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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 23:11
2070418871_01_LZZZZZZZ.jpgNotre voyage en Israël, 11 jours qui nous feront découvrir Jerusalem, notre première étape, puis Tel Aviv, Césarée, Safed, Tibériade, Haifa, Nazareth, la mer morte, le désert du Negev, etc...a débuté jeudi. Nous partons, Bertrand et moi, avec un autre couple, Bernard (mon ex) et l'ami pour lequel il m'a quitté (il y a près de 13 ans...). La mère de Bertrand n'a pu cacher son étonnement lorsqu'elle a su que nous partions avec mon "ex". Apparemment cela "ne se fait pas " chez les hétéros...

Il y a longtemps que je souhaitais visiter les lieux saints et notamment Jerusalem, à la croisée des 3 religions monothéistes (comment ne pas penser à la scène finale du très grand roman d'Harry Mullish, "A la découverte du ciel").
Je ne sais si le temps et la possibilité de trouver des connections internet me laisseront le loisir de vous en conter quelques étapes.

 

 

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:04

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J'ai abordé dans un billet récent le conflit entre Hypatie et l'évêque Cyrille à Alexandrie au 5è siècle. Les chrétiens, ceux disciples de Cyrille qui allaient prendre le pouvoir au détriment des païens et des juifs, se réclamaient des écrits de St Paul. Cela m'a remis en mémoire une analyse du livre de Jean Michel Rey, "Paul ou les ambiguïtés", parue il y a un peu plus d'un an dans le journal "Le Monde" : "La pensée paulinienne imprègne toute notre conception de la politique; elle en organise, le plus souvent à notre insu, les principales articulations", écrivait Rey. L’article du Monde citait un récent article de la New York Review of Books, où l'historien américain Mark Lilla parlait d’un "moment paulinien de la gauche européenne" : « il y a vingt-cinq ans, ironisait-il, les étudiants révoltés discutaient du "châtiment corporel" selon Michel Foucault ; désormais, allez vous balader dans les couloirs de telle ou telle université, et vous verrez nos jeunes rebelles disserter sur les Épîtres de saint Paul... ». Selon de livre de JM Rey, voila avec saint Paul : "un discours qui sépare en toute netteté le présent du passé et qui, en même temps, fait apparaître dans sa vérité ce que ce passé ne pouvait pas reconnaître, ce qu'il était incapable de comprendre - son aveuglement ou son refus d'admettre les formes de la nouvelle réalité". En d’autres termes un discours de rupture qui permet à Slavoj Zizek, philosophe marxiste de dire : "Une fois établies la mort et la résurrection du Christ, Paul s'attaque à sa véritable entreprise, qui est une entreprise léniniste, l'organisation du nouveau parti appelé communauté chrétienne... Saint Paul léniniste : Paul ne fut-il pas, comme Lénine, le grand "organisateur" et, comme tel, calomnié par les partisans du christianisme-marxisme des origines ?"

Cette lecture de Paul m’avait paru éclairer et renforcer l’interprétation de l’Apocalypse qui fut donnée sur Arte, dans la série sur les "origines du christianisme", par la majorité des « experts » interrogés : ce texte prophétique qu’on attribue à Jean de Patmos (qui ne serait pas l’apôtre Jean) aurait été avant tout dirigé contre Paul le « révolutionnaire » qui voulait faire table rase du passé juif. Il y aurait eu à l’origine une école « judéo-chrétienne », celle de St Marc et de l’auteur de l’apocalypse, et une école « pagano-chrétienne » celle de St Paul, conflit totalement occulté par la tradition catholique. Une minorité d’experts semble ne pas exclure que ce soit, en effet, des chrétiens de la mouvance « judéo-chrétienne », prenant à la lettre l’apocalypse, qui auraient mis le feu à Rome (en quelque sorte des « terroristes »). C’est le courant « pagano-chrétien » qui a triomphé, que serait devenu le christianisme si cela avait été l’autre ?
Adolescent, catholique pratiquant, je me sentais plus près de Jean que de Paul, mais il s’agissait plus « d’affectivité » (Jean, le disciple préféré du Christ qui était alors considéré comme l’auteur de l’apocalypse) que de « théorie ». Agnostique aujourd'hui, je me sens toujours plus près de Jean.

