Samedi 2 juin 2012 6 02 /06 /Juin /2012 12:05

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L’autre lundi, sous une pluie battante je me suis rendu à la réunion annuelle de la section parisienne des anciens élèves de mon ancien collège bordelais, « Sainte Marie de grand Lebrun », dans lequel je fis mes études de la 8è (ça s’appelait comme ça à l’époque !) à la terminale C. Annuelle si l’on veut, car la dernière remontait à une dizaine d’années, son organisateur habituel et bénévole ayant été accaparé par ses activités professionnelles. Chaque fois que j’en ai eu la possibilité j’ai été fidèle à ce type de réunion, voire à la (courte) messe qui la précède (pas cette fois), gardant un souvenir ému des années passées dans ce collège et surtout de ses professeurs (à quelques exceptions près…) et même du terrible père Cazelles, directeur de l’école pendant plusieurs années, qui venait, tous les quinze jours, nous donner notre classement, fonction de nos résultats dans les différentes matières, verdict que j’attendais avec angoisse car si je n’étais pas dans les trois premiers je savais qu’il y aurait quelques sanctions parentales. Nous sommes sans doute deux ou trois cents anciens élèves sur Paris, mais peu, une trentaine les meilleures années, se déplacent, rarement ceux des dernières générations. Cette fois ci nous étions à peine treize, un seul ecclésiastique, le « Provincial» des Marianistes (chef national de l’ordre) entouré de douze anciens tel le Christ lors de la cène. A l’exception de l’organisateur, ma génération était la plus récente (!), avec, la probabilité était pourtant faible, un autre représentant de ma promotion, mieux de ma terminale, à la retraite depuis 10 ans (ancien élève de Centrale ayant fait sa carrière à Gaz de France – les avantages du public...!-) et dont j’allais apprendre au cours de la soirée qu’il avait voté Le Pen. La discussion s’est en effet engagée très vite dans le domaine politique –les élections si proches- . Un des convives, plus ou moins diplomate ou chargé de mission au Mexique, j’ai manqué le début de la conversation, affirmant de façon péremptoire « ce qui nous arrive est terrible, il n’a aucune expérience », il parlait de Hollande bien sûr, avant de s’en prendre à son prédécesseur, une présidence qualifiée de catastrophique, qui nous a «fâché » avec la terre entière avant d'ajouter : « Que vouliez vous que je fasse, j’ai voté blanc ». Tout cela commençait « fort » lorsqu’un autre ancien élève, fort avancé en âge, s’exclama « C’est tout de même impensable que quelqu’un qui refuse de se marier rende légal le mariage homosexuel ». Je me suis permis de l’interpeler : « je ne vois pas où est la contradiction». Il a sans doute pressenti un terrain mouvant car il a aussitôt changé de sujet de conversation,conversation que j'aurais pu relancée si mon goût de la provocation n'était sans doute quelque peu émoussé dans ce type d’assemblée : je me suis retenu de lui rappeler que parmi les anciens élèves célèbres de ce collège, il y avait un PDG de « Pink TV» (si l’on en croit Wikipedia !), et surtout François Mauriac…J’aurais pu aussi, lorsque chacun s’est présenté, égrenant son nombre de « petits enfants », ne pas me contenter de dire que je n’avais pas d’enfant, comme d’ailleurs mon collègue de promotion célibataire (peut être gay lui aussi même s’il vote FN), mais ajouter que j’étais pacsé. Heureusement j’ai eu la chance d’être assis à côté du « Provincial», dont la conversation était bien plus apaisante (j’ai toujours préféré les curés à leurs ouailles). Il n'y a plus aucun prêtre à Grand-Lebrun et même le directeur (une directrice en fait) est laïc...

