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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 18:04

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J'ai abordé dans un billet récent le conflit entre Hypatie et l'évêque Cyrille à Alexandrie au 5è siècle. Les chrétiens, ceux disciples de Cyrille qui allaient prendre le pouvoir au détriment des païens et des juifs, se réclamaient des écrits de St Paul. Cela m'a remis en mémoire une analyse du livre de Jean Michel Rey, "Paul ou les ambiguïtés", parue il y a un peu plus d'un an dans le journal "Le Monde" : "La pensée paulinienne imprègne toute notre conception de la politique; elle en organise, le plus souvent à notre insu, les principales articulations", écrivait Rey. L’article du Monde citait un récent article de la New York Review of Books, où l'historien américain Mark Lilla parlait d’un "moment paulinien de la gauche européenne" : « il y a vingt-cinq ans, ironisait-il, les étudiants révoltés discutaient du "châtiment corporel" selon Michel Foucault ; désormais, allez vous balader dans les couloirs de telle ou telle université, et vous verrez nos jeunes rebelles disserter sur les Épîtres de saint Paul... ». Selon de livre de JM Rey, voila avec saint Paul : "un discours qui sépare en toute netteté le présent du passé et qui, en même temps, fait apparaître dans sa vérité ce que ce passé ne pouvait pas reconnaître, ce qu'il était incapable de comprendre - son aveuglement ou son refus d'admettre les formes de la nouvelle réalité". En d’autres termes un discours de rupture qui permet à Slavoj Zizek, philosophe marxiste de dire : "Une fois établies la mort et la résurrection du Christ, Paul s'attaque à sa véritable entreprise, qui est une entreprise léniniste, l'organisation du nouveau parti appelé communauté chrétienne... Saint Paul léniniste : Paul ne fut-il pas, comme Lénine, le grand "organisateur" et, comme tel, calomnié par les partisans du christianisme-marxisme des origines ?"

Cette lecture de Paul m’avait paru éclairer et renforcer l’interprétation de l’Apocalypse qui fut donnée sur Arte, dans la série sur les "origines du christianisme", par la majorité des « experts » interrogés : ce texte prophétique qu’on attribue à Jean de Patmos (qui ne serait pas l’apôtre Jean) aurait été avant tout dirigé contre Paul le « révolutionnaire » qui voulait faire table rase du passé juif. Il y aurait eu à l’origine une école « judéo-chrétienne », celle de St Marc et de l’auteur de l’apocalypse, et une école « pagano-chrétienne » celle de St Paul, conflit totalement occulté par la tradition catholique. Une minorité d’experts semble ne pas exclure que ce soit, en effet, des chrétiens de la mouvance « judéo-chrétienne », prenant à la lettre l’apocalypse, qui auraient mis le feu à Rome (en quelque sorte des « terroristes »). C’est le courant « pagano-chrétien » qui a triomphé, que serait devenu le christianisme si cela avait été l’autre ?
Adolescent, catholique pratiquant, je me sentais plus près de Jean que de Paul, mais il s’agissait plus « d’affectivité » (Jean, le disciple préféré du Christ qui était alors considéré comme l’auteur de l’apocalypse) que de « théorie ». Agnostique aujourd'hui, je me sens toujours plus près de Jean.

« Laure Adler et ses deux acolytes coutumiers, Nicolas Demorand et Ali badou, qui la suivent de la radio et à la télévision, recevaient vendredi soir, sur Arte, un grand intellectuel tunisien qui leur avait plu parce qu’il soutient que le Coran est interprétable à merci et qu’il faut en laisser l’exégèse aux savants, aux poètes, contre celle, affreusement limitative des imans. Les gens qui n’appartiennent pas aux religions tiennent toujours beaucoup à ce qu’elles soient parfaitement convenables dans leur système de pensée à « eux », sans s’aviser que ce ne seraient plus des religions, si c’était le cas, et si elles raisonnaient comme ils raisonnent. Laure Adler pousse très loin cette façon de voir pour moi incompréhensible – celle des athées humanitaires qui ne peuvent pas croire que le pape condamne le préservatif, ou celle des homosexuels qui voudraient que l’Église ne fustigeât pas l’homosexualité, et arrivent ensuite à se persuader que la Bible les adore - ; et elle y soumet jusqu’au jugement esthétique , jusqu’à l’émotion devant la beauté, jusqu’à la reconnaissance et l’identification même de la beauté : « Que c’est beau », disait elle de telle ou telle traduction d’une sourate, ou d’un poème ante-musulman, je ne sais plus. « Que c’est beau : la femme y est vraiment traitée comme égale… »
Ces vers avaient d’autres vertus que j’oublie, d’autres vertus esthétiques qui émouvaient profondément la directrice de France Culture, mais qui toutes étaient des vertus idéologiques et morales, des vertus de conformité avec la bonne pensée du jour – rien n’était plus éclairant. »
(RC, Le Royaume de Sobrarbe, journal 2005, Fayard 2008).

