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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 21:44

 

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La gémellité a souvent inspiré et fasciné les écrivains. Difficile de ne pas évoquer à ce propos « Les Météores » de Michel Tournier qui m’a tant marqué. Philippe le Guillou, ancien prix Médicis, vient d’écrire un très beau roman sur ce thème « Le bateau brume ». Dans le roman de Michel Tournier l’homosexualité, incarnée avant tout par l’extraordinaire personnage qu’incarne l’oncle Alexandre, est considérée comme une « contrefaçon » de la gémellité. Les jumeaux du « Bateau brume », Gilles et Guillaume, n’ont pas de relation incestueuse, seul Guillaume, artiste torturé, est homosexuel, et encore cette homosexualité apparaît sublimée dans la peinture des corps de jeunes hommes. Son frère a choisi la voie politique tracée par son grand-père gaulliste, et c’est toute l’histoire de ces cinquante dernières années que nous voyons défiler dans la carrière d’un député RPR puis UMP, ministre de Balladur et de Chirac. Le récit à deux voies, surtout celle de Guillaume, de cette passion tumultueuse ne nous promène pas seulement à travers l’histoire mais de leur Bretagne natale, si présente, à Paris, Rome et Shangaï. Les personnages de prêtres qui hantent ce roman ont aussi un rapport à la chair de nature homosexuelle, François, l’ami d’enfance qui a pris sous sa protection un jeune séminariste et le père Serge, curé de St Eustache, que l’on voit parfois sortir des bars du Marais. Je ne savais pas que l’église St Eustache avait servie de lieu d’asile et de réconfort aux familles et amis de ceux qui mourraient du sida au plus fort de l’épidémie.
Un extrait des pages si émouvantes qui témoignent de ce que fût cette époque :

« - Ils commencent à mourir, très nombreux, dans le quartier, avait dit le père Serge. Leurs cendres sont dispersées, parfois reprises par les familles. Je voudrais que tu imagines pour eux une urne, un reliquaire où l’on gardera un souvenir de leurs noms. Il avait été le premier à célébrer les funérailles d’un toxicomane mort du sida dans un hôpital des confins du 20è arrondissement. D’autres avaient suivi, des danseurs, des artistes, des étudiants, des hommes mariés qui menaient une double vie. Parfois déferlait dans l’église une meute de blousons noirs, une population qui ne dissimulait pas ses goûts et son appartenance ; d’autres fois le curé était seul avec le petit ami éploré et la famille montée de province. Un dimanche j’étais venu à la grand-messe de 11 heures et j’avais entendu la litanie des noms de garçons disparus dans le mois, Louis, Etienne, Christian, Benoît, Stéphane, Jean-Frank, Cyril, Thomas, des noms qui n’étaient plus qu’une poudre de syllabes dans la bouche de l’officiant, les noms de tous ces porteurs d’étoile qui avaient vécu leur condition dans le défi ou l’opprobre, la clandestinité malheureuse ou l’extravagance, avant de trouver la solitude et la souffrance au bout de leur liberté. Pour eux j’inventerai ce mémorial, ce tabernacle du souvenir….Ils ne laissaient rien dans le vent d’hiver. Si, des amis esseulés, des parents, qui souvent n’avaient rien vu venir et maudiraient toute leur vie la capitale, ses dangers, ses enfers, ses quartiers damnés »


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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 10:37