Le hasard a voulu que je termine un « thriller » de Donato Carrisi (auteur d’un succès mondial « le chuchoteur»), « Le tribunal des âmes », en rentrant de ce diner. Un intrigue complexe, un peu trop parfois, qui met en scène un ordre fondé par le Vatican, « les pénitenciers», qui aurait établi à partir des témoignages recueillis en confession, des archives secrètes des crimes les plus horribles pour lesquels les simples prêtres ne pouvaient donner l’absolution sans une décision des autorités suprêmes à Rome, « le tribunal des âmes ». Après sa dissolution par le Vatican, en raison de ses dérives, cet ordre se serait érigé en société secrète poursuivant les criminels jusqu’à leur élimination. Une écriture fluide, des rebondissements multiples, des personnages assez « consistants», une fin qui surprend vraiment, permettent d’oublier que ce roman se veut sans doute aussi une réflexion sur le mal.

Ridley Scott avait-il la même ambition, philosophique, lorsqu’il a réalisé « Prometheus » ? Sa conception de l’homme est bien peu darwinienne (voir le billet précédent), plutôt « créationniste» avec une héroïne qui ne sépare jamais de son crucifix. Si les références à 2001 sont omniprésentes - impulsion extra-terrestre à la création de l’homme, découverte de signaux laissés par cette civilisation, expédition organisée à leur recherche, robotique s'autonomisant , vieillard parcheminé sur son lit dans une chambre reconstitué dans un vaisseau spatial – la ressemblance s’arrête là, non seulement parce qu’ici l’homme ne se dirige pas vers une stade supérieur de son évolution, « l’enfant des étoiles », mais vers sa destruction, mais surtout parce que la comparaison serait cruelle pour le réalisateur.
Il reste un magnifique spectacle visuel qui se voit sans ennui, ce qui n’est pas le cas de « Cosmopolis » de Cronenberg,métaphore futuriste de la fin du capitalisme, projection hallucinée de l'aboutissement possible de la crise financière acuelle qui se termine sur un dialogue hallucinant entre un goldenboy et un laissé pour compte du système,brillant jusqu'à l'ennui.

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 22:41

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Qui se souvient encore du nom de Jean Baptiste Lamarck? Il fut le premier à proposer une théorie « transformiste » de l’évolution des espèces. Selon celle-ci, les espèces dérivent les unes des autres, les transformations se faisant sous la pression « intentionnelle » des évènements et du milieu. Il prônait donc l’hérédité des caractères acquis. Darwin allait opérer une révolution copernicienne en affirmant que cette évolution se faisait par « hasard », sous l’effet de la sélection naturelle. La longueur du cou de la girafe est l’exemple le plus simple pour différentier les deux théories : selon Lamarck les girafes ont commencé à vouloir manger des feuilles en hauteur ce qui a progressivement allongé leur coup, pour Darwin, à l’origine, il y avait des girafes avec des cous de toutes les longueurs, mais la sélection naturelle n’a gardé que les girafes à long cou, les plus « adaptées ».

Le Darwinisme a triomphé et Lamarck est tombé dans l’oubli ou presque. D’abord parce que sa thèse, malgré ses lacunes qui persistent, était bien plus « puissante » , moins « naïve » que celle de Lamarck, mais le discrédit de ce dernier tient aussi à l’idéologie. Le darwinisme permettait de faire l’économie de Dieu, ce qui fut illustré brillamment par Jacques Monod dans son célèbre essai « le hasard et la nécessité », alors que le lamarckisme, et la place qu’il laissait à « l’intentionnalité », était compatible avec le concept d’évolution créatrice (rien à voir cependant avec le créationnisme de certaines sectes américaines!). Tout n’est pas si simple cependant, les catholiques furent certes du côté de Lamarck, mais les protestants plutôt du côté de Darwin (il me semble que la notion de « prédestination » auraient pourtant du les pousser vers Lamarck…). Le darwinisme lui-même allait, avec le « darwinisme social » qui prônait la sélection compétitive comme moteur social, être l’objet d’une dérive idéologique droitière.

Certaines découvertes récentes viennent quelque peu réhabiliter Lamarck en montrant que certaines de ses intuitions étaient justes : l’environnement pourrait être responsable de variations dans l’expression des gènes (et non des gènes eux mêmes), dites variations « épigénétiques », pérennes au fil des générations. Cette hérédité « épigénétique » serait donc « acquise ».

