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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 22:39

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Comme ils étaient pathétiques, cheminant côte à côte vers la tombe de celui dont ils se réclament seulement l'espace d'une élection. Qu'ils se réjouissent, pour les 20 ans de sa mort il y aura encore une élection, ils pourront franchir un nouveau cran sur l'échelle du ridicule. Ils n'étaient certes pas tous là, ni Fabius qui une autre fois avait poussé l'indécence jusqu'à s'habiller comme lui, ni Jospin qui a depuis longtemps pris ses distances, ni Walls victime d'une sortie de route dans la course aux primaires sur la question des 35 heures, ni Hollande surtout, le plus digne. Est ce là, sur sa tombe, qu'ils ont scellé leur accord, appelé à tort coup de Jarnac par la presse, car le dit coup contrairement à son acception populaire n'était pas un coup bas, pour concocter un calendrier électoral des primaires défavorable à deux des absents, DSK (qui ne pouvait de toute façon être là) et Hollande?

Chevènement n'était pas là lui non plus mais il n'est plus socialiste, même s'il garde un profond attachement affectif pour Mitterrand. Hier soir, sur la plateau de l'émission de Ruquier, il est revenu sur l'une des divergences majeures qui l'en ont éloigné : l'Europe. Selon lui Mitterrand a fait la pari de l'Europe, un pari qu'il assimile au pari de Pascal. En quelque sorte "si l'Europe n'est pas possible, elle est perdue et pourrait retomber dans ses déchirements de la première partie du 20è siècle, alors faisons le pari qu'elle est possible". J'ai rarement été d'accord avec Chevènement mais j'ai toujours gardé une certaine sympathie pour celui qui permit à François Mitterrand de s'emparer du parti socialiste à Epinay. Son courageux soutien à Eric Zemour n'a fait que renforcer cette sympathie. Cette judiciarisation de tout propos qui décrirait une réalité qui ne rentre pas dans le schéma idéologique droit-de-l'hommiste conduit à une "big-brotherisation" de notre société. Ne vient on pas de dénoncer les propos, qualifiés d'homophobe", de Robert Menard, ancien secrétaire de Médecins sans Frontières, qui a simplement dit "qu'il avait envie que ses enfants aient une sexualité hétérosexuelle". Il me semble que c'est son droit le plus absolu de se souhaiter cela sans être pour autant homophobe...

La joie des tunisiens de Paris faisait plaisir à voir samedi après midi alors qu'ils défilaient rue de Rivoli. On ne sait jamais de quel côté penchera une révolution, eut elle un nom de fleur. Souhaitons que la révolution de Jasmin ait un destin aussi heureux que celle des œillets qui m'enflamma en 1974. L'issue de cette dernière, après une première phase où, comme en Tunisie, le pouvoir fût d'abord confié à une personnalité compromise avec l'ancien régime, le général Spinola, fût longtemps incertaine, sa composante "social-démocrate", menée par le major Melo Antunes, ne l'emporta contre la faction communiste menée par le général Gonçalvès que grâce au brusque revirement du fougueux major gauchiste, Othello de Carvalho. En Tunisie, l'absence de menace islamiste, qui rend difficilement compréhensible le soutien de la France à l'ancien régime, est un facteur d'optimisme. Peut être est ce cette menace dans les autres pays du Maghreb, en cas d'effet domino, qui est une source d'inquiétude pour la France à un moment où cette dernière est la cible privilégiée d'Al-Qaïda dans le Maghreb islamique. A ce propos c'est avec une certaine tristesse que j'ai lu et entendu les positions de certains hommes politiques qui se sont élevés contre la décision de Sarkozy d'intervenir lors de la dernière prise d'otages. Comment peuvent ils se permettre d'affirmer de façon si péremptoire qu'il ne fallait pas intervenir, sinon pour de sinistres motivations de nature électorale, ou comme j'ai pu le constater sur un autre blog par une haine antisarkoziste qui finit par tout obscurcir? François Hollande, là encore , a été digne.

Cette révolution tunisienne vient comme en écho au très beau film, "Même la pluie", que j'ai vu le week-end dernier. Ce film, d'une grande virtuosité scénaristique et de mise en scène, réussit le tour de force d'être à la fois le récit du tournage d'un épisode effroyable de la conquête de l' Amérique par Christophe Colomb au moment où des prêtres s'élèvent contre le massacre et l'asservissement des peuplades autochtones , le récit de cette épisode même et enfin celui d'une révolte populaire dans le pays du tournage, révolte contre la privatisation de la distribution de l'eau (d'où le titre du film) qui va entraver sa réalisation. Ces évènements vont bouleverser l'existence du producteur et du réalisateur, magnifiquement interprétés, dont l'évolution psychologique va se faire dans des directions opposées et inattendues.

J'allais oublier, ce soir sur Arte, un magnifique film sur ceux qui se retrouvent "seuls de leur condition" parmi les autres, "Loin du paradis".


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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 23:33

