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20 avril 2022 3 20 /04 /avril /2022 18:22

En 2017, l’enchainement de circonstances exceptionnelles et improbables qui avaient conduit à l’élection d’Emmanuel Macron, m’avait fait évoquer l’action d’une « main invisible » semblable au « démon de Maxwell » imaginé pour mettre en échec le second principe de la thermodynamique ( https://limbo.over-blog.org/2017/01/emmanuel-macron-et-le-demon-de-maxwell.html ).

Qui aurait pu imaginer que 5 ans plus tard, après un quinquennat agité et controversé, plombé dès le départ par l’affaire Ben Alla et l’inexpérience du jeune président, puis la crise des gilets jaunes, les grèves interminables provoquées par les réformes de la SNCF et des retraites et la gestion chaotique de la première phase de la pandémie, une réélection, la première d’un président sortant hors cohabitation, serait la plus probable? La « main invisible » aurait elle repris du service, inspirant le « quoiqu’il en coûte » , la mise en place judicieuse du « pass sanitaire », lançant Zemmour dans l’aventure et amenant Pécresse à se ridiculiser au Zenith, avant de pousser le boucher de toutes les Russies ( étonnant comme l’antiaméricanisme des médias et de bien des politiques a traité Biden comme un dément lorsqu’il a appelé un chat un chat…) à envahir l’Ukraine…Certes la partie n’est pas encore totalement jouée, dépendant, de moins en moins, du possible « vote révolutionnaire » d’une partie des fidèles de l’admirateur de tous les dictateurs, mais tout de même, « chapeau l’artiste »! Il y 5 ans, pour la première fois depuis que je suis en âge de voter, ce n’est pas le bulletin du candidat PS que j’avais déposé dans l’urne, sans imaginer que ce parti finirait par se suicider en se livrant à Anne Hidalgo. Cette fois encore ce sera sans état d’âme que je voterai pour la prolongation du mandat d’Emmanuel Macron, qui, s’il est élu, va devoir faire face à deux extrémismes, l’un réunissant le vote ethnique des banlieues et bobo des centres villes, l’autre de nature poujadiste, qui ont à peu près le même poids électoral que lui. Ce n’est sans doute pas un hasard si ces deux radicalismes ont à la fois affichés des sympathies pro russes et une hostilité au pass sanitaire…L’avenir de notre démocratie ne me semble pas radieux…

 

L’étonnant Dany Boon Ukrainien, ne cesse de nous avertir, que ce qui hante Poutine, c’est certes la nostalgie de l’empire soviétique mais surtout la crainte d’une contagion démocratique qui importerait les valeurs « décadentes » de l’occident, dont bien sûr la revendication d’une identité gay. Dominique Fernandez, dans le second tome de son roman, « L’homme de trop » qui vient de paraitre ( https://limbo.over-blog.org/2021/05/du-du-gay-de-trop-a-trop-de-gays-dominique-fernandez-vs-arthur-dreyfus.html) nous livre l’étonnant plaidoyer d’un de se personnages, russe, justifiant la politique expansionniste ( il s’agit ici de la Crimée) et homophobe de Poutine, arguant que l’homosexualité ne fait pas partie de la culture russe - contrairement à l’occident aucun grand écrivain ou peintre russe n’aurait été homosexuel - et qu’il y va aussi de la protection de la famille et des enfants (chapitre d’autant plus étonnant qu’il succède à un autre  qui décrit l’enfer « psychologique » que vivent en France les « éphébophiles »,  injustement assimilés à des pédophiles dans l’univers médiatique contemporain). L’actualité cinématographique illustre de façon hilarante cette homophobie avec « Les crevettes pailletées » dont l’action, quoique tournée en Ukraine (la photo d’un jeune acteur ukrainien réfugié en France illustre ce billet), se déroule essentiellement en Russie, même si le film pâtit  d’un « pédagogisme » anti-homophobe un peu appuyé et n’évite pas toujours les clichés ( mais après tout, comme le souligne Dominique Fernandez dans son roman, la chanson d’Aznavour, « Un homo comme ils disent », bien que véhiculant tous les clichés sous tendant l’homophobie, a été considéré comme courageuse pour l’époque…).

 

Emmanuel Todd, dans son esquisse de l’histoire des femmes, fait de l’identité gay un héritage chrétien. « Le passage de l’homophobie au phénomène gay, c’est à dire d’un rejet de la sexualité », jusque là assimilée au mal , « à sa mise au centre de l’identité sociale, est typiquement chrétien ». Autrement dit l’obsession LGBT serait un produit du christianisme. Il est vrai que les mouvements LGBT sont exceptionnels en dehors  du monde chrétien. Le christianisme comme « religion de sortie de la religion » selon l’expression de Marcel Gauchet.

Nous serions des chrétiens zombies. La Russie ferait donc exception, à moins que la théorie de Todd ne s’applique qu’au catholicisme…Il avait déjà utilisé ce terme de « catholique zombie » à propos des participants aux défilés à la suite des attentats de Charlie Hebdo, dont la sociologie devrait à peu près recouper celle des électeurs d’Emmanuel Macron lors de ce  premier tour des élections…

 

Profitons donc de notre héritage chrétien, on ne sait ce que l’avenir nous réserve, et de la présence quasi constante, facilitée par l’idéologie « woke », de personnages gays ou lesbiens dans la paysage audiovisuel qu’ils aient la vedette comme dans

« This is going to Hurt » sur Canal ou dans « Les animaux fantastiques » en salle (à quand un Harry Potter gay? N’est il pas enfermé dans un placard au début de l’histoire, accusé par ses parents de n’être pas « normal ») , ou jouent les seconds rôles comme dans The Gilded Age, Yellowjackets, ou Severance, cette jubilatoire série d’Apple Tv qui nous plonge dans un univers entre Orwell et Kafka qui aurait été mis en scène par David Lynch. Quant à l’homophobie, elle occupe le thème central de deux films récents, « The Great Freedom », qui nous rappelle qu’à la sortie des camps nazis, les homosexuels allemands ont été jetés en prison sous couvert de l’article 175, et le magnifique « Power of the Dog » de Jane Campion où un jeune garçon efféminé, conscient du pouvoir de séduction qu’il exerce sur le propriétaire du ranch, à l’orientation sexuelle mal assumée, qui emploie et persécute sa mère,, va mettre en oeuvre un plan diabolique pour la protéger.