Si ce retour en grâce de Lamarck a attiré mon attention, ce n’est pas en raison d’un intérêt marqué pour la théorie de l’évolution, mais parce que je fus dans ma jeunesse un ardent défenseur du courant de pensée qui se réclamait du Lamarckisme, entrainé certes par mon milieu familial d’extrême droite mais surtout par la lecture enthousiaste des livres du zoologiste et biologiste Pierre Paul Grassé (« Toi ce petit Dieu » ) et du prix Nobel de médecine Alexis Carrel dont l’essai « L’homme cet inconnu » , paru en 1935, a eu un retentissement considérable pendant des dizaines d’années. Il y défendait des thèses eugénistes arguant que les progrès de l’hygiène et de la médecine avaient détournés la sélection « naturelle » de son rôle(il empruntait aussi à Darwin), prônant ainsi l’élimination des humains indésirables, se basant sur le concept de dégénérescence, notamment l’euthanasie des criminels et des aliénés et la « restauration » de l’homme grâce aux avancées de la science et au conditionnement. Même si Carrel ne semble pas avoir été influencé par Nietzche, on ne pas ne pas évoquer le « surhomme ». Bruno Mégret en fit un de ses maitres à penser . Alexis Carrel ne peut cependant être assimilé à l’idéologie nazie qu’il critiqua : « …les juifs sont une bonne race: ils ont maintenu longtemps leur idéal et le christianisme vient d’eux….L’Allemagne ne renferme aucune race pure. ». S’il effaroucha les catholiques, il reçu un accueil favorable d’une certaine gauche et fut notamment encensé par « l’éducateur prolétarien ».

Le choc qu’ a provoqué en moi la lecture du livre de Jacques Monod précédemment cité, et la découverte de l’œuvre d’un autre biologiste Henri Laborit m’ont vite éloigné de ce marécage idéologique, mais en relisant ces lignes concernant l’homosexualité , « Les sexes doivent de nouveau être nettement définis. Il importe que chaque individu soit, sans équivoque, mâle ou femelle. Que son éducation lui interdise de manifester les tendances sexuelles, les caractères mentaux et les ambitions du sexe opposé. », je me demande comment l’adolescent que j’étais a pu ne pas être troublé et ne pas se rendre compte que c‘était de lui dont on parlait...Avec le recul, on pourrait tourner cela en dérision en qualifiant cette opinion de paradoxale pour un « transformiste »…

Le transformisme sexuel est le thème du nouveau film très attendu de Xavier Dolan avec Melvil Poupeau, prochainement présenté à Cannes, dans une section parallèle. En attendant sa sortie, j’ai vu le nouveau Jacques Audiard, « De rouille et de sang », l’histoire d’une dresseuse d’orques qui leur ayant accidentellement donné ses jambes va entreprendre le dressage d’un autre orque, humain celui-là, et lui donner son cœur. Un grand cinéaste à n’en pas douter et un acteur aussi époustouflant que dans Bullhead, mais je dois avouer n’avoir pas été vraiment séduit, comme tenu à distance de cette histoire.

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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 16:17

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Je commence ce billet dans l'avion qui me ramène de Stockholm où se déroulait l'édition annuelle de la "Springfield", un des plus importants congrès sur la maladie d 'Alzheimer. C’est la 4ème ou 5ème fois que je reviens dans cette ville que je n'ai jamais eu le temps de visiter, celui cependant de constater qu'ici, contrairement à la Nouvelle Orléans, toutes les sites gays de rencontre étaient très actifs : l’Europe du Nord noierait-elle sa rigueur protestante, son orthodoxie financière et son ennui, dans l’alcool et le sexe ? Si, comme l’écrit Franz-Olivier Giesbert, « Le 6 mai 2012 fut la victoire de notre ascendant nordique, j’allais dire belge et pourrais ajouter scandinave, sur notre vieux fond latin», c’est un avenir plutôt austère qui s’annonce….

