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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:34

Xxy

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J’ai eu l'occasion de revoir un beau petit film « XXY », qui est un plaidoyer, plein de pudeur étant donné le sujet, pour le droit à la différence. Ce film conte le passage à la puberté d’un (e) adolescent(e) atteint(e) du syndrome de Klinefelter, anomalie congénitale qui porte sur les chromosomes qui déterminent le sexe. Les sujets atteints d’un tel syndrome, qui sont du sexe masculin, ont une chromosome X supplémentaire et sont donc XXY au lieu de XY (alors que les femmes sont XX). Il en résulte un pénis de taille parfois petit (pas toujours), des testicules réduits, une pilosité généralement faible et souvent une gynécomastie, et bien sûr une stérilité. Il existe bien d’autres anomalies génétiques de ce type, comme le syndrome de Turner, un seul chromosome X dans ce cas (avec un aspect extérieur de type féminin, mais pas les organes), ou encore l’hermaphrodisme, aberrations génétiques très rares touchant les chromosomes X et Y, (chez des êtres qui sont bien XX ou XY, mais avec les organes des deux sexes). Des rumeurs ont d’ailleurs connu au sujet de stars qui seraient atteints d’un de ces syndromes (Sheila a ainsi du faire un procès, qu’elle a gagné, à un journal à scandale qui l’accusait d’être un garçon). Il faut sans doute prendre le titre XXY du film dont je parle comme un symbole de l’ensemble de ces anomalies (dans l’affiche du film le Y est dessiné comme un X mutilé) car l’héroïne (ou le héro ?), Alex, ne correspond pas vraiment au syndrome de Klinefelter. Elle se présente comme une femme, mais avec des organes génitaux externes seulement mâles (autant qu’on puisse en juger, car la présence d’un pénis est suggérée et non montrée). Alex, au moment de la puberté, cherche son identité sexuelle et semble avoir décider de ne pas choisir. Terrible passage où le fils, adolescent lui aussi, d’un chirurgien que les parents d’Alex avaient invités chez eux avec sa famille (pour convaincre Alex de choisir…), étant tombé amoureux d’elle/lui (Alex l’a d’ailleurs sodomisé lors de leur premier et seul ébat) se voit dire par son père à qui il confiait son admiration «Alors comme ça, tu aimes Alex ? Ça me rassure, je croyais que tu étais pédé.»

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 22:29


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Il y a déjà un certain temps, en écoutant sur LCI le débat hebdomadaire entre Julliard et Ferry, j'avais été stupéfié de les voir recommander un livre de Lubos Motl, « L’équation Bogdanov ». J’ai failli me pincer pour y croire car ce nom désignait bien les deux frères qui ont maintes fois défrayé la chronique et qui sont souvent considérés dans le milieu scientifique comme des escrocs. Bien plus, Julliard et Ferry en faisaient l’éloge. De quoi s’agit-il ? Les frères sus nommés, l’un docteur en physique et l’autre en mathématique, ont élaboré à travers 5 articles dans des revues scientifiques renommées une nouvelle théorie physique sur le big-bang, ou du moins sur ce qui a précédé le big-bang. Ceux qui s’intéressent plus au problème qu'aux relations entre Carla Bruni et Nicolaparte, ou qui ont parcouru ce blog, savent qu’au big-bang, la singularité initiale, les lois de la physique actuelle s’effondrent, par incompatibilité de la mécanique quantique et de la relativité générale, les 2 théories majeures de notre temps. Des théories non encore démontrées, dont la plus en vogue, la théorie des cordes, sont des candidates à cette unification des 2 théories fondamentales. Toutefois la théorie des cordes est incapable de dire quoi que ce soit sur « l’avant big-bang ». Les Bogdanov, se basant sur un outil mathématique qu’une infime minorité de scientifiques arrivent à maîtriser (certains disent qu’ils sont les seuls, d’où le problème), dans le cadre de la théorie des cordes, ont élaboré une théorie sur « l’avant », théorie qui fait appel à un temps imaginaire (au sens mathématique, vous vous souvenez des nombres imaginaires en terminale ? ; le temps réel ne commence en effet qu’au big-bang), et qui postule, de la même façon qu’il y a un code génétique à l’origine des êtres vivants, l’existence d’un « code mathématique » à l’origine de l’univers tout entier. Ils ont écrits il y a 2 ou 3 ans un livre sur cette hypothèse : « l’avant big-bang », livre que j’avais lu avec intérêt, en dépit de ma relative aversion (je ne sais pourquoi) pour ce « couple » mais qui a suscité des polémiques violentes sur internet au point de me faire penser que je m’étais fait « avoir ». Deux autres stars de la physique actuelle, du camp opposé toutefois aux tenants de la théorie des cordes, dans leur dernier livre, ont dénoncé les 2 frères qui avaient affirmé avoir leur soutien et ont crié à la félonie. Et voici pourtant qu’un des pères de la théorie des cordes, le jeune physicien Tchèque Lubos Motl, avec une préface d’un des responsables de l’agence spatiale européenne, consacre un livre à leur théorie en la soutenant et en la précisant ! Du rififi chez les physiciens. Que tout le monde se rassure, le boson de Higgs dont je parlais il y a peu, est nécessaire à toutes ces théories, il est donc impératif de le mettre en évidence, sinon, tout le monde devra se remettre au travail.
Je vous laisse deviner que si code mathématique il y a, on peut se poser la question de savoir qui a écrit le code….Vous ne vous étonnerez donc pas si tant de physiciens de tout premier plan nous font une crise mystique. Les stars de la biologie, qui eux sont à des années lumières des progrès qui ont été faits en physique, tout juste aux balbutiements du savoir en leur domaine, ne se posent eux aucune question de ce type, « hasard et nécessité » disent ils!