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On se souvient sans doute qu’il n’y pas si longtemps les « souverainistes» ont considéré l’adoption du traité de Lisbonne comme une insulte à la « Volonté du peuple » qui se serait exprimée dans plusieurs pays par un vote négatif sur la précédente version du texte de constitution européenne. Faire de la « Volonté du Peuple » une hypostase est irrationnel . Ce que l’on appelle « volonté » du peuple n’est que la somme aléatoire de décisions individuelles aux motivations si diverses, allant des revendications égoïstes aux peurs fantasmatiques, qu’on en chercherait vainement la cohérence, la "main invisible". La démocratie d’opinion (« participative») qui repose sur cette fiction, celle des sondages incessants, des manifestations de rue ou de leur quintessence, le référendum, est en train de faire basculer le système en supplantant la démocratie « représentative» . La démocratie d’opinion c’est le repliement sur soi, sur le terroir, sur sa communauté (telle la Suisse qui recule à coup de référendums), sur ses peurs et préjugés. Le succès phénoménal de film comme « Bienvenue chez les t’chis » ou « Les petits mouchoirs» sont peut être le symptôme de ce retour « chez soi». Peut on imaginer un seul instant que la peine de mort eût été abolie en France si le « peuple » avait été consulté, ou qu’en ce qui concerne l’homosexualité, en dépit de sondages actuels qui semblent favorables, (le oui à l’Europe est toujours en tête dans les sondages bien avant l’élection..), nous aurions les avancées actuelles si le «peuple» était consulté? La démocratie «représentative», c’est le choix par les individus, qu’ils peuvent régulièrement remettre en question, des représentants qui «décideront» en fonction d’un projet politique. Alain Juppé s’était demandé, après le vote irlandais, si "les élites n’étaient pas en avance et le peuple en retard" et avait raillé les radios qui "le matin donnent la parole à des gens qui n'ont que des conneries à dire". Après tout c’est bien ce que sous-entendait Marx avec son « avant garde du prolétariat ». . La démocratie participative, chère à Ségolène, c’est la porte ouverte à toutes les manipulations, aux marchands de rêves et d’illusions. Il est à craindre à une époque où la «déculturation» s’étend qu’il n’y ait rien à attendre des prochaines générations et que sous l’empire de l’individualisme roi, du primat de la "sincérité" (Wikileaks) sur la recherche de la vérité, le pire de la démocratie d’opinion soit devant nous. Espérer que le «politique» finisse par reprendre le dessus, que les élites (y compris nos gouvernants) recommencent à amener «le peuple» là où il ne serait pas aller tout seul, n’est sans doute qu’utopie
De la même façon qu’en économie, la régulation du marché par le cercle vertueux « surproduction, inflation, hausse des taux, récession, reprise économique » a été remplacée, effet pervers de la mondialisation, par le cercle infernal de la succession des « bulles » -internet, immobilière, matières premières, etc. – qui peut conduire à l’implosion finale du système bien plus surement que le numéro de clown de Cantonna, la substitution de la démocratie d’opinion à la démocratie représentative, par l’immobilisme, voire les régressions qu’elle entraîne pourrait bien nous conduire à un retour au protectionnisme, qu’appellent pourtant de leurs vœux Emmanuel Todd ou Eric Zeimour.

Le peuple comme "sujet " d'une volonté...Ceci me remet en mémoire les réflexions du philosophe Jean Pierre Dupuy dans son livre "Avons nous oublié le problème du mal" sur les paradoxes du vote : "La consultation concernant le traité de Maastricht a donné en France l'avantage au oui, mais d'extrême justesse. On a dit : "dans sa grande sagesse, le peuple français a répondu oui à l'Europe, mais il a aussi voulu donner un avertissement à tous ceux qui voulaient précipiter les évènements, etc". Bien sûr, aucun sujet n'a voulu, pensé. ni réalisé cela. Le sujet collectif qu'on appelle en renfort est une pure fiction." "Et l'élection, en elle-même, est un processus de désignation des dirigeants qui contient une bonne dose de hasard; hasard qui provient des divers paradoxes que le mécanisme du vote fait naître. »
Jean-Pierre Dupuy, présente l'exemple de trois des paradoxes qui naissent du vote :
Le premier découle du paradoxe de Condorcet qui relève de la théorie du choix. Imaginons que vous ayez à choisir entre A, B et C et x autres candidats selon un système de vote majoritaire et que dans un choix bilatéral A soit préféré à C, B préféré à C et B préféré à A. En toute logique B devrait remporter l’élection, sauf si dans une élection réelle à deux tours B arrive en troisième position et est éliminé.... Ce fût le cas de Lionel Jospin en 2002...Le choix n’est plus rationnel, la procédure de vote revient à choisir le gagnant au hasard.
Le second paradoxe des élections est celui des sondages. On sait que les candidats présidentiels en France en tête dans les sondages un an avant l'élection sont rarement élus. Pourtant c’est de plus en plus sur de tels sondages qu’on tend à choisir les candidats à l’élection. Ce fut le cas pour Ségolène, et cela pourrait l’être pour Strauss-Kahn... La sélection d’un potentiel gagnant se fait sur une procédure là encore non rationnelle, «au hasard ».
Le troisième est le paradoxe du vote proprement dit: « pourquoi un individu va-t-il voter alors que la probabilité que son vote modifie l'issue finale est infinitésimale?... Mathématiquement, la situation dans laquelle un bulletin de vote a le plus de chances de créer une différence est celle dans laquelle l'opinion est exactement partagée entre deux possibilités. Mais alors, il y a un problème, vécu amèrement par Al Gore en 2000; c'est que la procédure de dépouillement des votes comporte nécessairement une (petite) marge d'erreur de comptage. Si le vote effectif des électeurs est dans cette marge d'erreur, alors, le résultat de l'élection n'est pas déterminé par les électeurs mais par le hasard. Ce qui aboutit au plus grand des paradoxes : la seule situation dans laquelle le vote d'un électeur a des chances de compter est la situation dans laquelle l'élection sera décidée par le hasard de la marge d'erreur. »
Le hasard joue donc un rôle central dans le processus de désignation démocratique. « Loin d'en être la négation, il en constitue plutôt un fondement, qui permet d'éviter la dérive du système vers la tyrannie de la majorité."
C’est ce qui fait du processus démocratique représentatif, la casino qui opère une rotation des élites, le moins dangereux de tous les systèmes...L'extinction progressive de ce processus met la démocratie en danger. Dans son dernier livre Michel Rocard se dit profondément pessimiste sur l'avenir de la démocratie

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 22:56

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Peu avant Noêl 95, nous dinions, Bernard (mon ex) et moi, chez « Paul », un bistrot près de la Bastille, lorsque nous avons appris que Jacques Delors venait de déclarer à Anne Sainclair, épouse de Dominique Strauss-Kahn, lors de l’émission 7 sur 7, qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle. Nous étions abattus, il allait falloir se résigner à subir Jacques Chirac, que j’abhorrais, pendant 7 ans. Je n’étais pas le seul à ressentir cela comme une trahison car il était largement donné gagnant. Ce que nous vivions comme une dérobade relevait pourtant d’une analyse très lucide de la situation : une fraction importante du parti socialiste, dirigé alors par Henri Emmanuelli qui allait être supplanté par Jospin comme candidat, ne lui donnerait jamais les moyens d’une politique qu’elle jugeait trop réformiste. Et voilà qu' on apprend que si un socialiste n’avait pas dirigé le Conseil Constitutionnel, l’élection de Chirac aurait été invalidée pour cause de « comptes » de campagne...Qui sait, si l’on avait du revoter, Jospin peut être...

