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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:01

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Homosexualité et culture, une rencontre fortuite dans le marais, il ya peu de temps, alors que nous passions devant la terrasse d’un bar de la rue des Archives, m’y a ramené. J’ai en effet été apostrophé par B., jeune Kabyl en vacances à Paris pour quelques jours, avec lequel j’avais sympathisé à Sitgès il y a plus de 10 ans alors qu’il était en vacances avec D. qu’il présentait comme son cousin. B. avait à cette époque un peu plus de 20 ans et était à l’évidence pas très à l’aise avec sa sexualité, tandis que son copain semblait plus libéré, très occupé à draguer le style de mecs qui lui plaisait, les « papas » de la quarantaine comme il les appelait. B., avec lequel les circonstances ne nous ont pas permis de devenir amants, ne serait ce l’espace d’une nuit, même s’il en a plusieurs fois exprimé le désir, m’a dit qu’il avait une lésion stable avec un médecin de St Etienne (il habite Lyon) père d’une petite fille, qu’ils s’étaient pacsés, et vivaient dans une grande maison avec deux lesbiennes dont il espérait avoir un enfant…. « Tu comprends, la famille c’est important pour moi et dans notre culture, on garde les enfants à tour de rôle… ». « Non je ne comprends pas lui ai-je dit ».

 Lui demandant alors des nouvelles de D., qui fût lui mon amant d’une nuit, mais que je ne vois plus dans le marais depuis au moins 2 ou 3 ans, il m’a appris qu’il s’était marié et avait aussi une petite fille : « C’était important pour lui, la pression familiale était trop forte….mais comme chez nous l’homme fait ce qu’il veut je suppose qu’il se donne les moyens de satisfaire sa sexualité… »

Le beau film israélien, «Tu n’aimeras point», présenté au dernier festival de Cannes, nous a montré que nous construisons souvent nous même les murs de notre prison.

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 22:16

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Je n'ai pu hier soir, étant à Genève, voir le premier épisode de l'adaptation télévisée de Millenium (heureusement mon décodeur a un disque dur..). J'avais lu les 3 tomes de ce roman, 1800 pages, en moins d’un mois ! Il n’est pas facile d’expliquer clairement pourquoi on n’arrive pas à « lâcher » cette histoire et qu’à l’approche de la fin un sentiment de manque commence à s’installer. Il s’agit certes d’un polar, pourtant plutôt mal écrit (on a mis en cause la traduction) mais qui transcende le genre. On ne s’ennuie jamais ou presque, mais lorsque l’auteur part dans de longues digressions qui n’ont que plus ou moins de rapport avec l’intrigue. L’histoire du premier tome ne prend vraiment son envol qu’après 200 pages d’exposition, idem pour le 2è tome et pourtant l’intérêt ne faiblit pas. Alors pourquoi ? Le style rapide et simple ? L’intrigue et ses rebondissements inattendus? Le caractère fouillé des multiples personnages secondaires souvent attachants ? Le héro masculin, Mikael Blomkvist, reporter du mensuel « Millenium », sorte de Tintin du 21è siècle, un peu nunuche et adepte de la polyfidélité ? Ou l' héroïne, qui lui vole le plus souvent la vedette, Lisbeth Salander, jeune hacker de génie à qui aucun disque dur ne résiste, asociale, psychopathe, bisexuelle, atteinte du syndrome d’Asperger, petite crevette et qui pourtant envoie à terre des cohortes de males musclés et la police secrète ? Le parfum d’homosexualité qui baigne le livre et sa condamnation de l’homo phobie (les relations lesbiennes de Lisbeth vont renforcer sa culpabilité pour certains policiers, elle sera ainsi accusée d’appartenir à un groupe de « lesbiennes sataniques », groupe qui se révèle en fait être un groupe de rock, et auquel elle n’appartient même pas car elle ne connaît rien à la musique…) ? La dimension politique du livre, polar féministe, véritable pamphlet contre la délinquance financière, la psychiatrie, le trafic des femmes, la corruption, y compris de la social démocratie, la désinformation des médias et leur collusion avec le pouvoir, le contrôle policier qui s’affranchit de la légalité, les services secrets, etc. , etc. (La suède est la cadre de ces romans et son histoire est partout présente, notamment au moment de la guerre froide : assassinat d’Olof Palme, suspicion qu’il soit un espion russe, organisation de la prostitution venant de l’est…) ?
Polar inclassable donc, bien loin de la tradition anglo-saxonne, un premier tome plus intimiste, dont l’intrigue, un huit clos à la Agatha Christie, se suffit à elle-même alors que les 2 tomes suivant sont indissociables, mais dont la lecture est indispensable car il décrit la genèse de la rencontre entre les 2 héros, sorte de parenthèse dans la globalité de l’ouvrage (un peu, toutes proportions gardées !, comme « Un amour de Swan » dans La Recherche), un deuxième tome en forme de thriller , et un troisième tome, roman d’espionnage à trame politico judicaire.
On se demandait si cette œuvre était portée à l’écran qui pourrait bien incarner Lisbeth Salander, sans aucun doute le personnage le plus attachant de la trilogie ? L'adaptation cinématographique du premier tome, dont l'intrigue est pourtant peu propice à une telle transposition, ne pouvait que ravir un lecteur du roman, par sa fidélité au livre et par le choix des acteurs, notamment celui parfait de celle qui incarne Lisbet, mais la mise en scène quelque peu glacée a pu déconcerter ceux qui ne l’ont pas lu. Le téléfilm, comprenant certains scènes inédites, comblera peut être ce manque.