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18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 19:52

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La particule de Dieu, le boson de Higgs, encore appelée le Saint Graal des physiciens, est activement recherchée dans l'immense accélérateur de particule qui a  été construit près de Genève. La découverte du boson de Higgs fait l'objet d'une compétition effrénée entre les équipes de physique des particules élémentaires. De quoi s’agit-il? Selon le modèle le plus abouti et le plus opérationnel (qui marche!) de la physique actuelle, les particules élémentaires (vous vous souvenez, Houellebecq en a parlé dans son roman..), autrement dit les particules de matière ( qui sont soit des fermions comme le proton ou l’électron, soit des bosons comme le photon (la lumière est constituée de photons), la différence entre les deux étant que ces dernières sont les vecteurs des interactions entre les fermions) devraient avoir une masse nulle. C’est bien le cas de certaines d’entre elles comme le photon, mais pas de la plupart. Pour résoudre cette anomalie, il a fallu faire l’hypothèse de l’existence de particules inconnues à ce jour, les bosons de Higgs, qui produiraient un « champ » qui serait responsable de la masse des particules connues. Ces bosons auraient eux même une masse qui serait trop importante pour qu’ils puissent être détectés par les accélérateurs de particules actuels. Il a été construit dans la région de Genève un accélérateur de 27 kms de long, le LHC, opérationnel depuis la fin 2007 et qui devrait produire l’énergie suffisante pour les mettre en évidence.

Pour faire comprendre comment cette particule peut donner de la masse aux autres (et à elle même), je vais tenter une analogie osée. Imaginez un bar sexe gay assez fréquenté, et assez spacieux, où, comme à l’habitude les clients circulent, tournent et retournent, d’un pas léger. Soudain 3 ou 4 mecs « canons » apparaissent en divers endroits du lieu et se laissent aborder par tel ou tel. Immanquablement d’autres viennent se mêler à leurs ébats, les beaux mecs musclés (les bosons !) créant un « champ » d’attraction, et des attroupements se forment dont les individus (les particules) ont du mal à se détacher comme si elles avaient une « masse ».
Mais ce boson de Higgs n’est qu’une hypothèse rendue nécessaire pour rendre cohérente la théorie actuelle, il n’est pas « déduit de la théorie », mais y est « ajouté ». Si on n’arrive pas à le mettre en évidence, il faudra remettre à plat une théorie qui est le socle de la physique actuelle et qui fonctionne. L'autre théorie dont je vous ai parlé, non opérationnelle celle là, du domaine des spéculations visant à résoudre les contradictions entre la théorie des particules et la relativité, la théorie des cordes, prédit l’existence du boson de Higgs. L’ennui c’est qu’il n’y a pas une, mais une infinité de théories des cordes, chacune prédisant une masse différente pour le boson de Higgs (voir un billet précédent).

Si l’accélérateur permet de découvrir ce fameux boson, on pourra ainsi éliminer toutes les théories des cordes qui ne donnaient pas la bonne valeur, mais si on ne le découvre pas, on pourra toujours dire qu’il avait une masse telle que 27 kms c’était insuffisant et que cela ne permet que d’éliminer que les théories de cordes qui prévoyaient une masse détectable par la technologie actuelle...