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J'ai participé, il y a quelques temps maintenant,  comme tous les membres de l'équipe avec laquelle je travaille, à une journée de formation à une méthode d'évaluation de sa personnalité et de prédiction des réactions comportementales en situation de stress. Cette méthode a été élaborée par un docteur en psychologie, Taïbi Khaler, et adoptée par la NASA pour la sélection des astronautes.
Il existerait ainsi 6 types de personnalité, le travaillomane, le persévérant, l'empathique, le rêveur, le promoteur, le rebelle. La réponse à un questionnaire comportant une vingtaine de questions à choix multiple permet d'établir votre profil de personnalité. celle ci est ainsi décrite comme un immeuble à 6 étages, la base, plus ou moins programmée de façon génétique (ou épigénétique, voir mon billet sur l'origine de l'homosexualité pour plus de détails sur ces termes) constitue la caractéristique principale de votre personnalité, son mode de perception et ses besoins fondamentaux, puis au dessus les "phases", dont la première est le "carburant psychologique", la phase de travail actuel. On peut au cours de sa vie changer de phase, mais pas plus qu'un étage ( par contre en fonction des circonstances on peut transitoirement parcourir toutes les phase). La base la plus répandue, aux 2/3 chez les femmes, est de type "empathique" (compatissant, sensible, chaleureux, dont la question existentielle est "suis je aimable"). J'ai ainsi appris que j'étais de base "promoteur" (adaptable, persuasif, charmeur, dont la question existentielle est "suis je vivant") et de 1è phase "travaillomane" (responsable, logique, organisé, dont la question existentielle est "suis je compétent"). Ma 2è phase est rêveur (imaginatif calme , réfléchi dont la question existentielle est "suis je voulu"). Si j'avais voulu "deviner" ma structure de personnalité, c'est plutôt ce type rêveur que j'aurai anticipé..
On apprend aussi comment on réagit en situation de stress. J'ai ainsi appris qu'en stress du 1è degré, je laisserais les autres se débrouiller, puis je deviendrais perfectionniste, alors qu'en stress du 2è degré je manipulerais , puis sur contrôlerais. En tant que "promoteur", je m'adapterait assez facilement à toutes les autres personnalités, sauf semble t il avec les empathiques (on me l'a confirmé...)
Voilà vous en savez plus sur moi que moi.
Même si tout cela doit être relativisé, je dois reconnaître que j'ai reconnu bien de mes collègues dans le profil qui en était établi, il doit donc bien y avoir quelque chose de vrai dans le mien!

http://normandie.unicnam.net/spip.php?page=imprimersans&id_article=65

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29 mars 2010 1 29 /03 /mars /2010 21:50
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La longévité n’est pas forcément un but dans la vie, mais si vous voulez augmenter vos chances de vivre au-delà de 90 ans je vais vous donner la liste de ce qui pourrait vous y aider, du moins si vous êtes encore jeunes, car les comportements que je vais cités doivent être « suivis » bien longtemps avant qu’on ait atteint cette zone d’âge….
Dans une étude publiée en janvier de cette année dans « Alzheimer et Dementia », une très sérieuse revue scientifique, le suivi d’une cohorte de 14000 sujets, les comportements suivants étaient associés avec une longévité au-delà de la 90è année :

1.La prise d’oestrogènes après la ménopause : cela nous concerne peu, à priori 
2. L’indice de masse corporelle : pour parler comme ma concierge, le poids. Etre obèse ou de poids insuffisant accroît le risque de mortalité
3. L’alcool : boire 2 verres par jour ou plus diminue de 15% le risque de mortalité (le type d’alcool n’est pas précisé dans cette étude)
4. La caféine : là c’est compliqué car il s’agit d’une courbe en U : la consommation modérée diminue le risque de mortalité, mais au-delà d’une certaine dose journalière, ça l’augmente
5. Les activités physiques : mortalité réduite d’autant plus qu’on y passe plus de temps (jusqu’à 25% de réduction de la mortalité pour 45 mn/jour)
6. Les activités non physiques (jeux, bricolage, voyages etc) : réduction de la mortalité au-delà de au moins 1 heure/jour
7. Les Vitamines A, B, C : autant d’effet que si vous pissiez en l’air (les femmes sont dispensées du test…)



Pour les vitamines ce n’est pas une surprise. A moins d’une carence ( exceptionnel dans nos contrées étant donné notre alimentation) , en prendre , au mieux ne sert à rien ( on pisse le surplus), au pire est délétère. Pour le reste ( sauf peut être pour la caféine car les études sont contradictoires) ce n’est qu’une confirmation d’autres études. Il faut bien sûr toujours prendre avec prudence de tels résultats et s’assurer que la « méthodologie » de l’étude est correcte et notamment qu’on a bien pris en compte « l’interdépendance » possible des facteurs et qu’on a évité les « biais » par des techniques statistiques appropriées ( on appelle cela « l’ajustement »). Par exemple, il y a quelques années on a affirmé que le tabac diminuait le risque de maladie de parkinson, mais il y aurait un biais : si vous fumez avez effectivement moins de chance d’avoir une maladie de parkinson, mais tout simplement parce que vous avez toutes les chances d’être mort d’autre chose avant! ( pas si simple cependant car des études récentes… http://www.agevillage.com/Article/index.jsp )

