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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 11:26

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En quittant Sitgès, avant de remonter sur Paris, nous avons passé quelques jours en Provence, près d’Arles, puis à Aix. Depuis Arles nous avons enfin vu visiter l’abbaye de Montmajour, signalée à mon attention par la lecture du journal de l’année 2011 de Renaud Camus, qui nous a bien plus fascinée que l’exposition d’œuvres contemporaines qu’elle abritait, choisies par Christian Lacroix, enfant du pays et amoureux du lieu, et qui racontait son histoire à l'exception peut-être du grand escalier flottant de Lang & Baumann qui occupe la nef de l'abbaye romane Notre Dame. La chapelle-reliquaire de Sainte Croix, chef d’œuvre de l’art roman situé à l’extérieur du bâtiment principal, était une visite qui s’imposait après la vie de débauche menée à Sitgès, puisque c’est là qu’au Moyen Age était accordé l’absolution de leurs péchés aux fidèles qui venaient en pèlerinage, « le pardon de Montmajour ». Non loin, près de Beaucaire, nous découvrîmes l’abbaye de Saint Roman, ancien monastère troglodytique que des ermites puis des moines creusèrent dans le calcaire pour l’occuper pendant des centaines d’années et dont il persiste de remarquables vestiges.

La chaleur qui régnait sur Arles nous a incité à ne la visiter qu’en fin d’après-midi, après avoir trouvé la plage naturiste gay la plus proche. Elle s’est avérée être située sur celle, très célèbre, de Piemanson, une fois passées les centaines de caravanes qui la squattent sur quelques kilomètres, spectacle fascinant. L’endroit s’est révélé fort peu fréquenté, notamment par quelques individus parfois cacochymes, à la queue branlante sous le poids de leur cock-ring en métal et aux yeux avides de chair fraiche.

Nous avons quitté Arles et ses moustiques dont nous portions encore les traces, pour Aix, ne faisant qu’une brève étape aux Baux, découragés par l’affluence et l’ambiance mercantile très « Mont Saint Michel » qui y régnait, et de toute façon nous connaissions tous les deux déjà le lieu.

A Aix, par un probable effet collatéral de la « crise », j’avais pu bénéficier d’une promotion « internet » à prix cassés dans une des institutions de la ville, « l’hôtel du Roi René ». J’avais déjà séjourné dans cet hôtel, il y a près de 30 ans, quand il était encore un palace chargé d’histoire (son orthographe était légèrement différente : Grand Hôtel du Roy René), jeune médecin hospitalier invité pour un séminaire de travail par un laboratoire, en ces temps éloignés où aucune réglementation ne régissait ce type d’invitations. J’ai d’autant plus facilement succombé à cette offre que le souvenir de la nuit de rêve que j’y avais passée avec ce garçon rencontré au parc Jourdan qui le côtoie, est resté très présent. Depuis, l’hôtel, racheté par une chaîne internationale, a été totalement rénové sur le mode contemporain, non sans encourir les protestations des défenseurs du patrimoine, le parc Jourdan ferme ses portes à la nuit tombée et n’est plus depuis longtemps un des hauts lieux de rencontres homosexuelles, et le café « Des Deux Garçons» sur le cours Mirabeau qui a été, à Aix, ce que le Flore fût à Saint Germain des Près, n’est plus que l’ombre de lui-même. Le caractère "déjanté" de certains de ses serveurs n'en reste pas moins une attraction.

La ville n’en garde pas moins son charme et ses joyaux architecturaux, notamment la cathédrale Saint Sauveur dont nous avons eu la chance de pouvoir visiter le cloître du 12è siècle, un guide nous ayant invité à se joindre à son groupe. Chance si l’on veut car cette visite s’est vite révélée être un piège, le responsable de ce groupe de vieilles dames, d’une culture religieuse aussi impressionnante que son tour de taille, ne pouvant s’empêcher de nous en faire profiter et de rivaliser d’érudition avec le guide, sans même s’apercevoir qu’il avait « largué » son audience depuis longtemps. Au bout de 30 minutes (nous n’avions atteint que le tiers des piliers), constatant que la porte du cloître avait été refermée à clés, Bertrand s’est introduit dans une salle adjacente où travaillaient des techniciennes administratives qui, compatissantes, nous ont indiqué une sortie dérobée….Quelques heures plus tard, après une heure de route jusqu’au parking de l’université marseillaise de Luminy, puis une heure de marche en terrain montagneux, nous atteignîmes le coin «gay» de la calanque de Sugiton. Difficile d’imaginer que des paysages d’une telle beauté puissent exister aux portes de Marseille.

De retour dans un Paris déserté un 15 août, il ne nous restait plus, en dehors d’une halte à « Tata beach », cette partie du bois de Vincennes fréquenté par le Marais afin de maintenir son bronzage et accessoirement satisfaire à quelques besoins physiologiques, il ne nous restait plus qu’à reprendre le chemin des salles obscures. Nous nous sommes précipités pour voir « Elysium» de Neill Blomkamp , tant j’avais été séduit par l’originalité et l’inventivité de son précédent film de science-fiction , « District 9 », mais ce fût une déception tant le scénario est manichéen - il pourrait avoir été co-écrit par Jean-Luc Mélanchon et Arlette – même si la beauté et l’inventivité visuelle permettent de le voir sans ennui. On se demande ce que Matt Damon et Jodie Foster sont allés faire dans cette galère. Un coup de cœur par contre pour « Je ne suis pas mort », petit film subtil et intelligent sur l’identité, à la limite du fantastique, contant les rapports étranges entre un brillant étudiant beur et son professeur à l’école Normale, et dont certaines répliques, notamment sur la perte de la langue, auraient pu être inspirées par Renaud Camus si un des thèmes du film ne concernait pas la difficulté d’être arabe en France. Medhi Dehbi, excellent dans le rôle principal, avait déjà été remarqué pour son interprétation d’un transsexuel dans La Folle Histoire d'amour de Simon Eskenazy.

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 21:42

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J’écris ce billet de Sitgès qui s’est imposé, pour moi depuis bientôt 20 ans, comme une destination incontournable de nos vacances d’été. Nous l’avons atteint après une étape bordelaise de mise en condition qui nous a permis de passer quelques heures à la plage gay du Porge, un plaisir qui se mérite car il a fallu pour cela franchir les dunes, 20 minutes de marche, sous un soleil de plomb..