Je peux vous assurer qu’on parlera encore longtemps du boson de Higgs après que les régionales auront été oubliées...
Pour ceux qui veulent se distraire :

http://chezluc.blogspot.com/2006/06



http://www.webastro.net/forum/showthread.php

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 23:03
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Ces temps d'élection sont une occasion de vous faire part d'une page du dernier tome, celui de l'année 2007, du journal de Renaud Camus, "Une chance pour le temps". L'auteur s'étonne d'entendre au journal télévisé, une dame professeur agrégée d'histoire et géographie dans un prestigieux lycée parisien, déclarer qu'il lui fallait trois heures de préparation pour ses cours : "Et quand je vois le niveau ordinaire, en histoire, des quelques adolescents ordinaires que je rencontre, lesquels en général n'ont pas la moindre idée claire de quelque épisode ou de quelque période que ce soit, je ne parviens pas à concevoir qu'un professeur agrégé, passé les deux ou trois premières années, peut-être, et encore, puisse être obligé de se livrer à trois heures de préparation pour un cours, ni même une seule." L'ami de l'auteur, Pierre, étant lui aussi professeur agrégé d'histoire, Renaud Camus poursuit : " Pierre a là-dessus une position ambigüe. Il dit que lui même ne prépare ses cours, mais il dit aussi qu'il a tort. Il trouve particulièrement difficile d'enseigner l'histoire contemporaine....il donne l'exemple de la démocratie chrétienne. Il dit qu'expliquer ce que peut bien être la démocratie chrétienne, le concept et la chose, à des lycéens de première, c'est la croix et la bannière :"parce que nous, nous savons que les chrétiens, traditionnellement, dans la République, avaient été plutôt à droite, ou même très à droite : alors il nous est facile de comprendre l'espèce de paradoxe et la nouveauté qu'ont pu représenter des démocrates chrétiens, des chrétiens démocrates. Mais, pour mes classes, les chrétiens sont des gens bien gentils, un peu gnangnan, qui sont prêts à se dévouer pour toutes les bonnes causes : pourquoi ne seraient ils pas démocrates? pourquoi faudrait il préciser qu'ils le sont? On ne comprend pas de quoi je parle."
- Mais justement : c'est ce que je dis. Ces lycéens sont tellement ignorants qu'il faut tout leur apprendre. Un professeur ne peut pas être lui-même tellement ignorant qu'il ait besoin de faire des recherches et de préparer son cours pour s'adresser à des gens qui ne savent rien. Tout ce qu'il pourra leur dire sera utile pour eux. Tout ce qu'il pourrait leur apprendre serait un progrès."

Ce passage m'a fait sourire car il se trouve que Bernard, mon ex-ami, lui aussi professeur agrégé, de lettres, ne manquait pas de me dire quand il donnait ses cours au lycée de Noisielle (en ce temps là l'ami de Renaud Camus professait dans le même lycée, ils avaient d'ailleurs sympathisé), qu'il n'avait nul besoin de les préparer ... Je ne me mêlerai pas à ce débat, mais il me semble cependant que Renaud Camus a sous estimé le caractère "prestigieux" du lycée dans lequel enseignait cette dame, lycée dont les élèves ne sont sans doute guère représentatifs de ceux que l'on peut rencontrerl....
Bonne occasion pour signaler que j'ai voté pour la démocratie chrétienne (! ) et non blanc comme je l'avais envisagé, dans tous les sens du terme, puisque le candidat Modem de l'Ile de France est métisse. Je voterai blanc au second tour.

Quitte à en agacer certains, il m'arrive, la pression médiatique étant telle, que je me demande parfois si je n'ai pas "mal pensé", si ma première appréciation des propos d'un tel ou d'un tel n'a pas été hâtive. Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour Gérard Longuet, loin de là, mais je trouvais ses propos récents sur la présidence de la Halde au moins dignes d'intérêt. Le tumulte qui a suivi aurait pu me faire douter, mais j'ai été rassuré en écoutant ce jour le débat hebdomadaire "Jacques Julliard- Luc ferry" sur LCI, les deux avaient le même sentiment que moi.