Je précise encore une fois qu’il ne s’agit que de facteurs « préventifs », les mettre en œuvre a un âge avancé ne sert plus à rien….
Personnellement, si l’on ne tient pas compte du 1è facteur, j’ai 5 sur 5

http://www.senat.fr/rap/r02-286
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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:03
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Ces temps d'élection sont une occasion de vous faire part d'une page du dernier tome, celui de l'année 2007, du journal de Renaud Camus, "Une chance pour le temps". L'auteur s'étonne d'entendre au journal télévisé, une dame professeur agrégée d'histoire et géographie dans un prestigieux lycée parisien, déclarer qu'il lui fallait trois heures de préparation pour ses cours : "Et quand je vois le niveau ordinaire, en histoire, des quelques adolescents ordinaires que je rencontre, lesquels en général n'ont pas la moindre idée claire de quelque épisode ou de quelque période que ce soit, je ne parviens pas à concevoir qu'un professeur agrégé, passé les deux ou trois premières années, peut-être, et encore, puisse être obligé de se livrer à trois heures de préparation pour un cours, ni même une seule." L'ami de l'auteur, Pierre, étant lui aussi professeur agrégé d'histoire, Renaud Camus poursuit : " Pierre a là-dessus une position ambigüe. Il dit que lui même ne prépare ses cours, mais il dit aussi qu'il a tort. Il trouve particulièrement difficile d'enseigner l'histoire contemporaine....il donne l'exemple de la démocratie chrétienne. Il dit qu'expliquer ce que peut bien être la démocratie chrétienne, le concept et la chose, à des lycéens de première, c'est la croix et la bannière :"parce que nous, nous savons que les chrétiens, traditionnellement, dans la République, avaient été plutôt à droite, ou même très à droite : alors il nous est facile de comprendre l'espèce de paradoxe et la nouveauté qu'ont pu représenter des démocrates chrétiens, des chrétiens démocrates. Mais, pour mes classes, les chrétiens sont des gens bien gentils, un peu gnangnan, qui sont prêts à se dévouer pour toutes les bonnes causes : pourquoi ne seraient ils pas démocrates? pourquoi faudrait il préciser qu'ils le sont? On ne comprend pas de quoi je parle."
- Mais justement : c'est ce que je dis. Ces lycéens sont tellement ignorants qu'il faut tout leur apprendre. Un professeur ne peut pas être lui-même tellement ignorant qu'il ait besoin de faire des recherches et de préparer son cours pour s'adresser à des gens qui ne savent rien. Tout ce qu'il pourra leur dire sera utile pour eux. Tout ce qu'il pourrait leur apprendre serait un progrès."

Ce passage m'a fait sourire car il se trouve que Bernard, mon ex-ami, lui aussi professeur agrégé, de lettres, ne manquait pas de me dire quand il donnait ses cours au lycée de Noisielle (en ce temps là l'ami de Renaud Camus professait dans le même lycée, ils avaient d'ailleurs sympathisé), qu'il n'avait nul besoin de les préparer ... Je ne me mêlerai pas à ce débat, mais il me semble cependant que Renaud Camus a sous estimé le caractère "prestigieux" du lycée dans lequel enseignait cette dame, lycée dont les élèves ne sont sans doute guère représentatifs de ceux que l'on peut rencontrerl....
Bonne occasion pour signaler que j'ai voté pour la démocratie chrétienne (! ) et non blanc comme je l'avais envisagé, dans tous les sens du terme, puisque le candidat Modem de l'Ile de France est métisse. Je voterai blanc au second tour.

Quitte à en agacer certains, il m'arrive, la pression médiatique étant telle, que je me demande parfois si je n'ai pas "mal pensé", si ma première appréciation des propos d'un tel ou d'un tel n'a pas été hâtive. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour Gérard Longuet, loin de là, mais je trouvais ses propos récents sur la présidence de la Halde au moins dignes d'intérêt. Le tumulte qui a suivi aurait pu me faire douter, mais j'ai été rassuré en écoutant ce jour le débat hebdomadaire "Jacques Julliard- Luc ferry" sur LCI, les deux avaient le même sentiment que moi.