15 ans plus tard, l’histoire semble bégayer, comme un disque rayé. Dominique Strauss-Kahn est donné comme largement vainqueur des futures présidentielles, ce qui est loin d’être le cas de la fille de Jacques Delors, mais il se pourrait bien que lui aussi renonce et ce pour les mêmes raisons que ce dernier, un parti socialiste dont le centre de gravité s’est encore un peu plus déporté vers la gauche. La situation est même pire car si Jacques Delors considérait qu’il n’aurait pas les moyens de sa politique, sa désignation comme candidat n’aurait pas été contestée par le parti, alors que l’opposition à DSK est déjà en ordre de bataille. Pourquoi abandonnerait il une direction du FMI, où il est certain d’être reconduit, et qui lui confère peut être plus de pouvoir qu’une présidence française ?
La gauche réformiste, la « deuxième » gauche, celle de Rocard et d’Edmond Maire, a t’elle été définitivement emportée par la crise financière ? On peut se le demander lorsqu’on voit Jacques Julliard, dont je me suis senti souvent proche et qui était une figure de cette gauche sociale et libérale, se radicaliser et quitter le Nouvel Observateur, pour rejoindre, les bras m’en tombent, un journal populiste, « Marianne ». Il sera semble t’il « remplacé » par un autre chrétien de gauche, le girardien Jean Claude Guillebaud.

Si mes craintes se confirment et que DSK n’est pas le candidat socialiste, j’ai bien peur de ne plus pouvoir (à moins que François Hollande crée la surprise mais c’est plus qu’improbable) apporter ma voix, à aucun des deux tours, au candidat socialiste, ce qui sera une première depuis que je suis en âge de voter, car cette fois ci je n’« abhorre » pas le probable candidat de droite. Je ne voterai certes pas pour lui, sauf circonstance exceptionnelle, la présence de Cruella au second tour par exemple (entre deux maux il faut choisir le moindre..). Et puis qui sait, si la gauche est dans un triste état, la situation à droite ne manque pas non plus de piquant, avec la résurgence à propos de l’affaire « Karachi » de la lutte à mort entre balladuriens et chiraquiens. Epoustouflant Dominique de Villepin (tiens si celui là était candidat je pourrais voter pour n’importe qui à gauche !), qui après s’être laissé entrainer par sa haine de Sarkozy vient de s’apercevoir, d’où son rétropédalage, qu’il allait risquer de flinguer au passage bon nombre de chiraquiens !

Le résultat du vote comme fruit du hasard...j’y reviendrai


Jospin fait une apparition inattendue et pleine d’humour dans le film « Le nom des gens » que j’ai vu ce week-end, film qui se révèle un abécédaire du « bien pensant », de tout ce que l’idéologie des droits de l’homme et du politiquement correct peut véhiculer. C’est sympathique, parfois drôle, parfois un peu ennuyeux, la bande annonce suffit peut être... « Red », équipée loufoque de retraités de la CIA m’a bien plus diverti.

Au moment où j'enregistre ce billet j'apprends que Denis Olivennes, ancien PDG de la Fnac et actuellement directeur du Nouvel Observateur, quiitait ce journal pour le direction d'Europe 1 dont l'actuel directeur, Alexandre Bompard, a annoncé qu'il prenait la direction...de la Fnac! Il semble que ce soit à la suite d'un différent avec Denis Olivennes sur la ligne du journal que Jacques Julliard a quitté le même journal...

PS : « Le disque rayé » est le titre d’un roman de science-fiction du français Kurt Steiner, un petit chef d’œuvre où le héros revit inlassablement la même aventure, comme sur un disque rayé.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:19

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Après un week-end plutôt calme, si ce n'est notre participation samedi soir à la "touze" organisée par Etienne à Suresnes dont j'ai déjà parlé dans un billet précédent, sur le thème d'Halloween cette fois, slips ou chaussettes rouges s'imposaient, et avant vendredi soir d'aller avec des amis au restaurant le "vagabond", haut lieu du paris gay dans les années de folie de la rue Saint Anne et où se retrouvait une clientèle branchée tandis que de jeunes gens, on les appelait des gigolos en ces temps qui ne connaissaient pas la police de la langue, maintenant des escorts, attendaient que des monsieur moins jeunes les invitassent, vingt ans que je n'y ai mis les pieds, je m'apprêtais  à passer une partie de la semaine à Toulouse où va se tenir un congrès sur la maladie d'Alzheimer, mais voilà qu'un nouveau préavis de grève des syndicats d'Air France fait planer une incertitude sur mon retour vendredi. Rien à  voir avec les retraites cette fois-ci, une revendication purement corporatiste après le vote d'un amendement du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale qui considère désormais les billets d'avion à tarif réduit qui sont octroyés par les autres compagnies qu'Air France comme des avantages en nature. On peut discuter de la pertinence d'une grève pour amendement imprudent qui n'est pas définitivement voté et qui a toute les chances de pouvoir être modifié au Sénat.
La loi sur les retraites, elle, est votée et sera sans aucun doute promulguée quoiqu'en dise le facteur qui croit encore à une "réplique" du mouvement de protestation. Je ne saurais le regretter puisque j'étais plutôt d'accord sur le fond (dans la mesure où on a pas eu le courage d'engager tout de suite une réforme bien plus ambitieuse en allant comme le souhaitait la CDFT vers une retraite à "points"), et surtout parce qu'on a enfin donné le dernier mot au parlement sans céder à la rue, comme cela était devenu une habitude depuis le retrait de la loi Savary sous Mitterrand et presque une règle du temps de Chirac. Mais j'ai été accablé par la façon dont le pouvoir a mené son affaire en allant s'enferrer, avec l'aide de notre nouveau Saint-Just, Edwy Plenel,  dans la pantalonnade juridique et financière provoquée par une vieille dame souffrant d'une maladie d'Alzheimer. Le mouvement de rejet qu'a suscité et suscite encore cette loi, me semble être moins lié au contenu de la réforme qu'à un ras le bol de Nicolaparte  exacerbé par la crise, crise qui met en position difficile tous les dirigeants, Merkel, Zapattero, Obama (Le bouffon italien coureur de jeunes chattes, "il vaut mieux ça qu'être gay" vient il de proclamer, est hors cadre), et seul l'anglais, tout juste élu, échappe encore à la colère populaire. Ce qui m'a le plus attristé c'est l'attitude du parti socialiste, ancré, à l'exception de quelques individualités, dans une position négativiste et schizophrène, et incapable de proposer une alternative. "Nous sommes dans un moment de creux historique très grave. Le gauche conserve des positions très fortes sur le plan des valeurs de notre société, mais elle a perdu la main sur la perspective de l'avenir ; elle est devenue un parti complètement défensif contre les méfaits d'un monde dont elle a perdu le secret. Elle est donc le parti des perdants." disait il y a quelques temps Marcel Gauchet. Il pourrait bien l'être toujours, le parti de perdants, au lendemain de l'élection de 2012, en dépit du boulevard que semble lui tendre Sarkozy, surtout s'il prend le risque insensé de nommer, comme on nous l'annonce, l'obsessionnel des "Grenelle", au poste de premier ministre. au moins on ne s'ennuiera pas à compter ses "bourdes", comme en son temps lorsque ce cher Mitterrand eut l'idée saugrenue de nommer Edith Cresson!