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 22:51

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« Peut on désirer, sans souffrir », fût un des beaux sujets de philosophie du bac. Mais a-t-on suffisamment vécu, à 17 ou 18 ans, pour y répondre, du moins si l’on s’en tient au désir amoureux, d’autant plus qu’il est bien improbable que de nos jours ces cœurs encore tendres aient lu les chefs d’œuvre littéraires qui nous ont tant dit sur le désir.
En tous cas, ce n’est que bien après le bac que j’ai pu comprendre combien le désir pouvait faire souffrir, et cette souffrance c’est moi qui allait l’infliger à mon premier amant.
Nous étions en avril 78, j’étais encore chez mes parents et puceau (si l’on excepte une très brève relation sexuelle mal vécue et sans lendemain, à la suite « d’un strip-poker » avec un camarade de classe,
l'été de mes 17 ans), en état de manque sexuel et affectif. J’étais d’une grande timidité, peu conscient des endroits où l’on pouvait rencontrer des garçons, et vite effarouché les rares fois où traversant les dunes des plages proches de Bordeaux, ma ville, j’avais constaté « qu’on me suivait ». C’est alors que je suis tombé sur un article du Point, il y était question d’un cinéma parisien, « Le Vivienne », où l’on projetait des films homosexuels- il n’était pas bien difficile de deviner entre les lignes « qu’il se passait aussi des choses dans la salle ». Quelques jours plus tard, un 15 avril, à la faveur d’un congé, je prenais le train (pas de TGV encore) pour Paris, et débarquais rue Vivienne que j’arpentais longuement sans jamais oser entrer dans le cinéma. L’heure avançant je finis par franchir le pas et à pénétrer dans ce lieu si désiré dans un état de grande excitation. Les films pornographiques projetés m’intéressaient beaucoup moins que le ballet incessant que l’on pouvait constater d’un siège à l’autre ou vers les toilettes, mais toujours aussi craintif, je détournais le regard dès que des yeux se posaient sur moi et ne répondais à aucune avance. L’heure de la fermeture approchant, un jeune homme, grand et d’une certaine carrure,est venu s’asseoir à mes côtés. Il n’était pas vraiment « mon genre », pas assez « éphèbe », mais je n’ai pas repoussé sa main qui se posait sur ma cuisse, ce qui déclencha en moi un frisson généralisé que je n’arrivais pas à maîtriser et qui, lorsqu’elle m’effleura le sexe à travers la toile du pantalon, provoqua une éjaculation immédiate sans même le temps d’une érection. Il ne s’en aperçut pas et continua ses approches ce qui déclencha presque aussitôt une autre éjaculation. Je l’avertis alors de la « situation », lui disant que j’étais désolé et m’attendant le voir aller chercher fortune ailleurs. Il me regarda avec un sourire amusé et me dit : « si on allait boire un verre ». Il m’amena dans un café proche du Boulevard des Italiens, me dit s’appeler Philippe, avoir à peine un an de moins que moi et travailler comme cuisinier dans un établissement catholique. Il me parla longuement, bière après bière, jusqu’à la fermeture de l’établissement, de Dieu surtout, qui l’habitait. J’étais enfin détendu, mais j‘ai refusé sa proposition d’aller jusqu’à chez lui, ayant trop peur d’un nouveau fiasco sexuel. Il me proposa alors de marcher un peu, ce que nous fîmes en fait une bonne heure, jusqu’au moment où il me dit, nous étions rue de la Roquette : « voilà, nous sommes au bas de chez moi ». J’ai fini par le suivre, 7 étages sans ascenseur, pour finir la nuit dans son lit. Nous allions passer ensemble les 3 jours de mon court séjour, ou plutôt les nuits (j’étais de plus en plus « à l’aise » sur le plan sexuel), car il travaillait dans la journée. Sa religiosité était très prononcée, jusqu’à la bénédiction des aliments avant les repas que nous prenions chez lui et il m’avoua avoir songé à se faire prêtre. Il allait être très affecté par la mort subite de Jean Paul 1er tout juste élu. Il s’accommodait cependant des positions de l’église sur l’homosexualité, et son meilleur ami et confident, qu’il me présentât, était un jeune prêtre très attachant dont je n'ai jamais été sûr de l'orientation sexuelle (il allait même être nommé évêque au Canada quelques mois plus tard).
Ma naïveté et ma candeur quant à l’existence d’un « milieu » homosexuel l’amusait et le séduisait à la fois, et il ne se doutait pas qu’en me le faisant connaître, il allait me perdre. Il me fit ainsi découvrir les bars de l’époque, les boites, et notamment le « Rocambole », le « Scaramouche », ceux de la rue St Anne (il n’était pas toujours facile d’entrer dans certains de ses lieux qui avaient pas mal de soirées « privées », mais il avait un ami, probablement ancien amant, policier haut placé – probablement dans les services secrets ou les RG car il apparaissait en militaire gradé sur certaines photos - qui nous ouvrait toutes les portes…), les lieux de drague (Tuileries, Trocadéro) et surtout le fabuleux sauna « Continental » près de l’Opéra. Je n’ai pas bien entendu connu tous ces endroits en un week-end, mais nous nous sommes revus pendant plusieurs mois, environ une fois par mois, soit chez lui à Paris, soit à Bordeaux à l’hôtel. Lorsque j’ai découvert le « Continental », fasciné par un tel lieu, avec sa piscine, son restaurant, sa salle de sport, ses multiples « cabines intimes » et la foule des beaux garçons qui s’y pressait, je n’ai eu très vite qu’une idée en tête, y revenir…seul…Je n’ai pas mis longtemps non plus à découvrir par moi-même qu’à Bordeaux aussi il devait y avoir des lieux de rencontre, des bars et des boites…Cela m’a donné le vertige, il fallait que je rattrape le temps perdu (on ne le rattrape jamais), faire disparaître ce sentiment de n’avoir jamais eu 20 ans. J’ai commencé à rencontrer, beaucoup, y compris à Paris (je disais à Philippe que j’allais voir mon parrain qui y habitait) et des garçons, plus jeunes que Philippe, et qui eux étaient « mon genre », au point de me rendre difficiles, je n’en avait plus envie, les relations sexuelles avec lui. J’avais de l' affection pour lui, mais je ne l’avais jamais « aimé » (tout au plus peut être en ai-je eu le bref sentiment après notre première rencontre lorsque je me suis retrouvé seul à Bordeaux). J’aurais voulu que nous en passions à une relation amicale, mais je savais qu'i était amoureux, même s’il ne me l’avait (en tous cas je crois) jamais déclaré, et je n’avais pas le courage de lui dire. Un jour, je m’en souviens comme si c’était hier, il était venu passer quelques jours à Bordeaux et, me sentant incapable du moindre rapport sexuel, j’avais eu la lâcheté d’inventer un herpès génital pour justifier mon abstinence. Alors que nous allions visiter une exposition, en ouvrant mon portefeuille pour régler l’entrée, il aperçut la photo d’un garçon, Hervé. J’ai vu son visage se décomposer et je lui ai tout avoué. De retour à l’hôtel il a appelé son ami prêtre (« Capri c’est fini » lui a-t-il dit) et a pris, profondément abattu, le premier train pour Paris.
Nous avons correspondu quelques temps, nous nous sommes même vus et avons partagé des repas, mais il était évident que cela lui faisait mal- il était sous tranquillisants- aussi n’ai-je pu qu’approuver sa décision de ne plus nous voir- « Je te dirai quand cela sera à nouveau possible ». Ceci advint environ deux ans plus tard. Il m’appela pour me dire qu’il se sentait mieux après un arrêt de travail de plusieurs mois et un puissant traitement antidépresseur. Il souhaitait me revoir, ce qui fût sans doute facilité par le fait que mon aventure avec Hervé était terminée depuis longtemps. Il était manifestement persuadé que j’étais tombé amoureux de ce dernier (ce qui était vrai, éperdument, sans doute la seule vrai passion que j’ai connue) et que c’était pour cela que je l’avais quitté (ce qui ne l’était pas). Je n’ai jamais osé lui dire que si je l’avais aimé, cela avait été très éphémère, lié au fait qu’il était « le premier » et encore moins que je n’avais jamais vraiment ressenti d’attirance physique pour lui. Dire la vérité aurait été cruel, mieux valait lui laisser croire que j’étais parti pour un autre. Venant souvent à Paris pour des congrès, il m’avait proposé d’ amener mon « ami » (il en a connu trois successivement) que je ne pouvais loger dans l’hôtel « officiel », et de l’héberger chez lui. Je ne sais pourquoi j’ai accepté, sans doute ai-je fait semblant de vouloir croire qu’il était guéri, peut être, inconsciemment cruel, avais je besoin de montrer mon pouvoir de séduction. Cela se passa assez bien avec les deux premiers, mais avec Bernard, qui allait partager ma vie pendant 15 ans, dont il avait du pressentir que cette fois la liaison était très sérieuse, ce fût dramatique. Au matin de la nuit qu’il avait passé chez lui, Bernard m’appela pour me dire que Philippe était venu lui faire des « approches » et que devant son mouvement de recul, il s’était effondré en larmes en lui disant « Pour moi c’était comme si c’était Jean-Jacques ».
A la suite de ce pénible épisode, malsain, que Bernard a très mal vécu, nous avons à nouveau cessé de nous voir. Des années plus tard, lorsque j’ai quitté Bordeaux pour Paris, je lui ai envoyé un petit mot pour le prévenir. J’ai alors à nouveau eu de ses nouvelles, il s’était fait ordonner prêtre…Il vint un soir diner chez moi, plus de 10 ans après notre première rencontre. Il avait pris beaucoup de poids (il avait toujours été un gros buveur de bière). La soirée fût à nouveau pénible pour Bernard car il se comportât comme s’il n’était pas là, ne parlant pratiquement qu’à moi. Sur le chemin du retour, je l’ai raccompagné en voiture à Fresnes où son ordre résidait, il me demanda de m’arrêter sur le bord de la route et me sauta littéralement dessus dans un état de grande excitation sexuelle. Je ne crois pas avoir vécu un épisode aussi pénible que celui là. Il s’excusa, pris d’une culpabilité extrême (il m’avoua qu’il avait averti son directeur de conscience qu’il allait me revoir et que ce dernier lui avait dit de ne surtout pas faire cette erreur).
Je n’ai plus jamais eu de ces nouvelles. Philippe a vécu une passion, il
était de ceux qui n’en vivent souvent qu’une, et n’a jamais compris ce qui lui était arrivé. Peut être a-t-il parfois pensé que j’étais une des figures du démon. J’ai conscience de l'avoir abimé. C‘est sans doute le seul épisode de mon passé « désirant » pour lequel je me sens totalement coupable de ne pas avoir voulu voir ce qui se passait.
Je n'allais pas tarder à connaître moi même combien aimer c'était souffrir, Hervé justement.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 23:17