Un roman fait actuellement beaucoup parler de lui : "Sukkwan Island". Il s'agit de la première œuvre d'un jeune auteur américain, David Vann, l'histoire d'un père, en proie à des difficultés existentielles et conjugales, qui va amener son fils unique sur un île déserte de l'Alaska pour essayer de renouer avec lui. Il est difficile d'imaginer un histoire plus noire que celle là, plus longue nouvelle que roman, avec un coup de théâtre, totalement imprévisible, on dirait presque "gratuit", qui a l'originalité de survenir à mi-roman et non à la fin, ce qui rend "étrange" et parfois décevante, toute la seconde partie qui finit par apparaitre comme un voyage dans la folie. Ce roman ne  laisse pas indifférent, il est écrit, mais on peut s'étonner de lire, à propos d' une première œuvre :  "enfin le grand romancier américain qu'on attendait"...

Pour clore ce billet ce petit extrait, qui m'a amusé, du journal de Renaud Camus, à l'entrée du "22 avril 2007" : "Election présidentielle. A huit heures moins cinq on nous a annoncé que Richard Virenque, Jean Reno et Doc Gynéco faisaient leur entrée au Q.G. de campagne de Nicolas Sarkozy. Le nouveau régime était en place."
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 21:51

 

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Les « bienveillantes » est un roman qui a fait couler beaucoup d’encre. Jacques Julliard, lors de son émission hebdomadaire sur LCI, au moment de la parution du roman, avait posé la question : « Le sujet du livre n'est il pas l'homosexualité et non le nazisme? » Je n’ai pas vraiment été étonné. J’avais déjà eu l’occasion de constater que, sous le masque d' une tolérance sans restriction, l'homosexualité le mettait mal à l'aise . Comme beaucoup, il ressent le désir homosexuel comme "contre nature". Et l’homosexualité qui est décrite dans « bienveillantes », elle conforte ce sentiment. En effet, de l’homosexualité il en est grandement question dans ce roman, elle est omniprésente. Mais laquelle ? Aue, le héro, n’est pas gay, c’est un pervers. Son homosexualité est celle de la psychanalyse et de la psychiatrie, une pathologie du désir, une perversion. Elle est vécue comme un choix de vie visant à oublier des traumatismes de l’enfance, et s’accompagne d’autres perversions, dont l’inceste ( il sodomise sa sœur dont il est amoureux). C’est aussi un choix esthétique, à la grecque, rejoignant en cela la figure de l’homosexuel conservateur ou fasciste, de l’homosexuel en marge, de l’homosexuel maudit, Genet, Jouhandeau, Charlus, etc. L’homosexualité et la mort. L’homosexualité et la paranoïa. Sartre ne voyait il pas dans l’homosexualité de Genet un amour des bourreaux, d’où son rapport au nazisme, Sartre qui par ailleurs ne considérait comme vrai « homosexuel » que celui qui se faisait enculer, "la femme". Le héro des « Bienveillantes » est amené à fréquenter les milieux intellectuels parisiens collaborateurs, notamment Brasillach et Rebatet, qui revendiquent eux aussi une homosexualité comme « mode de vie », supérieur naturellement, une esthétique de la sodomie, mais qui n’en sont pas moins capables, comme ils le font pour les juifs, de dénoncer et d’envoyer dans les camps les homosexuels de l’ombre. Cette « race » d’homosexuels n’a pas disparu. Ils ne sont certes pas, heureusement, pour la quasi totalité, des criminels, et ils peuvent même être des humanistes. Mais ils manifestent contre la "visibilité" des homosexuels, contre la Gaypride ( pas pour la même raison que ceux qui profèrent un racisme « antifolles").
L’homosexualité est pour eux une attitude de vie, parfois une souffrance, pas une revendication. Ils sont le plus souvent attirés par les éphèbes. Vous ne les verrez pas dans le Marais.

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 20:18

Massada2.jpgJe n’avais pas imaginé trouver une connexion internet dans le Kibboutz du désert du Néguev où nous faisons étape ce soir. Le shabbat venant de commencer nous serons privé de vin au repas mais la responsable du lieu nous a rassuré : nous pourrons aller boire un verre au pub après le diner.