Pendant ce temps là on continue à profaner des tombes en France, et l'on sait peu que ce sont les tombes catholiques qui sont de loin les plus touchées, mais, allez donc savoir pourquoi (pas politiquement correct?),  l'indignation ne s'exprime que lorsqu'elles sont musulmanes ou juives, tandis qu'on continue à massacrer allègrement les chrétiens en pays musulman.

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 12:22

Vendredi dernier, j’aurais du me rendre à Bordeaux mais j’en ai été dissuadé par le mouvement de grève larvée de certains personnels des aéroports parisiens, le départ de mon avion ayant été finalement annulé après avoir été repoussé de demi-heure en demi-heure. J’ai constaté avec surprise que ces retards qui touchaient la plupart des vols étaient pris avec une relative bonne humeur par une clientèle dont j’ai pu constater par le passé, dans des circonstances similaires, qu’elle pouvait manifester son mécontentement plus que bruyamment. Compréhension implicite des motivations des grévistes ? Ces perturbations aériennes, dont j’ai appris qu’elles duraient en fait depuis mardi, sont étrangement passées sous silence par les médias. On peut s’interroger sur cette minimisation de l’étendue du mouvement de grève actuel, alors que ces mêmes médias ont plutôt eu tendance à suivre les syndicats dans leur surestimation du nombre de manifestants.
On peut se demander aussi pourquoi les syndicats appellent à poursuivre un mouvement alors qu’ils savent pertinemment que le gouvernement ne peut plus reculer et qu’ils risquent de se retrouver sans porte de sortie honorable ? Peur d’être débordés et que le recul du pouvoir ne puisse advenir que dans le contexte d’une dé-corrélation du mouvement protestataire du problème des retraites, dé-corrélation dont l’entrée en lice de lycéens qui n’ont jamais songé qu’ils seraient vieux un jour pourrait être le signe avant coureur, qui emporterait tout sur son passage (le petit facteur, qui commence à vieillir lui aussi, rêvant même tout haut de mai 68, oubliant qu’en mai 68 la France était prospère, en pleine expansion et qu’il s’est alors agi d’un mouvement libertaire dans une France « culturellement » sclérosée) ? On comprend mieux par contre l’attitude du parti socialiste qui a intérêt à ce que la réforme se fasse (un boulet de moins pour lui s’il arrive à revenir aux affaires), mais avec le plus de dégâts possibles pour que le coût politique en soit considérable pour le pouvoir actuel. Car c’est bien l’élection de 2012 qui est en train de se jouer, que le PS puisse gagner même sans leadership et sans programme (François Hollande s’y essaie bien, en faisant sur le plan fiscal des propositions d’une cohérence telle qu’on en regretterait presque qu’il ne soit plus à la tête de ce parti).
Je ne sais pas qui sera le candidat du PS en 2012, mais il se pourrait bien que Renaud Camus le fût, s’il arrive à obtenir, ce qui me semble improbable, les signatures nécessaires. C’est par hasard que je suis tombé l’autre soir sur une interview de lui, dans une émission où je m’attendais le moins à le trouver, « Bienvenue chez Basse », animée par un journaliste, Pierre Louis Basse, dont la pensée me semblait bien ancrée dans le conformisme de gauche le plus répandu. L’interview, menée sans agressivité, autre surprise, portait sur la sortie de son livre « L’abécédaire de l’in-nocence », qui reprend des communiqués du parti qu’il a fondé, « le parti de l’in-nocence », interview pendant laquelle il a confirmé qu’il était possible qu’il soit candidat en 2012. Cette annonce a même provoqué quelque émoi, prendre le risque du ridicule,  sur le site de la « Société des lecteurs », site pourtant bien aseptisé depuis que des interventions intempestives ont conduit à une censure préalable qui en fait un cercle des adorateurs. On peut imaginer la stupéfaction que pourrait provoquer l’apparition dans la « lucarne » de ce sexagénaire gay, pionnier de la liberté sexuelle, au look d’un autre temps, parlant un langue que l’on pourra bientôt qualifiée de morte, pestant contre la disparition des valeurs de la grande bourgeoisie, l’impolitesse, la dislocation de la syntaxe, l’islamisation de la France, la perte des bonnes manières et du sens civique, l’état de l’éducation nationale et le saccage des paysages.
Cette grande « déculturation » dont parle Renaud Camus est sans doute aussi le reflet d’un monde qui est passé du traitement de texte à « powerpoint», de la phrase au « bullet point », « formatage par le bas de la pensée » (je renvoie à l’article du Monde de ce week-end « Powerpoint c’est du cinéma »), ce monde qui a donné naissance à « Facebook », dont un film magistral, au premier plan d’anthologie saisissant la tachypsychie du héros, nous montre comment l’impossibilité à communiquer, la blessure d’amour propre provoquée par une rupture sentimentale et la jalousie vont amener un surdoué à devenir le plus jeune milliardaire de notre temps.
Jacques Julliard lui aussi, dans des numéros récents du Nouvel Observateur, s’émouvait de la disparition de la langue française et du silence assourdissant qui occultait le fait que la religion chrétienne était devenue la plus persécutée au monde, notamment en Orient et de l’impossibilité à mobiliser les intellectuels sur cette chasse aux chrétiens. Jacques Julliard y voit un Yalta culturel, à l’Orient le monopole d’une religion de plus en plus intolérante, à l’Occident celui de la tolérance et de la laïcité ? On pourrait mettre en doute ce monopole de la tolérance en occident, parler plutôt là aussi d’un formatage de la pensée aux normes du « politiquement correct », formatage dont nous avons l’illustration de samedi en samedi à l’émission de Ruquier où l’on tente de plus en plus souvent, samedi dernier c’est Samuel Benchetrit qui s’y est essayé, de priver de parole ceux qui pensent autrement.
La flèche du temps n’est réversible que dans les équations de la mécanique quantique. Renaud Camus retiré dans son château du Gers fait de plus en plus penser à Don Quichotte. S’il peut m’arriver d’avoir telle ou telle nostalgie, douce et non douloureuse, je ne me sens pas mal du tout dans le monde tel qu’il advient. Quelque soit l’intérêt jamais démenti que je porte l’œuvre de Renaud Camus, je ne voterai donc pas pour lui. Je ne sais encore pour qui. Qui sait, François Hollande sera peut être le candidat socialiste !

