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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 17:36

Les regards croisés, si divergents, sur la question gay, de Dominique Fernandez et d’Arthur Dreyfus dans leur « Correspondance indiscrète » ont fait l’objet d’un ancien billet de ce blog (https://limbo.over-blog.org/2016/07/gays-d-hier-et-d-aujourd-hui.html) et j’avais dit combien, en dépit d’une proximité générationnelle avec le premier, je me sentais nettement plus proche du second.

 

La publication simultanée du dernier roman de l’académicien, « L’Homme de trop », et du « Journal sexuel d’un jeune homme d’aujourd’hui » d’Arthur Dreyfus, illustre de façon presque caricaturale le gouffre qui sépare leur vécu de l’homosexualité. Difficile de porter un jugement définitif sur ces deux oeuvres, puisque seul le premier tome du roman est paru, quant au journal qui comporte plus de 2000 pages, sorte de bible du sexe écrite sur papier approprié, je suis loin d’en avoir terminé la lecture.

 

Eternel minoritaire , hier dans une France où l’homosexualité se vivait cachée et souvent honteuse, aujourd’hui dans celle du conformisme où les gays se sont « hétérosexualisés » dans leur conquête du « droit à l’indifférence », « L’Homme de trop », Lucas, soixantenaire, porte parole de l’auteur, raconte son vécu, nostalgique, du passage du monde pré-gay à celui post-gay qui a commencé avec l’adoption du Pacs (terme du premier tome) et qui culminera avec le mariage pour tous dans le deuxième tome à paraitre. Le vécu refoulé et honteux de sa jeunesse nous vaut des pages interminables, érudites jusqu’à l’ennui, établissant un parallèle entre homophobie et la porcophobie, une chronique tout aussi documentée de l’homophobie des années pré-gay, la narration de ses rencontres amoureuses, douloureuses, avec de jeunes gens abimés par la vie, handicapés sociaux pour lesquels son attachement, indissociable de son sentiment de culpabilité, traduirait le « rachat d’une faute ». Même si son affirmation de l’homosexualité comme différence, comme une autre façon d’être au monde, son rejet de la psychanalyse et de ses élucubrations sur la question gay, font écho à plusieurs billets de ce blog, sa vision biaisée par son histoire personnelle et son côtoiement  d’homosexuels « marginaux » l’amène a proférer des absurdités sur le vécu gay : où est-il allé chercher que les bars homosexuels n’étaient plus fréquentés que par des seniors nostalgiques, des jeunes timides ou des provinciaux ou que les lieux de sexe ne concernaient plus que les anciennes générations victimes du refoulement! Son rejet du communautarisme gay a du le tenir éloigné du Marais depuis longtemps… Plutôt une déception donc , loin de l’émotion que j’avais éprouvé à la lecture de « l’Etoile Rose » du temps de ma libération sexuelle (https://limbo.over-blog.org/article-litterature-et-homosexualite-61056855.html).

 

Longtemps je vais me coucher avec le journal sexuel d’Arthur Dreyfus, livre de chevet pour quelques pages chaque soir, comme ce fut le cas lorsque j’entrepris, jeune adulte, la lecture de La Recherche. Ses « Tricks » sont bien différents de ceux du livre culte de Renaud Camus qui fantasmait sur les « moustachus, poilus » de 25-40 ans, bien loin de mes gouts à cette époque, alors qu’Arthur, rare point commun avec Dominique Fernandez, chasse l’éphèbe, orientation qui était aussi celle de mon désir lorsque j’avais son âge.

 

Quelle motivation peut conduire à une telle monumentale publication dont on peut se demander si elle n’a pas la dimension d’une confession? L’ampleur de son addiction au sexe, tellement supérieure à la mienne qui n’est pourtant pas banale, le nombre vertigineux de ses rencontres bien au delà de ce que j’ai connu dans ma période la plus florissante, en un temps il est vrai dépourvu d’applications de rencontre, sa fréquente recherche de rapports de brutale soumission ou humiliation, sa phobie paradoxale de la contamination - avec un rapport étrange au risque de la fellation qu’il ne craint qu’active, ce qui nous vaut son affirmation répétitive et fatigante  de l’usage de la capote, qui n’a aucun rationnel épidémiologique, jusqu’à la Prep vienne enfin l’en dispenser - semblent traduire un certain mal être, impression confortée par son besoin de justification au moyen d’interprétations psychanalytiques douteuses, jusqu’au cliché lors de l’assimilation de l’attrait de certains jeunes pour les « matures » à un désir du père, rappelant ces absurdes « merci j’ai déjà un père » si fréquentes sur Grindr.

 

Il est possible que mon jugement évolue au fil des pages, dont je viens à peine de dépasser la cinq centième, mais je ne serais pas surpris que cette oeuvre, comme ce fut le cas pour Renaud Camus, Guillaume Dustan ou Hervé Guibert, même si elle est diversement reçue - on peut concevoir que l’hétérosexuel moyen, fut-il critique, jette l’éponge en cours de route - marque durablement la littérature gay contemporaine. En dépit de la gêne éprouvée lors de certains passages, qu’il s’agisse de son « expérience » de la prostitution ( dont je crains qu’elle n'annonce celle de la drogue) avec des descriptions peu amènes de ses « clients », du regard  qu’il porte sur les gays âgés dont il regrette qu’ils exposent leur corps « délabré » dans les saunas ou de détails scatologiques répétitifs quant à la propreté de son cul, je ne peux nier, qu’au delà de la narration de ses ébats sexuels, les réminiscences de mon propre vécu, la caractère parfois jubilatoire des  descriptions « intellectuelles » de ses rencontres (et de ce qu‘en révèle la décoration de leur intérieur…) et le florilège des citations grindr, me procurent un constant plaisir de lecture qui devrait m’amener jusqu’au terme de ce journal.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:18