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 22:31
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Un soir, il y a un ou deux nouvel an de cela, j'ai découvert sur mon répondeur téléphonique un message de Jean-Luc, jeune homme que j'ai rencontré il y a presque 27 ans, il venait d’avoir 18 ans. Il avait répondu à une annonce que j'avais passée dans un journal spécialisé (Internet n’existait pas !), il n'avait alors que 17 ans. Nous avons correspondu plusieurs mois avant de nous voir car il habitait à Villeneuve sur Saône, près de Lyon, alors que j’habitais de Bordeaux. Sa mère, découvrant cette correspondance m’a appelé pour me demander de renoncer à cette rencontre prévue dans les semaines qui suivaient (elle me reprochait d'avoir attendu qu'il ait 18 ans...ce n'était pourtant pas un calcul "prudent" , Mitterrand venant d’abolir l’article de loi interdisant les rapports sexuels du même sexe avec les mineurs de 15 à 18 ans, mais le seul fait de l'éloignement). Je lui ai dit que je n’avais pas « débauché » son fils, qu'il avait répondu à une annonce : "Mon Dieu, je découvre mon fils" et que je ferai ce que je lui avais promis en étant présent à l'endroit du rendez-vous, mais que je comprendrais très bien qu'il n'y fût pas. Il est venu. J'ai découvert un jeune homme timide, un
petit peu paralysé par ce qui pouvait se passer (l'hôtel, sa première relation sexuelle..) puis peu à peu, après une réaction de fuite lors d'une main posée délicatement sur son épaule, je l'ai vu se métamorphoser, ne laissant mes nuits sans aucune minute de repos tant il découvrait un monde nouveau. Nous avons passé 2 ou 3 jours ensemble, puis nous nous sommes revus 1 ou 2 fois dans les mois qui ont suivi. J'ai été son premier amour mais, bien sûr au courant du fait que je n'étais pas libre, je ne lui avais pas caché que je vivais en couple à Bordeaux, il a fait preuve d'une étonnante maturité en prenant très vite conscience que cela n'irait pas plus loin. Nous avons continué à correspondre puis nous nous sommes une première fois perdus de vue. Nous avons très brièvement renoué le contact quelques années plus tard, il était devenu « instituteur », une nuit ensemble, puis nous nous sommes à nouveau perdu de vue. Il y a un an il m’avait déjà laissé un message téléphonique mais avait omis de me rappeler son numéro de téléphone, celui que j’avais ne fonctionnait plus. Contact renoué donc, il aura maintenant bientôt 45 ans, mais toujours aussi charmant sur les photos qu’il m’a envoyées. Il a eu plusieurs relations de couple plus ou moins durables, mais je ne pouvais manquer d’être touché lorsqu’il m’a dit : « je crois que je n’ai ressenti qu’une fois « l’état amoureux », il y a 25 ans ». Je dois dire que c’est avec une certaine émotion que j’ai entendu à nouveau cette voix. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi sincère et tendre. Je me suis demandé à l’époque ce que serait devenu cette relation si je n’avais pas été avec Bernard, mon ami à ce moment là.
J’ai souvent fait référence dans des billets antérieurs à la théorie des cordes et à ses « multi-univers », peut être dans un de ces univers parallèles suis-je en compagnie de Jean-Luc. « Etre amoureux », « aimer » (ce n’est pas la même chose mais ce n’est pas le sujet ici, j’en ai parlé ailleurs) sont seulement des « états de conscience », mais n’ont pas de réalité dans l’absolu. C’est le hasard (et la nécessité bien sûr qui renvoie au déterminisme de son désir) qui fait que ces états concernent X et Y et non X et Z.
http://www.youtube.com/watch
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 19:26