« Laure Adler et ses deux acolytes coutumiers, Nicolas Demorand et Ali badou, qui la suivent de la radio et à la télévision, recevaient vendredi soir, sur Arte, un grand intellectuel tunisien qui leur avait plu parce qu’il soutient que le Coran est interprétable à merci et qu’il faut en laisser l’exégèse aux savants, aux poètes, contre celle, affreusement limitative des imans. Les gens qui n’appartiennent pas aux religions tiennent toujours beaucoup à ce qu’elles soient parfaitement convenables dans leur système de pensée à « eux », sans s’aviser que ce ne seraient plus des religions, si c’était le cas, et si elles raisonnaient comme ils raisonnent. Laure Adler pousse très loin cette façon de voir pour moi incompréhensible – celle des athées humanitaires qui ne peuvent pas croire que le pape condamne le préservatif, ou celle des homosexuels qui voudraient que l’Église ne fustigeât pas l’homosexualité, et arrivent ensuite à se persuader que la Bible les adore - ; et elle y soumet jusqu’au jugement esthétique , jusqu’à l’émotion devant la beauté, jusqu’à la reconnaissance et l’identification même de la beauté : « Que c’est beau », disait elle de telle ou telle traduction d’une sourate, ou d’un poème ante-musulman, je ne sais plus. « Que c’est beau : la femme y est vraiment traitée comme égale… »
Ces vers avaient d’autres vertus que j’oublie, d’autres vertus esthétiques qui émouvaient profondément la directrice de France Culture, mais qui toutes étaient des vertus idéologiques et morales, des vertus de conformité avec la bonne pensée du jour – rien n’était plus éclairant. »
(RC, Le Royaume de Sobrarbe, journal 2005, Fayard 2008).

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:17


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Le casier de ma bibliothèque consacré aux livres « en attente » ne cesse de se remplir, une bonne vingtaine maintenant, achetés au fur et à mesure de leur parution, victimes de la limitation de mes capacités actuelles de lecture. Les vacances, et le temps des trajets en avion ou en train lors de mes déplacements ne peuvent suffire. Au jour le jour, je n’arrive à lire que le soir, lorsque le sommeil guette et ne vous accorde que peu de répit. Certes, Bertrand a raison, si je passais moins de temps à surfer sur Internet, je retrouverais peut être la cadence de ma jeunesse, avant ma naissance au monde du sexe, quand je dévorais plusieurs livres par mois. « Fakirs » à peine terminé, « les cahiers secrets de la 5è république » de Michèle Cotta toujours en cours, voilà que la 2è rentrée littéraire, celle de janvier, commence à s’étaler dans les librairies, et comme ce qui vient de sortir a toujours plus d’attrait immédiat que ce qui est déjà paru, je me suis précipité sur ma drogue annuelle, le nouveau tome, l’année 2007, "Une chance pour le temps", du journal de Renaud Camus. J’avais découvert cet auteur, au début des années 80, lors de la sortie de « Tricks », préfacé par Roland Barthes, où il contait ses aventures d’un soir, ce que l’on appelle aujourd’hui des « plans ». Ce livre « d’avant SIDA », préfacé par Roland Barthes, tranchait notablement avec la production homosexuelle habituelle, mini scandale. Ses « tricks », des mâles moustachus et poilus de 30 à 40 ans, n’étaient cependant pas les miens (je faisais plutôt à cette époque dans le minet imberbe) et le livre n’avait suscité chez moi qu’un intérêt curieux. C’est son essai « Chroniques Achriennes », paru au moment où j’entrais dans le militantisme homosexuel (j’avais d’ailleurs utilisé le terme « Achrien » pour le nom de l’association « Les Nouveaux