Mon absence de ce blog depuis des semaines est sans doute moins le symptôme  de la lassitude d’un confinement sans fin que le témoin d’un monde où il ne se passe plus rien, si ce n’est l’infini répétition du Même mis en scène par les chaines d’information continue. Autant me dispenser de participer à cette uniformisation du réel en réitérant mon effarement, maintes fois  exprimé ici,  devant la soumission des autorités de tant de pays aux injections sanitaires des « experts », tout en reconnaissant avoir quelque peu sous-estimé la pérennité de l’épidémie en qualifiant certains d’entre eux de Cassandre. Je ne doutais pas qu’Emmanuel Macron soit très réticent à étendre les restrictions actuelles, il vient de le prouver, mais je ne vois pas comment il pourra résister longtemps à la pression inouïe des ayatollahs sanitaires qui occupent en permanence les médias, si la situation ne s’améliore pas rapidement. On sacrifie une génération, des professions entières et des milliers d’emploi, pour prolonger de quelques semaines, ou tout au plus quelques petites années, la vie des plus âgés d’entre nous…

 

Ce n’est pas la propagation constante, inexorable elle, car sans espoir de rémission, contrairement à celle du virus, de la chape de plomb que les réseaux sociaux font peser sur la liberté de pensée, s’étendant maintenant à l’ordre moral avec l’affaire Olivier Duhamel, entrainant les lâches décisions de LCI et du Monde concernant Alain Finkielkraut et Xavier Gorce, qui pouvaient contribuer à me remonter le moral. J’aurai au moins appris que le terme « inceste » pouvait s’appliquer à une relation de parenté par « alliance », puisque la victime n’avait aucun lien de sang avec son « beau père »…

 

De cet univers presque (n’exagérons pas tout de même …) Orwellien, ont toutefois émergé deux nouvelles qui m’ont un peu réconforté, l’absence de « No deal » sur le Brexit et surtout l’éviction du psychopathe qui était à la tête des Etats Unis. Et puis, privilège des professionnels de santé de plus de 50 ans,  mon conjoint (je suis d’une génération gay qui ne se sent pas à l’aise avec le mot « mari » ) et moi, maintenant vaccinés, pourront, peut-être, profiter plus pleinement d’un retour progressif à la normale car je ne doute pas, au moins pour voyager, que le passeport vaccinal s’imposera.

 

Les distractions étant devenues rares, le « temps de cerveau disponible » pour la lecture et le visionnage des séries s’est considérablement accru. Le livre de Jean Pierre Luminet, « l’Ecume de l’espace temps », qui tente de nous éclairer sur les interactions entre l’espace, le temps et la matière et les origines de l’univers, offre un panorama complet, bien que parfois difficile à suivre des théories qui s’affrontent. Celle des Univers Multiples inspire manifestement les scénaristes puisqu’elle est au coeur (L’homme du Haut château, DEVS, OA, Dark, Stranger Things) ou en arrière plan (Lovecraft Country) de maintes séries fantastiques ou de Science-Fiction. Le passage d'un univers du multivers  à l'autre n'étant possible que dans l'imagination des auteurs de S-F, aucun espoir de rejoindre un des mondes sans COVID... Par contre, l’auteur du dernier prix Goncourt, l’Anomalie, fait référence à une théorie plus originale, moins connue, qui fait de notre univers, un monde virtuel, une « simulation » informatique d’intelligences supérieures. Puisse ces « intelligences » avoir la bonne idée de programmer la disparition de notre virus quotidien…

 

( A signaler que la série actuellement en cours sur Canal, Your Honor, avec le héros de Breaking Bad, se déroule au temps du Covid)

 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 10:07

La complainte des soignants - qui soit dit en passant ne peut se comprendre que pour les services hospitaliers qui sont au « front », réanimation, infectiologie, urgences, et non pour l’immense majorité des autres, plutôt en sous emploi du fait du confinement…) - ayant conduit à une nouvelle assignation à résidence, il m’arrive de repenser avec nostalgie à ces quelques semaines de semi-liberté dont nous avons pu bénéficier cet été.

 

J’ai longtemps hésité avant de me résoudre à annuler, quelques jours avant la date limite, ma réservation annuelle à l’Hôtel Calipolis à Sitges, non par crainte de l’épidémie elle même, mais surtout d’une vie nocturne fortement perturbée par les mesures sanitaires en vigueur en Catalogne. L’expérience de la fréquentation du sauna IDM depuis sa réouverture ( avant qu’il ne referme …) m’avait donné une idée peu encourageante de ces contraintes avec le port du masque, hypocritement obligatoire dans les couloirs mais dont on fait fi dans les cabines ou les backrooms…

 

Notre périple habituel des plus beaux villages ou régions de France, sur le chemin de Sitges, allait donc être plus conséquent en ce mois d’aout 2020, mais certainement beaucoup moins « gay ».