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Le casier de ma bibliothèque consacré aux livres « en attente » ne cesse de se remplir, une bonne vingtaine maintenant, achetés au fur et à mesure de leur parution, victimes de la limitation de mes capacités actuelles de lecture. Les vacances, et le temps des trajets en avion ou en train lors de mes déplacements ne peuvent suffire. Au jour le jour, je n’arrive à lire que le soir, lorsque le sommeil guette et ne vous accorde que peu de répit. Certes, Bertrand a raison, si je passais moins de temps à surfer sur Internet, je retrouverais peut être la cadence de ma jeunesse, avant ma naissance au monde du sexe, quand je dévorais plusieurs livres par mois. « Fakirs » à peine terminé, « les cahiers secrets de la 5è république » de Michèle Cotta toujours en cours, voilà que la 2è rentrée littéraire, celle de janvier, commence à s’étaler dans les librairies, et comme ce qui vient de sortir a toujours plus d’attrait immédiat que ce qui est déjà paru, je me suis précipité sur ma drogue annuelle, le nouveau tome, l’année 2007, "Une chance pour le temps", du journal de Renaud Camus. J’avais découvert cet auteur, au début des années 80, lors de la sortie de « Tricks », préfacé par Roland Barthes, où il contait ses aventures d’un soir, ce que l’on appelle aujourd’hui des « plans ». Ce livre « d’avant SIDA », préfacé par Roland Barthes, tranchait notablement avec la production homosexuelle habituelle, mini scandale. Ses « tricks », des mâles moustachus et poilus de 30 à 40 ans, n’étaient cependant pas les miens (je faisais plutôt à cette époque dans le minet imberbe) et le livre n’avait suscité chez moi qu’un intérêt curieux. C’est son essai « Chroniques Achriennes », paru au moment où j’entrais dans le militantisme homosexuel (j’avais d’ailleurs utilisé le terme « Achrien » pour le nom de l’association « Les Nouveaux Achriens » dont je participais à la fondation), et ses savoureux « fragments de bathmologie quotidienne,  Buena Vista Park » qui me l’ont fait vraiment connaître. Son journal de l’année, commencé en 1985 et paraissant toujours avec un décalage de plusieurs années, ne m’a plus quitté. Il a publié plus récemment 2 volumes « rétrospectifs »sur les années 76/77, incomparable témoigne sur ce que furent les années d’avant le SIDA. Ce journal est en quelque sorte devenu le roman de sa vie qui y est décrite sous tous ses aspects, sexuel, financier, culturel, affectif, politique, etc… et se lit comme un roman. J’ai personnellement ressenti trois ruptures dans  l’évolution du journal. L’année 91 d’abord qui verra la mort de son ami et bienfaiteur Jean Pyaubert, il était un personnage central de ce roman d’une vie. La rencontre avec Pierre ensuite, à la fin des années 90 si mes souvenirs sont bons. Les « Tricks », multiples aventures sexuelles dont l’auteur ne nous cachait rien, et qui constituaient  une part essentielle de chaque journal de l’année, ont disparu avec cette rencontre qui s’est avérée décisive (j’ai eu le plaisir de connaître il y a 3 ou 4 ans, à l’occasion d’un dîner à l’initiative de Bernard dont j’ai partagé le vie pendant 15 ans, ce jeune homme d’environ 35 ans au physique plaisant , car ils étaient tous deux professeurs agrégés et amis, l’un d’histoire et l’autre de français, dans un lycée de Noisielle). Le journal s’est trouvé ainsi amputé d’une grande partie de sa substance, laissant la place aux descriptions de ses voyages, des tracas de la vie quotidienne dans son château de Plieux, au feuilleton de ses déboires financiers et à ses coups de cœur littéraires (rarement contemporains), musicaux et picturaux. Plus de sexe donc, si ce n’est quelques allusions très pudiques à sa vie de couple, l’homosexualité ni tient plus non plus une place significative (si ce n’est dans la préparation de son « anthologie de l’amour des hommes ») mais, troisième rupture, l’irruption lancinante de ses « obsessions » depuis la survenue de « l’affaire Camus » en 2000. Ces « obsessions » et la transparence qui est  la règle de ce journal où tout est dit, y compris ce qu’il pense des autres font que Renaud Camus a peu d’amis («Si les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde» disait Pascal), certainement pas en tous cas dans la critique littéraire ou les milieux journalistiques et culturels qui l’ont « lynché » sous l’accusation d’antisémitisme lors de parution de « La campagne de France », journal de l’année 1994. « Je déteste mon époque, j’ai horreur de la classe qui y occupe tous les emplois, je trouve l’état de la société intolérable, et les valeurs qu’elle chérit le plus fort me soulèvent le cœur. Il aurait été bien étonnant que l’époque, la classe unique aux affaires et la société en place aillent me chercher pour me faire fête. ». Je suis loin de partager toutes les indignations de ce grand styliste, certaines tout de même comme le massacre de notre langue, qui est allé jusqu’à fonder son propre parti, « Le parti de l’Innocence » (dont il doit être l’un des seuls adhérents !), mais je prends un plaisir jamais démenti à le lire. J’ai trouvé aussi très souvent chez lui le même regard que le mien sur l’homosexualité et plus généralement la nature humaine. Le lire s’est aussi se promener à travers la France (parfois le monde), ses paysages et ses pierres, se laisser guider derrière son œil critique au long des musés qu’il arpente, découvrir ou redécouvrir tant d’œuvres musicales ou littéraires, le tout dans une langue magnifique.