 

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4 janvier 2022 2 04 /01 /janvier /2022 11:18

Il fût un temps, lointain, adolescent ou très jeune homme, avant que l’emprise du désir ne dévore mon temps libre, une passion, le bridge,  l’occupait en grande partie, avec la lecture. J’en avais abandonné la pratique, il y a des dizaines d’années, à la suite de défection de ma partenaire attitrée, épuisée par les efforts de mémoire que demandait le système d’enchères que je lui avais imposé ( et peut être aussi par sa prise de conscience que je ne serais jamais plus pour elle qu’un partenaire…) et de mes obligations professionnelles. Les confinements successifs, la fermeture des salles de sport et de cinéma, la restriction des voyages, ainsi peut-être que l’anticipation d’une inévitable réduction de mon pouvoir de séduction avec l’âge, m’ont conduit à renouer avec la pratique de ce jeu et de me replonger dans les nombreux livres toujours en ma possesssion, du moins ceux traitant du jeu de la carte, car le bouleversement total des systèmes d’enchères depuis ma jeunesse nécessitait de nouveaux investissements.  La remise « à niveau » nécessitée par l’adhésion à un club et la pratique des tournois, exigeait un tel effort intellectuel que j’ai négligé ce blog depuis quelques semaines….

 

Ce n’est pourtant pas l’envie qui m’a manqué d’aborder certains sujets :

 

* Le niveau nullissime en arithmétique des antivax   qui ont cru trouvé la preuve de l’inefficacité des vaccins dans la proportion  importante de sujets vaccinés hospitalisés pour covid. Le niveau des journalistes en cette discipline n’étant guère meilleur, peu ont su démontrer clairement la stupidité de cette affirmation. En effet, il aurait suffit de donner l’exemple théorique suivant : soit un village de 1000 habitants dont  90 % sont vaccinés et qui compte 200 hospitalisés dont  100 vaccinés et 100 non vaccinés. Cette apparente égalité  des chiffres bruts, masque le fait que 100% des non vaccinés sont à l’hôpital alors qu’il en est ainsi pour seulement 11% des vaccinés… Messieurs Dupont Aignan et Philippot ne peuvent pas ne pas le savoir mais ils surfent sur l’ignorance et la bêtise de leur supporters.

 

* Le délire Omicron, amplifié par les chaines d’information continue ( sauf CNEWS, reconnaissons le…), annoncé comme la fin du monde, au point de faire chuter les bourses, avant d’apparaitre comme la possibilité d’atteindre enfin l’immunité collective. Le dernier exploit de Spiderman aura été de faciliter cette immunité en jetant plus de 5 millions de jeunes spectateurs dans les salles en deux semaines, le masque en bandouillère ( Pop-corn oblige…). « Contaminons nous les uns les autres » et finissons en…Quelle chance que notre gouvernement ait un peu moins paniqué que ceux de nos voisins européens en limitant les restrictions, tout en instaurant, contraint d’agir, quelques mesures absurdes comme l’interdiction de consommer debout dans les bars (quant à celle du Pop-corn dans les cinémas ça ne peut qu’améliorer la bande-son…).

 

* Le phénomème Zemmour qui est un des avatars de la décomposition des gauches « éclatées » qui ont abandonné  les valeurs républicaines et leur électorat pour se réfugier dans le communautarisme. Dommage que ce journaliste qui a pu me réjouir, parfois, du temps où il était chroniqueur de l’émission de Ruquier - qui a depuis perdu tout intérêt- quand il fustigeait les références culturelles du modernisme ( des textes de « Grand Cops Malade » comme épreuve au bac…) soit devenu, comme Renaud Camus, sa propre caricature. La haine journalistique à son égard continue à nourrir le phénomène…Etonné cependant que son affirmation selon laquelle le régime de Vichy aurait essayé de protéger les juifs français ait déclenché une indignation générale sans qu’il ne soit jamais rappelé que dans les années 50, « L’histoire de Vichy » de Robert Aron, une référence à l’époque, émettait déjà cette thèse, mentionnée aussi dans le récent téléfilm de la télévision, pourtant publique, sur Pierre Laval.

 

* Les excès de « Me TOO », de la cancel culture ,du « wokisme » et de l’écologie militante, qui après s’être attaqué à la voiture et aux arbres de Noël veut maintenant nous priver du foie gras, m’ont permis de découvrir le roman jubilatoire d’Abel Quentin, « Le voyant d’Etampes », prix de Flore, roman Houelbecquien qui croque avec humour les dérives identitaires de la cancel culture et la mini série irrésistible de Blanche Garden, sur Canal, « La meilleure version de moi même », caricature de toutes les dérives de notre époque, des méthodes de « développement personnel » au véganisme, à la naturopathie, la psychologie ou le yoga. Puisse le compagnon de Sandrine Rousseau en prendre connaissance pour aider à sa « reconstruction » . Les hétérosexuels vivent des temps difficiles de nos jours, surtout s’ils sont blancs…

 

 

