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Un été sans le Porge
La visite de Le Crotoy, petit village de la côte opale, ne se serait pas imposée si elle ne nous avait rapproché d'Arras, à la veille de la cérémonie funéraire de la tante de mon conjoint, nous offrant un moment de fraicheur, 19 degrés seulement, avant notre départ en vacances pour notre habituel périple estival vers Sitges.
Clecy en pleine fête, atteint par la belle route des crêtes, choisie comme brève première étape, ne casse pas 3 pattes à un canard, bien que qualifié de plus beau village de suisse normande. Le lendemain, bonne pioche, en cette fin juillet caniculaire, j'avais prévu un coin de France où trouver la pluie : destination la Bretagne avec Pornic comme vicime désignée. Quelques gouttes seulement mais une fraicheur bien venue ne nous détournant pas de la petite plage au pied de l'hotel que j'avais choisi pour son emplacement, oubliant que son qualificatif de "Thalasso" pouvait lui conférer un air d'Epad de luxe...
Deux jours de répit et nous étions pret à affronter Bordeaux au moment où l'on parlait se son confinement possible, à l'acmé des incendies. La direction des vents étant favorable le premier jour, nous n'avons ressenti l'odeur des feux de foret que le lendemain alorsqu'il faisait 41 degrés. L'été 2026 serait le premier depuis plus de 40 ans, quand j'allais y recontrer le premier garçon qui allait partager quelques mois de ma vie, où je n'irai pas étaler ma nudité sur la belle plage du Porge, avant d'apprendre que la résidence secondaire d'un de mes neveux bordelais avait été complètement détruite. L'océan étant inaccesible, la seule solution était d'aller chercher un peu d'air à la plage du Pyla, sur le bassin.
Nous quittames Bordeaux sans regret pour Belcastel, son chateau en suplomb, son église du 15è et sa gastronomie. Ce village aveyronais d'un charme fou et à la réputation méritée, était lui aussi en fete en ce vendredi soir de la fin juillet. Le lendemain, rejoindre Sitges d'une seule traite un samedi 1è Aout, en passant par le Perthus, n'aurait pas été raisonnable. Une étape s'imposait, alors pourquoi ne pas précéder le Pape de quelques semaines à Lourdes, ville que Bertrand ne connaissait pas, sans doute pas pour espérer une évolution favorable de sa maladie de Parkinson ( agnostique mais on ne sait jamais...), mais l'occasion de me remémorer la procession aux flambeaux que je fis, enfant, avec mes grands-parents ou, au début des années 80, les remplacements de ce neuro-psychiatre palois qui y avait une vacation hospitalière, personnage fantasque qui au lendemain de l'élection de Mitterrand s'était réfugié dans sa chambre avec une arme dans l'attente de l'invasion russe...
Nous arrivames à Sitges après quelques heures d'une belle route à travers les Pyrennées pour une semaine de repos, sous une chaleur plus supportable qu'en France, ne dépassant guère les 30 degrés. Pas de changement notable cette année de la scène gay, toujours retrécie aux alentours du Parrott, si ce n'est plus de monde que l'année dernière et la confirmation de l'abandon progressif de la fréquentation de la place centrale gay pour celle, naturiste, des Balmins. Il y a bien longtemps que je n'avais passé de nuits blanches à Sitges, parcourant bars, boites et parfois finissant la nuit sur la plage, mais cette fois ci elles furent la conséquence de l'apparition d'hallucinations et délires nocturnes de mon conjoint, évolution connue de la maladie de Parkinson. La limitation de ces symptomes à des épisodes nocturnes relativement brefs ne m'a pas pas amené à décider un retour précipité sur Paris, estimant que leur prise en charge thérapeutique, la mise sous clozapine que j'anticipais déjà (j'y reviendrai dans un billet ultérieur), n'avait pas un caratère d'urgence et pourrait attendre l'avis de mon confrère qui le prend en chage à Paris.
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Le retour, comme chaque année, allait se faire en plusieurs étapes. Agde d'abord dans une très agréable maison d'hôtes, nous laissant découvrir une ville bien morte, dont le seul intérêt est sa cathédrale mais heureusement proche du cap d'agde très animé. La halte à Pont-en-Royans, village médiéval aux portes du Vercors, connu pour ses maisons suspendues, ne s'imposait que pour aller visiter la superbe cité médiévale Saint- Antoine-l'Abbaye.
Notre destination finale était Yvoire, cité médiale fleurie aux facades végétalisées, splendide, sur les bords du Lac leman, abordée un soir d'éclipse et qui peut facilement rivaliser avec Saint Tropez pour son coup de la vie stratosphérique. Nous étions tout proche d'Estavayer-le-lac en Suiise, occasion de rendre visite à une amie de Bertrand qui y vit avec sa famille, avant de repartir sur Paris
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