En feuilletant la presse quotidienne et les hebdomadaires, j'ai pu m'amuser à compter le nombre d' articles où l'on vous décrit maintenant, comme une évidence, le parcours d'un homme, François Hollande, destiné á être président, sans oublier les visionnaires qui se rappellent à notre bon souvenir, tel le même Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier livre particulièrement jouissif, « Derniers carnets-scènes de la vie politique en 20012 », rapportant sa rencontre en 2004 avec le futur président : " Après le repas, en regardant Hollande s'éloigner sur le boulevard Saint-Germain pour rejoindre le siège de son parti, j'ai pensé que je venais probablement de déjeuner avec un futur président de la république . Je ne galèje pas....".

Dimanche dernier, fatigué d'entendre Coppé, ses sbires et ses rivaux, prendre les électeurs pour des attardés mentaux en nous répétant à l'infini, a propos des législatives, qu'il ne fallait pas donner au PS tous les pouvoirs, donc les lui faire perdre tous ou presque, et peut être nostalgique de n’avoir pas participé à la fête en 1981- j' habitais Bordeaux et surtout je vivais alors avec un militant RPR, j' ai déjà conté cet épisode- j'ai finalement entrainé Bertrand à la Bastille. Je n'avais pas imaginé qu'il puisse y avoir tant de monde, une foule très colorée, dans tous les sens du terme, et dont la joie faisait plaisir à voir, si dense qu'on pouvait craindre qu’au moindre incident sa mise en mouvement ne déclenche une panique catastrophique. Nous avons préféré nous en extraire avant l’arrivée du futur président et foncer fêter la victoire dans le marais tout proche.
Les rapprochements avec 1981 ont leur limite. Certes il s'agit à nouveau d’ un François (je constate avec dépit que la dénomination " François 2" connait un grand succès sans qu’il ne soit jamais mentionné que je suis le premier à l’avoir employé sur ce blog il y a de long mois!), certes ce dernier a emprunté nombre de formules de son prédécesseur et imité certaines de ses postures, poussant le mimétisme jusqu’à réaliser le même score, certes on peut faire des parallèles entre les présidences de Giscard et de Nicolas, mais en 1981 la victoire de François Mitterrand répondait a une espérance folle et résonna comme un tremblement de terre -la bourse s effondrait de 20% le lendemain de l élection-, alors que cette fois ci, la victoire était attendue -la bourse à gagné près de 2%.
Mon état d’esprit est également bien différent. En 1981 mes convictions étaient fortement ancrées à gauche et j’attendais Mitterrand comme le messie; en 2012, alors que je m’étais éloigné progressivement du parti socialiste depuis le retrait de Lionel Jospin de la vie politique, ce blog en témoigne, Nicolaparte a réussi le tour de force, en ressuscitant le clivage droite-gauche, de me ramener au bercail.

François Hollande n’est pas François Mitterrand, mais il en est le digne héritier (celui de Jacques Delors aussi), héritage que contrairement à Fabius («lui c’est lui, moi c’est moi ») ou à Jospin (le «devoir d’inventaire») il assume. Le choix de la grande bibliothèque était particulièrement judicieux pour lui rendre hommage le 10 mai, annonçant ainsi le retour de la « Culture » dans ses priorités (j’avais également apprécie l’hommage rendu à Pierre Bérégovoy, un de nos plus grands ministre des finances). Je suis de ceux qui pensent qu’il peut nous surprendre, qu’il peut être celui qui nous fera traverser au mieux la terrible période qui s’annonce. Il a eu la sagesse et la chance de s’être entouré d’hommes intègres et compétents, contrairement à Mitterrand qui par amitié aveugle a laissé s’installer une cour de personnalités sulfureuses. Mais pour cela il devra s’affranchir de son programme, il le sait. On ne lui pardonnera rien, déjà les poujadistes de tout bord poussent des cris de truie qu’on égorge à la moindre de ses dépenses…
Dans son entourage il y aura son ami Jean Pierre Jouillet, il lui en avait voulu d’avoir cédé quelque temps au charme sarkozien, mais il s’en était vite repenti. On sait ce qu’il en est des autres « transfuges », certains ont trahi à nouveau, en sens inverse (après tout, comme pour l’infidélité, c’est souvent le premier pas qui est le plus difficile à franchir…), d’autres, plus décents, ont assumé jusqu’au bout, tel Eric Besson qui a annoncé qu’il allait rejoindre le privé, mais où est donc passé Bernard Kouchner! Peut être la prophétie de François Mitterrand, révélée par FOG dans son livre, s’est elle réalisée : «Un GO égaré en politique. Vous verrez, il finira là où il a sa vrai place : au Club Méditerranée». (Je ne résiste pas au plaisir de livrer celle sur DSK : « Un jouisseur sans destin. Je le verrais plutôt à la tête du patronat qu’à la tête du PS. Mais il est si ficelle qu’il pourrait diriger les deux en même temps.»)