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Il fût un temps où les soirées d’élection étaient pour nous l’occasion de repas entre amis, chez l’un ou l’autre, de préférence avec ceux d’entre nous qui avaient la même sensibilité politique, plutôt à gauche donc, pour éviter, le vin aidant, que la soirée ne tournât mal. Soirées d’abattement comme en 2002 où nous n’arrivions pas à croire que Jospin ait été devancé par Le Pen, ou de joie, en 2001 quand Delanoë avait pris Paris avant d’aller courir place de l’hôtel de ville recevoir symboliquement de ses mains les « clés de la ville », ou en 2004 où nous avions débouché le champagne pour le raz de marée de gauche aux régionales. Tout cela est terminé. Ce fût la dernière. Certes je continue à regarder les soirées électorales, je ne me désintéresse pas du résultat, mais nous n’avons plus rien à célébrer car j’ai le sentiment de ne plus appartenir à aucun des deux camps. Il ne faut pas y voir là une quelconque défiance envers le politique, je suis très loin du « tous pourris », je crois être indemne de tout poujadisme, mais je ne me sens en mesure de voter pour aucun des deux grands partis, ni l’UMP bien sûr, cette impossibilité est quasi « génétique » chez moi (je suis bien plus anti UMP qu’anti- sarkozyste), ni socialiste car je ne saurais pas de quel parti socialiste il s’agit tant ses propositions sont illisibles. Je ne parle pas là des « deux » partis socialistes auxquels Jacques Julliard se réfère dans le dernier numéro du Nouvel Observateur (mon seul abonnement reste fidèle à gauche…), le parti des collectivités (celui qui gagne les élections locales) ou le parti National (celui qui perd les élections importantes), mais des courants idéologiques qui le traversent. J’espère, même si j’en doute, que d’ici 2012, une fois le candidat présidentiel désigné on y verra plus clair, mais ce qui se passe au niveau des collectivités pourrait se révéler crucial dans la désignation de ce candidat.
« Après Martine fait de a Bicyclette, Martine en vacances, etc, il y a maintenant Martine à Montpellier » s’est esclaffé avec un humour indiscutable George Frêche lorsque Martine Aubry est venu soutenir, avec le succès que l’on sait, la candidate du PS (celle-ci va d’ailleurs perdre sa mairie car elle n’avait eu ce poste que grâce à Frêche!). Il se trouve que l’exclusion des socialistes de l’Hérault pourrait s’avérer être un tournant dans la désignation du candidat socialiste. Le hasard a voulu que j’ai eu ces derniers jours des nouvelles « fraîches » de la situation locale à la fois par des amis qui se sont installés à Montpellier du fait d’une mutation professionnelle (pas de ceux qui participaient à nos soirées précédemment citées car ils sont chiraquiens tendance Seguin) et par un professeur de médecine à Montpellier lors un lors d’une réunion de travail. J’ai constaté d’abord, quelles que soient les orientations politiques, qu’il y avait un capital de sympathie indéniable pour Frêche et qu’on se gaussait de l’agitation parisienne. Mais surtout on m’a fait prendre conscience que le moment où interviendrait la réintégration des exclus serait capitale, avant ou après la désignation du candidat : la fédération de l’Hérault est en faveur de Strauss-kahn…on comprend que Fabius ait prôné l’exclusion. Martine Aubry l’a emporté sur Cruella grâce à un trucage électoral, on espère qu’elle ne gardera pas le parti sur un second tour de passe-passe. Ceci étant dit si Martine Aubry arrive à fédérer le parti sur une ligne sociale libérale (oui je sais on appelle cela aussi social-traître, ne vient on pas de me lancer que, comme Pierre Bergé, je serais sûrement de droite si je n’avais pas la chance d’être homosexuel ; cela s’inscrit en négatif de ce qu’on a écrit sur le menu de l’adolescent d’extrême droite que je fus lors du repas de fin d’études après mon bac: « au gauchiste qui s’ignore »), elle reste pour moi une option.
Ne votant pas à Montpellier, privé de la solution Frêche, je voterai donc blanc. Bertrand lui, travaillant à Trousseau et très sensibilisé à la situation de l’AP-HP, votera Huchon.

