avérer vaine puisqu’elle est amputée d'une de ses composantes indispensable à sa pleine efficacité, celle qui pourrait la faire qualifier " d'extrême droite", le repli nationaliste. "Travail/famille/ ?" : l' engagement derrière Merkel, le choix d' une Europe allemande, prive notre candidat président du thème de la patrie si ce n'est dans sa composante xénophobe. Tout sera fait pour que le débat socioculturel occulte celui de la crise de la dette et des déficits sur lequel il lui serait bien plus difficile de se différentier du candidat socialiste, ils feront, à quelques nuances près, non négligeables, la même politique, celle qu’on dit " dictée " par les marchés , en fait celle du réalisme économique , débat qui obligerait à dire "au peuple" des vérités qu’ on ne le juge pas capable d’entendre, que nous sommes au bord du gouffre.

Seul, le béarnais occupe ce terrain là, il est vrai sans risque, puisque « poor lonesome cow-boy» il ne craint aucun rappel à l ordre "républicain" de la part de ses inexistantes troupes, alors que les chiens de garde "cryptomelanchoniens" sont prêts a aboyer a toute dérive idéologique du candidat socialiste (qui aurait du savoir qu' il y avait encore des marxistes en France), tandis que le candidat sortant se voit aussitôt confronté au " pourquoi ne l avez vous donc pas fait avant".

Pourquoi alors ne pas me résoudre à voter au premier tour, comme en 2007, pour François Bayrou? Parce qu’il n à pas de troupes justement et que son éventuelle élection, à supposer que Sarkozy s’effondre, conduirait à des marchandages permanents avec l assemblée nationale, parce que je pense qu’il est temps que la gauche revienne au pouvoir et soit confrontée au réel pour accomplir enfin son « Bad Godesberg», que c est son tour de prendre les rênes, parce qu’ enfin j ai de la sympathie et de la considération pour François Hollande. 
Au bord du gouffre en effet, ce qu’on demande aux Grecs, demain au Portugal et à l Espagne n’ est ni tenable , ni acceptable. On voit mal, si l’on continue dans cette voie, ce qui pourrait éviter un embrasement généralisé. S il ne s’est pas encore produit, alors que comme à la suite de la crise des années 30 avec laquelle on trouve bien des analogies, on assiste à une montée des extrêmes, c’est sans doute en raison d’ une béance idéologique, point d’ " Utopie", Contre-Utopie demain, comme en son temps le communisme et le fascisme, ou aujourd’hui l’ islam pour le monde arabe, pour jouer le rôle de terre promise de la révolte. Pas de terre promise en occident, au risque d une terre brûlée.

J’écris les dernières lignes de ce blog depuis Istanbul, une réunion médicale internationale, le temps d’expliquer à mes collègues turcs que le lobby arménien en France avait plus de poids pour notre président que le lobby gay, et de voir une neurologue grecque, au bord des larmes, me dire que son peuple à qui l’on demandait de vivre avec 500 euros par mois était au bord de la révolution. 