Un beau portrait de l’écrivain par Jérôme Dupuy
http://www.lire.fr/portrait.asp/idC=51009
 

 

« Pour Maurras, la religion était le moyen de maintenir un certain ordre social. Assigneriez-vous la même mission à la culture ?

Oh, la barbe avec Maurras ! Maurras vous-même ! A part ça, la réponse est non. La culture est un précieux instrument de desserrement du lien social. Elle enseigne à vivre à contretemps, à échapper au mimétisme, à aller voir des tableaux au musée d'Agen un jour de semaine et pas au Grand Palais quand Télérama et le 20 Heures ont décrété qu'il fallait s'y précipiter ; à visiter des châteaux déserts et silencieux le jour de la Fête de la musique. Elle sert à forger cette chose si rare : des individus”

(Renaud Camus, extrait d’un entretien avec un journaliste du Point, été 2008)

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 07:07

backroom.jpgJe vais vous proposer un rapide "état des lieux" des endroits les plus chauds du sexe gay parisien. Il y a certes des guides pour cela, mais il m’a toujours semblé qu’ils ne permettaient pas de faire un choix éclairé (si j’ose dire...), peut être parce qu’ils ne sont pas indépendants financièrement des établissements qu’ils recensent.
Je ne parlerai ici que des bars sexe, identifiés dans les dits guide comme "avec back rooms » (le terme de « black rooms » ne convenant plus à plusieurs d’entre eux), laissant de côté les saunas car je n’en connais plus que quelques uns (l’inoubliable et regretté « Continental », « Univers Gym » qui a brûlé, « l’IDM » où l’AMG (association des médecins gays) a longtemps assuré une permanence, le « K-West », et plus récemment le « Sun City ») et je les fréquente de moins en moins, peut être parce que leur rapport efficacité/coût m’est apparu progressivement moins favorable que celui des bars.

Ceux-ci ont leurs ancêtres, aujourd’hui disparus, plutôt des bars/boites, petit clin d’œil nostalgique au BH (créé par le CUARH, comité d’urgence anti répression homosexuelle, dans les années 80, rue du Roule ; la back room était une black room), Haute tension, la boite de David Girard décédé du Sida, ou le Trap, rue Jacob, celle du célèbre appartement d’Alain Juppé).
Les bars donc, ce qui appelle un choix taxonomique : localisation géographique, taille, intensité lumineuse, type de clientèle, prix, soirées à thèmes, sélection à l’entrée, dress code, intensité de fréquentation, accessoires disponibles (gants à fist, glory hole, gel, saupalin, slings, masque, douche, appareil à lavement, lit, etc.), possibilité de s’isoler (cabines), accessibilité des toilettes (pour satisfaire un besoin naturel), consommation incluse ou non (alcoolisée ou pas), buffet, propreté, accueil, j’en oublie sûrement….Le nombre de combinaisons est tel, qu’un classement pragmatique me paraît plus utile, tout en précisant qu’il n’est pas exhaustif et bien sûr subjectif.
Quelques points communs tout d’abord : dans la presque totalité des cas il faut sonner avant d’entrer (une caméra extérieure permettant au portier de s’assurer de la « sécurité » (à l’exception du Dépôt et peut être du One Way) ; l’entrée donne en général sur le bar, le théâtre des opérations se situant en sous sol, dites opérations qui peuvent toutefois s’initier ou se terminer au bar (au "Transfert", à "l'entre deux eaux" et au "Keller" cependant tout est sur le même niveau) ; les très jeunes, 18-22 ans, sont très minoritaires, ce n’est pas le terrain de chasse privilégié des éphébophiles (mieux vaut les saunas ou internet pour eux) ; ils sont rarement au cœur du Marais (à part le QG et le Full Métal) ; gel, capote, et essuie tout sont en général à volonté ; la tendance générale est à l’éclairage, tamisé certes, mais les endroits dans l’obscurité totale se réduisent de plus en plus (ils restent utiles pour amorcer la « pompe » chez les timides où encore pour ceux qui fantasment à l’idée de se faire terrasser par un monstre et demeurent un refuge pour ceux dont la date limite de consommation est dépassée ou qui n’ont jamais eu le label).

Je distinguerai d’abord les bars « Hard » ou « SM » : Transfert (1è), Keller (11è), Glove (3è), Full Metal (4è), Mec Zone (9è). Les soirées à thème sont dominantes : « cuir », « uro », « fist », fessée, etc. Ici l’accessoire prime sur le regard. Ce sont des endroits très glauques à déconseiller aux romantiques, où le sexe s’autonomise de la personne. Ces thèmes, à l’exception des soirées privées sur invitation, ne sont en fait surtout que des « produits d’appel » et le « dress code » n’est le plus souvent suivi que par une minorité. L’affluence n’est pas garantie (attention aux soirs de semaine…), la place limitée ( le Full Métal et le Glove sont assez grands cependant), la propreté à oublier et les odeurs vous tiennent souvent compagnie ( ah ces accidents de fist….). Si vous rêvez de caresses ou de petits baisers dans le cou, choisissez une soirée « maso ».

A l’autre extrême on trouve les bars « grand surface » : le Dépôt (3è). Beaucoup de monde (je suppose que c’est toujours le cas car cela fait près de 7 ou 8 ans que je m’y suis pas exhibé), une fréquentation plus jeune que ceux sus cités, pas mal de touristes (ils tournent, matent, papotent, mais ne font rien, la promenade du we), beaucoup d’espace, de nombreuses cabines pour s’isoler, des shows au niveau bar (gogo boys). Un « gay tea dance » le dimanche après midi (rien à voir cependant avec ceux du Palace !). Une back room bien noire cependant où ceux qui commenceraient à crier famine, après avoir arpenté en vain les longs couloirs, peuvent trouver à se nourrir….