Pendant ce temps là je finis la lecture, interrompue par celle du journal de Renaud Camus, de la « Trilogie berlinoise » de Philip Kerr, thriller en 3 volumes se passant dans l’Allemagne nazie, avant et après la guerre, mêlant des personnages réels du Reich à la fiction. La suite ce cette trilogie, parue 20 ans plus tard, « La mort entre autre », que j’avais lue cet été m’avait enthousiasmé. La « trilogie », aussi plaisante soit elle à lire, l’humour cynique du héros y est pour beaucoup, est loin d’atteindre le niveau de sa suite. L’homophobie de l’auteur, ou en tous cas de son personnage principal, est plus que dérangeante.

 

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:34

Xxy

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J’ai eu l'occasion de revoir un beau petit film « XXY », qui est un plaidoyer, plein de pudeur étant donné le sujet, pour le droit à la différence. Ce film conte le passage à la puberté d’un (e) adolescent(e) atteint(e) du syndrome de Klinefelter, anomalie congénitale qui porte sur les chromosomes qui déterminent le sexe. Les sujets atteints d’un tel syndrome, qui sont du sexe masculin, ont une chromosome X supplémentaire et sont donc XXY au lieu de XY (alors que les femmes sont XX). Il en résulte un pénis de taille parfois petit (pas toujours), des testicules réduits, une pilosité généralement faible et souvent une gynécomastie, et bien sûr une stérilité. Il existe bien d’autres anomalies génétiques de ce type, comme le syndrome de Turner, un seul chromosome X dans ce cas (avec un aspect extérieur de type féminin, mais pas les organes), ou encore l’hermaphrodisme, aberrations génétiques très rares touchant les chromosomes X et Y, (chez des êtres qui sont bien XX ou XY, mais avec les organes des deux sexes). Des rumeurs ont d’ailleurs connu au sujet de stars qui seraient atteints d’un de ces syndromes (Sheila a ainsi du faire un procès, qu’elle a gagné, à un journal à scandale qui l’accusait d’être un garçon). Il faut sans doute prendre le titre XXY du film dont je parle comme un symbole de l’ensemble de ces anomalies (dans l’affiche du film le Y est dessiné comme un X mutilé) car l’héroïne (ou le héro ?), Alex, ne correspond pas vraiment au syndrome de Klinefelter. Elle se présente comme une femme, mais avec des organes génitaux externes seulement mâles (autant qu’on puisse en juger, car la présence d’un pénis est suggérée et non montrée). Alex, au moment de la puberté, cherche son identité sexuelle et semble avoir décider de ne pas choisir. Terrible passage où le fils, adolescent lui aussi, d’un chirurgien que les parents d’Alex avaient invités chez eux avec sa famille (pour convaincre Alex de choisir…), étant tombé amoureux d’elle/lui (Alex l’a d’ailleurs sodomisé lors de leur premier et seul ébat) se voit dire par son père à qui il confiait son admiration «Alors comme ça, tu aimes Alex ? Ça me rassure, je croyais que tu étais pédé.»