 

Nous partîmes donc, Bertrand et moi, un dimanche 2 aout vers la normandie pour découvrir enfin la spectaculaire Étretat où le port du masque n’était imposé que dans la rue principale. Pour atteindre notre étape suivante, le village fleuri de Rochefort en Terre, nous fîmes une courte halte dans le village médiéval de Josselin, non sans savoir traversé la mythique forêt de Brocéliande. Cette traversée rapide de la Bretagne se termina, après avoir parcouru Guérande où nous fumes rattrapé par le port obligatoire du masque,  à Batz-sur-Mer, dont seule l’église Saint Guénolé et son étonnante nef désaxée nous a paru digne du détour.

 

Bordeaux, pas encore masquée, allait nous offrir l’occasion de nous poser quelques jours dans notre appartement, le temps de profiter des plages gays du Porge et de la Lagune, à distance de la chaleur étouffante de la ville, et de découvrir de nouveaux restaurants, avant de reprendre notre tour de France vers le sud-est, après une brève étape au bord de leur piscine chez des amis en vacances dans les alentours de Montauban.

 

Le château de Rieutort, belle maison d’hôte dotée de deux piscines, dont une naturiste, où nous n’avons pas eu l’occasion de découvrir les corps de deux beaux garçons, probablement en couple, qui choisirent la piscine « textile »,  fût notre point d’ancrage pour aller visiter Saint-Guilhem-le-Desert, petite cité médiévale fort fréquentée.

 

Le Lubéron était notre destination suivante et depuis notre confortable installation, pour 3 nuits,  au « Domaine des Sources » nous avons visité l’Abbaye Notre-Dame de Ganobie et son émouvant cimetière de moines, Forcalquier et sa citadelle,, Manosque, La Montagne de Lure (le temps de faire quelques photos nus pour les sites de rencontre), Rustrel et son soi-disant « Colorado » provençal.

 

Privés de Sitges, Saint-Tropez, elle aussi masquée - mais le protocole sanitaire de l’hôtel était cool - ne pouvait nous en offrir qu’un ersatz, bien pâle, en dépit des sections naturistes de la plage de Pampelone, et de quelques restaurants gayfriendly. En dehors peut-être de soirées privées dont nous n’avons pas eu connaissance, la vie nocturne tropézienne nous a paru se limiter à l’utilisation de Grindr…

 

Une nuit à Gordes, où l’affluence était telle que nous eûmes de grandes difficultés à trouver une table pour diner, avant de rejoindre Paris sans nous douter qu’un mois plus tard nous serions à nouveau privés de bars, de salles de sport et bientôt de cinémas et de restaurants…

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 08:37

Dans un billet maintenant fort ancien (http://limbo.over-blog.org/article-adapte-toi-a-notre-homophobie-ou-de-l-heterosexualisation-de-l-homosexualite-109687347.html), j'avais rapporté la segmentation en 3 périodes de l'histoire politique de l'homosexualité proposée par des sociologues espagnols : la période pré gay (qui se termine en France avec l'élection de François Mitterand), la période gay qui court jusqu'à l'adoption du PACS, et la période actuelle, post gay, dont le mariage gay et la prochaine adoption de la PMA sont les marqueurs. 

Deux films, malheureusement peu accessibles au plus grand nombre, car l'un n'est disponible que sur Netflix et l'autre n'a bénéficié que d'une sortie confidentielle dans quelques salles, en sont une illustration parfaite. Le premier, "The boys in the band", est un remake de celui de William Friedkin, mythique de la filmologie gay, reprise d'une pièce de théâtre jouée pour la première fois à NewYork en 1968, et sorti en France sous le titre "Les garçons de la bande". Les personnages du film réunis pour fêter un anniversaire, dont l'action se situent 1968, un peu avant les émeutes de Stonewall et le début de la période "gay" , celle de la libération et du coming-out, reproduisent tous les stéréotypes homosexuels de la période pré-gay, la folle, le tapin, l'intellectuel désabusé et cynique, le dragueur, le mélange des classes sociales. Les reproches, rancoeurs et vacheries que les protagonistes se jettent à la figure sous l'emprise de l'alcool témoignent de leur homophobie inconsciente, de leur "haine de soi" si répandues à l'époque : "Montrez moi un homosexuel heureux, je vous montrerai un cadavre". Ce remake qui apparait bien anachronique à notre époque, n'en est pas moins un divertissement presque nostalgique.

Fin de siècle, bien plus ambitieux, conte, de nos jours à Barcelone,  la rencontre sans lendemain de deux garçons, Ocho et Javi, qui loin de l'homophobie intériorisée des protagonistes du film précédent, assument pleinement une homosexualité libérée de toute culpabilité, couple libre, homoparentalité, rapport moderne au couple...Dans un basculement inattendu, et troublant ( car interprété par les mêmes acteurs), de la construction du film, ils découvrent s'être déjà rencontrés, 20 ans plus tôt, à la veille du basculement de siècle, de façon tout aussi éphémère, non comme aujourd'hui en raison du choix de Javi de ne vivre que des relations d'un soir pour respecter les règles de sa vie de couple, mais parce qu'à cette époque aucun des deux n'étaient arrivés au bout du chemin conduisant à l'acceptation de la nature de leur orientation sexuelle. Dans une émouvante dernière partie Javi, regardant par sa fenêtre Javi repartir vers son couple, fantasme la vie qui aurait pu être la leur, ensemble, dans un des univers multiples où, 20 ans plus tôt, il aurait cessé de se mentir...