J’ai décrit dans de précédents billets l’évolution de la « territorialisation » gay de cette ville, autrefois organisée autour de la rue de la Bonne Aventure, et qui depuis quelques années se concentre sur trois rues adjacentes à la terrasse gay la plus courue de la ville, « Le Parrots », point de départ de l’empire commercial qu’a peu à peu bâti « Jabba le Hut » ( http://limbo.over-blog.org/article-jaba-the-hut-a-sitges-81498001.html ). L’autre soir, le voyant discuter vivement à une table voisine de « L’angle d’Adriana », un des restaurants de son empire, avec deux individus dont l’anglais m’a semblé empreint d’un fort accent russe, le mot « mafia » m’ a traversé l’esprit. Il semble avoir parachevé son œuvre, probablement aidé par la crise, en terrassant la concurrence, avec la disparition des « monuments historiques» de la scène gay locale, en déclin progressif depuis 3 ans : l’immense bar/boite, le « Mediterraneo » a fermé et est à vendre; le bar le « Candil », où j’ai tant de souvenirs, est devenu un « bordel »; la longtemps unique discothèque de la ville, dont je fus il y a une quinzaine d’années l’amant éphémère du DJ, Juan José, a changé de nom et n’est plus gay que pour les « foam party »…

On a bien l’impression que c’est une page de l’histoire du Sitgès gay qui s’est tournée. Alors que la vie nocturne, dès la sortie des restaurants, s’organisait en un « circuit » très rythmé, aux couleurs arc en ciel, à travers la ville, du Candil vers minuit pour finir, parfois, sur la plage à l‘aube pour ceux qui n‘avaient toujours pas trouvé le garçon de leur rêve, en passant par le Mediterraneo vers 2 heures et le Trailer vers 4, chaque établissement phare ayant son heure d’affluence, on constate depuis 2 ou 3 ans ec une tendance paradoxale, en ces temps de mariage où un Pape laisse échapper un « Qui suis-je pour juger », à une certaine « re-ghetoisation » : regroupement des lieux, multiplication des bars à consommation sexuelle immédiate, shows de travestis et de hot (très hot…) strippers quasi inévitables…

Si l’on ajoute à tous ces changements spectaculaires, le rétrécissement marqué de la plage gay du centre ville, la mer gagnant de plus en plus de terrain sur le sable (la municipalité aurait elle renoncé à amener les tonnes de sable nécessaires à sa sauvegarde? Ou tout simplement, conséquence de la crise qui frappe le pays, n’en a-t-elle plus les moyens?) ; l’affluence semble t’il un peu moindre - mais il est vrai que nous sommes venu quelques jours plus tôt que d’habitude cette année pour éviter pour éviter la semaine du 15 août et l’arrivée massive du « milieu » parisien ; les restaurants qui peinent à se remplir, enfin et surtout la nouvelle du décès de Pépé, vieux vendeur ambulant de rafraichissements sur la plage (ses « aqua, cervesa, coca-cola » vous résonnaient encore dans l’oreille longtemps après avoir quitté Sitgès), le sentiment fugace et nostalgique de fin d’une époque pourrait vous effleurer. Vous effleurer seulement car, même si nous envisageons , pour l’année prochaine, de faire un « break » et de découvrir enfin Mykonos, nous venons de passer une semaine fort agréable, d’autant plus que ce message d’un jeune homme de Dubaï reçu sur l’application « Growl » , « Wish I could be free as you are, openly gay », ne vous incite pas à faire la fine bouche!


 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 22:21

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J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cette ville, berceau de la démocratie américaine, lors d’un précédent congrès qui se déroulait dans l’entre-deux tours de la campagne présidentielle de 2007. Il y a 6 ans, ma pratique des réseaux sociaux de rencontre étant encore embryonnaire, j’avais envisagé d’aller explorer les bars et clubs de la ville, mais constatant qu’il n’y avait pas de « village » à Boston - les lieux gays y sont éclatés, sur le mode de "l'étalement" (voir le billet intitulé "Global Gay") - j’y avais finalement renoncé car ils étaient trop éloignés de mon hôtel et le poids des années commençant à se faire sentir je n’avais déjà plus le courage de ces escapades nocturnes, plus aléatoires qu’autrefois, qui ne se terminent souvent qu’au petit matin et qui vous font croiser, pas rasé et les cheveux en friche (enfin non, pas vraiment, il y a longtemps que je n’en avais plus), dans le hall de l’hôtel, vos collègues qui se dirigent vers la salle du petit déjeuner, et qui, pour ceux d’entre eux qui vous connaissent bien, vous gratifient d’un sourire entendu. Maintenant que les réseaux sociaux sont devenus mon quotidien, la seule question qui se posait était de découvrir lesquels étaient les plus fréquentés dans le Massachussetts, le découvrir par soi-même car si les « guides gays » sont très exhaustifs sur les lieux « physiques » de rencontre, ils ne vous disent rien de ce qui se passe sur le web. Les plus fréquentés se sont révélés être « Manhunt » et « Jack’d», suivis de « Hornett», « Scruff» et « Growl», alors que, comment souvent aux Etats Unis, gayromeo était déserté. Quant au mythique « Grindr», la fréquence d’intrusions intempestives provenant d’individus, probablement virtuels, localisés selon le GPS de l’application à des milliers de kms et qui envoyaient des liens vers des sites pornographiques, m’a obligé à ne plus l’utiliser ; cet étrange phénomène a cessé dès que j’ai eu quitté Boston. Ce qui frappe tout de suite lorsqu’on parcourt les profils sur ces applications, c’est la présence massive des jeunes, voire des très jeunes, et une obésité beaucoup moins répandue que dans d’autres villes américaines que j’ai eu l’occasion de visiter, ce qui témoigne probablement du dynamisme de cette ville - qui compte en moyenne plus d’actifs que le reste du pays, à l’économie orientée vers la haute technologie, sorte de seconde Silicon Valley -, d’une forte présence étudiante et d’une vie culturelle intense.

Le climat qui y régnait en cette mi-juillet n’incitait pas à quitter les lieux climatisés. La chaleur était si étouffante, l’air si chargé d’humidité, que je n’ai même pas été capable de terminer mon « running», le long de Seaport et de la « Charles River », que j’ai dû interrompre au bout d’une demi-heure par crainte d’un malaise. Il n’était malheureusement pas possible, du fait de mes obligations professionnelles, de dégager suffisamment de temps pour aller visiter Cap Cod, son littoral sauvage et surtout le petit village de Provincetown, devenu une des destinations gays les plus courues.

Le dernier roman de Dennis Lehane, « Ils vivent la nuit », dont l’action, comme celle de la plupart de ces romans, se déroule à Boston, m’a accompagné tout au long de ce voyage. Dennis Lehane est connu pour la série de thrillers dont Patrick Kenzie et Angela Gennaro, ses deux « privés», sont les héros et dont le dernier opus m’avait déçu, mais surtout pour deux chef d’œuvre du roman noir, « Mystic River », une autre des rivières qui traverse la région de Boston, et « Shutter Island », tous deux portés à l’écran. « Ils vivent la nuit » est souvent présenté comme la suite du monumental « Un pays à l’aube», centré sur la révolte policière et les luttes syndicales qui ensanglantèrent Boston en 1919, au moment où les soldats américains, au retour de la grande guerre allaient trouvés leurs emplois occupés par des noirs dans un contexte de crise économique majeure. C’est en partie vrai puisque le roman narre le destin, une dizaine d’années plus tard, en pleine prohibition, de Joe Coughlin, frère cadet de Danny, l’agent de la police de Boston qui est le héros de «Un pays à l’aube». Mais si ce dernier était avant tout une magistrale fresque familiale, historique, sociale et politique (http://limbo.over-blog.org/article-un-pays-a-l-aube-67136499.html), « ils vivent la nuit » est un grand et vrai roman « noir » qui conte l’ascension et la chute d’un jeune caïd au moment de la naissance de la pègre et de la constitution des réseaux maffieux., sans oublier cependant que le contexte historique et politique reste très présent, comme en témoigne ce passage où Joe va voir passer, lors de son séjour en prison, Sacco et Vanzetti qu’on amène à la chaise électrique. Ben Affleck, qui a déjà porté à l’écran, de façon très efficace, « Gone baby gone », un des épisodes de la série « Patrick Kenzie », devrait réaliser une adaptation de cet excellent thriller.