Quelques satisfactions cependant dans cet automne crépusculaire. Avant tout, enfin,  la sortie de « Dune ». Il y a bien longtemps que je n’avais revu un film deux fois (dont une en Imax). La version extravagante de David Lynch, revue quelques semaines avant - je l’ai trouvée très kitch, mal vieillie - ne m’avait pas déplue à l’époque, bien que je lui ai préféré la série télévisée. Heureusement, le succès relatif du film, ce qui n’était pas gagné, devrait permettre la réalisation de sa 2è partie. Comble du bonheur, un autre chef d’oeuvre de la science-fiction, « Fondation », s’est trouvé disponible en série sur Apple TV+, dans une version certes infidèle au roman, mais convaincante tout de même. Il ne manque plus que soit porté à l’écran « Hyperion », le chef d’oeuvre de Dan Simmons, projet sans cesse repoussé. A savourer aussi, un ovni littéraire, « Les oiseaux du temps », qui a trusté tous les prix de Science-Fiction en dépit de son abord difficile, court roman qui conte la correspondance amoureuse et secrète de deux combattantes de civilisations post humaines, l’une de nature technologique, civilisation de machines, et l’autre végétale, dans le cadre d’une guerre temporelle qui se déroule dans le multivers de l’histoire humaine.

 

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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 08:22

Toutes les destinations de notre périple d’été n’étaient pas déterminées cette année, en raison de l’incertitude quant à l’évolution de la pandémie en Catalogne, la durée de notre séjour à Sitges en dépendrait.

 

Sur la route de notre première destination, un premier août, nous fîmes une étape gastronomique dans le restaurant étoilé de Saint-Bonnet-le-Froid, en Auvergne, 35 ans après l’avoir découvert alors qu’il n’était qu’un bistrot de village, petite folie bien méritée après 8 mois de privations, par une température en rapport avec le nom de l’endroit, ce qui ne nous a pas permis pas de profiter de la piscine naturelle de l’hôtel. Sans doute étions nous en manque du port du masque en extérieur pour aller le retrouver à Saint-Tropez, imposé par la préfecture quelques jours avant, mais dont nous avons eu l’heureuse surprise de constater que cette directive, excessive,  n’était pas suivie. Il y a bien longtemps que ce village n’est plus une destination gay, phénomène sans doute accentué cette année par la désertion des « people » à l’annonce de la fermeture de plusieurs lieux nocturnes due à la découverte de cas de covid parmi le personnel. Trois jours cependant bien agréables dans une ambiance moins surpeuplée mais sans contacts « grindr » concrétisés….

 

Changement de décor à Roussillon, une des plus beaux villages du Lubéron et de France, même si la fréquentation de l’hôtel, bien que confortable avec une belle piscine, n’était pas loin de rappeler celle d’une EHPAD! Le sentier des Ocres, Saint Saturnin les Apts, Oppede, la synagogue de Cavaillon , entre autres, suffirent à occuper trois nouvelles journées et à nous fatiguer suffisamment pour ne pas nous faire regretter l’absence de distractions nocturnes, le seul contact Grindr notable étant celui d’un ancien « trick » parisien, dont je n’avais aucun souvenir, en vacances dans le région, mais qui n’était pas du goût de mon conjoint…

 

Rupture brutale d’ambiance en arrivant, dernière étape avant l’Espagne, dans une maison d’hôtes gay, à Grau d’Agde, composée de cinq bungalow abritant chacun des couples de tout âge  autour d’une piscine où le naturisme était autorisé, mais  sans avoir constaté la moindre tendance à l’échangisme, même si un ami de nos charmants hôtes, venu profiter du lieu, nous a paru s’approcher intimement dans le jacuzzi d’un joli garçon dont le compagnon s’était absenté….L’endroit était si agréable que nous ne l’avons point quitté, négligeant même une visite du village naturiste, si ce n’est pour les diners au restaurant au moment du premier jour de mise en oeuvre du passe sanitaire, non demandé…

 

Il était temps, intégralement bronzés, de rejoindre Sitges par le col du Perthus (sans aucun contrôle…), impatients de découvrir dans quel état nous allions la retrouver après 2 années de restrictions sanitaires. A notre arrivée par beau temps, moins chaud qu’à l’habitude, un simple coup d’oeil nous a permis de constater, avec satisfaction, que le port du masque obligatoire en extérieur était loin d’être respecté. Un rapide tour de la ville nous a rassuré quant à la survie, jusque là, de la plupart des commerces et restaurants. Pas de drones non plus pour surveiller la distanciation physique sur la plage gay, comme annoncé dans certains médias, plage certes sans la foule habituelle de la semaine du 15 aout mais loin d’être désertée. Nos inquiétudes quant à la vie nocturne se sont malheureusement trouvées confirmées, avec un couvre feu à 1H matin, certes peu rigoureux, mais entrainant la fermeture des restaurants un peu après minuit et celle complète des bars de nuit « festifs », ne permettant plus qu’une consommation en extérieur, tout le monde se retrouvant, serré comme dans le métro aux heures de pointe, un verre à la main, dans la rue de la Bonne Aventure, principale concentration des lieux gays, situation qui aurait pu être évitée par la mise en place d'une passe sanitaire, décision difficilement applicable dans un pays régionalisé. Tandis qu’à Paris des hordes de paranoïaques, de complotistes, d’antisémites et surtout d’imbéciles, harangués par des politiciens sans foi ni loi, défilaient tous les samedis contre les décisions courageuses du président, ce serveur de restaurant, que nous connaissons depuis des années, nous faisait part de la période difficile qu’il venait de vivre, obligé à plus de 50 ans de demander l’aide de ses parents, les indemnités accordées par l’état espagnol étant dérisoires (pas de chomage partiel ici). 

 

Abrégeant notre séjour comme prévu au bout de 4 jours, nous fîmes une étape à Saragosse, le temps de visiter ses deux splendides cathédrales, par plus de 40 degrés, puis à Saint-Jean de Luz, après avoir à nouveau traversé la frontière sans aucun contrôle,  pour succomber une nouvelle fois aux chiperons à l’encre de chez Pablo, avant de rejoindre pour quelques jours  notre pied à terre bordelais, de profiter quand le temps l’a permis de la plage gay du Porge et de constater que la mise en place du passe sanitaire dans les restaurants et les bars ne posait aucun problème.