Un roman fait actuellement beaucoup parler de lui : "Sukkwan Island". Il s'agit de la première œuvre d'un jeune auteur américain, David Vann, l'histoire d'un père, en proie à des difficultés existentielles et conjugales, qui va amener son fils unique sur un île déserte de l'Alaska pour essayer de renouer avec lui. Il est difficile d'imaginer un histoire plus noire que celle là, plus longue nouvelle que roman, avec un coup de théâtre, totalement imprévisible, on dirait presque "gratuit", qui a l'originalité de survenir à mi-roman et non à la fin, ce qui rend "étrange" et parfois décevante, toute la seconde partie qui finit par apparaitre comme un voyage dans la folie. Ce roman ne  laisse pas indifférent, il est écrit, mais on peut s'étonner de lire, à propos d' une première œuvre :  "enfin le grand romancier américain qu'on attendait"...

Pour clore ce billet ce petit extrait, qui m'a amusé, du journal de Renaud Camus, à l'entrée du "22 avril 2007" : "Election présidentielle. A huit heures moins cinq on nous a annoncé que Richard Virenque, Jean Reno et Doc Gynéco faisaient leur entrée au Q.G. de campagne de Nicolas Sarkozy. Le nouveau régime était en place."
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 21:44

ChateauBrane-Cantenac.jpgLe petit monde de la théorie des cordes est en émoi. Deux livres, aux conclusions diamétralement opposées, parus presque simultanément « Le paysage cosmique » et « l’échec de la théorie des cordes », écrits par des éminents spécialistes de la dite théorie nous rendent compte du "conflit théorique". Comme vous le savez peut être deux théories incontournables, la relativité générale qui s’applique à l’échelle cosmique, l’infiniment grand, et la mécanique quantique qui s’applique au monde de l’infiniment petit (matière) ont révolutionné la physique du 20ème siècle ( et entre les 2 me direz vous, eh bien à notre échelle, la bonne vieille physique newtonienne, apprise à l’école, [du moins pour les plus vieux, les plus jeunes on ne sait plus très bien s’ils apprennent encore quelque chose, prière de ne pas déduire de ces réflexions une nostalgie du passé !], peut encore faire l’affaire). Le « hic » c’est que lorsque l’on remonte au big bang, l’échelle cosmique et l’échelle infinitésimale se rejoignent…et les 2 théories sont incompatibles, en d’autres termes, la gravité, pivot de la relativité, n’est pas « quantifiable ». La théorie des cordes, formulée dans les années 80, réussirait cette unification. Selon la théorie des cordes, les particules élémentaires (électron, photon, quark, etc.) ne sont pas ponctuelles mais sont toutes les « modes vibratoires » d’une unique cordelette. Il y a cependant problème…D’abord la théorie prévoit l’existence de 11 dimensions alors que nous n’avons conscience que de 4 (3 dans l’espace et une dans le temps), dont la plupart ne nous seraient pas accessibles. Mais il y a pire, il n’y a pas une, mais une infinité (ou presque, 10 à la puissance 500 !) de théories des cordes, chacune décrivant un univers possible…Une théorie du « Tout » digne de ce nom devrait pouvoir justifier la valeur des « constantes » de la physique de notre univers ( vitesse de la lumière, constante de Planck, constante cosmologique, etc.). Il se trouve que si ces constantes avaient été différentes de ce qu’elles sont, la vie n’aurait pu apparaître. Si on écarte l’hypothèse divine « d’un réglage des constantes », la théorie des cordes fournit une solution : notre univers n’est qu’un des « paysages » d’un Méga-univers, qui contient une infinité d’autres univers et il ne serait donc pas étonnant que notre univers, celui qui a permis la vie, ait les « bonnes » valeurs de constantes qui permettent à celle-ci d’exister ! Inacceptable clament une minorité de physiciens pour qui cette position aboutit à nier le principe de «falsibilité» sur lequel est fondé la physique. De quoi s’agit il : une théorie physique doit pouvoir, si elle est fausse, être réfutée par l’expérience, être falsifiable. Or la théorie des cordes ne l’est pas puisque si le résultat d’une expérience donne, dans notre univers, un résultat qui ne satisfait pas une des versions de la théorie, on peut toujours trouver une autre version compatible! Ils demandent donc que toutes les recherches (et budgets) ne se focalisent pas sur cette théorie, mais s’engagent dans d’autres directions qui pourraient remettre en cause les derniers développements de la physique.
Les partisans de la théorie des cordes sont cependant et de loin les plus nombreux. Ils ont regroupé les multiples versions de la théorie, qui ne seraient que des solutions d’une théorie plus vaste, la théorie M. J'ai déjà mentionné dans un précédent billet que selon la théorie M, l’univers serait en fait constitué de branes ( aphérèse de membrane) sortes d’étendues à plusieurs dimensions, similaires à des voiles auxquelles seraient rattachées les cordes. Notre univers serait ainsi sur une 3-brane (3 dimensions visibles), elle-même flottant dans un super univers aux dimensions multiples….