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 13:43

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En rentrant de Bordeaux, samedi en huit, de bonne heure, afin de pouvoir participer à la Gaypride parisienne, je suis tombé sur un article du journal Sud-Ouest, qui rendait compte de la démission d’Arbela d’Arcangues, petit fille de Pierre d’Arcangues, premier bâtisseur de ce village dont il fut le maire pendant 40 ans. Elle manifestait, par cette décision, son opposition au maire actuel qui avait refusé la célébration d’un mariage gay dans sa commune : «Arcangues n'a jamais été réactionnaire. Arcangues chantait sa tolérance. N'est-ce pas se compromettre que de s'être octroyé le droit de décider de ce qui est acceptable ou pas ?". Elle aurait pu ajouter que dans le cimetière de ce village, reposait, objet de pèlerinage, une des « folles » les plus célèbres de France, Louis Mariano !

Cette gaypride ne m’a pas paru mériter, du moins à elle seule, un billet de plus sur ce blog. Je l’attendais beaucoup plus festive, étant donné les circonstances, mais nous avons eu droit au défilé syndical habituel, loin du « carnaval gay » des années fastes. Beaucoup de monde toutefois, on ne saura jamais combien exactement, puisqu’aucun comptage officiel ou officieux, une première, ne nous a été donné, pour éviter sans doute toute comparaison avec les rassemblements anti-mariage pour tous. Cette année j’ai pu la parcourir en long et en large, puisque je ne défilais pas avec « l’association des médecins gays », non seulement parce qu’elle n’était pas représentée comme les trois années précédentes, mais aussi parce que j’ai préféré prendre un peu de recul depuis qu’une nouvelle direction a décidé d’en changer le nom en l’élargissant aux « gayfriendly » -notre indifférenciation est dans l’air du temps. La fête, elle eu lieu le soir dans le marais, envahi par une marée humaine au point de former un immense bar en plein air.

C’est dans le même avion qui me ramenait de Bordeaux que j’ai trouvé l’article consacré à la schizophrénie qui m’a donné l’idée ce billet. En tant que neurologue je n’étais pas destiné à m’intéresser à cette maladie fascinante, du ressort de la psychiatrie, mais à mon entrée dans l’industrie à la fin des années 80, le hasard de l’attribution des projets m’a amené à prendre en charge le développement d’un nouvel antipsychotique qui allait bouleverser le pronostic de nombre de schizophrénies réputées résistantes à toute thérapeutique. Ce fût sans aucun doute la plus exaltante de mes aventures professionnelles. Il n’est nullement dans mon intention de raviver les polémiques déclenchées par mon dernier billet sur l'autre version de clog publiée sur gayattitude (http://blog.hyperion.gayattitude.com/), mais plutôt que de répondre à l’interrogation de mon interlocuteur quant à mon opinion négative sur la psychanalyse, de façon quelque peu provocante, par un « parce que je suis homosexuel », j’aurais pu lui conter mon expérience dans un Centre Hospitalier Spécialisé de Sarreguemines en 1992– j’en ai un souvenir très précis car Edith Cresson venait d’être nommé premier ministre et je n’avais pu m’empêcher d’apostropher la collègue qui m’accompagnait par un « je crois que Tonton a pêté un câble » - où je tenais une conférence sur ce nouveau neuroleptique. Un des psychiatres de l’audience, également psychanalyste, m’a posé la stupéfiante question suivante à laquelle je n’étais pas préparé: « mais pourquoi voulez vous priver le malade de son délire, c’est une façon pour lui de s’exprimer, il ne délire pas sans raison ». Il me semble lui avoir répondu, après un instant de sidération, « parce que je suis médecin », voulant lui signifier ainsi que nous avions fait le serment de soulager, il n’y a pas de délire heureux chez le schizophrène.

Mais je m’éloigne du sujet de l’article en question, car aujourd’hui les psychanalystes ont abandonné le champ de la schizophrénie pour le laisser, du moins de façon prioritaire, à la psychiatrie biologique. Des chercheurs américains ont pu déceler par des techniques d’imagerie cérébrale, chez des patients ayant présenté un premier épisode psychotique, une intense activité d’une zone du cerveau impliquée dans les phénomènes d’attention et de mémoire, l’hippocampe, qui est aussi une des premières structures atteintes dans la maladie d’Alzheimer, aujourd’hui sujet de mes préoccupations professionnelles. Ces deux maladies n’ont certes aucun lien, aucune cause commune, mais il est intéressant de noter qu’à l’origine, elles étaient toutes deux qualifiées par le terme de démence qu’un psychiatre, Pinel, avait fait passer dans le domaine médical, en 1801, en le définissant comme un « affaiblissement intellectuel généralisé ». En effet en 1897 Kraepelin définit la « démence précoce », une maladie du sujet jeune, qui ne prendra le nom de schizophrénie qu’avec Bleuler en 1908, alors qu’en 1910 il fait une description détaillée de la « démence tardive » à laquelle il donnera le nom d’un de ses élèves qui l’avait découverte, Alzheimer…

L'ambivalence est un des symptômes majeurs du syndrome de discordance qui est au cœur de la schizophrénie. Je me demande parfois si l'attitude des dirigeants actuels en occident vis à vis des "révolutions en terre islamique" ne mériterait la qualification "d'ambivalente". Si j'ai approuvé sans aucune réticence l'intervention française au Mali qui visait à ne pas laisser s'installer une base terroriste à nos portes, je n'ai pas réussi à comprendre comment on pouvait envisager d'armer en Syrie des "rebelles" qui participent de la même mouvance que ceux qu'on a contribué à éliminer au Mali! Certes le dictateur syrien dirige un régime monstrueux, mais en quoi l'est il plus que celui que conduisait Saddam Hussein alors que la communauté internationale unanime a condamné l'intervention américaine, et en quoi le serait il moins que celui qui pourrait lui succéder? Les événements récents en Egypte et en Turquie nous ont démontré par "l'expérience" que l'Islam "politique" était décidément insoluble dans la démocratie, du moins telle que nous la concevons dans nos pays aux racines chrétiennes...Il serait sage de nous pas nous mêler de ces "guerres de religion".

Je m'envole pour Boston samedi matin, le congrès mondial annuel sur la maladie d'Alzheimer.