Ente les deux les bars cul « standard » : Next (1è), Deep (4è), Banque Club (8è), Bunker (11è) le we, QG (4è). Les soirées à thème, voir à thème « hard » peuvent exister certains jours mais ce n’est pas systématique, et quand c’est le cas, encore plus que dans les bars spécialisés, ce n’est qu’un « bandeau publicitaire ». La clientèle y est plutôt « mélangée », plus jeune sans doute pour les 2 premiers cités, cour des miracles parfois pour les autres, mais pas toujours. Ce type de bars me semble en perte de vitesse avec une fréquentation ( à l’exception du Bunker) qui laisse à désirer certains jours (le mot n’est peut être pas approprié…), mais je resterai prudent car je ne les connais pas tous bien: je ne suis pas allé au Deep depuis des années, et une fois ou deux seulement au Next (en dehors des après midi du Clan Nature) et nous n’étions que quelques uns dans cet endroit plutôt bien fait, situé dans les locaux de l’ancien « Haute Tension » et spacieux (mais c’est un handicap quand il n’y a personne!). Le Banque Club est plus excentré et semble avoir souffert de la mort récente de son influent propriétaire puisque son deuxième sous-sol a été fermé pour « non-conformité ». Un plus, on peut se doucher. Le QG a eu son heure de gloire pendant les années Sida, et j’y ai fait bien des rencontres qui ont laissé des traces (je veux dire dans mon coeur, sur le sol cela va de soi) car contrairement à un cliché fort répandu, si le « one shot » (où à la mitrailleuse pour les plus sportifs…) est certes habituel dans ce type d’endroits, cela peut parfois se terminer dans un lit, et l’on peut même y rencontrer l’homme, ou un des hommes, de sa vie (j’ai rencontré Bertrand dans un bar de ce type). Le QG n’est plus à la mode, mais il est bien placé et reste le moins cher de Paris (à peine plus de 5 euros avec une conso). Contrairement à l’impression
de certains, lorsque les yeux se sont habitués à la pénombre, il n’y a pas d’endroit où l’on ne distingue nettement les traits des participants. Quant au bunker je ne sais plus ce qui s’y passe le we (je n’y vais plus qu’en semaine), mais il n’y a pas de raison que cela ait changé puisque la soirée « rouge et noir », un samedi par mois, au thème théoriquement plus hard, continue. L’endroit est grand, avec de nombreuses cabines pour s’isoler, une back room dont le fond est dans l’obscurité totale, des casiers fermant à clé pour prévoir tous les équipements possibles(!), mais pas d’essuie-tout, et un des moins chers (8,5 euros sans la conso, pas d’alcool).

Enfin les bars « nature », regroupant ceux où la nudité intégrale est requise et ceux où le port du slip est admis, où conseillé. Ils se sont multipliés, succès oblige, qu’il s’agisse de bars intégralement nature, 7 jours sur 7 ( L’impact (2è) et L’entre deux Eaux (11è)) , ou certains jours seulement ( nature intégral samedi et dimanche après midi au QG, le lundi soir au Full Metal, le samedi am au Transfert, les lundi, mardi, mercredi et jeudi soir au Bunker, le samedi am au Mec Zone, le vendredi soir et le dimanche am au Next (à vérifier…) et au Banque Club ; slip le dimanche am au Mec zone, et je ne sais plus quel jour au Next). Une précision, lorsque les bars « hard » ont une soirée nature ils perdent leur caractère hard le temps de la soirée (pour simplifier, car ils ont leurs fidèles…). Pour les béotiens, une fois entré, on laisse tous ses habits dans un sac poubelle que l’on porte au vestiaire (sauf au Bunker tant qu’il reste des casiers) . Pas les chaussures cependant (on n’est pas au sauna !), d’où ce petit conseil : ne venez pas en mocassin du dimanche, l’éclairage est suffisant pour que vous ayez l’air d’un con, et prévoyez des chaussettes appropriées, notamment pour dissimuler son ticket de vestiaire et son billet de consommation. Ne gardez pas non plus sur vous un simple tee-shirt (quand c’est autorisé, comme au bunker, c’est bof à mort ; je n’ai jamais compris s’il s’agissait de frileux, mauvais calcul car on transpire vite dans ce genre d’endroit, ou de pudiques que la nudité totale effraie). Ne venez pas non plus habillé pour affronter le blizzard, ça ne rentrera pas dans le sac poubelle ! Quand le slip est conseillé, blanc plutôt, si possible Calvin Klein ou 2 Ist (sexy en un mot), propre bien sûr (du moins au début des opérations), et surtout pas de caleçon (même remarque que pour les mocassins). On reconnaît vite les petits nouveaux, en érection dès le déshabillage. Pas de besoin de vous faire un dessin pour voir les avantages de la formule : pas de tromperie sur la marchandise (comme je l’ai dit ces endroits sont plutôt assez bien éclairés), fringues protégées des (d)éjections diverses, abord plutôt direct et facile. Des inconvénients cependant, l’entre jambe prime souvent sur le sourire irrésistible (à n’en pas douter les porteurs de cure dents partent avec un handicap certain), les retard à l’allumage sont sévèrement sanctionnés (si vous avez besoin de préliminaires, allez vous chauffer dans un coin avant…), les voyeurs plus ou moins interventionnistes sont légion, les lopes hyper passives qui vous prennent pour un gode ne sont pas rares (au moins les cure dents ont la paix), etc.
L’Impact est sans doute le bar le plus fréquenté actuellement, bien qu’il ne fût pas le premier (au début c’était un bar sexe standard dont le maître des lieux, qui officiait autrefois au Continental, m’avait dit « hors de question que j’organise des soirées « nature » !) mais aussi le plus cher ( approchant les tarifs des saunas, 12 à 14 euros selon les jours), assez bien placé dans le quartier Montorgueil, à distance de marche du Marais. Le lieu est agréable, notamment le bar, éclairé et même très éclairé en certains endroits, mais relativement exigu, la clientèle mélangée mais variable selon les jours (25-40 ans en majorité) mais pas de possibilité de s’isoler. Il y fait souvent trop chaud. Un matelas géant en pleine lumière en sous sol, bien occupé en général (rarement par les top modèles !), attraction garantie…Un buffet le dimanche en fin d’après midi (après le tea dance au Dépôt ?), et des soirées spéciales de temps en temps (avec parfois dans ce cas sélection à l’entrée). J’ai beaucoup fréquenté ce lieu au début, mais j’y vais de moins en moins, trop de monde parfois, trop cher, pas de cabine fermée. Je préfère maintenant les soirées Bunker, surtout celle du mardi, à la fois pour la géographie du lieu, les horaires (ça commence à 20h alors qu’à l’impact il faut attendre 23h), la clientèle aussi, moins jeune qu’à l’Impact en moyenne (pas toujours) mais, me semble t’il, plus sexe. Quant à l’Entre deux Eaux, c’est très exigu, tout se passant devant le bar, des habitués surtout me semble t’il, très peu de monde la seule fois où j’y suis allé. Pas beaucoup de monde non plus le lundi soir au Full Metal, mais une clientèle très « motivée », plutôt bien foutue et assez jeune, un espace suffisant où l’on peut circuler et s’isoler si nécessaire, j’aime bien ce lieu (Bertrand est moins fan). Pas grand-chose à ajouter sur les soirées ou après midi