Tout cela ne rend il pas bien dérisoire notre petite campagne régionale, survenue dans un repli infinitésimal de notre 3-brane !
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2006

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 21:59

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Tout, me semble t’il, a commencé par une police de la langue. Il n’était ainsi plus conseillé de dire clochard, sourd, chômeur, mais SDF, malentendant, à la recherche d’un emploi, etc. La langue étant le support de la pensée, il était écrit que cette dernière aussi ferait l’objet d’un contrôle systématique. Tout ce qui n’est pas dans la lignée de l’idéologie dominante, du politiquement correct, de la pensée unique, déclenche aussitôt des lynchages médiatiques. Hier l’écrivain Renaud Camus était mis au banc de l’humanité pour avoir qualifié de communautaire l’émission Panorama de France Culture (la majorité des intervenants étant d’origine juive),  Hèlène Carrère D’Encausse ou Alain Finkielkraut déclenchaient la foudre pour avoir simplement dit les faits, à savoir que la majorité des incendiaires de banlieue étaient noirs ou arabes, aujourd'hui Eric Zemmour soulève l'indignation pour des propos similaires lors de l'émission de Thierry . Sans parler des "procès" faits à Georges Frêche ou Gérard Longuet. Il devient interdit de dire qu’il existe des lobbies, y compris gays. Mais une société du contrôle généralisé ne saurait sans tenir là. L’étape suivante se devait être celle de la police des comportements, chasse aux fumeurs (je précise que je ne suis pas fumeur), aux obèses, au moindre excès de vitesse, à l’automobile elle-même, à la consommation d’alcool, guerre aveugle et effrénée à la pédophilie ( les pédophiles sont à peu près les seuls dont on ait le droit de dire du mal, on peut se "défouler", tant pis pour les dommages collatéraux du style Outreau), aux comportements sexuels à risque (je reviendrai sur ce point). Et tout cela bien sûr au nom des nouvelles valeurs sacrées, la Nature (en oubliant que l’homme s’est constitué tel en s’arrachant à la Nature par la Culture ), l’Enfant (dont la parole est déifiée), la Santé (qui devient un idéal au détriment du bien être), etc. Demain, à n'en pas douter, on verra surgir une police du « mauvais goût » , on vous dira ce qu'il faut aimer en peinture, en littérature, cela a en fait déjà commencé en ce qui concerne le "goût" du vin qui se mondialise sous les diktats de Robert Parker.
Le Big Brother du 1984 d’Orwell est à nos portes, victoire posthume et masquée de l’idéal totalitaire. Plus besoin de Goulag, les barreaux s’installent dans nos têtes, à notre insu. Il sera intéressant de suivre l’évolution du taux de suicide dans la société qu’on est en train de nous construire

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 19:36

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Il y a déjà quelque temps
 le journal en ligne de Tetu avait consacré un article au suicide par pendaison d’un jeune détenu incarcéré pour la 2è fois et qui était terrorisé à l’idée de subir à nouveau des vexations homophobes, m’a remis en mémoire un triste épisode de ma vie sentimentale, un de ces épisodes où l’on se dit à posteriori « si j’avais su », mais il était trop tard.