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 22:33

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Lors d’un récent congrès à Barcelone, par un temps qui là non plus n’était pas vraiment de saison, tout au moins pour la Catalogne, j’ai eu le plaisir d’y retrouver un « monument» de la neurologie française, que j’avais fait inviter comme orateur à une conférence sur la maladie d’Alzheimer. Agé de plus de 82 ans, à la retraite depuis des années, s’il ne fut pas un de mes «maîtres» - je n’ai jamais été un de ses élèves, il professait à la Pitié-Salpêtrière, alors que j’exerçais à Bordeaux – je lui ai toujours voué une grande admiration et j’avais particulièrement été touché par la lettre de remerciements qu’il m’avait adressée lorsque, sur les conseils de mon chef de service, un autre grand nom de la neurologie, je lui avais envoyé un exemplaire de ma thèse dont le sujet, « l’alexie sans agraphie » touchait à son domaine de prédilection, la neuropsychologie. Lors d’un diner qui a suivi cette conférence, le vin aidant, il entama une discussion quelque peu enflammée avec un autre orateur, chercheur fondamental, qui défendait une vision très organiciste de la maladie en question, alors que lui-même en avait une approche beaucoup plus « holiste », neuropsychologique, dans laquelle on pouvait décerner une certaine influence freudienne, d’autant moins étonnante qu’il appartient à cette génération de médecins dits « neuropsychiatres », parce que formés avant que ces deux spécialités, neurologie et psychiatrie, ne soient séparées en 1968. Je ne pus m’empêcher de prendre quelque peu le parti du jeune chercheur contre le « maître» et lui dire mon étonnement quant à son attachement à la psychanalyse. Il se tourna alors vers moi et me demanda : « pourquoi y êtes vous donc si opposé?». La réponse qui me vint immédiatement à l’esprit, je ne sais pourquoi (le vin peut être…) car j’aurais pu en donner bien d’autres, et dont je vis à l’expression de son regard qu’elle était totalement inattendue pour lui fut : « parce que je suis homosexuel». Il ne s’est bien sûr pas contenté et j’ai développé les arguments maintes fois exposés dans d’autres billets de ce blog, mais il semble que je lui ai appris que l’exclusion de l’homosexualité du cadre des maladies mentales lors de la révision du DSM-III (classification internationale des maladies psychiatriques) en 1987 s’était faite contre l’avis des psychanalystes.

Durant ce même congrès, «Grindr» m'a donné l'occasion d'un échange inattendu. J'y fus contacté par un certain « Frenchparis », qui n’affichait aucune photo, et qui me tint à peu près ce langage : « Salut, tu es en congrès ? Désolé, mais je crois que je t’ai croisé dans les couloirs de l’hôtel, j’habite le 12è et ta photo me disait quelque chose. Pour la petite histoire je l'avais déjà vu sur Grindr à Paris et en la retrouvant en me connectant ici à Barcelone, j’ai cru que mon téléphone merdait, puis je t’ai croisé hier et reconnu. T’es neuro ? ». J’ai seulement appris, car il ne s’est pas identifié et n’a pas mis sa photo, qu’il était neurologue hospitalier à Paris et qu’il faisait partie du groupe de médecins qui nous accompagnait. Si nous pouvons maintenant nous marier, il ne semble pas que cette "avancée" ait fait progresser le désir de « visibilité » de certains d’entre nous…..

L’univers de la drague homosexuelle, non sur les réseaux sociaux comme Grindr, mais dans un ces espaces naturels qui furent longtemps ses lieux privilégiés, ici les bords d’un lac du Sud de la France, constitue le décor d’un des plus beaux films, un des plus grands, qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps. L'accueil critique enthousiaste qui a accompagné la sortie de « L’inconnu du lac » d’Alain Guiraudie, présenté à Cannes dans la section « un certain regard », m'a incité à me précipiter dans une des rares salles qui le programment. Le film se situe en un lieu unique - une plage « naturiste » au bord d’un lac, lieu de rendez vous où des homosexuels de tout âge viennent en période estivale chercher le plaisir ou tuer l’ennui – et se déroule en plusieurs plans séquence, d’une journée, immanquablement inaugurés par l’arrivée de Franck, le héros de l’histoire, dans sa R25. En ce lieu "théâtral", toutes les figures du désir vont défiler: consommation sexuelle effrénée ; jalousie ; indifférence à tout de qui n’est pas son objet (cruauté du milieu…) ; cristallisation, ici dans l’amitié de Franck avec Henri - « l’hétérosexuel» bedonnant quitté par sa femme et qui tente de noyer sa solitude dans la conversation avec un beau garçon - , là dans sa passion pour Michel, inquiétant et insaisissable, qu’il soupçonne d’avoir assassiné son amant ; sa vanité aussi que seule la lucidité du regard d’Henri a perçu qu’elle peut constituer une épopée vers la mort, illustrée par le suspense hitchcockien qui clôture le film. La mise en scène sobre et magnifique et une interprétation remarquable jusque dans les seconds rôles contribuent à faire de ce film un sommet du cinéma gay et peut être du cinéma tout court.

Quelques mots aussi pour témoigner de ce fascinant hommage à ce génie du cinéma que fût Stanley Kubrick, que nous livre le documentaire "Room237", voyage à l'intérieur de "Shining", où plusieurs intervenants nous livrent leur interprétation du film, jusqu'au délire (notamment celle qui fait de ce film un "repentir" de Kubrick quant à sa participation à une réalisation "truquée" du premier alunissage).

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 23:24

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Nous sommes allés, ce dimanche, déjeuner chez les parents de Bertrand. Nous ne doutions pas qu'ils nous demanderaient si et quand nous allons nous marier...J’ai
préféré, réflexe de prudence, ne pas interroger son père, militant de « riposte laïque », sur la façon dont il a vécu la participation de son mouvement à la "manif pour tous" le dimanche
précédent.

Le "printemps français" se voulait un mai 68 à l'envers. Il n'en aura finalement été que la caricature grimaçante, toutes les analogies qu’on pourrait déceler se
révélant l’image en négatif de ce que fût le printemps 68 : hier, trois hommes, deux étudiants et un jeune syndicaliste - l’un d’entre eux, Daniel Cohn-Bendit est demeuré jusqu’à aujourd’hui sur
le devant de la scène – allaient jeter dans la rue une partie de la jeunesse estudiantine de France, aujourd’hui trois femmes d’un certain âge, qu’on aura bientôt oubliées, ont fait descendre
dans la rue les bourgeois de Neuilly et une certaine province française de tradition catholique ; hier la sympathie, tout au moins pendant quelques semaines, de « l’opinion publique »,
aujourd’hui une majorité de français qui a continué à se déclarer favorable au mariage pour tous ; hier des festivaliers de Cannes qui mettaient fin à leur manifestation culturelle pour aller
rejoindre les émeutiers, aujourd’hui une palme d’or en forme pied de nez aux manifestants; hier l’annonce du crépuscule d’un pouvoir politique dominateur, la fermentation de la future « union de
la gauche» et l’affaiblissement du parti communiste, aujourd’hui le renforcement inespéré d’un pouvoir affaibli et l’amorce de la décomposition de la droite au profit de son aile la plus radicale
; aujourd hui une réaction désespérée devant un monde qui s’en est allé, jusqu’au suicide, hier l’annonce d’un monde nouveau et d’une révolution sociétale.
Ironie de l’histoire, les moins enthousiastes d’entre nous quant à la revendication du mariage - ils craignaient que ce désir de « rentrer dans le rang », du droit
à l’indifférence, ne se fasse au détriment de bien des aspects de notre « différence » et d’autres luttes plus urgentes - qui venaient souvent des rangs de ceux qui avaient vécu la libération gay
des années post 68 et ses combats, ont finalement pu se réjouir que la tournure prise par les évènements ait fait de cette revendication un objet de scandale…. La gaypride, cette année, s’annonce
flamboyante.