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 22:29


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Il y a déjà un certain temps, en écoutant sur LCI le débat hebdomadaire entre Julliard et Ferry, j'avais été stupéfié de les voir recommander un livre de Lubos Motl, « L’équation Bogdanov ». J’ai failli me pincer pour y croire car ce nom désignait bien les deux frères qui ont maintes fois défrayé la chronique et qui sont souvent considérés dans le milieu scientifique comme des escrocs. Bien plus, Julliard et Ferry en faisaient l’éloge. De quoi s’agit-il ? Les frères sus nommés, l’un docteur en physique et l’autre en mathématique, ont élaboré à travers 5 articles dans des revues scientifiques renommées une nouvelle théorie physique sur le big-bang, ou du moins sur ce qui a précédé le big-bang. Ceux qui s’intéressent plus au problème qu'aux relations entre Carla Bruni et Nicolaparte, ou qui ont parcouru ce blog, savent qu’au big-bang, la singularité initiale, les lois de la physique actuelle s’effondrent, par incompatibilité de la mécanique quantique et de la relativité générale, les 2 théories majeures de notre temps. Des théories non encore démontrées, dont la plus en vogue, la théorie des cordes, sont des candidates à cette unification des 2 théories fondamentales. Toutefois la théorie des cordes est incapable de dire quoi que ce soit sur « l’avant big-bang ». Les Bogdanov, se basant sur un outil mathématique qu’une infime minorité de scientifiques arrivent à maîtriser (certains disent qu’ils sont les seuls, d’où le problème), dans le cadre de la théorie des cordes, ont élaboré une théorie sur « l’avant », théorie qui fait appel à un temps imaginaire (au sens mathématique, vous vous souvenez des nombres imaginaires en terminale ? ; le temps réel ne commence en effet qu’au big-bang), et qui postule, de la même façon qu’il y a un code génétique à l’origine des êtres vivants, l’existence d’un « code mathématique » à l’origine de l’univers tout entier. Ils ont écrits il y a 2 ou 3 ans un livre sur cette hypothèse : « l’avant big-bang », livre que j’avais lu avec intérêt, en dépit de ma relative aversion (je ne sais pourquoi) pour ce « couple » mais qui a suscité des polémiques violentes sur internet au point de me faire penser que je m’étais fait « avoir ». Deux autres stars de la physique actuelle, du camp opposé toutefois aux tenants de la théorie des cordes, dans leur dernier livre, ont dénoncé les 2 frères qui avaient affirmé avoir leur soutien et ont crié à la félonie. Et voici pourtant qu’un des pères de la théorie des cordes, le jeune physicien Tchèque Lubos Motl, avec une préface d’un des responsables de l’agence spatiale européenne, consacre un livre à leur théorie en la soutenant et en la précisant ! Du rififi chez les physiciens. Que tout le monde se rassure, le boson de Higgs dont je parlais il y a peu, est nécessaire à toutes ces théories, il est donc impératif de le mettre en évidence, sinon, tout le monde devra se remettre au travail.
Je vous laisse deviner que si code mathématique il y a, on peut se poser la question de savoir qui a écrit le code….Vous ne vous étonnerez donc pas si tant de physiciens de tout premier plan nous font une crise mystique. Les stars de la biologie, qui eux sont à des années lumières des progrès qui ont été faits en physique, tout juste aux balbutiements du savoir en leur domaine, ne se posent eux aucune question de ce type, « hasard et nécessité » disent ils!

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 19:52

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La particule de Dieu, le boson de Higgs, encore appelée le Saint Graal des physiciens, est activement recherchée dans l'immense accélérateur de particule qui a  été construit près de Genève. La découverte du boson de Higgs fait l'objet d'une compétition effrénée entre les équipes de physique des particules élémentaires. De quoi s’agit-il? Selon le modèle le plus abouti et le plus opérationnel (qui marche!) de la physique actuelle, les particules élémentaires (vous vous souvenez, Houellebecq en a parlé dans son roman..), autrement dit les particules de matière ( qui sont soit des fermions comme le proton ou l’électron, soit des bosons comme le photon (la lumière est constituée de photons), la différence entre les deux étant que ces dernières sont les vecteurs des interactions entre les fermions) devraient avoir une masse nulle. C’est bien le cas de certaines d’entre elles comme le photon, mais pas de la plupart. Pour résoudre cette anomalie, il a fallu faire l’hypothèse de l’existence de particules inconnues à ce jour, les bosons de Higgs, qui produiraient un « champ » qui serait responsable de la masse des particules connues. Ces bosons auraient eux même une masse qui serait trop importante pour qu’ils puissent être détectés par les accélérateurs de particules actuels. Il a été construit dans la région de Genève un accélérateur de 27 kms de long, le LHC, opérationnel depuis la fin 2007 et qui devrait produire l’énergie suffisante pour les mettre en évidence.