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 18:38

La fin du confinement a permis le retour d’une certaine vie culturelle, certes encore bien limitée, avec la réouverture des salles de cinéma, malheureusement peu fréquentées étant donné la psychose virale ambiante entretenue par les médias, et quelques sorties littéraires. Le hasard est sans doute le seul responsable si les oeuvres qui m’ont le plus touchées, tournent autour des années 80, point culminant  de la libération gay, dont la mienne, mais aussi début des années de cendre. Le film d’Ozon, Eté 85, m’a bouleversé, le souvenir de ces années où je vivais pleinement une homosexualité assumée avec frénésie, leur musique toujours aussi présente, mais avant tout parce que cette dramatique histoire d’amour entre deux adolescents ne pouvait manquer d’évoquer la mémoire d’Hervé et la passion dont il avait été l’objet et à laquelle j’ai consacré plusieurs des premiers billets de ce blog. Certes David, le héros du film, diffère en bien des points d’Hervé, dont la fin tragique n’est survenue que des années après notre rupture, si ce n’est cette impossibilité de supporter que l’autre avoue son amour, aveu alors considéré comme un enfermement déclenchant un processus inexorablement destructeur. En dépit du destin funeste de David, l’image que donne le film de l’homosexualité est bien celle de la libération des corps , du jouir sans entrave et dans l’acceptation de soi,  avant que tant des acteurs de ces années libératoires ne tombent comme des mouches.

 

Le « cancer gay », comme on le dénommait au début de la décennie 80, n’avait sans doute pas encore atteint le Treport où se situe l’action du film. Il est au centre du très beau roman de Rebecca Makkai, « Les Optimistes », qui se déroule à Chicago, en cette même année 85, puis 30 ans plus tard à Paris, au sein d’un groupe d’amis, artistes ou journalistes pour la plupart, dont la vie va se trouver fracassée par l’épidémie du sida, dont l’histoire est ainsi retracée, depuis son émergence en 1981, la découverte du virus en 1983, les premiers tests de dépistage en 85, le premier traitement, si peu efficace, l’AZT, en 87 et enfin l’arrivée salvatrice des trithérapies en 96. Comment ne pas me remémorer ces années tragiques, dont je ne sais comment, multipliant pourtant les contacts sexuels, j’ai pu échapper à une contamination, et ces amis disparus, Claude, Cristian, Jacques et tant d’autres sans doute, amants d’une nuit, dont j’ai perdu la trace. Une question, si présente à l’époque, lancinante, émerge à travers le personnage d’Asher, celle de la pertinence de faire le test de dépistage qui venait d’être mis au point : « Ecoute, on est tous condamnés à mort…on ne sait pas quant ce sera. Un jour, cinquante ans? Tu veux réduire la perspective? Tu veux te donner des sueurs froides? ». J’ai fait partie de ceux qui comme Asher, ont refusé de faire le test tant qu’un traitement efficace ne serait pas disponible. Une positivité aurait été  non seulement un possible arrêt de mort, mais aussi, bien souvent, une exclusion de la vie sociale à la fois due au regard des autres et aux conséquences administratives ( perte d’emploi, impossibilité de s ‘assurer, d’obtenir un crédit). Un de mes amants d’alors, qui manifestement repoussait sans cesse tout nouveau rapport sexuel avec moi, finit par me dire, abattu: « Je suis positif. Tu avais raison, Jean-Jacques, je n’aurais pas du faire le test ». Je ne sais quel fût son destin.

 

Ayant également pour cadre, comme dans le film d’Ozon, une plage au bord de l’océan, celle du Vieux Boucau dans les landes, pas très loin de la célèbre plage de drague gay dite « des casernes » où il m’est arrivé de m’envoyer en l’air, il y a bien longtemps, un autre film, un de ceux qui vous hante longtemps après les avoir vus,  a marqué cette rentrée cinématographique, « Madre », de l’espagnol Rodrigo Sorogoyen, histoire d’amour pseudoincestueuse, qui ne franchit cependant jamais les limites, entre un mère qui pleure son fils disparu et un adolescent dans les traits duquel elle le revoit. Comment ne pas être séduit par le personnage pasolinoviscontien interprété par  Jules Poirier, déjà vu dans le rôle de Marvin jeune dans « Marvin ou la belle éducation »  et par le personnage de Maria, la mère, brillamment porté par Marta Nieto?

 

Il serait dommage de ne pas signaler un autre film, « Le colocataire », certes plus mineur, mais qui traite avec intelligence de la difficulté des amours homosexuelles dans la société argentine, qui plus est en milieu ouvrier. L’histoire d’amour impossible entre les 2 héros, dont les corps nus sont très sensuellement filmés par Marco Berger, a le mérite de ne pas sombrer dans les clichés habituels avec le refus du colocataire, Gabriel, de se soumettre aux concessions exigées par son amant qui refuse de vivre leur liaison en pleine lumière.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 15:29