 

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 21:08

 

 

Vous en souvient il? Nous étions au lendemain de l’annonce par Emmanuel Macron du plan de déconfinement. Gilbert Deray, un néphrologue de la Salpetrière dont je me suis toujours demandé quelle expertise (même si j’approuve pleinement son récent éditorial dans l’Express en faveur de la vaccination et du passe sanitaire) motivait son exposition sur tous les plateaux de télévision, dénonçait, dans la matinale de LCI, ce plan qu’il qualifiait de décision « politique » ( heureusement!), ignorant les recommandations sanitaires et les modélisations alarmantes de l’Institut Pasteur et prédisait qu’on était pas près de cesser de voir « un Airbus par jour s’écraser » ( les 300 morts quotidiens de fin avril). Il n’était certes pas le seul de nos  "enfermeurs" à demander la pérennisation des mesures de confinement jusqu’à l’obtention de l’immunité collective (inatteignable dans le pays des gilets jaunes!). Ils se sont faits certes plus discrets lorsque l’évolution de l’épidémie, ce printemps, a ridiculisé leur expertise. Ils n’espéraient pas rebondir si vite grâce au variant delta qui leur faire dire que les « rassureurs » ayant dansé tout le printemps, se sont trouvés fort dépourvus quand l’été indien» fut venu…Les hospitalisations ne sont certes pas au rendez-vous, mais leurs modèles mathématiques leur fait garder espoir de pouvoir reprendre cet automne leurs incantations pour un nouvel enfermement et leur show sur les plateaux des chaines d’information continue, à moins que la stratégie courageuse d’Emmanuel Macron avec l’instauration du passe sanitaire et sa formidable incitation à la vaccination ne vienne bousculer, on l’espère, leur sombre prévision.

 

Certes d’autres, comme l’épidémiologiste Martin Blachier ( même s’il a souvent  changé d’avis), ont été plus heureux dans leur évaluation de la situation printanière, ce qui justifie sans doute qu’il ait maintenant «l’oreille» du président de la République, mais son obstination à affirmer que la chute brutale de la pression hospitalière en mai-juin n’était pas due à la vaccination mais aux effets des restrictions et surtout de l’augmentation des températures, laisse perplexe. En effet, je n’ai pas besoin de faire appel à mes lointains souvenirs de Math Sup, pour faire un calcul arithmétique élémentaire : si une dose de vaccin diminue de 50% le risque d’ hospitalisation, deux doses de 90% et si on ajoute qu’environ 20% de la population a déjà eu l’infection, on peut en déduire qu’au moins 50% de la population française se trouvait en juin à l’abri d’une forme grave, ce qui ne pouvait pas ne pas se traduire dans les chiffres…Quant à l’ hypothèse de l’influence bénéfique des températures, elle semble caduque avec l’arrivée de la « 4è vague » en Europe en plein été et la diminution des contaminations en Amérique du Sud, en plein hiver…

 

En attendant nous saurons dans  les mois qui viennent qui est le meilleur prévisionniste : le premier ministre anglais, qui lève toutes les restrictions en pariant sur l’acquisition naturelle de l’immunité collective avec la poursuite des contaminations, sous protection des vaccins pour contenir les formes graves, ou notre président du Conseil Scientifique qui nous promet le port éternel du masque avec au mieux un nouveau variant cet hiver et au pire l’arrivée d’un variant résistant qui nécessiterait de repartir à zéro…. Sans parler de l’attitude systématiquement anxiogène des médias qui n’ont toujours pas constaté que chaque week-end les hospitalisations diminuaient moins ou augmentaient légèrement, sans qu’il s’agisse d’une aggravation mais d’une simple gestion « administrative » des entrées-sorties (non sans arrière pensée « économique ») et qui ce soir, par exemple, soulignent l’augmentation des contaminations alors qu’elle est en baisse…

 

Quoiqu’il en soit merci donc Monsieur le président de n’avoir pas suivi les avis des cassandres et de nous avoir permis de retrouver progressivement une vie presque normale. J’en ai profité dès le mercredi 19 mai avec une trilogie cinéma-bar-restaurant en terrasse en dépit du temps plutôt frais, avec depuis une exploitation maximale de nos plaisirs du monde d’avant.  Quel bonheur de retrouver les salles de cinéma et leur public. Pour respecter le thème de ce blog, en dehors de mon coup de coeur pour l’opéra-rock de Léos Carax, « Annette », je ne mentionnerai que « Garçon chiffon » de Nicolas Maury, un peu surjoué dans sa première partie mais qui finit par émouvoir par sa mélancolie et sa poésie, « Falling » de Viggo Mortensen qui est moins un film sur le coming-out, que sur la fracture entre l’Amérique de Trump et celle de Biden, et bien sûr Titane, véritable choc visuel et sonore que l’on peut apprécier sans partager les positions transhumanistes de la réalisatrice, en oubliant Benedetta que je rangerai dans la catégorie du comique gore ( les apparitions du Christ sont hilarantes). Le moyen de se désintoxiquer un peu des séries, dont je n’ai cependant pas totalement abandonnées pour ne citer que celles qui font place à un personnage gay (Ragnarok (+, Netflix), Blackspace (++, Netflix), Qui a tué Sarah (-, Netflix), White Lotus Hotel (+++, OCS)) ou font même de l’homosexualité leur thème central, comme I love Victor (Disney) ou Young Royals, sorte de The Crown Gay (Netflix).