Cette histoire a débuté à la fin de l’année 81, mon aventure avec Pierre Jean que je vous ai conté dans un précédent billet venait de se terminer. Je vivais mal cette rupture, comme toutes les ruptures d’ailleurs, et je réagissais à ces situations par une accentuation de mon vagabondage sexuel. Lors d’un de mes sorties en boîte, quelques jours plus tard, j’ai été invité à plusieurs reprises pendant « la danse du tapis » (très en vogue, tout au moins en province, à cette période) par un jeune homme, mignon mais très efféminé, excentrique même, une folle en un mot, qui était connu dans le « milieu » bordelais sous le pseudo de « ginette ». Je ne l’aurais sans doute pas amené chez moi si mon état psychologique avait été autre (l’alcool aidant..), d’autant plus que je le soupçonnais, à tort, d’être une petite « pute ». Ce fût en fait une nuit très agréable, il était charmant, des traits très fins, féminins certes, un corps d’éphèbe comme je les aimais en ces temps là, 18 ans. Il m’a dit qu’il n’avait pas connu ses parents et qu’il vivait chez des gens qui tenaient lieu pour lui de parents adoptifs. Ses traits me faisaient penser à une origine kabyle. L’ayant revu une ou deux fois, après l’avoir amené au restaurant (et affronté pour la 1é fois le regard de toute une salle se retournant lors de notre entrée, il n’était vraiment pas « discret » et prenais plaisir à en rajouter), nous avons eu en rentrant un grave accident de voiture (j’avais brûlé un feu que je n’avais pas vu). Comme il saignait abondamment du nez, un des témoins l’a amené à l’hôpital pendant que je réglais la situation avec le propriétaire de la voiture qui m’avait percuté (une chance que ce dernier ait été compréhensif et que nous ayons pu éviter l’arrivée de la police….les deux voitures étaient bonne pour la casse…). Il n’avait en fait qu’une fracture du nez (et moi d’une côte mais je ne m’en suis aperçu que la nuit suivante en faisant l’amour avec lui), mais cet épisode nous a rapproché et nous nous sommes vu de plus en plus souvent. J’aimais son corps, sa compagnie, son humour ravageur (ah l’humour « folle » !), il me faisait rire si souvent, mais cette histoire ne me paraissait pas pouvoir aller bien loin, d’autant plus que je ne l’avais jamais vu jouir (je n’arrivais manifestement pas à le satisfaire) et de toute façon je n’en étais pas amoureux. Mais mon entourage, amis, frère, une fois passé l’étonnement de me voir avec un tel personnage (mon frère m’avait lancé « je croyais que tu n’aimais pas les femmes »), se sont attachés à lui et m’ont ouvert les yeux sur le problème sexuel en me disant que si je réfléchissais un tant soit peu, je trouverais la solution tout seul. En effet c’était simple, il suffisait de l’enculer (la sodomie n’a jamais été pour moi indispensable à un acte accompli, et jusque là ce n'était en tant qu’actif que je j'étais le plus performant). J’ai donc fait mes gammes et j’ai enfin eu la satisfaction de le voir prendre son pied.
Quoiqu’il en soit, il s’est peu à peu installé chez moi sans que je l’en dissuade alors que je savais que j’y mettrais fin un jour ou l’autre. J’y étais bien sûr attaché, mais la vie n’était pas simple avec lui. Je crois que c’est le seul être sur lequel j’ai porté un jour la main, une paire de gifles, pour mettre fin à une crise d’hystérie (il me menaçait de se jeter par la fenêtre après que je l’ai eu surpris en train de se faire « troncher » sur le parking d’une boîte et que je lui ai dit qu’il valait mieux en rester là). Je n’étais peut être pas suffisamment « libéré » pour affronter sans arrêt le regard des autres quand nous nous promenions dans la rue (il portait toujours des tenues impensables !), me surprenant parfois à me tenir légèrement en retrait…Il était si « visible » et en même temps provocateur, sans conscience des risques qu’il prenait : il a été à plusieurs reprises  victime d’agressions homophobes, coup de ciseau dans un parc, battu à coup de pied sur une place de drague, rentrant à la maison une canine traversant sa lèvre inférieure, et j’ai du le faire accompagner plusieurs fois aux urgences de l’hôpital. Mais il s’agissait de l’hôpital où je travaillais, je le faisais amener par des amis et notamment Pierre Jean (qui était entre temps redevenu mon amant, la vie est compliquée…), qui me racontait les scènes épiques avec le personnel soignant qu’il faisait tordre de rire ("dois je enlever mes faux ongles et mes faux cils" et autres plaisanteries de ce type). Bien que je lui ai dit à plusieurs reprises qu’entre nous il ne s’agissait que d’une aventure, que cela ne pouvait s’éterniser, il me considérait en fait comme son "ami " et me présentait à ses copains (tous très jeunes également et qui tentaient de me séduire dès qu’il avait le dos tourné, ce qu’il avait souvent…) comme son «mari» ce qui m’exaspérait.
Un jour cependant, par sa faute, du fait d’un absentéisme trop fréquent, il a été licencié (il était ce qu’on appelle, si je m’en souviens, patronnier-modéliste). Je ne pouvais accepter qu'il ne travaillât pas et je lui ai demandé de s'activer pour retrouver un travail. Sans résultat. Je n’arrivais cependant pas à le mettre à la porte. J’ai du m’y résoudre, ce qui me déchira car j’avais une immense affection pour lui, quasi paternelle, quand j’ai rencontré Bernard2, le début d’une aventure qui allait durer 15 ans.
Il a réagi sans un mot, pris ses affaires et dit qu’il repartait chez ses parents « adoptifs ». J’ai du alors affronter les reproches, si ce n’est l’hostilité, de tous mes amis, mon frère, et même de ma concierge qui ne voulait même pas adresser la parole à Bernard. Je n’avais pas conscience qu’on l’appréciait à ce point là, y compris les voisins. J’ai appris par la suite qu’il avait rodé plusieurs jours autour de la résidence, racontant aux voisins et à la concierge ses infortunes.
Mais je ne le rencontrais plus dans le milieu bordelais et il ne me donnait aucune nouvelle.
Deux ou trois mois plus tard j’ai reçu un appel téléphonique d’une avocate parisienne, commise d’office, et qui m’annonçait que Michel était en prison. Il avait volé le chéquier d’un amant de passage et dépenser près de 50.000 francs en « fringues ». Il m’avait menti (il était mythomane, je ne m’en étais pas aperçu, j’ai su par la suite qu’il disait autour de lui vivre dans un appartement dont les murs étaient recouverts de feuilles d’or …En fait il n’avait pas de parents « adoptifs », seulement une sorte de gardienne qui ne l’a pas repris car il avait disparu trop longtemps, et il s’était retrouvé à la rue….).
J’ai tout de suite imaginé ce qui allait arriver et me suis demandé comment un juge avait pu être assez criminel, pour un acte certes répréhensible, mais pas à ce point, pour le mettre en prison et le livrer à la meute. Ce qui devait arriver arriva, il se fit violer, et même « maqué » par un gardien de prison. Heureusement il le dénonça, et on le fit sortir au bout de 6 mois, pour le placer dans un centre de réinsertion, près de Bordeaux. Les sorties étant autorisées, B
ernard2 qui se sentait aussi coupable que moi accepta qu’on le reçoive chaque fois que possible et nous l’amenions dans nos sorties. Les photos ci-jointes sont celles du réveillon qui a suivi sa sortie. Par la suite, il a rencontré quelqu’un de nettement plus âgé que lui et avec qui il semblait avoir retrouvé cette sensation d’un « chez soi » qu’il avait eu avec moi. Je l’ai aperçu à Paris il y a plus de 10 ans, toujours aussi star, dans une allée des Galeries Lafayette, puid je l’avais perdu de vue. Je ne l’ai pas abordé, je ne sais pourquoi. J’ai eu tort, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Il a 46 ans aujourd’hui, si le virus l’a épargné. J’aimerai tant savoir ce qu’il est devenu.