 du Banque Club, QG et Mec Zone, si ce n’est que la fréquentation est très aléatoire, et la clientèle très, très mélangée. Une mention à part pour les après midi « nature » que le Clan nature, ouvre à ses non membres, le 1è dimanche de chaque mois, au Next : sans doute les plus beaux mecs, notamment si l’on aime les jeunes, pas forcément les plus « sexe », car il faut franchir une sélection sévère à l’entrée très dépendante de son exécuteur ( dissimulez bien votre ventre si vous en avez un, mais dans ce cas vous resterez de toute façon spectateur si vous parvenez à entrer, et si vous avez plus de 40 ans, arrivez sûr de vous, looké jeune, d’autant mieux foutu que vous accumulez les années et si possible accompagné d’un petit jeune, cela vous évitera d’entendre le « désolé c’est sur invitation… »).

Tout ceci n’est bien sûr pas exhaustif, il y a sûrement des lieux que je ne connais pas. Il faudrait d’ailleurs également citer les bars dont la back room n’est pas la finalité mais un « service » en plus, comme le One Way (3è) (qui fût cher à Renaud Camus) ou le Mic Mac (4è).


Enfin et surtout tout cela est très subjectif. A chacun son désir, personne n’est obligé de sonner à l’entrée d’un de ces bars

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 00:05

 

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Le dernier film des frères Cohen n'est pas d'un abord facile. Il vous hante bien après le générique de fin. Il m'avait semblé qu'une des "clés" de lecture de "No country for old men" était dévoilée dans la scène finale où l’on voit deux enfants commencer à se disputer pour un simple billet qui leur a été remis en remerciement d’une « bonne action » , le désir mimétique comme racine du problème du mal. Dans " A serious men" la grille de lecture est doublement inaugurale, dans le prélude, en forme de conte où un personnage, fantôme, est à la fois "mort et vivant", mais surtout dans l'exposé que fait le héro, professeur de physique quantique qui tente d'expliquer à ses élèves le paradoxe du "chat de Schrödinger" (se reporter à un des billets précédents). Peu de critiques ont semblé voir que ce héro va lui même expérimenter dans sa propre vie ce principe d'incertitude, il est lui-même ce chat de Schrödinger, ni mort, ni vivant. La physique nous dit qu'on ne peut tout connaitre du "réel", qu'il nous est "voilé". Il en est de même pour la signification du mal, du malheur en série qui s'abat sur Larry. Il va tenter de chercher la réponse dans le religieux (il consulte successivement trois rabbins, des moments savoureux, car l'on rit beaucoup dans ce film noir), dont la réponse sera la même que celle de la physique, absente, nous ne savons pas : "le bagage culturel dont on hérite est un atout, une richesse, à condition de ne pas le figer en dogme, de savoir s’en délester en le fécondant au contact des mille vents qui soufflent sur une existence" (extrait d'une critique des inrrokuptibles"). On ne peut jamais vraiment savoir ce qui se passe.
Il y a bien plus que cela dans ce film, le choc des cultures notamment, avec la judéité en arrière-plan culturel qui s'affronte à la modernité "Goy-américaine" : le fils de Larry est le symbole de cette "rencontre", de cette "déculturation" (tout cela renvoie à tant de nos débats actuels). La scène finale montrera la vanité de son angoisse.
Les frères Cohen ont réalisé un film d'une intelligence inouïe, dont on ne peut sans doute saisir toute la richesse sans être imprégné de cette culture juive dans laquelle ils ont grandi.

Je pourrai faire mienne cette citation tirée de l'un de leurs interviews :
"Nous n'avons rien à reprocher à nos parents, sauf de nous avoir privés d'une enfance intéressante"

 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 10:14

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Ce beau jeune homme dont je parlais dans un récent billet, Bertrand a eu le privilège de l’apercevoir dans les vestiaires du gymnase. Il m’a envoyé ce sms : « ai croisé ta déesse qui partait avec sa démarche étudiée et son regard au loin, très satisfaite d’elle-même je pense… ». Apparemment indifférent en effet à ceux qui l’entourent en salle de sport, comme inaccessible, en tous cas en ce lieu là, mais l’expérience m’a appris qu’on ne peut en déduire qu’il soit inaccessible « ailleurs ». Un autre beau garçon (il y a tant de beaux garçons au Clud Med Gym Palais Royal), un peu moins jeune cependant, proche de la quarantaine sans doute, affichait cette même indifférence. Il y a quelques mois pourtant, alors qu’il se trouvait dans un tout autre lieu, l’Impact, un dimanche après midi, il s’intéressa d’une façon fort directe à diverses parties de ma personne. Pourtant toujours aussi indifférent lorsque je le croise à Palais Royal, comme ce matin, pas un bonjour, mais pas farouche du tout lors d’autres rencontres en bar sexe…comme une dissociation totale du social et du sexuel ? Ce n’est pas la première fois que je constate ce type de schizophrénie comportementale.
A l’inverse des garçons au comportement très social en salle, qui ne manquent jamais de vous saluer, semblent à peine vous connaître, quand ils ne font pas mine de ne pas vous avoir vu, lorsque vous les croisez dans un lieu sexe. Certes on peut dans ce cas penser qu’ils veuillent vous signifier que leur « empathie » n’est en aucun cas une indication d’un désir pour votre personne, ou, hypothèse plus satisfaisante pour votre amour propre, qu’ils ne veulent pas se mettre en situation d’essuyer un refus avec quelqu’un qu’ils croisent tous les matins, sans parler de ceux, possiblement gênés que vous les ayez surpris en un tel lieu (surtout si vous savez qu’il ont un petit ami…).
D’autres sont beaucoup plus transparents, tel celui-ci qui ayant à peine croisé mon regard en salle, mais sans qu’il m’ait semblé lui avoir donné l’impression qu’il m’intéressait particulièrement, m’aborda de façon plus que directe lorsqu’il me vit en entrant dans le sauna où j’étais seul et dont je dus promptement calmer les ardeurs, notamment pour ne pas « effrayer » un troisième larron que j’aperçevais s’approcher, à travers la vitre, certes gay lui aussi, mais pas forcément amateur d’ébats publics. Ou encore celui-ci qui, plus que timide lors de nos échanges sur MSN, m’aborda sans inhibition en salle alors que je ne l’avais même pas reconnu.
Il serait cependant, à mon avis, peu rentable, de prendre une inscription dans cette salle avec comme premier objectif d’y faire des rencontres. Les droits d’inscription, si l’on n’a pas la chance qu’ils soient en partie pris en charge par un comité d’entreprise, sont élevés. Mais surtout, si Palais Royal a une fréquentation masculine quasi exclusivement gay (et une féminine plus diverse, beaucoup de femmes hétérosexuelles étant sûres de n’être pas importunées), probablement parce qu’elle est la plus proche du marais, d’un quartier aux marques prestigieuses d’habillement et au milieu d’un lieu culturel (Ministère de la culture, Louvre), il s’agit d’une population très star, très « people », qui représente la « quintessence du milieu », où beaucoup viennent au moins autant pour arborer des tenues qui paraissent peu adaptées à une pratique intensive du sport ou pour tenir salon, que pour s’entraîner sérieusement. Si l’on en juge par le nombre de corps bien faits qu’on peut contempler, on ne peut cependant douter qu’il s’agisse bien d’une salle de sport. Une majeure partie de ce petit microcosme se connaît, souvent intimement, et il faut sans doute être très sûr de soi pour se risquer à tenter sa chance. Beaucoup, tels mon ex n’ont pas supporté l’atmosphère de ce lieu et l’ont déserté, d’autres craignent de s’y aventurer ne se jugeant pas assez bien foutu. Rassurez vous cependant, il n’y a pas, loin de là, que des « Apollon » mais c’est globalement très au dessus de la moyenne…Il faudrait sans doute faire une place à part à ceux que l’on voit peu ou pas en salle, mais que l’on aperçoit dans les vestiaires en arrivant et que l’on retrouve une heure ou deux plus tard, toujours dans les vestiaires, le visage congestionné et ruisselant…..Trop longtemps au sauna sans doute ?
Les saunas des salles de sport, et celle de Palais Royal ne saurait faire exception étant donné sa « spécialisation » gay, sont des lieux parfois un peu agités, sans parler des douches, aux heures creuses, à condition de respecter certains codes, de guetter le passage du personnel d’entretien, l’arrivée d’indésirables (dans tous les sens du terme) ou la possibilité d’un hétéro égaré, sous peine de se faire expulser, ce qui serait arrivé à un journaliste TV qui a disparu des écrans du journal il y a plusieurs années.