Mercredi matin nous nous sommes donc dirigés de Tibériade vers le Mont Thabor où, selon la légende, le Christ aurait dévoilé sa nature divine à ses apôtres en apparaissant au coté des prophètes. La basilique édifiée en ce lieu est qualifiée de « sans intérêt » par le « petit futé », et « d’une des plus remarquables » par « Lonely planet ». Le collaborateur du petit futé devait manifestement être très fatigué….Dans l’après midi, avant d’atteindre la station balnéaire d’Ein Bokek, sur les bords de la mer morte, nous avons visité le site de Qumran où furent trouvés les manuscrits de la dite mer. La journée de jeudi nous sommes resté à Ein Bokek nous reposer un peu, certains d’entre nous en ont profité pour vérifier le principe d’Archimède en se baignant dans la mer morte. Ce matin nous avons découvert, un des chocs de ce voyage, Massada, et les vestiges inoubliables, dans un panorama somptueux, de la forteresse construite par Hérode le Grand. Selon Flavius Josephe la secte juive des « sicaires », qui étaient des Zélotes en révolte contre Rome, prirent Massada quelques années après la mort d’Hérode, avant, plutôt que de se rendre lors de la reconquête du lieu par l’occupant, de se suicider collectivement. Puis, en route vers le Kibboutz, nous fîmes une halte rapide sur les pentes du Mont Sodome, non sans avoir pris Bertrand et moi, quelques photos très « suggestives » pour nos sites de « chasse gay » et laisser des « traces » de notre passage, et avons pu apercevoir le rocher censé représenter la femme de Loth « statufiée » pour s’être retournée sur la destruction de Gomorrhe. Avant d’atteindre notre destination nous avons pu (heureusement nous avions un 4/4 car sinon nous n’avions pas l’équipement pour une longue randonnée) aller sur les bords d’un des spectaculaires « Makhtesh » (cratères) du désert (celui que nous avons vu serait du à la chute d’une météorite).

Demain retour sur Tel Aviv, non sans avoir poursuivi la découverte des sites superbes qu’offre ce désert, avant de rentrer sur Paris dimanche en fin de journée.

On est frappé par l’absence de touristes (ou presque) dans les lieux naturels extraordinaires que nous avons vus, comme si Israël n’attirait que les « pèlerins » (les sites « religieux » sont bien sûr très visités), étonné aussi de voir si souvent des civils avec une arme à l’épaule. Un seul regret au terme de ce voyage, qu’il fût trop court, quelques jours de plus auraient été nécessaires, notamment pour aller jusqu’à Jéricho et Hébron en territoire palestinien (on ne peut y aller sans risque avec une voiture de location immatriculée en Israël; il aurait fallu prévoir des étapes pas loin d’un « passage » pour y laisser la voiture et prendre des transports en commun).

L’impression aussi que je recevrais plus tout à fait de la même façon les informations qui nous parviendrons du conflit israélo-palestinien, j’en reviens plus pessimiste, plus convaincu encore que la situation est inextricable, qu’il faudrait voir surgir au même moment deux Nelson Mandela…..

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 15:16

 