Il est sans doute trop tôt pour tirer les conséquences politiques de ce mouvement dont personne n’avait anticipé l’ampleur, mais il pourrait bien s’être agi d’un
tournant de la présidence de François Hollande. Combien de fois a-t-on entendu railler son indécision, son soutien sans conviction au projet de loi, son erreur de ne l’avoir pas fait voter plus
tôt ? Et pourtant, devant un tel résultat, une autorité du président renforcée, une UMP éclatée en de multiples chapelles, une UDI inexistante, un modem presque rallié, on n’aurait pas hésité à
parler, du temps de François Mitterrand, de stratégie machiavélique… Même le Front national n’en sort pas indemne : Marine Le Pen l’a bien compris en ne participant pas aux manifestations -
Neuilly était dans la rue, pas Roubaix-Tourcoing - son électorat, certes sans doute peu favorable au texte, avait d’autres préoccupations….

Et pendant ce temps là notre président, dont l’indécision est un mythe qui a pris racine dans les propos de certains de ses concurrents malheureux du PS, continue
prudemment, mais inflexiblement, sans se laisser décourager par son impopularité, à réformer ce pays bien plus qu’on ne le croit, bien plus que Nicolas Sarkozy, dans l’optique social-démocrate
qui a toujours été la sienne. Il est convaincu que lorsque les premiers résultats se manifesteront, la reconnaissance suivra. Jacques Delors, un de ses maitres, avait renoncé à la présidence car
il pensait que l’aile gauche du parti socialiste ne lui permettrait pas d’avoir la majorité nécessaire à ces changements. François Hollande a fait le pari contraire, ce qui le contraint de
composer pour un temps avec ce que Lionel Jospin appelait la majorité « plurielle ». Il lui faudra, c’est inévitable, se résigner à faire passer par-dessus bord son aile gauche et les verts, qui
tentent désespéramment de faire couler le bateau, et à chercher une alliance avec le béarnais. Ce n’est que s’il n’affrontait pas cette épreuve de vérité qu’il me décevrait, car plus rien
n’empêcherait alors une droite bien plus nocive que celle que nous avons connue, celle de Jean-François Copé – je vois mal, vu le nombre de casseroles qu’il traine, comment Nicolaparte pourrait
faire un retour de l’ile d’Elbe – de prendre le pouvoir, sans doute pour longtemps.

En phase avec l’actualité, totalement délirant, le dernier roman d’Ayerdhal, Rainbow Warriors, raconte la libération d’un pays africain dirigé par un despote
sanguinaire et homophobe, pays imaginaire, mais qui n’est pas sans rappeler la Zambie, par une armée LGBT, Lesbian, Gay, Bi, Trans, conduite par un général à la retraite mandaté, et financé, par
plusieurs personnalités de la mode, du spectacle, de la politique, dont on devine facilement, derrière les pseudos, qu’il s’agit de Koffi Anan, Jean-Paul Gauthier, Gorbatchev, Brad Pitt, Angelina
Jolie, etc. La première partie, réjouissante, décrit le recrutement de ces « folles du régiment » et nous donne quelques portraits savoureux, notamment de lesbiennes, tandis que la seconde
partie, l’histoire de la conquête du pays et de l’installation de la nouvelle équipe dirigeante, se veut plus sérieuse, plus politique, sur le droit d’ingérence, l’exploitation du continent
africain, l’immoralité de la géopolitique, etc. Je connaissais surtout Ayerdhal comme une des meilleurs auteurs de la science-fiction française, au même titre que Michel Jeury, Pierre Pelot,
Jean-Pierre Andrevon. Il réussit là un roman inclassable, un thriller « utopique », qui me semble constituer une lecture idéale sur les plages gays cet été

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 20:27

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Plus d'une semaine déjà que nous sommes rentrés de Sicile, après nos dernières étapes, Taormine -une relative déception à la découverte de ce village médiéval planté sur la montagne et de son célèbre théâtre antique : les touristes y sont si nombreux, ce qui n'avait pas été le cas jusque là car la saison touristique commence à peine, que l'on se serait cru, sur le "Corso Umberto", au Mont Saint Michel - puis l'Etna dont nous avons limité l'excursion aux premiers cratères, la chute brutale de la température par rapport à celle que nous avions dans la vallée nous ayant surpris en tenue tout à fait inadéquate. Une façon de nous préparer au climat que nous allions trouver Paris à notre retour...

Dans l’avion qui nous ramenait de Catane vers Paris, la lecture d’un article du Figaro, qui exposait les arguments contre le projet de loi sur le «mariage pour tous» soumis par L’UMP au Conseil Constitutionnel, semblait laisser peu de doute quant à la probabilité d’une censure partielle du texte sur l’adoption, la décision étant annoncée pour le mercredi 25. Il a donc fallu attendre jusqu’au vendredi 27, journée mondiale de lutte contre l’homophobie – serait-ce une volonté, en forme de clin d’œil, du président de cette institution?- pour être pleinement rassuré, même si la tranquille assurance de François Hollande lors de sa conférence de presse, la veille, au sujet de sa promulgation, était prémonitoire. C’est un "texto" d’un ami éditeur qui m’a appris la nouvelle, alors que nous sortions, Bertrand et moi, du sauna IDM. L'annonce, à peu près en même temps, de la réalisation d'une autre promesse présidentielle que j'avais oubliée, la suppression du mot race de la législation -ou quand l'idéologie falsifie le réel - a quelque peu terni ma soudaine bonne humeur, imaginant un instant un monde bien déprimant où le mot même d'homosexuel, au nom des ayatollahs de l'indifférenciation, aurait lui aussi disparu de notre vocabulaire.

Une occasion cependant pour aller célébrer cela dans le tout nouveau bar qui vient d’ouvrir dans le marais, la « Mine», déjà très fréquenté et qui pourrait être un concurrent sérieux pour le Cox et surtout le Quetzal, actuellement fermé pour rénovation, même si la clientèle au look d’apparence plutôt « virile», voire rétro – on croirait presque retrouvé l’ambiance, à la grande époque, des bars des villages « gays » américains de Castro ou Greenwich, mais dont la décoration aurait été revu par un designer à la mode – semble renouvelée par rapport à celle des autres bars du quartier, au point de se poser la question : où tous ces visages inconnus ou perdus de vue depuis longtemps allaient-ils donc avant ? Il était alors bien tentant, le temps était presque clément, d’aller diner dans un des restaurants gays tout proche, « Ze Restoo », et cela pour la deuxième fois en deux jours, comme si nous n’arrivions pas à nous défaire de nos habitudes de vacances, car nous y étions déjà allés la veille avec des amis après avoir assistés, à la mairie du 2è, à une exposition des artistes de cet arrondissement – l’un deux, Samuel, un de mes "ex", y exposait deux masques.