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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 22:44

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A la lecture d'un article du Monde ou de Libération, je ne sais plus, j'ai appris que les scientifiques s'effrayaient d'un conflit nucléaire, malheureusement possible, entre l'Inde et le Pakistan. Il suffirait que ce conflit voit l'utilisation d'une puissance atomique égale à 100 fois Hiroshima pour déclancher un hiver nucléaire qui aurait certes l'avantage de nous débarasser de Ben Laden dans sa banlieue pakistanaise, mais aussi, du fait du gigantesque nuage de poussières qui ferait écran à la chaleur solaire, de la plupart des espèces vivantes, l'humaine comprise.
Nous étions jusqu'ici menacés par les "catastrophistes" des conséquences dramatiques du réchauffement climatique du à l'homme, voilà que nous pourrions succomber à une ère glaciaire elle aussi due à la folie humaine. Entre les deux mon coeur balance pour le premier, d'abord parce ce que la menace est incertaine (il ne pourrait s'agir, dixit ce cher Claude allégre, que d'un changement climatique et non d'un réchauffement...de nouvelles mesures viennent de montrer que la fonte des clottes glaciares était beuacoup moins importante qu'on ne l'avait dit...) mais surtout la seconde menace pourrait être une solution à la première, bien plus efficace que la dérisoire taxe carbone si elle s'avérait confirmée. En effet, nos "experts" devraient pouvoir calculer la bonne dose nucléaire, le nombre de fois "Hiroshima", qui provoquerait une baisse des températures suffisante pour annuler l'effet du réchauffement sans provoquer de glaciation! Il faudrait bien sûr s'adresser à des "experts" plus "experts" que ceux qui ont été nos coneillers pour la pandémie de grippe porcine...

Une occasion peut être de se procurer le roman de Rosa Montero "Instructions pour sauver le monde", que le Monde vient de qualifier de " fable puissante mais désespérée sur la lutte contre le mal"


Pendant ce temps là, Vilaine Pine qui, pour paraphraser un de nos "béruriers", n'a vraiment pas une gueule très catholique, a cru un moment pouvoir se sortir des eaux marécageuses du dossier Clearstream, voit se compliquer un peu son désir de venir re-polluer la vie politqiue française.

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 22:36

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Le poil revient à la mode. J'ai pu constater, depuis quelques temps, que le nombre de gays qui fréquentent les lieux du "milieu" et qui portent la barbe, est en augmentation constante. C'est particulièrement frappant au Club med Gym Palais Royal dont la fréquentation est quasi exclusivement gay. Au moins un tiers de barbes, mais contrairement à la période "macho gay" du début des années 80, style "Village people", il s'agit d'une barbe finement coupée, très "mode", très entretenue.
Ce matin à l'ouverture, dans cette même salle, il y avait un garçon, souvent présent à cette heure très matinale, beauté et charme à la fois, barbe naissante donnant l'impression d'une autosuffisance, dont on ne peut s'empêcher de penser que ce n'est pas par hasard si l'on n'arrive jamais à croiser son regard (serait il complètement absorbé par la musique provenant de son Ipod), ne parlant semble t'il à personne, à la démarche gracieuse, lente et étudiée. Je me trouvais dans le vestiaire au moment où il s'apprêtait à prendre sa douche. Il s'est déshabillé sans rien nous cacher de son anatomie, dévoilant un corps superbe dans toutes ses composantes. Une "coiffeuse" (au propre et au figuré) , également habitué de ce lieu, s'est exclamé à haute voix, interrompant son copain : "Laisse moi mater!". Le beau garçon a souri, joliment. On redouterait presque de l'entendre parler, de crainte que sa "charge neuronale" ne vienne briser le charme....