http://hyperion.blog.lemonde.fr/files/2009/07/9782350040301.1247419987.jpg Il est peu d’ouvrages dont on sait dès les premières pages qu’on ne va plus les lâcher. Train de nuit pour Lisbonne, premier roman traduit en français du suisse allemand Pascal Mercier (un pseudonyme), professeur de philosophie à Berlin, est de ceux là.
Raimund Gregorius, un brillant mais effacé professeur de latin,grec dans un lycée de Bern, un matin sur le chemin du lycée, venant de sauver une jeune femme de ce qu’il croit être une tentative de suicide, envoûté par la musique de sa langue, le portugais, va brusquement quitter, en plein cours, sa classe et déambulant dans les rues de Bern, il va découvrir le manuscrit à compte d’auteur, déniché chez un bouquiniste, d’un médecin portugais, Amadeu Prado. A la lecture des premières lignes des pensées de cet inconnu, subjugué une deuxième fois en si peu de temps, il va prendre le premier train pour Lisbonne, partir à la recherche de cet auteur. Il apprendra vite que ce dernier est décédé depuis longtemps, mais il le découvrira au travers des personnages qui l’ont connu, ce qui nous donnera une galerie extraordinaire de portraits dont chacun à lui seul vaut la lecture de ce roman. Ce voyage va radicalement changer Raimund Gregorius. Celui-ci qui, à 57 ans, n’a jamais rien osé, va voir sa vie sous un tout autre jour, avec une totale lucidité et la prendre en main. Ce voyage vers Amadeus Prado va être un voyage vers lui-même. « C’est une erreur de croire que les moments décisifs d’une vie, lors desquels sa direction habituelle change pour toujours, devraient être bruyamment et crûment dramatiques, sur fond de violents bouillonnements intérieurs. »
C’est un très grand livre, un livre de philosophie, une réflexion sur l’existence humaine, jamais difficile d’accès, écrit dans un style classique mais magnifique et fluide. On en sort bouleversé avec l’envie de prendre le train pour Berlin à la découverte de Pascal Mercier. Sans parler des descriptions de Lisbonne et de Coimbra, ces deux merveilleuses villes portugaises où j’ai tant de souvenirs.
I m’arrive souvent depuis que j’ai terminé ce livre, en deux semaines seulement, d’y revenir et de me replonger dans les pensées d’Amadeu Prado.
« S'il est vrai que nous ne pouvons vivre qu'une seule partie de ce qui est en nous, qu'advient-il du reste ? » est une phrase du roman qui fait écho à la citation inaugurale du poète Fernando Pessoa dont Prado est comme le double : « Chacun de nous est plusieurs à la soi tout seul, est nombreux, est une prolifération de soi-mêmes. C’est pourquoi l’être qui dédaigne l’air ambiant n’est pas le même que celui qui le savoure ou qui en souffre. Il y a des gens d’espèces bien différentes dans la vaste colonie de notre être, qui pensent et sentent différemment ». On ne peut pas ne pas penser aux univers multiples (« le multivers »), une des clés d’interprétation du paradoxe du chat de Schroedinger, dont il a déjà été question dans ce blog, et ne pas se livrer à une introspection rétrospective sur les inflexions qu’aurait pu prendre notre vie (comme ma décision brutale d’arrêter Math Sp pour faire médecine. Il m’arrive de m’interroger sur le devenir de l’autre moi-même qui n’aurait pas pris cette décision).
J’ai aussi pensé à de nombreuses discussions qui se sont déroulées sur un autre blog en lisant ce passage (à propos d’une discussion à la suite d’une conférence à Oxford à laquelle Amadeu Prado a assisté), si vrai: « Ce qui fût vraiment inconcevable, ce fut la discussion, comme on l’appela. Coulés et enfermés dans le cadre de plomb gris des formules toutes faites de la politesse britannique, les gens parlaient parfaitement sans s’entendre. Sans relâche, ils disaient qu’ils se comprenaient, qu’ils se répondaient les uns aux autres. Mais il n’en était pas ainsi. Personne, pas un seul des intervenants ne montraient le moindre signe de changement d’opinion devant les motifs exposés. Et soudain, saisi d’une épouvante que je ressentis même dans mon corps, je compris : il en est toujours ainsi. Dire quelque chose à un autre : comment peu- on attendre que cela produise un effet ? Le torrent des pensées, images et sentiments qui coule en nous à tout moment, il a une telle force, ce torrent déferlant, que ce serait miracle s’il n’emportait pas pour les livrer à l’oubli toutes les paroles qu’un autre nous dit, sauf si par hasard, tout à fait par hasard, elles s’adaptent à nos propres paroles. En va-t-il autrement de moi ? pensais-je. Ai-je jamais réellement écouté quelqu’un ? L’ai-je laissé entrer en moi avec ses paroles, si bien que mon torrent intérieur en eût été dévié ? »

Inutile de dire, à la suite de nombreux internautes si l’on en croit une rapide recherche « google », combien je recommande ce grand livre, qui est maintenant disponible en édition de poche

 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 07:33

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Nous atteignîmes Césarée lundi matin. Chaque nouvel occupant s’étant acharné à détruire ce que le précédant avait laissé et reconstruit de la cité d’Hérode, Césarée n’est plus que ruines que des projections audiovisuelles essaient de faire revivre. Quelques beaux vestiges cependant, l’aqueduc, l’amphithéâtre romain, l’hippodrome où se déroulaient les courses de char et les fortifications ordonnées par Louis IX. Nazareth ensuite, sans grand intérêt, avant d’effleurer Haïfa (à peine le temps de voir l’université et un monastère carmélite), avant d’atteindre St Jean d’Acre dont nous allions tombé sous le charme. Ne serait ce la population essentiellement arabe et très accueillante de la vieille ville, on pourrait se croire dans un village médiéval du sud de la France, tant les « croisés », Hospitaliers ou Templiers l’ont façonnée. Nous n’y avions prévu qu’une nuit , c’est bien dommage.