Avant de nous y rendre, nous avons fait un détour par la librairie « les mots à la bouche », à quelques pas de là. J’allais y découvrir avec excitation la parution de deux livres dont je n’ai pu résister à l‘achat immédiat, et dont la lecture, à n’en pas douter, allait occuper un week-end qui s’annonçait fort pluvieux. Le prix Nobel de physique Gilles Cohen-Tannoudji vient de publier, avec Michel Spiro, le boson et le chapeau mexicain - un récit de l'univers à la lumière de l' histoire de la découverte du boson de Higgs (le "chapeau mexicain" illustre le mécanisme par lequel la "particule de Dieu" donne la masse aux particules élémentaires). La lecture de son premier ouvrage, la matière-espace-temps, vingt six ans déjà, reste toujours aussi présente, non seulement car elle m’avait fasciné, en dépit de sa difficulté, mais aussi parce qu’elle est liée à un épisode marquant de ma tumultueuse vie affectivo-sexuelle de l’ époque : elle s’est en effet déroulée pendant le long voyage en train que j’effectuais entre Bordeaux et Marseille alors que, vivant en couple avec Bernard depuis 5 ans, je venais de mettre un terme, dans les cris et les larmes, à ma liaison avec un amant, Fréderic - rencontré quelques mois plus tôt dans un parc et qui n’arrivait pas à comprendre qu’il ne serait jamais pour moi qu’un amant - pour en rejoindre un autre, Thierry, rencontré par petite annonce dans Gai Pied, qui allait décider de rompre en m’annonçant qu’il ne pouvait se contenter d’être mon éternel amant… Je n'ai de nouvelles ni de l'un, ni de l'autre.
A peine en avais-je compulsé un exemplaire que mon regard fût attiré, dans le rayon, de plus en plus restreint, consacré aux publications de Renaud Camus, que mon œil fût attiré par une superbe première de couverture que je ne connaissais pas, le dernier tome du journal de l'année de l'auteur, Vue d'œil, journal 2012. Une surprise car les contrats de l'auteur avec ses éditeurs, notamment Fayard, ayant été dénoncés au moment de sa prise de position en faveur de Marine Le Pen, j'avais appris que la publication du journal ne se ferait plus qu'en version électronique, un mode de lecture auquel je ne suis pas encore prêt à me résoudre pour ce qui est de la littérature. Le journal 2012 n'étant pas concerné il sera donc le dernier à rejoindre ma bibliothèque, 19 ans après le premier dont j'ai fait l'acquisition (mais non le premier publié) en 1994 -L'esprit des terrasses, journal de l'année 1990 - dont j'avais commencé la lecture sur un quai de la seine qui tenait de lieu de drague, par une chaude journée de printemps. On ne peut certes pas oublier l'inexorable dérive politique de l'auteur, que les passages du journal qui lui sont consacrées échouent à justifier, mais il n'en reste pas moins un écrivain- le plaisir de lecture est intact, un week-end ayant suffi à venir à bout des 500 pages.

'Le désir ou le besoin sexuels, voilà (avec la curiosité intellectuelle et l'amour des paysages) une des principales raisons de sortir de chez soi. Quand on en est débarrassé d'une manière ou d'une autre, ou qu'on peut les satisfaire à la maison, on a beaucoup moins de raisons de quitter son logis -d'autant que ce désir ou ce besoin (contrairement à la curiosité intellectuelle et à l'amour des paysages) ont tendance à ne vous conduire qu'en des endroits affreux, ou idiots. Le Castro et le Thalia avaient des programmations excellentes, toutefois; et rien n'est plus poétique que certains lieux de drague sous la lune - non je pensais plutôt à des boîtes de nuit, aux gays parades, à Mykonos, Ibiza...)"
(Vue d'œil, journal 2012 - Renaud Camus, Fayard, 2013)

PS : Le Castro et le Thalia étaient des cinémas mais aussi des lieux de drague à San Francisco et New York

 

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 09:39

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Lorsque nous sommes arrivés à Palerme , un peu plus d'une semaine déjà, il ne nous a pas fallu longtemps pour comprendre qu'un séjour d'à peine deux jours nous imposerait de faire des choix. Les musées et la quasi totalité des palais en ont fait les frais, au profit des églises. La Sicile, de part son histoire tumultueuse, a bénéficié de multiples influences culturelles, greco-romaine dans l'antiquité, puis byzantine, enfin arabe et normande au moyen âge . Les nouveaux conquérants, notamment les normands, ayant eu la sagesse de préserver les chefs d'œuvre édifiés par ceux qu'ils venaient de vaincre, c'est une sublime fusion entre les arts byzantins et arabo-normands, entre les cultures chrétiennes et musulmanes, que l'on découvre émerveillé. Je ne me lancerai pas dans un catalogue des " merveilles", il y a d'excellents guides pour cela - bien qu'ils en ignorent certaines ou émettent parfois des jugements surprenants - mais comment ne pas mentionner au moins l'inoubliable chapelle Palatine, monument de l'art arabo-normand, dont l'immense basilique de Montreale, à la périphérie de la ville, offre une version démesurée , la stupéfiante Chiesa del Gesu, dont le marbre semble s' accrocher aux colonnes , tel du lierre, pour envahir tout ou encore la Chiesa del Salvatore, ronde, disposée comme un théâtre dans lequel on aurait volontiers imaginé Jérôme Savary et son Grand Magic Circus donner une représentation blasphématoire.

De Palerme nous nous sommes dirigé vers Marsala pour une étape balnéaire bienvenue par une température d'une trentaine de degrés sous un soleil éclatant, point de départ idéal pour des excursions d'une demi-journée sur les sites archéologiques de Segeste et de Selinonte, où l'on peut admirer des temples, acropole et théâtre grecs, ce qui n' a pas été détruit par les carthaginois, les vandales ou les tremblements de terre. Pour clore cette parenthèse antique , il ne nous restait plus qu'à passer une nuit à Agrigente afin de visiter l'impressionnante Vallée des temples.

Laissant ces derniers derrière nous, nous avons parcouru la Sicile baroque : la ville ancienne de Raguse dominée par son colossal Duomo; Noto, bijou baroque; enfin la mythique Syracuse où, comme tant d'autres,nous sommes tombé sous le charme de l'île d'Ortygie, son éblouissante plaza Duomo avec sa basilique dont l'intérieur est d'une monumentale simplicité. Nous y resterons deux jours avant une dernière étape près de Catane d'où nous devrions découvrir l'Etna, puis Taormine.


Nos soirées ont été plutôt calmes, les seuls lieux au moins " gayfriendly" que nous avons cru pouvoir identifier étant trop éloignés de nos hôtels pour que nous tentions de nous y risquer. Par contre, à Palerme comme à Syracuse, ayant eu la chance de disposer d' une connexion wifi gratuite dans tous les hôtels, nous avons pu constater que certains "réseaux sociaux " gays- gayromeo, grindr , bender et hornet- étaient très fréquentés.