Pour faire comprendre comment cette particule peut donner de la masse aux autres (et à elle même), je vais tenter une analogie osée. Imaginez un bar sexe gay assez fréquenté, et assez spacieux, où, comme à l’habitude les clients circulent, tournent et retournent, d’un pas léger. Soudain 3 ou 4 mecs « canons » apparaissent en divers endroits du lieu et se laissent aborder par tel ou tel. Immanquablement d’autres viennent se mêler à leurs ébats, les beaux mecs musclés (les bosons !) créant un « champ » d’attraction, et des attroupements se forment dont les individus (les particules) ont du mal à se détacher comme si elles avaient une « masse ».
Mais ce boson de Higgs n’est qu’une hypothèse rendue nécessaire pour rendre cohérente la théorie actuelle, il n’est pas « déduit de la théorie », mais y est « ajouté ». Si on n’arrive pas à le mettre en évidence, il faudra remettre à plat une théorie qui est le socle de la physique actuelle et qui fonctionne. L'autre théorie dont je vous ai parlé, non opérationnelle celle là, du domaine des spéculations visant à résoudre les contradictions entre la théorie des particules et la relativité, la théorie des cordes, prédit l’existence du boson de Higgs. L’ennui c’est qu’il n’y a pas une, mais une infinité de théories des cordes, chacune prédisant une masse différente pour le boson de Higgs (voir un billet précédent).

Si l’accélérateur permet de découvrir ce fameux boson, on pourra ainsi éliminer toutes les théories des cordes qui ne donnaient pas la bonne valeur, mais si on ne le découvre pas, on pourra toujours dire qu’il avait une masse telle que 27 kms c’était insuffisant et que cela ne permet que d’éliminer que les théories de cordes qui prévoyaient une masse détectable par la technologie actuelle...

Je peux vous assurer qu’on parlera encore longtemps du boson de Higgs après que les régionales auront été oubliées...
Pour ceux qui veulent se distraire :

http://chezluc.blogspot.com/2006/06



http://www.webastro.net/forum/showthread.php

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:03
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Ces temps d'élection sont une occasion de vous faire part d'une page du dernier tome, celui de l'année 2007, du journal de Renaud Camus, "Une chance pour le temps". L'auteur s'étonne d'entendre au journal télévisé, une dame professeur agrégée d'histoire et géographie dans un prestigieux lycée parisien, déclarer qu'il lui fallait trois heures de préparation pour ses cours : "Et quand je vois le niveau ordinaire, en histoire, des quelques adolescents ordinaires que je rencontre, lesquels en général n'ont pas la moindre idée claire de quelque épisode ou de quelque période que ce soit, je ne parviens pas à concevoir qu'un professeur agrégé, passé les deux ou trois premières années, peut-être, et encore, puisse être obligé de se livrer à trois heures de préparation pour un cours, ni même une seule." L'ami de l'auteur, Pierre, étant lui aussi professeur agrégé d'histoire, Renaud Camus poursuit : " Pierre a là-dessus une position ambigüe. Il dit que lui même ne prépare ses cours, mais il dit aussi qu'il a tort. Il trouve particulièrement difficile d'enseigner l'histoire contemporaine....il donne l'exemple de la démocratie chrétienne. Il dit qu'expliquer ce que peut bien être la démocratie chrétienne, le concept et la chose, à des lycéens de première, c'est la croix et la bannière :"parce que nous, nous savons que les chrétiens, traditionnellement, dans la République, avaient été plutôt à droite, ou même très à droite : alors il nous est facile de comprendre l'espèce de paradoxe et la nouveauté qu'ont pu représenter des démocrates chrétiens, des chrétiens démocrates. Mais, pour mes classes, les chrétiens sont des gens bien gentils, un peu gnangnan, qui sont prêts à se dévouer pour toutes les bonnes causes : pourquoi ne seraient ils pas démocrates? pourquoi faudrait il préciser qu'ils le sont? On ne comprend pas de quoi je parle."
- Mais justement : c'est ce que je dis. Ces lycéens sont tellement ignorants qu'il faut tout leur apprendre. Un professeur ne peut pas être lui-même tellement ignorant qu'il ait besoin de faire des recherches et de préparer son cours pour s'adresser à des gens qui ne savent rien. Tout ce qu'il pourra leur dire sera utile pour eux. Tout ce qu'il pourrait leur apprendre serait un progrès."

Ce passage m'a fait sourire car il se trouve que Bernard, mon ex-ami, lui aussi professeur agrégé, de lettres, ne manquait pas de me dire quand il donnait ses cours au lycée de Noisielle (en ce temps là l'ami de Renaud Camus professait dans le même lycée, ils avaient d'ailleurs sympathisé), qu'il n'avait nul besoin de les préparer ... Je ne me mêlerai pas à ce débat, mais il me semble cependant que Renaud Camus a sous estimé le caractère "prestigieux" du lycée dans lequel enseignait cette dame, lycée dont les élèves ne sont sans doute guère représentatifs de ceux que l'on peut rencontrerl....
Bonne occasion pour signaler que j'ai voté pour la démocratie chrétienne (! ) et non blanc comme je l'avais envisagé, dans tous les sens du terme, puisque le candidat Modem de l'Ile de France est métisse. Je voterai blanc au second tour.