Mardi, avant de prendre la direction de Tibériade, nous sommes allés jusqu’à la frontière libanaise découvrir les grottes de Rosh Hanikra. Sur la route de Tibériade, une succession de lieux saints : le Mont des Béatitudes où règne un calme olympien (le qualificatif n’est peut être pas pertinent), l’Eglise de la multiplication des pains avec une mosaïque au sol du Vé siècle étonnamment conservée, la chapelle de la Primauté de Pierre où le Christ aurait désigné Pierre comme le bâtisseur de son Eglise, et surtout Capharnaüm avec les vestiges d’une synagogue du IVe siècle construite sur les ruines de celle où aurait prêché Jésus et l’étrange et plutôt laide église moderne en forme de soucoupe volante, posée comme telle sur les ruines de celle qui fût construite au IVe siècle là ou se serait trouvée la maison de Pierre.

Ce matin nous faisons route vers le Mont Thabor.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:58

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Nous avions commencé avec cette histoire d'oeufs cassés qui ne se reforment pas et qui explique pourquoi le temps s'écoule, puis avec la théorie des cordes qui découvarit un monde où toute particule de matière n'est que vibration particulière d'une corde de dimension infinie. Tout n'est pas si simple, il y a 5 théories des cordes, un peu comme si nous avions à disposition cinq traductions en une langue différente d'un même chef d'oeuvre, chacune ne ne nous permettant d'appréhender qu'une partie de l'oeuvre originale. Les 5 théories ont cependant été unifiées dans la théorie M, candidate à la théorie du "Tout". Nous ne vivrions pas dans un monde en cordes, mais dans un univers en branes! Les branes seraient comme les voiles d'un navire dé^loyées dans un univers à trois dimensions, notre espace, auquel il faut ajouter la dimension temporelle. L'univers serait rempli de branes, mondes parrallèles qui se heurtent parfois déclenchant des " big-bangs". Ces branes seraient reliées par des cordes!
Hier soir, à St Jean d'Acre, petit village médiéval plein de charme, posé quelque part sur notre brane, village qui semble oublier que la violence est à ses portes, village qu'on a pas envie de quitter, nous avons passé une merveilleuse soirée.

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 22:52

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Dès la zone d'embarquement de notre vol pour Tel Aviv nous allions être mis en condition pour notre première étape à Jerusalem. Alorsque nous assistions à l'expression très ostentatoire d'une pratique religieuse juive orthodoxe, un monsieur d'un certain âge, assis à mes côtés, saisissant sans doute la perplexité de mon regard, me demanda : "vous êtes juif"?" Moi si" répondit il à ma dénégation, "mais je condamne fermement ce spectacle, cela devrait être interdit comme la burqua, d'ailleurs demain la France sera musulmane; je crains que mes enfants soient obligés de la quitter comme ma femme et moi avons du quitter la Tunisie". Lui ayant dit que je trouvais ses inquiétudes excessives, il mit fin à la conversation.
Nous étions en fait déjà à Jerusalem, Jerusalem est en nous. Tout sépare tout  dans cette ville. "Mur des lamentations" séparé de l'esplanade des Mosquées par une palissade infranchissable, mur en béton séparant jerusalem de Bethléem, interdiction de pénétrer pendant le shabat dans le quartier ultraorthdoxe, et surtout, le plus surprenant, séparations à l'intérieur même du St Sépulcre entre les églises arméniennes, orthodoxes et catholiques romaines où chacun a sa chapelle, sa procession, son service de sécurité.
Deux jours ne sont pas suffisants pour découvrir Jerusalem et ses merveilles. Quelques moments très forts : la religiosité que l'on ressent jusqu'à l'émotion au mur des lamentations (qui contraste avec l'atmosphère "idolatre"  dans les lieux chrétiens), le dépouillement cistercien de l'église St Anne au début du chemin de croix, le chemin de croix lui même dans les rues de la vieille ville, la cérémonie d'ordination de prêtres selon le rite arménien dans la très belle église St Jacques, le passage, opressant, à pied, car notre chauffeur de taxi arabe (il est déconseillé d'y aller avec une voiture de location immatriculée en Israël) devait prendre un autre passage nous retrouver de l'autre côté.
L'esplanade des mosquées n'était pas accessible aux "infidèles" vendredi et samedi, nous tenterons de revenir en fin de séjour.
Samedi soir nous étions à Tel Aviv, un monde beaucoup plus familier avec ses bars gays, sa plage gay (mais séparée par un mur de la plage" ultraorthodoxe" qui lui est adjacente!).
Demain départ pour Césarée, Nazareth et St Jean d'Acre.

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