Pendant ce temps la en France, pour célébrer le premier anniversaire de la présidence socialiste, Jean-François Cope faisait le vœu d'un coup d'état (un nouveau "58") ce qui permet de lui assurer que s'il y a un "printemps des cons" il en sera le roi et le CSA censurait le beau clip réalisé par Xavier Dolan pour le single d'Indochine sur la violence homophobe en milieu scolaire ( qu'on arrive tout de même a visionner :(http://www.meltybuzz.fr/college-boy-d-indochine-non-censure-sur-leur-compte--youtube-les-twittos-ravis-a177366.html)

Pour terminer ce billet je vous livre un extrait du mail d'une dame à la retraite avec laquelle je corresponds de temps à autre depuis quelques années à la suite d'une erreur de messagerie (son mail adressé à un de ses amis prêtres qui avait presque la même adresse de messagerie que la mienne m'était parvenu par erreur):

"Bonne transition pour répondre à votre courriel : je ne suis pas sûre que nous aurions eu de grandes discussions sur le "mariage pour tous" car ... je fais partie de cette minorité de Cathos (avec laquelle l'Eglise, qui réclame à cors et à cris une discussion avec le gouvernement, n'a pas discuté) qui ne se reconnaît pas dans le grand ramdam actuel, mélange de "conservateurs", d'"assiégés" et ... de droite et d'extrême droite ! J'aurais rêvé d'une telle levée de bouclier contre la loi sur l'immigration ou sur les camps de rétention mais là il y a eu un silence étourdissant de Frigid Barjot et de sa clique et le "cercle du silence" du Capitole a rassemblé bien moins de monde (c'est le moins que l'on puisse dire !) !
Comme je l'ai dit à mes "petits séminaristes" je pense qu'il serait bon de manifester pour le remariage des veuves (et des veufs) avec enfant(s) et contre les familles monoparentales .... C'était provocateur mais toute cette histoire m'agace au plus haut point, mais aussi peut-être (ou plutôt sûrement) car, encore une fois, je suis en décalge avec mon Eglise ! Qui, en plus, s"arroge le droit de donner des leçons sur la filiation alors qu'elle a couvert les naissances sous X, dans lesquelles la filation était plus qu'interrompues!
Par contre le passage à la PMA et à la GPA pour couples hétéros et homos me trouvera opposante ; mais là nous passons sur un pb de "marchandisatio des corps" contre lequel je suis.
Je ne sais pas si vous me suivez car je ne suis pa sûre d'être très claire."

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 13:46

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Vendredi dernier en huit à Bordeaux, mon parcours de jogging m 'a amené à passer devant ce bar gay auquel j'avais consacré un billet il y a quelques années (http://limbo.over-blog.org/article-travesti-professionnel-57075415.html). Il venait de faire l'objet, la nuit précédente, d'une agression physique contre son propriétaire, au paroxysme de la crise homophobe qui a précédé le vote définitif de la loi autorisant le mariage gay. Si l'ambiance était fort festive mardi soir dans le marais, les quelques dizaines de CRS bien équipés qui le protégeaient à distance étaient là pour nous rappeler que l'heure de l'apaisement n'était pas encore venue.

Comment en est on arrivé là, à ce processus incontrôlé qui semble échapper à ses protagonistes? Au delà des explications immédiates, faiblesse extrême de l'exécutif, crise économique, libération d'une homophobie toujours présente mais jusque là contenue par la police de la pensée, certains ont tenté des explications plus profondes, voire anthropologiques. Le girardien Jean-Claude Guillebaud, dans le Nouvel Observateur, pointe derrière l'atmosphère "irrespirable" qui s'installe en France depuis plusieurs semaines, bien au delà du mariage gay, la mécanique infernale de l'emballement mimétique, celle de la "la guerre de tous contre tous" : "Chacun des clans affrontés nourrit la haine de l'autre, et la figure diabolisée de l'adversaire finit par éclipser l'objet initial de la rivalité. Pourquoi s'affrontait on au juste? A la fin la question n'a plus vraiment d'importance." on le sait, ces crises mimétiques ne trouvent leur résolution que dans la désignation d'un bouc émissaire, victime expiatoire...Espérons qu'elle ne prenne pas la figure de l'homosexuel.

Il est tentant également d'essayer de trouver des analogies historiques. Le repli identitaire d'une partie de la droite, initié par Nicolas Sarkozy inspiré par son conseiller noir, Patrick Buisson, a fait évoquer un remake des années 30. D'aucuns se sont attachés à montrer que cette comparaison n'était pas pertinente, aucune idéologie "fascinante", comme le fascisme en son temps, ne cimente les acteurs du soi-disant "printemps français". Ce à quoi on assiste pourrait bien être, comme l'a défendu l'historien Grégoire Kauffmann dans un article du monde, le retour d'un catholicisme de combat lointain descendant de celui " né à la fin du XIXe siècle en réaction à l'anticléricalisme d'Etat", symbolisé par l'alliance de deux familles de pensée, celle du catholicisme social dont Christine Boutin serait aujourd'hui l'égérie et d'une droite Maurassienne symbolisée par Christine Bourges (il n'est pas question ici de Frigide Barjot, chaque mouvement a son clown).

Analyse d'autant plus éclairante qu'elle peut s'appuyer sur les bases anthropologiques développées dans le dernier livre d'Emmanuel Todd et Hervé Le Bras , "Le mystère français". Emmanuel Todd, dans "La Nouvelle France" et " L'invention de l'Europe" avait proposé une anthropologie des structures familiales, opposant notamment la famille nucléaire, égalitaire et laissant la liberté aux enfants, centrée sur le bassin parisien, sur laquelle s'est appuyée la révolution française, à la famille souche, autoritaire et non égalitaire, plus typique du sud de la France et du Finistère breton. Or selon le compte rendu que fait Jacques Julliard dans Marianne de son nouveau livre (que je n'ai pas encore lu mais je vais m'y précipiter), nous assisterions, notamment à propos de l'éducation, à un véritable "cataclysme anthropologique" du fait "de la substitution des régions périphériques aux régions intérieures au palmarès du dynamisme français" : "or voici qu'à partir de 1970, c'est la famille souche du Midi de la France et la famille post catholique de Bretagne qui produit le plus de bacheliers, puis bientôt d'étudiants. Sensation : c'est la revanche de Bécassine, c'est le crépuscule de la révolution!". Selon Bras et Todd, "le capitalisme et son individualisme féroce a besoin pour subsister de recourir, à titre d'antidote, à des couches protectrices précapitalistes, porteuses de valeurs communautaires.....C'est ce rôle compensatoire...qu'a longtemps joué le communisme dans les régions déchristianisés....Le communisme est mort, et les valeurs de contre-société qu'il animait sont mortes avec lui, alors qu'au contraire le catholicisme, qui, selon les auteurs est mort comme croyance religieuse, est demeuré vivace comme structure mentale et sociale. ....Une sorte de revanche posthume de l'Eglise sur la république laïque". Lumineux et passionnant.