Un chef de service de néphrologie de la Salpetriere, le professeur Deray, répand, en boucle, ses propos alarmistes quant à l’imminence d’une deuxième vague de l’épidémie en France sur les chaînes d’info continue . A ma connaissance il ne peut se prévaloir d’aucune expertise en infectiologie, épidémiologie ou virologie? A quel titre intervient-il et est-il systématiquement invité? Il prédisait, au lendemain de la fête de la musique, s’insurgeant contre les rassemblements sur le canal Saint Martin, une explosion de nouveaux cas quinze jours plus tard, tout en ajoutant qu’il viendrait reconnaître son erreur s’il s’était trompé. On attend toujours sa contrition. Peut être parle t’il au nom de son collègue, infectiologue lui, mais également alarmiste, le Pr Caumes, celui qui en février qualifiait l’épidémie de gripette  et conseillait de prendre des billets pour Venise à prix bradés…Ils font partie de ceux qui par leur campagne ont poussé le gouvernement, toujours hanté par le risque pénal, à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos. Pourquoi les médias font ils tant de place aux « Cassandres », qui gèrent avec délectation leur présence télévisuelle et si peu à ceux qui ne manquent pas de faire remarquer que le nombre de malades hospitalisés et en réanimation ne cesse de baisser ce qui contredit l’hypothèse d’une reprise épidémique, soit que l’apparente augmentation de la circulation du virus ne soit qu’un biais du à la multiplication du nombre de test, soit que le virus ait perdu, peut-être par variation saisonnière, de son pouvoir pathogène? Pourquoi les médias traquent-ils, devenus comme la presse d’investigation, des auxiliaires de police, les rassemblements festifs pour les dénoncer, comme ceux des apéritifs gays, le vendredi soir sur les bords de Seine? « Eloignez vous les uns des autres » est devenu la parole évangélique, le paradis,  de ceux qui semblent rêver d’un confinement éternel…

 

 

Je n’ai pas vérifié les sources de la publication qui illustre la fin de  ce billet, mais si elle n’est pas un fake, voici au moins un point sur lequel Raoult aura dit vrai et qui devrait faire réfléchir ceux qui dissuadent de prendre les transports en commun et prônent le « tout vélo » et assimilés …

 

 

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 11:12

La veille de l’annonce du confinement je me trouvais à Bordeaux dans ma résidence secondaire, précipitant mon retour vers Paris. J’étais loin de me douter que mon diner, le vendredi précédent, au « Bistrot du sommelier », allait être mon dernier repas au restaurant pour plus de 2 mois. Le rire « philosophique » dont témoignait mon tweet sur les effets collatéraux potentiellement bénéfiques de la pandémie (« frein au réchauffement climatique et délai inattendu pour l’objectif d’atteinte de l’équilibre financier des régimes de retraite…pas idiot de suspendre la réforme »), masquait mal mon désarroi devant les conséquences potentielles du confinement, personnelles certes quant à mes loisirs - pratique du sport, cinémas, butinage sexuel -, mais surtout économiques qui vont être terrifiantes.

 

Sur le plan personnel, étonnamment, si l’impossibilité ou la difficulté des rencontres sexuelles s’est révélé tout à fait supportable - même si j’ai quelque inquiétude quant à la possibilité d’ouverture prochaine des lieux gays - c’est la fermeture des salles de sport qui a mis mon moral en berne, craignant les conséquences sur mon corps vieillissant de l’arrêt de la musculation pendant plus de 3 mois…Il s’en est même fallu de peu qu’on nous interdise de pratiquer le jogging, nécessitant alors d’adjoindre un régime à notre « assignation à résidence » pour éviter une prise de poids inéluctable. J’ai été sidéré de l’hostilité suscitée, avec des appels répétés à son interdiction, y compris de la part de soignants, alors que le risque de sa pratique individuelle était négligeable, bien inférieur à celui de faire ses courses en supermarché. Faudrait il y voir l’expression d’un jalousie de tous ceux qui n’ont jamais trouvé la motivation nécessaire pour faire du sport?

 

Le plus inquiétant dans la période sans précédent que nous venons de vivre fût, face à un politique un temp tétanisé,  la prise du pouvoir de décision par les institutions médicales, incarnées notamment par le Conseil Scientifique. Quel triste spectacle s’est déroulé sous nos yeux sur les chaines d’info où défilaient des soi-disant « experts » dont les affirmations initiales se sont presque toutes révélées fausses qu’il s’agisse de la qualification de « grippette », de l’inutilité du port du masque (ce qui au moins a soulagé l’exécutif puisque nous n’en avions pas), de la certitude d’une 2è vague qu’on attend toujours, des modélisations sur la durée du confinement (jusqu’à la fin de l’été selon certaines) ou du nombre astronomique de morts auquel il fallait s’attendre. Il serait cruel de personnaliser ces informations en citant les noms de ces experts, si ce n’est peut-être en faisant du consultant médical de TF1, le Dr Kierzek, urgentiste (et  syndicaliste…) le symbole de ce naufrage, sans qu’il esquisse jamais une « contrition », contrairement à son collègue de France 2 (le Drmes). Certains cependant, par leur modération, leur expertise réelle des épidémies et leur recul, comme le Pr Bricaire ont un peu sauver l’honneur de la profession.

 

Je n’omets pas la controverse sur l’utilisation de la chloroquine, qui ne pouvait pas me laisser indifférent en tant que médecin de recherche clinique particulièrement impliqué dans la méthodologie des études cliniques. Certes aucune étude n’a démontré son efficacité, mais devant les indices fournies par des essais à la méthodologie déficiente, dont celles du gourou marseillais, il me paraissait plutôt raisonnable, dans l’urgence, d’utiliser sa prescription sous surveillance étroite dans l’attente de résultats plus définitifs. Les rivalités médicales ont tellement pourri la situation, comme en témoigne la publication du Lancet, que nous n’aurons sans doute jamais la réponse puisqu’il n’y a presque plus de malades, du moins en Europe. On peut, à la rigueur, excuser le manque de culture de nombre d’experts et cliniciens français, quant à la méthodologie des études cliniques, mais pas de la part démembres de l’HAS et de l’Agence du Médicament, même si on a déjà pu le constater, malheureusement, en d’autres circonstances. Comment ne pas s’interroger sur leur décision précipitée, il est vrai sur l’injonction d’un ministre stressé, de tout arrêter avec ce médicament, sur les résultats d’une étude notoirement insuffisante, voire douteuse, comme on a fini par s’en apercevoir….