« François Hollande a emporté la primaire socialiste. Vu d’ici, il est notre futur président le plus vraisemblable. Je n’ai rien contre lui personnellement, je le trouve même plutôt sympathique : ce ferait une fameuse différence avec Nicolas Sarkozy. Et comme il est assez probable que leurs lignes politiques respectives seraient à peu près les mêmes….De toute façon, quand nous en serons là, si nous en sommes là, je ne m’occuperai plus de politique. Il y seulement que voir l’un me sera beaucoup moins désagréable que voir l’autre. C’est physique, comme il ne faut pas dire. »
(Renaud Camus – Septembre absolu, journal 2011, Fayard 2012)

Le 6 mai, après avoir fait le choix de Marine le Pen au premier tour, Renaud Camus a appelé à voter pour Nicolas Sarkozy….

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Dimanche 6 mai 2012 7 06 /05 /Mai /2012 19:14

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Au moment ou je commence ce billet, 17h, les premières estimations sorties des urnes et publiées sur le site de la tribune de Genève, prévoient une victoire assez large de François Hollande. Je n ai pas pu voir mercredi soir le débat tant attendu, pris par un dîner professionnel, si ce n' est sur sa conclusion " moi président", mais je n ai jamais été inquiet quant à son issue. Il est étonnant de voir combien les politiques ont la mémoire courte, ils ont oublié qu il y avait déjà eu une confrontation Sarkozy-Hollande, télévisuelle et dans les urnes, aux élections européennes de 1999. François Hollande avait fait jeu égal pendant le débat et ...écrasé Sarkozy dans les urnes! Comment ce dernier a-t-il pu sous-estimer son adversaire à ce point. S il avait lu " cahiers secrets de la Ve république " de la journaliste Michèle Cotta, il aurait su que dès 2005 il était considéré comme le meilleur candidat socialiste pour 2007 mais qu' il en été empêché par le tsunami médiatique "Ségolène". Pour paraphraser Arnaud Montebourg " son problème ce fut sa compagne" . Bien avant l affaire DSK un commentateur avisé comme Denis Jeambar, ex- directeur du point, disait sa conviction qu il serait le prochain président et il y a plus de 6 mois le sociologue Àlain Touraine a fait le même pronostic.

Nous nous marrierons donc, du moins certains d entre nous et je vais significativement payer plus d impôts ( ça a un prix les convictions!). Mais des défis bien plus importants l' attendent, économiques sans doute (j ai trouvé amusant de voir sur un autre blog un internaute qui dit avoir voté pour le trotskiste de cirque trouver son programme économique inapplicable!) mais surtout répondre intelligemment aux inquiétudes compréhensibles de certains électeurs du Front National devant une immigration mal maîtrisée. François Hollande saura t il résisté à certains "idéologues" du PS et écouter les autres, comme l' a bien résumé un journaliste de libération: "Nombre d élus et de militants de gauche n' ont pas partagé ces dérives, mais la peur d' être qualifiés de réactionnaire par un milieu parisien restreint mais influent, en à fait taire beaucoup. François Hollande opérera- t-il dans ce domaine une difficile synthèse ou saura-t il rompre clairement avec les impasses d' un petit milieu pour comme il le dit, parler aux électeurs du Front National et rassembler le pays."