Achriens » dont je participais à la fondation), et ses savoureux « fragments de bathmologie quotidienne,  Buena Vista Park » qui me l’ont fait vraiment connaître. Son journal de l’année, commencé en 1985 et paraissant toujours avec un décalage de plusieurs années, ne m’a plus quitté. Il a publié plus récemment 2 volumes « rétrospectifs »sur les années 76/77, incomparable témoigne sur ce que furent les années d’avant le SIDA. Ce journal est en quelque sorte devenu le roman de sa vie qui y est décrite sous tous ses aspects, sexuel, financier, culturel, affectif, politique, etc… et se lit comme un roman. J’ai personnellement ressenti trois ruptures dans  l’évolution du journal. L’année 91 d’abord qui verra la mort de son ami et bienfaiteur Jean Pyaubert, il était un personnage central de ce roman d’une vie. La rencontre avec Pierre ensuite, à la fin des années 90 si mes souvenirs sont bons. Les « Tricks », multiples aventures sexuelles dont l’auteur ne nous cachait rien, et qui constituaient  une part essentielle de chaque journal de l’année, ont disparu avec cette rencontre qui s’est avérée décisive (j’ai eu le plaisir de connaître il y a 3 ou 4 ans, à l’occasion d’un dîner à l’initiative de Bernard dont j’ai partagé le vie pendant 15 ans, ce jeune homme d’environ 35 ans au physique plaisant , car ils étaient tous deux professeurs agrégés et amis, l’un d’histoire et l’autre de français, dans un lycée de Noisielle). Le journal s’est trouvé ainsi amputé d’une grande partie de sa substance, laissant la place aux descriptions de ses voyages, des tracas de la vie quotidienne dans son château de Plieux, au feuilleton de ses déboires financiers et à ses coups de cœur littéraires (rarement contemporains), musicaux et picturaux. Plus de sexe donc, si ce n’est quelques allusions très pudiques à sa vie de couple, l’homosexualité ni tient plus non plus une place significative (si ce n’est dans la préparation de son « anthologie de l’amour des hommes ») mais, troisième rupture, l’irruption lancinante de ses « obsessions » depuis la survenue de « l’affaire Camus » en 2000. Ces « obsessions » et la transparence qui est  la règle de ce journal où tout est dit, y compris ce qu’il pense des autres font que Renaud Camus a peu d’amis («Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde» disait Pascal), certainement pas en tous cas dans la critique littéraire ou les milieux journalistiques et culturels qui l’ont « lynché » sous l’accusation d’antisémitisme lors de parution de « La campagne de France », journal de l’année 1994. « Je déteste mon époque, j’ai horreur de la classe qui y occupe tous les emplois, je trouve l’état de la société intolérable, et les valeurs qu’elle chérit le plus fort me soulèvent le cœur. Il aurait été bien étonnant que l’époque, la classe unique aux affaires et la société en place aillent me chercher pour me faire fête. ». Je suis loin de partager toutes les indignations de ce grand styliste, certaines tout de même comme le massacre de notre langue, qui est allé jusqu’à fonder son propre parti, « Le parti de l’Innocence » (dont il doit être l’un des seuls adhérents !), mais je prends un plaisir jamais démenti à le lire. J’ai trouvé aussi très souvent chez lui le même regard que le mien sur l’homosexualité et plus généralement la nature humaine. Le lire s’est aussi se promener à travers la France (parfois le monde), ses paysages et ses pierres, se laisser guider derrière son œil critique au long des musés qu’il arpente, découvrir ou redécouvrir tant d’œuvres musicales ou littéraires, le tout dans une langue magnifique.