"Le sens et la mode
La mode n'est pas une métaphore du jeu des niveaux. Le sens ne fonctionne pas "comme" une mode. Le sens et la mode participent d'un seul "mouvement". Mais celui-ci est plus facile à observer dans la mode, parce qu'il y est plus grossier"
(Renaud Camus, Buena Vista Park, 1980)

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 23:55



Les "tasses" ne sont donc plus un des "incontournables" de la drague gay. Même si je continue à préférer, de loin, l’approche du regard, celle du paraître et de l’apparaître, où le désir naît d’un sourire, d’une posture, d’une silhouette, d’une esthétique (fût ce celle d’une bite), bien avant que le langage ne risque d’y mettre fin, loin du virtuel et de ses fantasmes, je ne manque pas de me laisser aller aux joies de la drague sur internet. En quelque sorte, si ma fréquentation des établissements gays qui restent mes lieux privilégiés a peu changé (à l’exception des discothèques qui ne me voient plus, mais dans ce cas l’âge y est sans doute pour quelque chose), surfer sur les sites gay d’internetmontage.jpg ( je suis un habitué de 4 d’entre eux) a pris la place de la chasse «en plein air».
Si l’on met à part les quelques spécificités qui peuvent en partie être également dues à l’âge, au-delà de 40 ans et qui plus est de 50, et qui concernent soit les demandes fréquentes « d’amitié » venues du Bénin ou d’un autre pays et dont on imagine qu’elles ne sont le plus souvent qu’une façon déguisée d’essayer d’entrer en France, et celles, très rares, où un jeune homme (pas toujours si jeune) vous informe, après quelques échanges, « qu’il se loue », ce à quoi je réponds gentiment de bien vouloir repasser dans quelques années, quand mes « principes » se seront émoussées (peut être pas qu’eux..), les situations de « dial » de la « partie » qui s’engage sont souvent assez stéréotypées, du moins quand vous avez les « noirs », c'est-à-dire quand vous ne faîtes pas « l’ouverture » mais que l’on vous contacte en premier (je n’ai jamais eu tendance à faire le premier pas, et les années passant la probabilité de tomber sur quelqu’un dont j’ai dépassé depuis longtemps la date limite de consommation ne pouvant qu’augmenter, il me semble bien plus sage de laisser venir à moi…).
Voici donc un petit florilège de dials plutôt courantes :

Situation 1 : Tourner autour du pot
« Salut » (variante « slt ») / « salut »
« ça va ? » / « oui et toi ? »
« ça va »/
Là on est à un tournant capital, soit prendre le risque de forcer l’autre à se débusquer (ou à aller tenter sa chance ailleurs…) en répondant « ok », soit entrer dans le vif du sujet (si le profil en question semble intéressant).

Situation 2 : Ne pas tourner autour du pot
« slt »/ « slt »
« J’arrive, t’es à poil derrière la porte entre ouverte, te suce direct »
Variante :
« Cho? »/ « en temps voulu sûrement »

Situation 3 : Pas de photo
« slt » - « photo?» : là plusieurs réponses possibles :
a) « non » ou parfois « non, mais beau gosse »…/ « tant pis, bonne chasse »
« Suis vraiment bon coup, tu ne regretteras pas / « n’en doute pas, bye »
b) « par e-mail seulement » : probablement une « honteuse » mais si le profil est alléchant …
c) « sur MSN » / « tant pis, bonne chasse » (en général….voir cas ci-dessus)

Situation 4 : Le sexe qui parle
Une bite ou un cul vous dit :
« salut » /« Photo visage ? », puis voir situation 3

Situation 5 : Flatteur
« Belles pics »/ « Merci »
Suite variable…

Situation 6 : Pas flatteur du tout
« T’es pas mal pour ton âge » / « ok » …

Situation 7: Dans la lune
«Super tes pics, t’es naturiste ? Moi aussi » : « Non, pas du tout, c’est un site de cul ! »

Situation 8 : besoin urgent (« NOW » !)
Ou le sexe comme une envie de pisser, ça n’attend pas….

Situation 9 : Cherche gentil organisateur
«T’as d’autres contacts pour se faire une touze?»/ «Non, mais je retiens l’idée si je croule sous les demandes, a plus »

Situation 10 : Cherche 3è
« Nous sommes 2, intéressé ? » / «Photo du 2è?»
« Voilà »/ « désolé »…

Situation 11 : scénariste
« Tu vas me faire quoi, raconte… »/ « Ah, désolé, au feeling.. »

Situation 12 : « dial » seulement
« Mon copain me satisfait pleinement, ch seulement amitié et dial »/ « désolé suis peu performant en dial » ou « et ta bite sur tes pics, elle ch amitié aussi ? »

Situation 13 : Masochiste
« Slt »/ « désolé ça collerait pas »
« Pourquoi ? »…

Situation 14 : Médical
« Tu doses ? »/ « ? » (J’ai ainsi appris que cela signifiait éjaculer en fond de gorge…)
Variante :
« No limit, ok ? »

Situation 15 : Prévoyant
« Trips ? »/ « focalise pas sur un trip, tout sauf scato, uro, crad »
« Passif? »/ «m’adapte »
« Endurant ? »/ « Au jogging oui…. »

etc.…etc.…


« Sois franc/
Ce sont toujours les garçons très bêtes qui vous demandent : j’aimerais savoir ce que tu penses de moi, exactement…
Si on leur répond : « Que tu as un beau cul… », ils ne sont pas contents.
Les plus beaux veulent être aimés pour leur âme et les plus intelligents pour leur corps. » (Renaud Camus, Notes Achriennes, 1982)

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 23:08

610-00300-05HIGH.JPGPour nous reposer un peu des impératifs du désir gay, continuons, après l'histoire des oeufs cassés qui ne se reforment pas, à nous laisser bercer par les merveilles de la physique avec la théorie des cordes.


Nous avons tous appris que la matière était faite de particules élémentaires, les atomes et que ceux ci étaient composés de particules encore plus élémentaires, l'électron, le proton etc. Puis les physiciens ont découvert que certaines de ces particules étaient sécables en particules encore plus petites, les quarks. Actuellement on dénombre dans le modèle standard de la physique 12 particules élémentaires. Ces particules élémentaires interagissent entre elles grâce à 4 autre particules, dites messagères ( le photon qui compose la lumière par exemple). Et à ces 16 particules il faut en ajouter une 17è, non encore découverte mais prédite par la théorie, le boson de Higgs, responsable d'un champ d'énergie qui comble le vide ( le vide n'est pas vide!) et qui donne la masse aux particules. Tout cela fait beaucoup et encore n'est on pas sur que ces particules ne soient pas composées de particules encore plus élémentaires.
La théorie des cordes, forme la plus avancée de la physique théorique spéculative simplifie tout cela. Il n'y a pas de particules élémentaires ponctuelles. Chaque particule est en fait un petit filament d'énergie vibrant appelé "corde". Ces filaments n'ont pas d'épaisseur, seulement un longueur, infinitésimale, si bien qu'en les regardant avec la technique actuelle, ils apparaissent comme des points. Et les 17 possibilités de vibration de cette "corde" correspondent aux 17 particules connues, l'énergie de chaque vibration donnant naissance à la masse de chaque particule...Fantastique unification de toute la physique..Si cette théorie se vérifie dans les années à venir, elle ouvrira des perspectives fabuleuses car une de ses caractéristiques est de décrire notre univers comme un univers, non à 4 dimensions ( espace +temps) mais à 11 dimensions, les 7 supplémentaires étant microscopiques, enroulées sur elles même, et non perceptibles par nos sens. Cela donne le vertige...

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