En attendant les résultats j'ai vu " Margin call" , excellent film sur le capitalisme financier et ses dérives, illustration parfaite de la « théorisation » de l’économie de marché par Jean-Pierre Dupuy, disciple de René Girard, et pour lequel l’économie de marché a pris le relais de la religion pour «

 

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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 21:59

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Dix heures de vol , une escale de 3 heures à Houston , puis à nouveau une heure avant d’atteindre la Nouvelle Orleans. Il faut avoir voyagé sur une compagnie américaine, United Airlines en l’occurrence, pour réaliser combien ceux qui se plaignent d’Air France sont des éternels insatisfaits.

Une certaine insouciance règne sur cette ville, à population majoritairement noire et pauvre, mais où sous l’influence du soleil,  de la musique omniprésente dans les rues du quartier « français »,  sorte de Pigalle subtropical, et du Mississipi, tout semble permis. Dès que le coucher du soleil approche tout s’anime, une faune des plus colorée envahit les rues et les bars, s’enivre et dance. On a peine à croire que l’on se trouve aux Etats-Unis. Il n’est pas conseillé de s’aventurer hors des zones touristiques, l’insécurité y est grande, une des plus élevées du pays, notamment dans les quartiers dévastés par Katrina où les maisons détruites sont squattées. Deux ou trois bars gays le long de Bourbon Street, la rue la plus animée, dont la clientèle contraste avec celle de la rue, car majoritairement blanche, souvent  des touristes américains. Dans le plus fréquenté, « OZ », on découvre une scène pour les spectacles qui y sont régulièrement donnés - le soir où j’y étais un concours de « go-go boys » volontaires choisis parmi les jeunes spectateurs - stigmate d’une homosexualité pas encore vraiment libérée. Sur internet, les sites les plus fréquentés, parmi ceux que je connais bien sûr, étaient Grindr (qui est devenu universel), Jack’d ou Manhunt alors que « Gayromeo » si populaire en Europe était désert. J’ai découvert un « Grindr » bien différent : une  proportion notable de connectés avec des caractéristiques pondérales que l’on attendrait plutôt sur des sites « bears » (mais l’obésité est omniprésente dans cette ville); refus fréquent de montrer des  « pics » de visage,  motivé par des exigences de « discrétion » d’hommes mariés; des touristes plus nombreux que les locaux qui, lorsqu’ils sont noirs, ont tendance à refuser à se déplacer dans les hôtels (crainte d’être refoulés?) mais vivant dans des quartiers excentrés où l’on ne risquerait pas de se rendre….J’ai pourtant presque quitté cette ville avec regret.

Nous étions en réunion quand, dimanche, 12h heure locale mais 19h à Paris, j’ai pu découvrir sur le site de la Tribune de Genève les premières estimations qui ne pouvaient que me réjouir. Hollande en tête certes, le plus important, mais aussi Bullenchon dans un trou d’air, et un score de Marine le Pen invalidant la stratégie aventureuse de Patrick Buisson que notre président, porté par "l‘énergie du désespoir" , a décidé de mener jusqu‘à son extrême limite. Une seule déception le score du Béarnais. Non une autre, celle de lire dans les colonnes du Monde les justifications que donnait Renaud Camus à son appel en faveur de Marine Le Pen, un désaccord sur presque tout, mais non sur l’essentiel pour lui «"La  résistance au multiculturalisme sans frontière et à la contre-colonisation" , vote qu‘il fonde sur un «pari» , celui d‘une rupture idéologique avec son père. Je peux comprendre qu’un vote soit fondé sur un pari, le mien en faveur de François Hollande est de en partie cette nature, plus « socioculturel » qu’une adhésion à un programme, mais il est des paris que l’on n’ a pas le droit de faire car s’ils étaient perdus ils nous renverraient aux heures les plus noires de notre histoire. La décision des éditions Fayard de mette fin à son contrat, l’empêchant ainsi probablement d’être publié, n’en reste pas moins inacceptable, scandaleuse.

Je pars demain pour Berlin, je ne verrai pas le « débat du siècle », mais je serai de retour pour le second tour et je l’espère un petit tour à la Bastille pour voir le peuple en « joie »… 

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