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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 22:25


ashburn-grand.jpgIl y a quelques années Act-up avait menacé de révéler l’homosexualité d’un député français de la majorité actuelle, qui deviendra plus tard ministre, alors qu’il venait de manifester dans la rue contre le PACS. Cette situation est sans nul doute loin d’être une exception et l’on serait sans doute effaré si l’on connaissait le nombre d’homosexuels qui se comportent en homophobes. La vérité étant souvent au fond du verre, un état d’ébriété vient de permettre à un sénateur américain républicain ayant systématiquement voté contre toute disposition en faveur des homosexuels et ayant même mené une croisade anti-gay, de faire son coming-out. Arrêté en état d’ivresse à la sortie d’un bar gay, il vient de déclarer à la radio « Je suis gay…voilà les mots qui ont été si difficiles pour moi depuis si longtemps ». « La haine de soi » n’est cependant sans doute pas la seule raison de son comportement homophobe, puisqu’il a aussi déclaré dans un élan de sincérité désarmante « …que ses votes représentaient la façon suivant laquelle ses électeurs voulaient qu’il vote, pas son propre « conflit interne » ». Ce brave homme a décidé d’arrêter sa carrière politique. Ne désespérons cependant pas de tous les partis conservateurs puisque le même numéro en ligne d’illico où j’ai puisé cette information nous apprend que la parti conservateur anglais allait présenter 20 candidats ouvertement homosexuels aux prochaines législatives…L’histoire ne dit pas si c’est dans des circonscriptions où ils ont une chance d’être élus. Toujours dans ce numéro, cette intéressante déclaration du chef du Commandement central américain sur CNN, révélant « qu'il avait travaillé avec les agents de la CIA "qui étaient connus pour être gays et une femme connue pour être lesbienne". "Passées les 10 secondes où j'en ai pris conscience, c'est leur compétence professionnelle qui a dominé"… "la loi Don't ask, don't tell peut être réformée, franchement".