 

"Les Lumières ont versé, si l'on ose l'écrire, des torrents de larmes, que le romantisme se garda bien de sécher, quoiqu'il ait modifié la matière des mouchoirs, et réduit quelque peu leur format. Ces pleurs si naturels, si l'on en croit leur immémoriale ancienneté parmi nous - qu'attestent à l'envi la littérature, qui sait tout, et la peinture, qui voit tout, pour ne rien dire de la musique, qui bruit de bout en bout de leur débordement -, ces pleurs directement tombés des yeux de la nature, il ne fallut rien moins que le naturalisme pour commencer à les tarir, l'urbanisme haussmannien, la science, les mardis de la Salpêtrière et la grande industrie. Nous ne sanglotons à peu près plus, sauf, et ce n'est même pas sûr, aux pires débâcles de l'histoire, de la grande et de la nôtre. Or qu'en serait-il pourtant de décennies à la chaîne qui ne sauraient plus ce que c'est que le rire ? Nous ne savons presque plus ce que c'est que les larmes."
(Renaud Camus, Le Bord des larmes, P.O.L., 1990)

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 12:20

 

On sait comment est née la crise des « subprimes », de l’exploitation par le monde de la finance de la pauvreté et de l’ignorance. La mondialisation freinant la hausse des salaires et donc la consommation « intérieure » indispensable à la poursuite de la croissance, on a incité les pauvres, c’est à dire ceux qui sont les plus nombreux et qui « ne savent pas », à s’endetter en achetant la maison de leur rêve, rêve dont il n’avait pas les moyens. Le film « Cleveland contre Wall street », docu-fiction qui met en scène « fictivement » le procès contre les banques que les habitants de Cleveland n’ont toujours pas réussi à mettre en œuvre, éclaire de façon lumineuse le mécanisme de cette escroquerie, et notamment celui de la « titrisation », un peu obscur pour moi, qui consistait à placer en bourse ces crédits pourris.
Un autre film, « Krach », démonte le mécanisme des bulles boursières en mettant en scène les agissements d’un super trader (à côté duquel Jérome Kerviel apparait comme un enfant de chœur) qui met au point un système qui ne marche que si quelques uns seulement « savent ».
Si, dans ces deux cas, le système s’est diaboliquement retourné contre ses protagonistes c’est parce que l’appât du gain les a rendus aveugles à leur propre savoir.
Les mécanismes économiques et financiers devraient faire l’objet d’un enseignement obligatoire ce qui donnerait à un plus grand nombre les moyens de déjouer les pièges que leur tendent les conseillers financiers et la possibilité pour ceux qui le peuvent de faire fructifier leur épargne sans que cela soit réservé à une petite minorité d’initiés. Une meilleure éducation « économique » de nos concitoyens permettrait peut être aussi à nous gouvernants de ne pas se précipiter et s’enferrer dans des impasses comme celle du « bouclier fiscal ». Certes, la faute à « pas de chance », Nicolaparte ne pouvait prévoir la survenue de la crise financière quand il a imaginé ce mécanisme subtil pour le substituer à une suppression de l’ISF jugée « psychologiquement » impossible. Un minimum d’effort pédagogique aurait néanmoins été souhaitable, comme cette parabole qui circule sur internet (voir en fin de billet), qui certes force le « trait » mais n’en est pas moins éclairante, telle celle de Fernand Raynaud sur le boulanger « étranger ». On peut même s’étonner devant tant de maladresses politiques que, selon un récent sondage, 37% des français soient contre la suppression du bouclier alors que seuls une infime minorité d’entre eux en bénéficient ! On peut supposer (je n’ai pas les détails du sondage) qu’il s’agit de sympathisants de droite qui espèrent un jour en bénéficier...
Pourtant ceux qui « savent » et notamment les dirigeants socialistes, sont bien conscients que si la supression du bouclier fiscal est inéluctable, le temps de la pédagogie est passé, elle doit s’accompagner d’une refonte globale de la fiscalité. Nombre d’entre eux prônent la suppression simultanée de l’ISF (ou du moins sa refonte) et la création d’une tranche supplémentaire de l’impôt sur le revenu. Un syndicat des impôts, tablant lui aussi sans doute sur l’ignorance, dans une logique purement comptable a calculé que cette double suppression, même accompagnée d’une tranche d’imposition de 45% pour les plus hauts revenus, aboutirait à un manque à gagner important pour l’état, faisant semblant d’oublier que la mise en œuvre d’une fiscalité conforme à ce qui pratique ailleurs en Europe devrait réduire fortement l’évasion fiscale et donc permettre des rentrées significativement supérieures dans les caisses de l’état.