 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:22

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Je ne sais pourquoi je n ai jamais aimé cette ville, Bâle, siège de mon entreprise, au point de refuser à deux reprises, il y a bien des années, une poste "international"', la perspective d' y vivre me terrifiait. L' autre soir, traversant la vieille ville, qui ne manque pourtant pas de charme, le long de rues désertées dès que la nuit tombe, dans la fraicheur humide de ce mois de ce mois de novembre que je déteste, et cherchant mon chemin en direction des bords du Rhin à la recherche du restaurant où je devais retrouver mes collègues, je repensais à un article d’un quotidien du matin, lu dans l’avion, et qui me semblait éclairer, au moins partiellement, mes interrogations à propos de certaines réactions à mon dernier billet (non sur ce blog mais sur la version publiée sur un site gay :http://blog.hyperion.gayattitude.com/) . Il me semblait étonnant que le jugement, pourtant relativement modéré, que j’avais porté sur l’évolution des révolutions arabes, puisse soulever, comme à chaque fois que l’on exprime quelque réticence vis à vis de l’islam, tant d’oppositions, jusqu’à l’accusation d’islamophobie , alors qu’on peut écrire, dire ou mettre en scène toutes les horreurs que l’on veut sur les chrétiens sans jamais, ou presque, se faire traiter de «christianophobe». Certes je n’ignore pas que derrière cette christianophobie il faut entrevoir le déni des racines de notre civilisation et de notre patrimoine culturel, alors que la chasse à l’islamophobie concourt à l’injonction qui nous est faite d’expier notre passé de colonisateur, mais le philosophe Fabrice Hadjadj, dans l’article précédemment mentionné (« Vous avez dit christianophobie » ?) souligne combien il est difficile pour un chrétien de la dénoncer, que cette dénonciation ne serait légitime que pour un non chrétien, car elle est au cœur même du mystère de la croix (« Si la christianophobie s’exprime par la représentation du Christ dans une situation humiliante, que dois je faire de mon crucifix, qui le montre en train de subir le supplice des malfaiteurs dans la puanteur du Golgotha ? »). Ce que n’ont manifestement pas compris les intégristes de Saint Nicolas du Chardonnay...

Si le chrétien « culturel » que je suis s’accommode depuis longtemps de la christianophobie ambiante, il assiste avec un malaise croissant, peut être parce qu'il est aussi médecin, à la médiatisation et l’exploitation politique de faits divers criminels qui sont le fait de psychopathes. A chaque nouvel acte isolé de folie meurtrière on nous promet une législation d’exception. Impuissant à interdire la folie, l’enfermement psychiatrique ne satisfaisant plus la demande des victimes, on en vient à nier la folie, invention des « experts », voire à proposer de supprimer les fous, pas que Marine Le Pen a allègrement franchi en réclamant le rétablissement de la peine de mort dans un cas où on ne peut même pas invoquer l’argument de « l’exemplarité de la peine » puisqu’il ne s’agit plus que de vengeance sacrificielle .

Ici on accuse les experts d’incompétence, là, comme je viens d’en être le témoin dans le processus de réévaluation des médicaments anti-Alzheimer, d’être « vendus » à l’industrie pharmaceutique ce qui a conduit, en les éliminant de la procédure, à des décisions incompréhensibles à quiconque a une expérience clinique quotidienne de cette maladie et de l’utilisation de ces médicaments. Ce monde est décidément tombé sur la tête, « time is out of joint » disait Hamlet, ces experts dont on a décidé de ne plus solliciter l’avis sur les questions sociétales ou médicales, on leur donne le pouvoir décisionnaire sur le plan économique en les plaçant à la tête de deux états européens....

Les écologistes aussi avaient décidé de se passer « d’experts » en faisant appel à la passionaria nordique, tombée dans une potion verte le temps d’une campagne électorale, et qui s’est saisie du nucléaire comme d’un jouet. L’occasion pour François Hollande, qui a peut être, sans doute, été une fois de plus victime de sa faiblesse « consensuelle », de s’apercevoir que la « perdante » des primaires n’était pas disposée à lui faciliter la tâche, l’expérience subie par sa compagne d’antan aurait pourtant dû lui mettre la puce à l’oreille...

Comment un expert, ici un statisticien de génie, en appliquant des règles mathématiques peut amener une équipe de baseball, constituée de « losers », au sommet, c’est ce que raconte le « Stratège » film passionnant, même quand on ne comprend rien à ce sport, et d’une efficacité bluffante. Fable bien plus efficace dans sa dénonciation du pouvoir de l’argent que cette immense déception que constitue le dernier film du réalisateur du remarquable « Bienvenue à Gattaca », « Time out » , poussive allégorie politique qui nous décrit un monde où les hommes ont été génétiquement modifiés pour ne plus vieillir après 25 ans et où la monnaie a été remplacée par le « temps », celui qui vous reste alors à vivre en fonction de la réserve, attribuée selon les règles du capitalisme sauvage, dont vous disposez. Reste la séduction exercée par tous ces acteurs que l’on croirait sortis d’un concours de « Tetu » pour l’homme du mois !

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