Quitte à en agacer certains, il m'arrive, la pression médiatique étant telle, que je me demande parfois si je n'ai pas "mal pensé", si ma première appréciation des propos d'un tel ou d'un tel n'a pas été hâtive. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour Gérard Longuet, loin de là, mais je trouvais ses propos récents sur la présidence de la Halde au moins dignes d'intérêt. Le tumulte qui a suivi aurait pu me faire douter, mais j'ai été rassuré en écoutant ce jour le débat hebdomadaire "Jacques Julliard- Luc ferry" sur LCI, les deux avaient le même sentiment que moi.

Un roman fait actuellement beaucoup parler de lui : "Sukkwan Island". Il s'agit de la première œuvre d'un jeune auteur américain, David Vann, l'histoire d'un père, en proie à des difficultés existentielles et conjugales, qui va amener son fils unique sur un île déserte de l'Alaska pour essayer de renouer avec lui. Il est difficile d'imaginer un histoire plus noire que celle là, plus longue nouvelle que roman, avec un coup de théâtre, totalement imprévisible, on dirait presque "gratuit", qui a l'originalité de survenir à mi-roman et non à la fin, ce qui rend "étrange" et parfois décevante, toute la seconde partie qui finit par apparaitre comme un voyage dans la folie. Ce roman ne  laisse pas indifférent, il est écrit, mais on peut s'étonner de lire, à propos d' une première œuvre :  "enfin le grand romancier américain qu'on attendait"...

Pour clore ce billet ce petit extrait, qui m'a amusé, du journal de Renaud Camus, à l'entrée du "22 avril 2007" : "Election présidentielle. A huit heures moins cinq on nous a annoncé que Richard Virenque, Jean Reno et Doc Gynéco faisaient leur entrée au Q.G. de campagne de Nicolas Sarkozy. Le nouveau régime était en place."
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 21:44

ChateauBrane-Cantenac.jpgLe petit monde de la théorie des cordes est en émoi. Deux livres, aux conclusions diamétralement opposées, parus presque simultanément « Le paysage cosmique » et « l’échec de la théorie des cordes », écrits par des éminents spécialistes de la dite théorie nous rendent compte du "conflit théorique". Comme vous le savez peut être deux théories incontournables, la relativité générale qui s’applique à l’échelle cosmique, l’infiniment grand, et la mécanique quantique qui s’applique au monde de l’infiniment petit (matière) ont révolutionné la physique du 20ème siècle ( et entre les 2 me direz vous, eh bien à notre échelle, la bonne vieille physique newtonienne, apprise à l’école, [du moins pour les plus vieux, les plus jeunes on ne sait plus très bien s’ils apprennent encore quelque chose, prière de ne pas déduire de ces réflexions une nostalgie du passé !], peut encore faire l’affaire). Le « hic » c’est que lorsque l’on remonte au big bang, l’échelle cosmique et l’échelle infinitésimale se rejoignent…et les 2 théories sont incompatibles, en d’autres termes, la gravité, pivot de la relativité, n’est pas « quantifiable ». La théorie des cordes, formulée dans les années 80, réussirait cette unification. Selon la théorie des cordes, les particules élémentaires (électron, photon, quark, etc.) ne sont pas ponctuelles mais sont toutes les « modes vibratoires » d’une unique cordelette. Il y a cependant problème…D’abord la théorie prévoit l’existence de 11 dimensions alors que nous n’avons conscience que de 4 (3 dans l’espace et une dans le temps), dont la plupart ne nous seraient pas accessibles. Mais il y a pire, il n’y a pas une, mais une infinité (ou presque, 10 à la puissance 500 !) de théories des cordes, chacune décrivant un univers possible…Une théorie du « Tout » digne de ce nom devrait pouvoir justifier la valeur des « constantes » de la physique de notre univers ( vitesse de la lumière, constante de Planck, constante cosmologique, etc.). Il se trouve que si ces constantes avaient été différentes de ce qu’elles sont, la vie n’aurait pu apparaître. Si on écarte l’hypothèse divine « d’un réglage des constantes », la théorie des cordes fournit une solution : notre univers n’est qu’un des « paysages » d’un Méga-univers, qui contient une infinité d’autres univers et il ne serait donc pas étonnant que notre univers, celui qui a permis la vie, ait les « bonnes » valeurs de constantes qui permettent à celle-ci d’exister ! Inacceptable clament une minorité de physiciens pour qui cette position aboutit à nier le principe de «falsibilité» sur lequel est fondé la physique. De quoi s’agit il : une théorie physique doit pouvoir, si elle est fausse, être réfutée par l’expérience, être falsifiable. Or la théorie des cordes ne l’est pas puisque si le résultat d’une expérience donne, dans notre univers, un résultat qui ne satisfait pas une des versions de la théorie, on peut toujours trouver une autre version compatible! Ils demandent donc que toutes les recherches (et budgets) ne se focalisent pas sur cette théorie, mais s’engagent dans d’autres directions qui pourraient remettre en cause les derniers développements de la physique.
Les partisans de la théorie des cordes sont cependant et de loin les plus nombreux. Ils ont regroupé les multiples versions de la théorie, qui ne seraient que des solutions d’une théorie plus vaste, la théorie M. J'ai déjà mentionné dans un précédent billet que selon la théorie M, l’univers serait en fait constitué de branes ( aphérèse de membrane) sortes d’étendues à plusieurs dimensions, similaires à des voiles auxquelles seraient rattachées les cordes. Notre univers serait ainsi sur une 3-brane (3 dimensions visibles), elle-même flottant dans un super univers aux dimensions multiples….