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 17:36

Les regards croisés, si divergents, sur la question gay, de Dominique Fernandez et d’Arthur Dreyfus dans leur « Correspondance indiscrète » ont fait l’objet d’un ancien billet de ce blog (https://limbo.over-blog.org/2016/07/gays-d-hier-et-d-aujourd-hui.html) et j’avais dit combien, en dépit d’une proximité générationnelle avec le premier, je me sentais nettement plus proche du second.

 

La publication simultanée du dernier roman de l’académicien, « L’Homme de trop », et du « Journal sexuel d’un jeune homme d’aujourd’hui » d’Arthur Dreyfus, illustre de façon presque caricaturale le gouffre qui sépare leur vécu de l’homosexualité. Difficile de porter un jugement définitif sur ces deux oeuvres, puisque seul le premier tome du roman est paru, quant au journal qui comporte plus de 2000 pages, sorte de bible du sexe écrite sur papier approprié, je suis loin d’en avoir terminé la lecture.

 

Eternel minoritaire , hier dans une France où l’homosexualité se vivait cachée et souvent honteuse, aujourd’hui dans celle du conformisme où les gays se sont « hétérosexualisés » dans leur conquête du « droit à l’indifférence », « L’Homme de trop », Lucas, soixantenaire, porte parole de l’auteur, raconte son vécu, nostalgique, du passage du monde pré-gay à celui post-gay qui a commencé avec l’adoption du Pacs (terme du premier tome) et qui culminera avec le mariage pour tous dans le deuxième tome à paraitre. Le vécu refoulé et honteux de sa jeunesse nous vaut des pages interminables, érudites jusqu’à l’ennui, établissant un parallèle entre homophobie et la porcophobie, une chronique tout aussi documentée de l’homophobie des années pré-gay, la narration de ses rencontres amoureuses, douloureuses, avec de jeunes gens abimés par la vie, handicapés sociaux pour lesquels son attachement, indissociable de son sentiment de culpabilité, traduirait le « rachat d’une faute ». Même si son affirmation de l’homosexualité comme différence, comme une autre façon d’être au monde, son rejet de la psychanalyse et de ses élucubrations sur la question gay, font écho à plusieurs billets de ce blog, sa vision biaisée par son histoire personnelle et son côtoiement  d’homosexuels « marginaux » l’amène a proférer des absurdités sur le vécu gay : où est-il allé chercher que les bars homosexuels n’étaient plus fréquentés que par des seniors nostalgiques, des jeunes timides ou des provinciaux ou que les lieux de sexe ne concernaient plus que les anciennes générations victimes du refoulement! Son rejet du communautarisme gay a du le tenir éloigné du Marais depuis longtemps… Plutôt une déception donc , loin de l’émotion que j’avais éprouvé à la lecture de « l’Etoile Rose » du temps de ma libération sexuelle (https://limbo.over-blog.org/article-litterature-et-homosexualite-61056855.html).

 

Longtemps je vais me coucher avec le journal sexuel d’Arthur Dreyfus, livre de chevet pour quelques pages chaque soir, comme ce fut le cas lorsque j’entrepris, jeune adulte, la lecture de La Recherche. Ses « Tricks » sont bien différents de ceux du livre culte de Renaud Camus qui fantasmait sur les « moustachus, poilus » de 25-40 ans, bien loin de mes gouts à cette époque, alors qu’Arthur, rare point commun avec Dominique Fernandez, chasse l’éphèbe, orientation qui était aussi celle de mon désir lorsque j’avais son âge.

 

Quelle motivation peut conduire à une telle monumentale publication dont on peut se demander si elle n’a pas la dimension d’une confession? L’ampleur de son addiction au sexe, tellement supérieure à la mienne qui n’est pourtant pas banale, le nombre vertigineux de ses rencontres bien au delà de ce que j’ai connu dans ma période la plus florissante, en un temps il est vrai dépourvu d’applications de rencontre, sa fréquente recherche de rapports de brutale soumission ou humiliation, sa phobie paradoxale de la contamination - avec un rapport étrange au risque de la fellation qu’il ne craint qu’active, ce qui nous vaut son affirmation répétitive et fatigante  de l’usage de la capote, qui n’a aucun rationnel épidémiologique, jusqu’à la Prep vienne enfin l’en dispenser - semblent traduire un certain mal être, impression confortée par son besoin de justification au moyen d’interprétations psychanalytiques douteuses, jusqu’au cliché lors de l’assimilation de l’attrait de certains jeunes pour les « matures » à un désir du père, rappelant ces absurdes « merci j’ai déjà un père » si fréquentes sur Grindr.

 

Il est possible que mon jugement évolue au fil des pages, dont je viens à peine de dépasser la cinq centième, mais je ne serais pas surpris que cette oeuvre, comme ce fut le cas pour Renaud Camus, Guillaume Dustan ou Hervé Guibert, même si elle est diversement reçue - on peut concevoir que l’hétérosexuel moyen, fut-il critique, jette l’éponge en cours de route - marque durablement la littérature gay contemporaine. En dépit de la gêne éprouvée lors de certains passages, qu’il s’agisse de son « expérience » de la prostitution ( dont je crains qu’elle n'annonce celle de la drogue) avec des descriptions peu amènes de ses « clients », du regard  qu’il porte sur les gays âgés dont il regrette qu’ils exposent leur corps « délabré » dans les saunas ou de détails scatologiques répétitifs quant à la propreté de son cul, je ne peux nier, qu’au delà de la narration de ses ébats sexuels, les réminiscences de mon propre vécu, la caractère parfois jubilatoire des  descriptions « intellectuelles » de ses rencontres (et de ce qu‘en révèle la décoration de leur intérieur…) et le florilège des citations grindr, me procurent un constant plaisir de lecture qui devrait m’amener jusqu’au terme de ce journal.