 

L’avenir nous dira peut-être s’il était bien raisonnable, étant donné la courbe épidémique peu différente entre les pays qui ont confiné durement et ceux qui sont restés plus pragmatiques, de mettre à terre l’économie avec des conséquences qui se révèleront dramatiques pour beaucoup, pour épargner la vie de quelques milliers « d’obèses et de  vieux » de plus….

 

Je ne m’étendrai pas sur l’utilisation méprisable de l’épidémie par certains hommes politiques dont Jean-Luc « Hébert » ou terrifiante par des intellectuels ( Emmanuel Todd suggérant presque de rétablir la peine de mort pour nous dirigeants…).

Pour terminer sur une note positive, ce confinement excessif m’aura au moins permis de découvrir des séries de haut niveau, comme Ozark, Bloodline ou l’extraordinaire Breaking Bad sur Netflix, ZéroZéro sur Canal, sans oublier les nouvelles saisons dees incontournables Westworld sur OCS ou Le Bureau des légendes sur Canal.

 

 

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 14:57

Bien des sujets auraient pu être abordés dans ce blog depuis mon dernier billet. La schizophrénie de la gauche quant aux adolescentes de 16 ans, Mila au bûcher mais Greta béatifiée; le dernier roman d’Echenoz, un exercice stylistique et parodique qui se lit avec ravissement, mais qu’en restera t’il, si ce n’est le souvenir d’un bon moment; le retour de Cruella, alias Ségolène, bonne nouvelle pour les pôles, moins pour la gauche;  les réseaux sociaux, avatar digital de la guillotine; 1917, le dernier film de Sam Mendes et sa vision hallucinante d’une campagne de France d’où Dieu s’est retiré ; Gabriel Matzneff, dont on fait semblant de découvrir les inclinaisons pédophiles (mot qui, faut il le rappeler, désigne l’amour des impubères et non des adolescents), à propos d’une affaire qui n’a rien à voir avec cette pathologie; la chasse à l’homme des militantes féministes qui n’en épargnent que deux catégories, les homosexuels (bénéfice secondaire inattendu) et les islamistes auprès desquels elles défilent…

 

J’aurais également pu consacrer un billet au roman de Kevin Lambert, « Querelle », non seulement parce qu’il montre la sexualité gay dans toute sa crudité et pour reprendre les mots de l’auteur, la puissance des existences minoritaires à questionner le majoritaire, son potentiel de révolte que tend à lui faire perdre la « normalisation » actuelle, mais aussi par la parallèle qu’il fait entre la violence du désir sexuel et celle des luttes sociales, dont il montre en décrivant une révolte ouvrière dans une scierie canadienne, les équivoques, les aspects obscurs et délétères, qui font écho aux violences des mouvements sociaux actuels : « les grands discours de bien commun et de justice sociale, c’est juste des histoires qu’on se raconte pour se convaincre qu’on est des saints de gâcher la vie de gars honnêtes qui travaillent en forêt, de faire perdre la production à toute une usine, de monopoliser l’attention de la région au complet pour nos propres petits interêts médiocres ». Matière à réflexion pour Emmanuel Todd et Michel Onfray que  les gilets jaunes mettent en érection.

 

Pourtant ce qui a semblé ne plus me quitter, ces dernières semaines, a trait à la religion et plus particulièrement à la religion chrétienne. Ce fut d’abord le film bouleversant de Terence Malik, présenté au dernier festival de Cannes, « ma » Palme d’or, chemin de croix jusqu’à la mort d’un jeune paysan autrichien refusant de prêter serment à Hitler au nom de sa foi chrétienne. Mise scène époustouflante, où chaque plan, véritable tableau, est un hymne à la nature.

 

Puis il y eut cet étonnant dialogue, deux visions de l’église, entre le futur Pape François et Benoit XVI, peu avant sa démission, dans le film « Deux Papes » mis en ligne sur la plateforme Netflix, comme prémonitoire de sa prolongation virant à l’affrontement, réel cette fois, à propos de la question du mariage des prêtres.

Etrange coïncidence, c’est encore d’un duel feutré entre deux Papes qui est au centre de la mini-série qui vient de se terminer sur Canal, « the New Pope », mis en scène de façon magistrale par Paolo Sorrentino ( suite de « The Young Pope »), complètement iconoclaste, techno-baroque, mais  bien plus fidèle au christianisme que blasphématoire,  où chaque plan, là encore, est un tableau somptueux avec un  hommage final au Shining de Kubrik. Le doute qui s’installe quant à la possibilité que le « Young Pope » soit une réincarnation du Christ a prolongé l’émotion éprouvée avec une autre série récente, sur Netlix, « Messiah », dont j’ai dévoré les 10 épisodes en moins de 2 jours, thriller spirituel, dont le héros iranien à la beauté fascinante se déclare fis de Dieu, sans se réclamer d’aucune religion mais dont les références chrétiennes sont omniprésentes..

De façon plus anecdotique, je pourrais aussi citer cette émouvante scène de la série « The Crown », entre la princesse Alice, et son fils le Duc d’Edenbourg à pros de la foi, que ce dernier pense avoir perdue lorsqu’elle lui doit sa survie…

 

Point d’orgue de cette séquence « christique », la lecture du dernier livre, posthume, de Michel Serres, « Relire le relié », qui est présenté comme l’oeuvre de toute sa vie. Que Michel Serres fût chrétien, ce ne pouvait être une surprise puisque je le savais fervent admirateur de René Girard.