Tout cela ne rend il pas bien dérisoire notre petite campagne régionale, survenue dans un repli infinitésimal de notre 3-brane !
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2006

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 21:59

1984.jpg

Tout, me semble t’il, a commencé par une police de la langue. Il n’était ainsi plus conseillé de dire clochard, sourd, chômeur, mais SDF, malentendant, à la recherche d’un emploi, etc. La langue étant le support de la pensée, il était écrit que cette dernière aussi ferait l’objet d’un contrôle systématique. Tout ce qui n’est pas dans la lignée de l’idéologie dominante, du politiquement correct, de la pensée unique, déclenche aussitôt des lynchages médiatiques. Hier l’écrivain Renaud Camus était mis au banc de l’humanité pour avoir qualifié de communautaire l’émission Panorama de France Culture (la majorité des intervenants étant d’origine juive),  Hèlène Carrère D’Encausse ou Alain Finkielkraut déclenchaient la foudre pour avoir simplement dit les faits, à savoir que la majorité des incendiaires de banlieue étaient noirs ou arabes, aujourd'hui Eric Zemmour soulève l'indignation pour des propos similaires lors de l'émission de Thierry . Sans parler des "procès" faits à Georges Frêche ou Gérard Longuet. Il devient interdit de dire qu’il existe des lobbies, y compris gays. Mais une société du contrôle généralisé ne saurait sans tenir là. L’étape suivante se devait être celle de la police des comportements, chasse aux fumeurs (je précise que je ne suis pas fumeur), aux obèses, au moindre excès de vitesse, à l’automobile elle-même, à la consommation d’alcool, guerre aveugle et effrénée à la pédophilie ( les pédophiles sont à peu près les seuls dont on ait le droit de dire du mal, on peut se "défouler", tant pis pour les dommages collatéraux du style Outreau), aux comportements sexuels à risque (je reviendrai sur ce point). Et tout cela bien sûr au nom des nouvelles valeurs sacrées, la Nature (en oubliant que l’homme s’est constitué tel en s’arrachant à la Nature par la Culture ), l’Enfant (dont la parole est déifiée), la Santé (qui devient un idéal au détriment du bien être), etc. Demain, à n'en pas douter, on verra surgir une police du « mauvais goût » , on vous dira ce qu'il faut aimer en peinture, en littérature, cela a en fait déjà commencé en ce qui concerne le "goût" du vin qui se mondialise sous les diktats de Robert Parker.
Le Big Brother du 1984 d’Orwell est à nos portes, victoire posthume et masquée de l’idéal totalitaire. Plus besoin de Goulag, les barreaux s’installent dans nos têtes, à notre insu. Il sera intéressant de suivre l’évolution du taux de suicide dans la société qu’on est en train de nous construire

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