« Un classique a méditer : Supposons que tous les jours, 10 collègues se retrouvent pour boire une bière et que l'addition se monte à 50$ (normalement, 5$ chacun). Dans un souci d équité, ils payaient la note de la façon que l'on paie les impôts, selon les revenus de chacun, on a la répartition suivante: Les quatre premiers, les plus pauvres, ne paieraient rien, zéro cent. Le cinquième paierait 50 cents. Le sixième paierait 1,50$. Le septième paierait 3,50$. Le huitième paierait 6$. Le neuvième paierait 9$. Le dernier, le plus riche, devrait payer 29,50$ à lui tout seul. On arrive donc bien à 50$. Ils décidèrent de procéder comme décrit. Les dix se retrouvèrent chaque jour pour boire leur bière et semblèrent assez contents de leur arrangement. Jusqu'au jour où le tenancier du bar les plaça devant un dilemme: «Comme vous êtes de bons clients, dit-il, j'ai décidé de vous faire une remise de 10$. Vous ne paierez donc vos dix bières que 40$.» Le groupe décida de continuer à payer la nouvelle somme de la même façon. Les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais comment les six autres, les clients payants, allaient-ils diviser les 10$ de remise de façon équitable? Ils réalisèrent que 10$ divisés par 6 faisaient 1,66$. Mais s'ils soustrayaient cette somme de leur partage, alors le cinquième et le sixième homme allaient être payés pour boire leur bière (1,16$ et 16 cents). Le tenancier suggéra qu'il serait plus judicieux de réduire l'addition de chacun selon le même barème et fit donc les calculs … Alors … Le cinquième, comme les quatre premiers, ne paya plus rien, Un pauvre de plus ... Le sixième paya 1$ au lieu de 1,50$ (33% de réduction). Le septième paya 2,50$ au lieu de 3,50$ (28% de réduction). Le huitième paya 4,50$ au lieu de 6$ (25% de réduction). Le neuvième paya 7,50$ au lieu de 9$ (17% de réduction). Le dixième paya 24,50$ au lieu de 29,50$ (16% de réduction). On arrive bien à un total de 40$.
Chacun des six clients payants paya moins qu'avant, et les quatre premiers continuèrent à boire gratuitement. Mais une fois hors du bar, chacun compara son économie. «J'ai seulement eu 50 cents sur les 10$ de remise», dit le sixième et il ajouta, montrant du doigt le dixième: «Lui, il a eu 5$!!!» «C'est vrai», s'exclama le septième. «Pourquoi il aurait eu 5$ de rabais alors que moi je n'ai eu que 1$? Le plus riche a eu la plus grosse réduction!» «Attendez une minute, cria le premier homme. Nous quatre n'avons rien eu du tout. Le système exploite les pauvres». Les neuf hommes cernèrent le dixième et l'insultèrent, le tabassère même … Le jour suivant, le dixième homme ne vint pas, il avait déménagé aux Bahamas ou il avait déjà des amis plus agréables à fréquenter. Les neuf autres s'assirent et burent leur bière sans lui. Mais quand vint le moment de payer, ils découvrirent quelque chose d'important: ils n'avaient pas assez d'argent pour payer ne serait-ce que la moitié de l'addition. Et cela est le reflet de notre système d'imposition. Les gens qui paient le plus d'impôts tirent le plus de bénéfice d'une réduction de taxe et, c'est vrai, ils resteront plus riches. Mais malgré tout, en valeur comme en proportions, ce sont eux qui payent le plus, et si vous les taxez encore plus fort et les condamnez à cause de leur richesse, ils risquent de ne plus se montrer. Pour ceux qui ont compris, aucune explication n'est nécessaire. Pour ceux qui n'ont pas compris, aucune explication n'est possible. »

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:07

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"On peut discuter [de] ce que l'on veut sur l'affaire des Roms, mais pas un pape allemand", a dit Alain Minc.
"J'ai envie d'exploser un peu. Ce pape allemand ? Parler comme il a parlé ? En français ?", a dit Alain Minc sur France Inter. "On peut discuter [de] ce que l'on veut sur l'affaire des Roms, mais pas un pape allemand", a dit l'économiste, essayiste et conseiller politique. Son prédécesseur "Jean-Paul II peut-être, pas lui".


"Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, a laissé entendre que, de par sa nationalité, Benoît XVI était "un héritier" du régime nazi. "Son insensibilité qu'on a mesurée quand il a réinstallé un évêque révisionniste, son insensibilité à l'Histoire, dont il est comme tous les Allemands un héritier, non pas un coupable mais un héritier", a-t-il dit."