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 17:18

Mon absence de ce blog depuis des semaines est sans doute moins le symptôme  de la lassitude d’un confinement sans fin que le témoin d’un monde où il ne se passe plus rien, si ce n’est l’infini répétition du Même mis en scène par les chaines d’information continue. Autant me dispenser de participer à cette uniformisation du réel en réitérant mon effarement, maintes fois  exprimé ici,  devant la soumission des autorités de tant de pays aux injections sanitaires des « experts », tout en reconnaissant avoir quelque peu sous-estimé la pérennité de l’épidémie en qualifiant certains d’entre eux de Cassandre. Je ne doutais pas qu’Emmanuel Macron soit très réticent à étendre les restrictions actuelles, il vient de le prouver, mais je ne vois pas comment il pourra résister longtemps à la pression inouïe des ayatollahs sanitaires qui occupent en permanence les médias, si la situation ne s’améliore pas rapidement. On sacrifie une génération, des professions entières et des milliers d’emploi, pour prolonger de quelques semaines, ou tout au plus quelques petites années, la vie des plus âgés d’entre nous…

 

Ce n’est pas la propagation constante, inexorable elle, car sans espoir de rémission, contrairement à celle du virus, de la chape de plomb que les réseaux sociaux font peser sur la liberté de pensée, s’étendant maintenant à l’ordre moral avec l’affaire Olivier Duhamel, entrainant les lâches décisions de LCI et du Monde concernant Alain Finkielkraut et Xavier Gorce, qui pouvaient contribuer à me remonter le moral. J’aurai au moins appris que le terme « inceste » pouvait s’appliquer à une relation de parenté par « alliance », puisque la victime n’avait aucun lien de sang avec son « beau père »…

 

De cet univers presque (n’exagérons pas tout de même …) Orwellien, ont toutefois émergé deux nouvelles qui m’ont un peu réconforté, l’absence de « No deal » sur le Brexit et surtout l’éviction du psychopathe qui était à la tête des Etats Unis. Et puis, privilège des professionnels de santé de plus de 50 ans,  mon conjoint (je suis d’une génération gay qui ne se sent pas à l’aise avec le mot « mari » ) et moi, maintenant vaccinés, pourront, peut-être, profiter plus pleinement d’un retour progressif à la normale car je ne doute pas, au moins pour voyager, que le passeport vaccinal s’imposera.

 

Les distractions étant devenues rares, le « temps de cerveau disponible » pour la lecture et le visionnage des séries s’est considérablement accru. Le livre de Jean Pierre Luminet, « l’Ecume de l’espace temps », qui tente de nous éclairer sur les interactions entre l’espace, le temps et la matière et les origines de l’univers, offre un panorama complet, bien que parfois difficile à suivre des théories qui s’affrontent. Celle des Univers Multiples inspire manifestement les scénaristes puisqu’elle est au coeur (L’homme du Haut château, DEVS, OA, Dark, Stranger Things) ou en arrière plan (Lovecraft Country) de maintes séries fantastiques ou de Science-Fiction. Le passage d'un univers du multivers  à l'autre n'étant possible que dans l'imagination des auteurs de S-F, aucun espoir de rejoindre un des mondes sans COVID... Par contre, l’auteur du dernier prix Goncourt, l’Anomalie, fait référence à une théorie plus originale, moins connue, qui fait de notre univers, un monde virtuel, une « simulation » informatique d’intelligences supérieures. Puisse ces « intelligences » avoir la bonne idée de programmer la disparition de notre virus quotidien…

 

( A signaler que la série actuellement en cours sur Canal, Your Honor, avec le héros de Breaking Bad, se déroule au temps du Covid)

 

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9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 10:07

La complainte des soignants - qui soit dit en passant ne peut se comprendre que pour les services hospitaliers qui sont au « front », réanimation, infectiologie, urgences, et non pour l’immense majorité des autres, plutôt en sous emploi du fait du confinement…) - ayant conduit à une nouvelle assignation à résidence, il m’arrive de repenser avec nostalgie à ces quelques semaines de semi-liberté dont nous avons pu bénéficier cet été.

 

J’ai longtemps hésité avant de me résoudre à annuler, quelques jours avant la date limite, ma réservation annuelle à l’Hôtel Calipolis à Sitges, non par crainte de l’épidémie elle même, mais surtout d’une vie nocturne fortement perturbée par les mesures sanitaires en vigueur en Catalogne. L’expérience de la fréquentation du sauna IDM depuis sa réouverture ( avant qu’il ne referme …) m’avait donné une idée peu encourageante de ces contraintes avec le port du masque, hypocritement obligatoire dans les couloirs mais dont on fait fi dans les cabines ou les backrooms…

 

Notre périple habituel des plus beaux villages ou régions de France, sur le chemin de Sitges, allait donc être plus conséquent en ce mois d’aout 2020, mais certainement beaucoup moins « gay ».

 

Nous partîmes donc, Bertrand et moi, un dimanche 2 aout vers la normandie pour découvrir enfin la spectaculaire Étretat où le port du masque n’était imposé que dans la rue principale. Pour atteindre notre étape suivante, le village fleuri de Rochefort en Terre, nous fîmes une courte halte dans le village médiéval de Josselin, non sans savoir traversé la mythique forêt de Brocéliande. Cette traversée rapide de la Bretagne se termina, après avoir parcouru Guérande où nous fumes rattrapé par le port obligatoire du masque,  à Batz-sur-Mer, dont seule l’église Saint Guénolé et son étonnante nef désaxée nous a paru digne du détour.

 

Bordeaux, pas encore masquée, allait nous offrir l’occasion de nous poser quelques jours dans notre appartement, le temps de profiter des plages gays du Porge et de la Lagune, à distance de la chaleur étouffante de la ville, et de découvrir de nouveaux restaurants, avant de reprendre notre tour de France vers le sud-est, après une brève étape au bord de leur piscine chez des amis en vacances dans les alentours de Montauban.