Quoiqu'il en soit et quoiqu'il advienne, il ne sera pas possible d'oublier l'attitude d'une partie des leaders de l'UMP et notamment Jean-François Coppé., souillure indélébile. A l'opposé, en dépit d'un certain "flottement" initial au plus haut niveau et du jusqu'au-boutisme égalitariste de son aile gauche et de ses alliés écologistes, on ne peut qu'être reconnaissant à François Hollande et à son gouvernement, représentée par l'étincelante Christiane Taubira, d'avoir tenu bon dans un contexte politique aussi difficile. Espérons que le conseil constitutionnel ne viendra pas jeter de l'huile sur le feu....

"Il y a 35 ans en cette fin avril, je pense à toi, tendresse, a plus". Tel est le sms que je viens de recevoir au moment où j'écrivais ce billet : il y a 35 ans, en effet, dans un cinéma "porno" de la rue Vivienne à Paris, je rencontrais mon premier garçon, aujourd'hui prêtre et aumônier d'une petite paroisse. Nous n'aurions jamais imaginé qu'un jour les homosexuels puissent se marier...

Je pars en vacances mardi en Sicile avec Bertrand, amenant avec moi le dernier roman d'Ayerdhal, fort bien reçu par la critique, "Rainbow Warriors" : une armée presque entièrement composée de gays , lesbiennes, bi et trans, sous la conduite d'un général à la retraite va tenter de renverser un dictateur africain. Ce livre m ' a été gracieusement envoyé par une attaché de presse de l'auteur qui était tombé sur mon blog. Je ne devrais pas manquer de vous en rendre compte.

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 22:41

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Les sujets de billets ne manquent pourtant pas en ces temps perturbés, mais faudrait il encore trouver la volonté de les écrire quand ils s’imposeraient. Des déplacements incessants - c' est la saison des congrès, il est des métiers plus difficile que le mien…- constituent une bonne excuse à ma tendance naturelle à la paresse. De retour de San Diego, après un bref passage à Montpellier pour les Journées Françaises de Neurologie, je me suis envolé vers l’île de La Réunion pour participer à une conférence. Le changement climatique brutal (35 degrés, une chaleur humide, la saison des cyclones qui prend fin), une conjonctivite et le manque de temps, ne m'ont pas permis d'aller faire un tour a la plage de la "souris chaude" dont mon précédent séjour, il y a 15 ans, m' avait laissé un fort bon souvenir. Mais en ces temps là, il n'y avait pas Grindr...

Mon vol de retour sur Air France annulé (arrivée tardive de l équipage, nous a t' on dit ...), mais ayant eu la chance d' en trouver un de substitution sur Corsair, je me suis résolu - quelques heures d' attente devant moi - à reprendre le cours de ce blog.

Depuis plusieurs semaines je souhaitais dire mon coup de cœur pour " Cloud atlas", ce film "transgenre", de près de trois heures, des auteurs de Matrix, les frères Wachwosky, échec commercial retentissant aux USA, mais qui, sans doute le bouche à l’oreille, tient l’affiche a Paris et qui deviendra à n’en pas douter un film culte. Transgenre il ne l’est pas seulement parce qu’un des deux frères a changé de sexe : il mêle six histoires appartenant aux genres les plus divers, science-fiction, aventure, romance homosexuelle ; dans six espace-temps, allant du 19è siècle à un futur indéterminé, en passant par un Séoul gouverné par une organisation totalitaire baptisée «Unanimity» (rêve prémonitoire?), au 22è siècle; interprété par les mêmes acteurs, devenus transformistes, dans des personnages différents jusqu’au sexe. Enchevêtrement du réel et pérennité des âmes, les destinées individuelles dans chaque espace-temps s’influencent mutuellement ; pérennité de l’idéal libertaire et de la rébellion contre l’oppression qu’elle soit individuelle ou collective ; pérennité enfin du mal qui conduira l’univers à l’apocalypse, constituent le lien métaphysique de ces six histoires. Un film quantique, un ovni cinématographique, aussi capital que le « Holy Motors » de Leo Carax.

Le dernier roman, controversé, de Dan Simmons (l’auteur d’Hyperion et de l’Echiquier du mal), Flashback, nous décrit également un univers apocalyptique, allant au-delà des pires cauchemars de Renaud Camus : un monde partagé entre un Califat Global ayant thermo-nucléarisé Israël et qui s’étendrait du Pakistan au Canada, en englobant l’Europe et la suprématie d’un Japon gouverné par des castes à l’organisation médiévale et qui, à la suite de l’effondrement de la Chine, est devenu le tuteur d’une Amérique en proie au chaos intérieur et à l’invasion des Etats du Sud par le Mexique. La description d’une Amérique en faillite financière et morale, conséquence des politiques désastreuses de l’administration Obama - dépenses sociales inconsidérés, soumission aux délires écologistes sur le réchauffement climatique et tolérance à l’égard de l’Islam- et dont les habitants s’adonnent à une drogue dure, interdite par l’islam, permettant de revivre (le « flaskback ») de façon «hyperréaliste» les souvenirs et turpitudes les plus aptes à vous procurer du plaisir, est fascinante. Je ne sais si ce roman reflète les idées néo-conservatrices de l’auteur, ou au contraire, comme a essayé de le montrer dans une postface, l’éditeur Gérard Klein, constitue une projection romanesque des fantasmes et délires d’une certaine droite républicaine, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un thriller époustouflant à dimension épique.


C’est une bien autre vision, métaphorique, de la crise de la dette en Europe que nous donne Almodovar dans un hilarant hymne à la culture gay. Un avion en détresse qui ne sait pas où il va (L’europe, l’Espagne ?) et qui finira par atterrir sur un aéroport fermé pour cause de corruption, des passagers en classe économique mis sous sédatifs pour les empêcher de prendre conscience de la catastrophe, tandis que ceux de la classe « affaires » avouent leur turpitude et le mensonge sur lequel est basé leur vie sous l’effet euphorisant d’une équipage baroque et survolté. Cette « cage aux folles » politiquement incorrecte que l’on devrait infliger comme supplice aux meneurs de la « manif pour tous », marque un retour jubilatoire du metteur en scène aux comédies de ses débuts.

Si les « coquins » qui habitent la classe « affaires » de l’avion de film d’Almodovar sont plutôt sympathiques, il n’en est pas de même des personnages du film de Soderbergh, « Effets secondaires», dont la première partie semble annoncer une violente charge contre l’industrie pharmaceutique, c’est à la mode et très vendeur, avant de s’avérer un thriller efficace, bien que les ficelles soient parfois un peu grosses, magistralement réalisé.

Des classes dirigeantes peuplées de coquins mercantiles comme dans ces deux films ? Une vision bien simpliste mais il faut avouer que l’actualité récente, d’un ministre du budget fraudant le fisc et faisant du mensonge un art, à un Grand Rabin de France, plagiaire et mythomane, ne facilite pas la tache aux adeptes de la pensée « complexe ».

L'appellation de ce billet, « Cartographie des nuages », traduction française du titre du roman dont s’est inspiré « Cloud Atlas », renvoie aux innombrables difficultés qui s'abattent sur le gouvernement de François Hollande, que tous s’acharnent à vouloir abattre, au risque du pire, et dont on ne peut plus exclure qu’un des «effets secondaires» ne soit le renoncement au texte de loi sur le mariage gay qui cristallise toutes les haines…..

 

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