J'ai du mal à croire qu'un conseiller de Nicolas Sarkozy puisse tomber si bas

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 17:03

subprime.gifPour avoir oublié ce principe élémentaire, que le bon sens commun traduit par « on ne prête qu’aux riches », les banques se sont tirées une balle dans la nuque et ont mis le monde dans une situation dont on ne sait toujours pas quand, ni surtout dans quel état, il en sortira. L’idée de base était cynique mais réaliste : il y a beaucoup plus de pauvres que de riches, donc prenons leur le peu d’argent qu’ils ont en leur faisant miroiter de devenir propriétaire…D’autant plus facile que les taux d’intérêt aux USA étaient tombés proche de zéro, ce qui en accordant des emprunts à très long terme (plus de 20 ans) permettait de leur faire miroiter des mensualités supportables. Mais ce que ces cyniques n’ont pas dit, c’est que les prêts accordés étaient à taux variable, pratique commune dans les pays anglo-saxons. Quiconque est tant soit peu informé des mécanismes financiers sait qu’il ne faut emprunter à taux variable que lorsque la probabilité de baisse des taux est importante, c'est-à-dire quand les taux sont hauts (ce que je fis en 91, lors de l’achat de mon appartement alors que les taux étaient à 10%, ils sont tombés rapidement à 4% et j’ai gagné 7 ans de remboursements), mais jamais quand les taux sont bas et qu’ils ne peuvent qu’augmenter ce qui risque de se traduire par une augmentation drastique des mensualités (n’empruntez surtout pas à taux variable en ce moment !)….Mais les pauvres ne savent pas ça, et on ne leur a pas dit. L’on sait ce qui arriva, les taux sont remontés, les mensualités avec, les pauvres n’ont pu continuer à payer…Et l’on n’a pas pu compenser ce défaut de paiement en saisissant leurs maisons car la valeur de celles-ci avait notablement baissée du fait de l’éclatement de la bulle immobilière….Tout cela est déjà immoral, mais s’il ne s’était jamais agi que de cela, les banques auraient évité de côtoyer el pire et seuls les pauvres auraient été plus pauvres. Mais nos banquiers US, jamais rassasiés, ont eu la géniale et fatale idée de « titrariser » les crédits consentis, autrement dit les mettre en bourse, et en plus, cerise sur le gâteau, de faire assurer le risque par ce qu’on appelle les « rehausseurs de crédit » (je ne maîtrise pas encore tout cela, aussi ai-je placé en fin de billet une petit résumé du mécanisme en cause). D’où la catastrophe en cours qui s’est propagée selon le mécanisme de la théorie du chaos.
Le plus drôle de l’histoire fût d’entendre ce petit plaisantin qu'est Alain Greenspan, ancien directeur de la Réserve fédérale, déclarer n’avoir jamais vu une chose pareille, alors qu’il est un des principaux responsables de ce qui est arrivé : c’est lui qui, lors de l’éclatement de la bulle internet en 2001, suivie par les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, qui, pour venir au secours de l’économie américaine menacée de récession, a baissé les taux de façon si inconsidérée qu’il a créé la bulle immobilière…
Les bourses se sont alors effondrées, et il n’y a que les « diseuses de stupidité », telles Edith cresson en 91, pour dire « La bourse je n’en ai rien à cirer », car chaque fois qu’une entreprise s’effondre en bourse elle devient la cible des prédateurs qui licencient à tour de bras. Il s’en est suivi, en dépit du sauvetage « d’état » des banques et assureurs par l’administration Bush (qui rappelait à une échelle démultipliée le sauvetage du crédit lyonnais par l’état français), sauvetage indispensable pour éviter la faillite générale, une récession massive avec destruction d’un nombre incalculable d’emplois dans le monde. Les plans de relance qui ont été mis en œuvre pour freiner et inverser cette récession ont accru massivement le déficit des états, ce qui nous amène à la phase actuelle de « rigueur » pour éviter une faillite de plusieurs d’entre eux. Le pire n’est peut être encore à venir et pour faire passer la « pilule » aux peuples concernés devant les sacrifices à venir, on peut s’attendre à une montée des tensions et des conflits dans le monde (on se souvient de ce qui a suivi la crise de 29….).


PS : Mécanisme des « subprime » :
1. La banque accorde un crédit
2. La banque titrise cette créance
3. Elle vend le titre à un hedge fund [un fonds d’investissement à risques, ndlr]
4. Ce fonds emprunte auprès de la banque pour acheter encore plus de titres émis, profitant à fond de l’effet de levier [qui permet d’emprunter plus pour gagner plus, ndlr].
5. Quand le débiteur fait défaut ou même qu’on considère que le risque qu’il fasse défaut augmente, la valeur de la créance titrisée dégringole, mettant en péril le hedge fund.
6. Celui-ci doit financer des pertes et se trouve en situation délicate vis-à-vis de la banque qui le finance.
7. La banque doit déprécier sa créance sur le hedge fund et lui refuse les nouveaux crédits dont il a besoin pour financer ses pertes et assurer la continuation de son activité.
8. Le hedge fund fait faillite.
9. A son tour, la banque elle aussi peut se retrouver en difficulté. Elle a tout à coup besoin d’argent et se tourne vers d’autres banques ; mais ces dernières se méfient car elles estiment que la situation de leur homologue est très dégradée étant donnée la nature de ses engagements. Elles refusent de lui prêter ou alors à des conditions très dures

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 20:34

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Une polémique quant à la possible fermeture de certains services hospitaliers à l’activité limitée a remis l’accent sur le problème du coût de la santé. J’aborde rarement le problème de la santé, notamment celui du médicament, dans ce blog, car travaillant pour l’industrie pharmaceutique, je ne manquerai pas d’être accusé de partialité. Lorsque l’heure de la retraite viendra (à 65 ans, peu concerné donc par la réforme des retraites, si je ne suis pas victime (ou l’heureux bénéficiaire ?) avant d’un « plan social »), et si je tiens encore ce blog ou un autre…c’est un sujet que j’aborderai volontiers de front, d’autant plus que je me sentirai plus lié par un quelconque « devoir de réserve ». Quoiqu’il en soit, depuis plus de 20 ans que j’exerce dans l’industrie, je ne me souviens pas d’avoir été une seule fois confronté à une situation où j’aurais été conduit à malmener le serment passé il y a une trentaine d’années.
Les sujets qui ont enflammé l’opinion et la presse ces dernières années sont légions? Déremboursement de certains médicaments, hausse importante de certains médicaments non remboursés, franchises médicales, fermeture et restructuration d’hôpitaux. En arrière plan de l’annonce de ces mesures, le déficit de la sécurité sociale. Il n’y a, à ma connaissance, que 4 façons de réduire ce déficit : augmenter les impôts, diminuer les dépenses, restructurer l’hôpital et diminuer les arrêts maladie de complaisance. Jusqu’à maintenant les derniers gouvernements ont choisi avant tout de diminuer les dépenses (il est parfois amusant de constater que ceux qui protestent le plus contre cette approche, sont les mêmes qui se plaignent le plus des impôts…). C’est ça le populisme, il se mord souvent la queue. Le « dé remboursement » de certains médicaments et l’instauration des franchises médicales visent à cette diminution des dépenses. Le « dé remboursement » entraînant une diminution de la prescription, certains laboratoires ont décidé d’en augmenter les prix pour compenser la perte de prescription. Ceci peut sembler regrettable mais il faut d’abord bien comprendre ce qui a justifié cette éviction du remboursement. Il faut pour cela connaître le mécanisme qui conduit au remboursement en France. Le parcours est le suivant : il faut d’abord que le médicament obtienne son A.M.M (autorisation de mise sur le marché), ce qui se fait maintenant au niveau européen, après que le dit médicament a démontré dans des études cliniques souvent longues et coûteuses qu’il était efficace ( en comparaison à un placebo) et d’un niveau de tolérance suffisant compte tenu de son efficacité (on accepte d’autant plus des effets indésirables parfois graves que l’efficacité est majeure alors qu’un médicament d’efficacité marginale n’aura son autorisation que s’il est parfaitement toléré et sans risque). L’essentiel de mon travail consiste à mette au point et à conduire de telles études. Mais une fois que le médicament a eu son AMM, il doit passer en « Commission de transparence » qui va lui attribuer 2 notes en fonction de son « utilité médicale » en comparaison de ce qui existe déjà (cela s’appelle « service médical rendu » et « amélioration du service médical rendu »). Cette note va déterminer le remboursement ou non (si le service médical rendu est jugé nul ou insuffisant le médicament ne sera pas remboursé) et aussi, s’il est remboursé, son prix qui sera déterminé par le « Comité économique du médicament ». Mais il se trouve que cette longue procédure n’a pas toujours existé et que dans le passé certains vieux médicaments ont eu leur AMM sans répondre aux conditions aujourd’hui nécessaires. Ils ont donc été « réévalués » par la Commission de Transparence qui leur a donné la note la plus faible « efficacité insuffisante ou jamais démontrée. Ils ont donc été retirés du remboursement, ce qui peut aisément se comprendre. Il devrait en être de même pour les médicaments homéopathiques qui n’ont jamais prouvé la moindre efficacité. Certains de ces médicaments, même s’ils n’ont jamais montré leur efficacité (parfois tout simplement parce que les études n’ont pas été faites !), n’en ont pas moins une action. Ainsi, par exemple, il n’est pas contestable que l’ « humex », qui est utilisé dans ce que les concierges appellent « rhume de cerveau », diminue les sécrétions nasales et donc apporte un certain confort, sans agir le moins du monde sur le mal lui-même. La sécurité sociale considère qu’elle n’a pas à rembourser de tels médicaments. Quant à la soudaine augmentation de prix de certains d’entre eux, elle pourrait être limitée si des dispositions (dont certaines sont conseillées par le rapport Attali) étaient adoptées : liberté d’installation des pharmaciens, vente libre des médicaments sans ordonnance, etc…).
J’étais plus réservé sur les franchises médicales. Pas sur le principe, responsabiliser le malade (et le médecin !) et ne pas recourir systématiquement au médecin ou au médicament (il faudrait ici faire référence à Ivan Illich et son œuvre, mais ce serait trop long) pour des maladies qui guérissent toutes seules (80% d’entre elles…), mais sur leur application systématique. Il ne me parait pas en effet acceptable d’appliquer ces franchises aux maladies graves ou chroniques.
Les hôpitaux enfin. Ils constituent une des causes majeures du déficit. La réforme de leur gestion est nécessaire et la fermeture de certains services hospitaliers inévitable et dans ce cas, pas seulement pour la question du coût du maintien de structures non rentables, mais aussi parce que les services de chirurgie qui n’opèrent pas suffisamment ont un risque de décès ou de complications bien plus élevé....