A partir des deux origines du mot religion, relire et relier, cette relecture des textes sacrés, notamment les Evangiles montre comment la religion, contrairement à l’histoire épisodique, celle des empires, royaumes et systèmes politiques mais à l’instar des mathématiques, de l’argent et de  l’alphabet est un des 4 invariants qui fondent notre culture mais qui à leur axe horizontal qui relie les hommes entre eux, ajoute un axe vertical qui unit le ciel à la terre. Impossible de rendre compte de la richesse de ce livre, je n’en retiendrai ici que ce que l’auteur rappelle à propos de la « sainte Famille », où Jesus n’est pas le fils, où Joseph n’est pas le père, puisque , fils de l‘homme, il est né du Saint Esprit et d’une mère vierge. Il s’agit donc bien d’un enfant sans mère : « l’expression la sainte Famille » signifie donc qu’elle défait les liens charnels, biologiques, sociaux, naturels, ou, comme on a dit structuraux: chacun à sa manière, le père n’est pas le père, ni le fils vraiment le fils, ni la mère absolument la mère; amoindrissement et suppression des liens du sang ». Ce devrait être un sujet de méditation pour la « Manif pour tous »…

 

Je ne sais s’il y a un Dieu, je reste agnostique, mais s’il devait y en avoir un, je préférerais que ce soit celui des chrétiens…

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 11:24

Quelques anciens élèves du collège où je fis toutes mes études, Sainte Marie Grand Lebrun à Bordeaux, eurent l’excellente idée d’essayer de réunir la promotion de fin d étude, du moins ceux dont on pouvait retrouver les adresses et qui étaient encore de ce monde…Une énième grève SNCF ayant entrainé l’annulation de mon train, j’ai du, ne pouvant me résoudre à manquer cette réunion, prendre un avion au dernier moment et donc en assumer le surcout. Quelle émotion de revoir, plus de 40 ans après, nombre de ceux qui partageaient les bancs de ma terminale C, et dont un, sans qu’il s’en doute, avait suscité en moi un trouble dont il me faudra encore quelques années pour lui reconnaitre pleinement son origine sexuelle…Dans l’euphorie de la soirée j’en fis l’aveu à ce père de 3 enfants qui ne s’en offusqua pas. Plus tristement j’appris le décès de Michel,  qui, un des étés suivant cette année de terminale, avait furtivement posé la main sur mon sexe à la suite d’une séance de « strip poker », déclenchant une éjaculation immédiate dans un torrent émotionnel. Paralysé par cette première expérience, j’avais refusé les propositions qu’il me fit par la suite, perdant tout contact avec lui et retardant ainsi de plusieurs années mon « coming-out » sexuel…Il est mort seul. Eussè-je été moins inhibé,  Michel aurait pu devenir mon premier amant, avant que je ne les collectionne, un peu comme l’héroïne de « Chambre 212 », le film de Christophe Honoré, à laquelle j’aurais tendance à m’identifier.

 

Le contexte sociétal actuel rend  sans doute plus facile pour un jeune de 18 ans de reconnaitre et d’accepter l’orientation homosexuelle de son désir. Mais pas pour tous. Le dernier film de Xavier Dolan, « Matthias et Maxime » d’un abord un peu difficile du fait du parler populaire en canadien français des personnages, en dépit du sous titrage, montre qu’il peut n’en être rien, même à un âge plus avancé. Beau et puissant film où l’on retrouve les obsessions du réalisateur, notamment son rapport à la mère. Contexte sociétal des pays occidentaux, car en Europe de l’Est, le film bouleversant de Levan Afin, « Et puis nous danserons », nous montre que les amours homosexuels doivent encore se vivre dans la clandestinité et la peur. Non seulement l’orientation homosexuelle n’est pas un choix, contrairement à l’affirmation inepte d’Eric Zemmour, mais des interdits culturels ou sociétaux ne laissent  même pas à certains le « choix » de la vivre.

 

Par un étrange paradoxe, les bénéficiaires des actions de la génération 68, celle pour qui il était « interdit d’interdire» et à laquelle nous devons les acquis quant au droit des femmes et des homosexuels, n’ont de cesse, avec la complicité des réseaux sociaux, de censurer et de s’attaquer à la liberté de penser et de création. Une philosophe reconnue et un ancien président de la république sont empêchés de s’exprimer dans l’enceinte d’une université, Alain Finkielkraut se voit menacer d’interdiction d’antenne sur France Culture et un grand cinéaste de déprogrammation de son film. Les ayatollahs de l’écologie et de la cause animale tentent d’empêcher les agriculteurs de produire et les consommateurs de bénéficier des jours de « promotion », tandis que la gauche radicale pervertit l’antiracisme en manifestant aux côtés d’organisations salafistes. Ces radicalités tentent avec l’aide des réseaux sociaux d’interdire ou de disqualifier toute opinion contraire et s’efforcent de substituer le tribunal médiatique aux institutions judiciaires sapant les bases mêmes de notre démocratie.