 

Le château de Rieutort, belle maison d’hôte dotée de deux piscines, dont une naturiste, où nous n’avons pas eu l’occasion de découvrir les corps de deux beaux garçons, probablement en couple, qui choisirent la piscine « textile »,  fût notre point d’ancrage pour aller visiter Saint-Guilhem-le-Desert, petite cité médiévale fort fréquentée.

 

Le Lubéron était notre destination suivante et depuis notre confortable installation, pour 3 nuits,  au « Domaine des Sources » nous avons visité l’Abbaye Notre-Dame de Ganobie et son émouvant cimetière de moines, Forcalquier et sa citadelle,, Manosque, La Montagne de Lure (le temps de faire quelques photos nus pour les sites de rencontre), Rustrel et son soi-disant « Colorado » provençal.

 

Privés de Sitges, Saint-Tropez, elle aussi masquée - mais le protocole sanitaire de l’hôtel était cool - ne pouvait nous en offrir qu’un ersatz, bien pâle, en dépit des sections naturistes de la plage de Pampelone, et de quelques restaurants gayfriendly. En dehors peut-être de soirées privées dont nous n’avons pas eu connaissance, la vie nocturne tropézienne nous a paru se limiter à l’utilisation de Grindr…

 

Une nuit à Gordes, où l’affluence était telle que nous eûmes de grandes difficultés à trouver une table pour diner, avant de rejoindre Paris sans nous douter qu’un mois plus tard nous serions à nouveau privés de bars, de salles de sport et bientôt de cinémas et de restaurants…

 

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 08:37

Dans un billet maintenant fort ancien (http://limbo.over-blog.org/article-adapte-toi-a-notre-homophobie-ou-de-l-heterosexualisation-de-l-homosexualite-109687347.html), j'avais rapporté la segmentation en 3 périodes de l'histoire politique de l'homosexualité proposée par des sociologues espagnols : la période pré gay (qui se termine en France avec l'élection de François Mitterand), la période gay qui court jusqu'à l'adoption du PACS, et la période actuelle, post gay, dont le mariage gay et la prochaine adoption de la PMA sont les marqueurs. 

Deux films, malheureusement peu accessibles au plus grand nombre, car l'un n'est disponible que sur Netflix et l'autre n'a bénéficié que d'une sortie confidentielle dans quelques salles, en sont une illustration parfaite. Le premier, "The boys in the band", est un remake de celui de William Friedkin, mythique de la filmologie gay, reprise d'une pièce de théâtre jouée pour la première fois à NewYork en 1968, et sorti en France sous le titre "Les garçons de la bande". Les personnages du film réunis pour fêter un anniversaire, dont l'action se situent 1968, un peu avant les émeutes de Stonewall et le début de la période "gay" , celle de la libération et du coming-out, reproduisent tous les stéréotypes homosexuels de la période pré-gay, la folle, le tapin, l'intellectuel désabusé et cynique, le dragueur, le mélange des classes sociales. Les reproches, rancoeurs et vacheries que les protagonistes se jettent à la figure sous l'emprise de l'alcool témoignent de leur homophobie inconsciente, de leur "haine de soi" si répandues à l'époque : "Montrez moi un homosexuel heureux, je vous montrerai un cadavre". Ce remake qui apparait bien anachronique à notre époque, n'en est pas moins un divertissement presque nostalgique.

Fin de siècle, bien plus ambitieux, conte, de nos jours à Barcelone,  la rencontre sans lendemain de deux garçons, Ocho et Javi, qui loin de l'homophobie intériorisée des protagonistes du film précédent, assument pleinement une homosexualité libérée de toute culpabilité, couple libre, homoparentalité, rapport moderne au couple...Dans un basculement inattendu, et troublant ( car interprété par les mêmes acteurs), de la construction du film, ils découvrent s'être déjà rencontrés, 20 ans plus tôt, à la veille du basculement de siècle, de façon tout aussi éphémère, non comme aujourd'hui en raison du choix de Javi de ne vivre que des relations d'un soir pour respecter les règles de sa vie de couple, mais parce qu'à cette époque aucun des deux n'étaient arrivés au bout du chemin conduisant à l'acceptation de la nature de leur orientation sexuelle. Dans une émouvante dernière partie Javi, regardant par sa fenêtre Javi repartir vers son couple, fantasme la vie qui aurait pu être la leur, ensemble, dans un des univers multiples où, 20 ans plus tôt, il aurait cessé de se mentir...

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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 18:38

La fin du confinement a permis le retour d’une certaine vie culturelle, certes encore bien limitée, avec la réouverture des salles de cinéma, malheureusement peu fréquentées étant donné la psychose virale ambiante entretenue par les médias, et quelques sorties littéraires. Le hasard est sans doute le seul responsable si les oeuvres qui m’ont le plus touchées, tournent autour des années 80, point culminant  de la libération gay, dont la mienne, mais aussi début des années de cendre. Le film d’Ozon, Eté 85, m’a bouleversé, le souvenir de ces années où je vivais pleinement une homosexualité assumée avec frénésie, leur musique toujours aussi présente, mais avant tout parce que cette dramatique histoire d’amour entre deux adolescents ne pouvait manquer d’évoquer la mémoire d’Hervé et la passion dont il avait été l’objet et à laquelle j’ai consacré plusieurs des premiers billets de ce blog. Certes David, le héros du film, diffère en bien des points d’Hervé, dont la fin tragique n’est survenue que des années après notre rupture, si ce n’est cette impossibilité de supporter que l’autre avoue son amour, aveu alors considéré comme un enfermement déclenchant un processus inexorablement destructeur. En dépit du destin funeste de David, l’image que donne le film de l’homosexualité est bien celle de la libération des corps , du jouir sans entrave et dans l’acceptation de soi,  avant que tant des acteurs de ces années libératoires ne tombent comme des mouches.