 

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 22:43

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Je suis rentré de Buenos Aires pour trouver à Paris un temps assez semblable à celui que je venais de quitter, mas là bas c'était l'hiver...Ce sera sans doute ma dernière destination lointaine de l'année, j'ai en effet renoncer à me rendre à Honolulu en juillet pour le plus important des congrès sur la maladie d'Alzheimer, c'est vraiment un voyage trop long, plus de 20 heures, pour seulement 3 ou 4jours sur place (j'avais trouvé très pénible mon périple pour la même destination en 1993, à l'occasion de l'American Neurology, pendant la 2è guerre du golf, ce qui nous avait valu un accueil plutôt mitigé de la part des autochtones qui ne comprenaient pas la position de la France) et ce d'autant plus que je devrais très probablement m'y rendre à nouveau en avril 2011.

Durant mon vol de retour j'ai pu lire le court essai de Raphaëlle Bacqué, "Le dernier mort de Mitterrand". Ce mort c'est François de Grossouvre qui s'est suicidé à l'Elysée en avril 1994, dernier car il faisait suite aux morts tragiques de Patrice Pelat et de Pierre Berregovoy. Ce récit, bien écrit, se lit comme un roman, c'est l'histoire d'une passion amoureuse, celle qu'éprouvait François de Grossouvre pour François Mitterrand, dépourvue de tout désir physique bien sûr, mais avec tous les symptômes du délire amoureux et des dérives de la jalousie, jalousie féroce à l'encontre de quiconque pouvait lui faire de l'ombre auprès de Mitterrand, notamment Michel  Charasse  et Roland Dumas. Il nous est narré comment cet homme a été broyé par cette passion jusqu'à livrer à la presse et à quelques journalistes complaisants prêts à tout pour salir Mitterrand ( on n'est pas étonné de voir surgir le nom d'Edwin Plenel) des informations sur les affaires, dont le secret de la 2è famille de Mitterrand, qui ont assombri son second septennat. Suicide, le livre ne laisse aucun doute. Ce "roman" est aussi le récit des amours parallèles, passionnels aussi, qui rapprochaient encore les deux hommes, tous les deux avaient un amour clandestin.

Ce livre n'est pas un livre partisan, loin de là, mais donnant un éclairage nouveau sur certains épisodes qui ont constitué la "part d'ombre" de Mitterrand, il en  renforce l'image. On est notamment fasciné par l'aura qu'il avait sur tous ceux qui l'approchaient, comme cet interprète avouant au soir de sa retraite : "J'ai aimé passionnément cet homme..."

J'ai lu ce livre avec une certaine nostalgie d'une époque révolue, celle où la France avait un président....

 

"....Lui, en revanche, ne s'améliore pas : ces deux journées outre-Manche s'étaient bien passées, sa femme avait surmonté l'épreuve de cette première sortie officielle avec beaucoup de grâce et d'à propos, il a fallu qu'il aille tout gâcher en soulignant ce succès, en déclarant, lors d'un discours, que Carla avait fait honneur à la France, comme s'il s'agissait d'un enfant de cinq ans ou d'une pouliche qui aurait gagner le Grand Prix. Je suppose que cet homme est très intelligent, pour être arrivé là où il est en ayant triomphé de tant de redoutables rivaux. Mais en même temps, et de toute évidence, il est très bête. C'est lui l'enfant de cinq ans, qui parade de ses jolis jouets, vérifie qu'on les a bien remarqués et insiste pour qu'on reconnaisse que, décidément, ce sont les plus beaux. Et tous ces mamours étalés sont déplaisants au possible."

( Renaud Camus, Au nom de Vancouver, journal 2008, Fayard)

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