 

Notre liberté est à nouveau menacée, il ne nous reste plus qu’à entrer en résistance. Je ne sais si Roman Polanski est coupable de ce dont on l’accuse mais on a le droit de s’interroger quant à une accusation qui survient 40 ans après les faits supposés juste au moment de la sortie de son film, alors qu’ils sont prescrits et qu’il sera impossible pour le réalisateur de se défendre. Je suis donc allé voir son film, excellent, applaudi à la fin de la projection…

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 17:11

Rejoindre en voiture notre Compostelle gay, Sitges, en marquant plusieurs étapes dans un village français ou des sites d’intérêt, est maintenant de tradition chaque mois d’août. Après une brève visite de Moulins, Souvigny, récent compétiteur malheureux au titre de plus beau village français, marqua le début de notre périple. Dans son célèbre prieuré Saint-Pierre-et-Saint-Paul, non loin des gisants de Cluny, mon regard fut attiré par la présence de trois charmants scouts, deux en méditation et le troisième dans un mystérieux travail d’écriture, dont on se demandait ce qu’ils faisaient en cet endroit, seuls, peut-être sur le chemin de la vraie Compostelle? Le lendemain, nous devions rejoindre la route Napoleon, qui débute au sud de Grenoble, afin d’atteindre le petit village de Corps dans les Alpes du sud, non sans avoir pris un, trop court, moment pour flâner dan le splendide parc du château de Vizille. Notre hôtel, surplombant Corps, comme perché sur le toit du monde, ne pouvait s’atteindre que par une route de montagne si étroite qu’on imaginait mal pouvoir croiser sans effroi le moindre autobus. Pas d’autre solution que de diner sur place plutôt que de prendre le risque d’affronter à nouveau et de nuit cette aventure routière. Nous étions si près de Notre-Dame de La Salette, dont j’ai appris qu’elle était le deuxième lieu de pèlerinage de France après Lourdes, qu’il était tentant d’y faire un saut au petit matin, avant la horde des pèlerins, pour quelques photos dans un panorama montagneux spectaculaire et histoire de nous faire pardonner d’avance nos futurs péchés de luxure à Sitges. Il ne nous restait plus qu’à emprunter à nouveau la route Napoléon, visiter tranquillement le château de Sisteron que je n’avais pas revu depuis une lointaine étape gastronomique à Château-Arnoux en 1985 avec mon ex-ami, avant d’arriver à Castellane, sur les bords du Verdon, le temps de découvrir enfin ses splendides gorges, d’une baignade glaciale (pour Bertrand) dans la rivière qui longeait l’hôtel et de s’offrir en fin de journée l’escalade du Roc qui surplombe la ville, l’occasion d’aller quémander un autre pardon préventif  à notre deuxième madone du séjour, Notre Dame du Roc. Après une nuit réparatrice, l’hôtel du château, dans le vieux village de Cagnes-sur-Mer,  nous attendait pour la fin de ce périple sur une route chargée d’histoire, mais bien peu propice aux aventures sexuelles, les quelques contacts que l’on pouvait repérer sur Grindr se situant le plus souvent à plus de 20 kms. Vivre « gay » dans ces contrées, une fois épuisés les quelques contacts locaux possibles et, durant l’été, les touristes de passage, c’est sans doute se résoudre souvent à la musculation de sa main…

 

La transition avec Sitges pouvant s’avérer un peu brutale, nous avions prévu une étape de mise en bouche à Saint-Tropez où je n’avais pas séjourner depuis au moins 30 ans. Une maison d’hôte, « La Bastide Sainte Anne », sur la route des plages et à quelques minutes en voiture du centre ville, avec ses chambres joliment décorées, sa grande piscine, sa tranquillité, la gentillesse de son hôtesse et son coût relativement modéré, du moins pour Saint-Tropez, s’est révélée un point de chute fort agréable. J’avais le souvenir d’une vie nocturne très gay friendly, du moins aux abords de « Chez Maggy » qui s’animaient avec une faune très colorée dès la fin de l’après midi. L’établissement n’ouvre plus qu’à 21 heures et étais toujours fort désert lorsque nous avons décidé de rejoindre notre chambre. Les bars signalés comme « gay » ou « gay friendly » sont en fait des bars restaurants où l’on s’imagine mal s’éclater. Peut-être aurait il fallu patienter jusqu’à une heure plus avancée de la nuit…Même la plage naturiste de Pampelone m’a semblé bien morne. Cela dit, loin de la foule qui s’agglutine sur le port autour de monstrueux yachts , flâner dans le labyrinthe des rues de la vielle ville n’a rien perdu de son charme.

 

Sitges donc, où nous avions décider de séjourner non plus dans la semaine précédant le 15 août, mais en deuxième quinzaine, anticipant une moindre affluence et possiblement une clientèle gay moins « parisienne ». J’ignorais que nous allions tomber en pleine  Festa Major, pendant laquelle la ville rend hommage à son saint patron, Saint Barthélémy et qui attire des hordes de touristes. La population gay n’était pas moins dense, loin de là, mais nettement plus âgée que début août et dans laquelle les  habitués du « Marais » parisien se faisaient rares.  Expérience interessante mais que nous ne renouvellerons probablement pas à ces dates. Pour le reste, depuis deux ou trois ans, la  « topologie » des lieux gays s’est stabilisée, définitivement confinée aux alentours immédiats du Parrots.  Seule surprise, le déclin du règne sans partage de « Lady Diamond » qui partageait la vedette des spectacles  transformistes dans les bars avec une  Leona Winter (ancien candidat de The Voice ) peu convaincante.

 

Une route du retour plus classique, avec une étape de quelques jours à Bordeaux pour profiter de la plage du Porge encore plus belle en cette période de grande marée et  aller déguster quelques huîtres au village de l’Herbe près du Cap-Ferret

 

 

 

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