 

Le « cancer gay », comme on le dénommait au début de la décennie 80, n’avait sans doute pas encore atteint le Treport où se situe l’action du film. Il est au centre du très beau roman de Rebecca Makkai, « Les Optimistes », qui se déroule à Chicago, en cette même année 85, puis 30 ans plus tard à Paris, au sein d’un groupe d’amis, artistes ou journalistes pour la plupart, dont la vie va se trouver fracassée par l’épidémie du sida, dont l’histoire est ainsi retracée, depuis son émergence en 1981, la découverte du virus en 1983, les premiers tests de dépistage en 85, le premier traitement, si peu efficace, l’AZT, en 87 et enfin l’arrivée salvatrice des trithérapies en 96. Comment ne pas me remémorer ces années tragiques, dont je ne sais comment, multipliant pourtant les contacts sexuels, j’ai pu échapper à une contamination, et ces amis disparus, Claude, Cristian, Jacques et tant d’autres sans doute, amants d’une nuit, dont j’ai perdu la trace. Une question, si présente à l’époque, lancinante, émerge à travers le personnage d’Asher, celle de la pertinence de faire le test de dépistage qui venait d’être mis au point : « Ecoute, on est tous condamnés à mort…on ne sait pas quant ce sera. Un jour, cinquante ans? Tu veux réduire la perspective? Tu veux te donner des sueurs froides? ». J’ai fait partie de ceux qui comme Asher, ont refusé de faire le test tant qu’un traitement efficace ne serait pas disponible. Une positivité aurait été  non seulement un possible arrêt de mort, mais aussi, bien souvent, une exclusion de la vie sociale à la fois due au regard des autres et aux conséquences administratives ( perte d’emploi, impossibilité de s ‘assurer, d’obtenir un crédit). Un de mes amants d’alors, qui manifestement repoussait sans cesse tout nouveau rapport sexuel avec moi, finit par me dire, abattu: « Je suis positif. Tu avais raison, Jean-Jacques, je n’aurais pas du faire le test ». Je ne sais quel fût son destin.

 

Ayant également pour cadre, comme dans le film d’Ozon, une plage au bord de l’océan, celle du Vieux Boucau dans les landes, pas très loin de la célèbre plage de drague gay dite « des casernes » où il m’est arrivé de m’envoyer en l’air, il y a bien longtemps, un autre film, un de ceux qui vous hante longtemps après les avoir vus,  a marqué cette rentrée cinématographique, « Madre », de l’espagnol Rodrigo Sorogoyen, histoire d’amour pseudoincestueuse, qui ne franchit cependant jamais les limites, entre un mère qui pleure son fils disparu et un adolescent dans les traits duquel elle le revoit. Comment ne pas être séduit par le personnage pasolinoviscontien interprété par  Jules Poirier, déjà vu dans le rôle de Marvin jeune dans « Marvin ou la belle éducation »  et par le personnage de Maria, la mère, brillamment porté par Marta Nieto?

 

Il serait dommage de ne pas signaler un autre film, « Le colocataire », certes plus mineur, mais qui traite avec intelligence de la difficulté des amours homosexuelles dans la société argentine, qui plus est en milieu ouvrier. L’histoire d’amour impossible entre les 2 héros, dont les corps nus sont très sensuellement filmés par Marco Berger, a le mérite de ne pas sombrer dans les clichés habituels avec le refus du colocataire, Gabriel, de se soumettre aux concessions exigées par son amant qui refuse de vivre leur liaison en pleine lumière.

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22 juillet 2020 3 22 /07 /juillet /2020 15:29

Un chef de service de néphrologie de la Salpetriere, le professeur Deray, répand, en boucle, ses propos alarmistes quant à l’imminence d’une deuxième vague de l’épidémie en France sur les chaînes d’info continue . A ma connaissance il ne peut se prévaloir d’aucune expertise en infectiologie, épidémiologie ou virologie? A quel titre intervient-il et est-il systématiquement invité? Il prédisait, au lendemain de la fête de la musique, s’insurgeant contre les rassemblements sur le canal Saint Martin, une explosion de nouveaux cas quinze jours plus tard, tout en ajoutant qu’il viendrait reconnaître son erreur s’il s’était trompé. On attend toujours sa contrition. Peut être parle t’il au nom de son collègue, infectiologue lui, mais également alarmiste, le Pr Caumes, celui qui en février qualifiait l’épidémie de gripette  et conseillait de prendre des billets pour Venise à prix bradés…Ils font partie de ceux qui par leur campagne ont poussé le gouvernement, toujours hanté par le risque pénal, à rendre le masque obligatoire dans les lieux publics clos. Pourquoi les médias font ils tant de place aux « Cassandres », qui gèrent avec délectation leur présence télévisuelle et si peu à ceux qui ne manquent pas de faire remarquer que le nombre de malades hospitalisés et en réanimation ne cesse de baisser ce qui contredit l’hypothèse d’une reprise épidémique, soit que l’apparente augmentation de la circulation du virus ne soit qu’un biais du à la multiplication du nombre de test, soit que le virus ait perdu, peut-être par variation saisonnière, de son pouvoir pathogène? Pourquoi les médias traquent-ils, devenus comme la presse d’investigation, des auxiliaires de police, les rassemblements festifs pour les dénoncer, comme ceux des apéritifs gays, le vendredi soir sur les bords de Seine? « Eloignez vous les uns des autres » est devenu la parole évangélique, le paradis,  de ceux qui semblent rêver d’un confinement éternel…

 

 

Je n’ai pas vérifié les sources de la publication qui illustre la fin de  ce billet, mais si elle n’est pas un fake, voici au moins un point sur lequel Raoult aura dit vrai et qui devrait faire réfléchir ceux qui dissuadent de prendre les transports en commun et prônent le « tout vélo » et assimilés …

 

 

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