Un beau portrait de l’écrivain par Jérôme Dupuy
http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=51009
 

 

« Pour Maurras, la religion était le moyen de maintenir un certain ordre social. Assigneriez-vous la même mission à la culture ?

Oh, la barbe avec Maurras ! Maurras vous-même ! A part ça, la réponse est non. La culture est un précieux instrument de desserrement du lien social. Elle enseigne à vivre à contretemps, à échapper au mimétisme, à aller voir des tableaux au musée d'Agen un jour de semaine et pas au Grand Palais quand Télérama et le 20 Heures ont décrété qu'il fallait s'y précipiter ; à visiter des châteaux déserts et silencieux le jour de la Fête de la musique. Elle sert à forger cette chose si rare : des individus”

(Renaud Camus, extrait d’un entretien avec un journaliste du Point, été 2008)

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 00:05

 

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Le dernier film des frères Cohen n'est pas d'un abord facile. Il vous hante bien après le générique de fin. Il m'avait semblé qu'une des "clés" de lecture de "No country for old men" était dévoilée dans la scène finale où l’on voit deux enfants commencer à se disputer pour un simple billet qui leur a été remis en remerciement d’une « bonne action » , le désir mimétique comme racine du problème du mal. Dans " A serious men" la grille de lecture est doublement inaugurale, dans le prélude, en forme de conte où un personnage, fantôme, est à la fois "mort et vivant", mais surtout dans l'exposé que fait le héro, professeur de physique quantique qui tente d'expliquer à ses élèves le paradoxe du "chat de Schrödinger" (se reporter à un des billets précédents). Peu de critiques ont semblé voir que ce héro va lui même expérimenter dans sa propre vie ce principe d'incertitude, il est lui-même ce chat de Schrödinger, ni mort, ni vivant. La physique nous dit qu'on ne peut tout connaitre du "réel", qu'il nous est "voilé". Il en est de même pour la signification du mal, du malheur en série qui s'abat sur Larry. Il va tenter de chercher la réponse dans le religieux (il consulte successivement trois rabbins, des moments savoureux, car l'on rit beaucoup dans ce film noir), dont la réponse sera la même que celle de la physique, absente, nous ne savons pas : "le bagage culturel dont on hérite est un atout, une richesse, à condition de ne pas le figer en dogme, de savoir s’en délester en le fécondant au contact des mille vents qui soufflent sur une existence" (extrait d'une critique des inrrokuptibles"). On ne peut jamais vraiment savoir ce qui se passe.
Il y a bien plus que cela dans ce film, le choc des cultures notamment, avec la judéité en arrière-plan culturel qui s'affronte à la modernité "Goy-américaine" : le fils de Larry est le symbole de cette "rencontre", de cette "déculturation" (tout cela renvoie à tant de nos débats actuels). La scène finale montrera la vanité de son angoisse.
Les frères Cohen ont réalisé un film d'une intelligence inouïe, dont on ne peut sans doute saisir toute la richesse sans être imprégné de cette culture juive dans laquelle ils ont grandi.

Je pourrai faire mienne cette citation tirée de l'un de leurs interviews :
"Nous n'avons rien à reprocher à nos parents, sauf de nous avoir privés d'une enfance intéressante"

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 22:35

Hypatie.jpgLe titre de ce billet, qui est celui d’un article, une pleine page, de la rubrique littéraire du dernier numéro du Nouvel Observateur semble se référer au projet de transfert des cendres d’Albert Camus au Panthéon. Jérôme Garcin, son auteur, s’est sans doute amusé à jouer de l’ambigüité, puisqu’il s’agit en fait d’une critique, élogieuse, du nouveau volume des « Demeures de l’esprit », de Renaud Camus, ces maisons et châteaux qui ont été habitées par d’illustres écrivains, peintres, artistes, etc…Fait remarquable, ce journal ayant pris le train de la cabale contre Renaud Camus lors de la sortie de son « Journal de l’année 1994 » (il est vrai que Jean Daniel a concédé, à mi-mots, qu’on était peut être allé trop loin), il n’est jamais fait allusion dans l’article, comme si souvent dans les critiques que l’on peut lire de ses livres, mêmes favorables, aux propos « sulfureux » de la « Campagne de France ».
Un des admirateurs « critique » de l’écrivain a déclenché une vive polémique sur le site de la « Société des lecteurs de RC » en faisant remarquer que si Renaud Camus cantonnait ses « obsessions » aux communiqués de son « parti de l’innocence », son œuvre, libérée de ce qui la fait « diaboliser » par la société médiatique de la pensée unique, se verrait enfin reconnue pour ce qu’elle est, pure littérature. Il faut d'ailleurs une certaine témérité pour s'aventurer sur ce site où une petite secte d'admirateurs "rejoue" les précieuses ridicules. J'ai eu l'imprudence de d'y faire connaitre l'article de Jérôme Garcin, qui a été aussitôt qualifié de "nul"....

Autre secte, celle de chrétiens fanatiques qui au 5è siècle après Jésus Christ ont assassiné Hypatie d'Alexandrie, fille du philosophe Thenon et férue d'astronomie (elle aurait, des siècles avant Kepler, imaginait le mouvement des planètes). Le film, un peu académique et démonstratif, accrédite la thèse d'une implication de Cyrille, l'évêque d'Alexandrie (en conflit politique avec Oreste, préfet de l'empire romain, chrétien mais représentant laïque, et protecteur d'Hypatie), dans ce meurtre. D'autres sources en font un personnage féru de justice qui se montra un modèle de modération des excès de ses partisans trop zélés et de condescendance pastorale, mais cela n'aurait pas servi la thèse du film sur l'intolérance religieuse qui perdure au travers des siècles (les fanatiques chrétiens ressemblent étrangement dans leur accoutrement aux fanatiques islamiques...).

Difficile de ne pas succomber par contre à la leçon de tolérance (j'y ai laissé quelques larmes) donnée par Nelson Mandela dans le dernier film de Clean Eastwood. sans doute pas son meilleur film, mais quelle efficacité.
Une mention pour le film de Michel Blanc (en tant que scénariste), "Petites zones de turbulence", fort amusant, même si Michel Blanc en fait parfois des tonnes dans son rôle d'hypochondriaque, et un ton juste dans pas mal de situations

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