Tout ceci me rappelle que l’on vote dimanche, normalement cela aurait du être pour les « Régions » mais en fait, si j’ai bien compris, c’est pour ou contre Nicolaparte. Cette fois ci, ça me gratouille depuis 2 ou 3 scrutins, je crois bien que je vais voter blanc pour la première fois de ma vie.
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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 21:53

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La question de savoir si le sujet des " bienveillantes" était le nazisme ou l'homosexualité, a déjà était l'objet d'un billet de ce blog et d'un de ses commentaires. Il y avait, entre autres, plusieurs passages, dont un a été précédemment cité, où le héros, Max Aue, donnait une description saisissante de la pratique de la sodomie. Jonathan Littell a également écrit un essai, "Le sec et l'humide" (tout un programme...), où il analyse les textes du nazi belge Léon Degrelle. Il ne semble pas le modèle de Max Aue puisqu'il n'est pas homosexuel, mais (extraits trouvés dans libération) Littell parle encore des rapports entre homosexualité et nazisme : "le pouvoir de déterritorialisateur de l'anus est bien trop corrosif, la sodomie menace les limites d'une manière fondamentale, que le fascisme ne saurait supporter". Et il ajoute à propos du nazi belge "Peut être ne lui manquait il justement pour devenir un être humain, qu'un bon coup de pine au cul"....
Je ne sais si Littell est gay, mais ce pouvoir " déterritorialisateur" de l'anus, on ne peut le contester, chez l'hétéro bien sûr (d'où son malaise devant cette pratique) mais chez bien des gays aussi.
J'ai toujours eu du mal à comprendre la façon dont était vécu la sodomie. elle n'est pour moi qu'une des variations sexuelles possibles, il m'arrive certes de la pratiquer, mais elle ne m'a jamais "déterritorialisé"...

 

Une autre description étonnante de la sodomie dans ce roman : " Je descendis vers Pigalle et retrouvai un petit bar que je connaissais bien : assis au comptoir, je commandais un cognac et attendis. Ce ne fût pas long, et je ramenai le garçon à mon hôtel. Sous sa casquette, il avait les cheveux bouclés, désordonnés; un duvet léger lui couvrait le ventre et brunissait en boucles sur sa poitrine; sa peau mate éveillait en moi une envie furieuse de bouche et de cul. Il était comme je les aimais, taciturne et disponible. Pour lui mon cul s'ouvrit comme une fleur, et lorsqu'enfin il m'enfila, une boule de lumière blanche se mit à grandir à la base de mon épine dorsale, remonta lentement mon dos et annula ma tête. Et ce soir là, plus que jamais, il me semblait que je répondais ainsi directement à ma sœur, me l'incorporant, qu'elle l'acceptât ou non. Ce qui se passait dans mon corps, sous les mains et la verge de ce garçon inconnu, me bouleversait. Lorsque ce fût fini, je le renvoyai mais je ne m'endormais pas, je restai couché là sur les draps froissés, nu et étalé comme un gosse anéanti de bonheur" 
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 22:46


250px-Jean-Louis_Bory.jpgGuy-Hocquenghem.jpg

De précédents billets, notamment celui consacré à l’influence de mai 68 sur le mouvement homosexuel militant , méritent que j’apporte quelques précisions afin de lever toute ambiguïté quant à ma position personnelle. Si je suis pessimiste, au sens philosophique de cet terme, je ne suis pas subversif (ou en tous cas je ne le suis plus si je l’ai jamais été). Si dans le débat «imaginaire» Hocquenghem/Bory certains ont cru comprendre que je soutenais le premier contre le second, il y a maldonne. Je refuse de choisir car je crois que les deux discours étaient nécessaires pour faire avancer les choses ( c’est pas Hégélien ça !). Je n’ai jamais adhéré, ni même ne me suis senti proche du FHAR! Ni bien sûr d’Arcadie. J’ai certes traversé, lors de mon « coming out » de 78 qui fût brutal, une période de « libération » quelque peu débridée et provocatrice (mais le cynisme et la provocation sont un peu génétiques chez moi), ayant fait sauté les verrous du carcan familial et éducatif, mais je m’étais débarrassé à ce moment là depuis longtemps de mes oripeaux gauchistes du début des années 70 (Henri Laborit, cité dans un précédent billet en avait été en partie le tailleur) et l’association homosexuelle que j’avais alors contribuée à fonder sur Bordeaux n’avait rien de révolutionnaire.

Je ne crois pas qu’il faille que « nous cultivions notre différence » (ainsi par exemple je n’approuve pas qu’on appelle « homophobie » les demandes répétées du commissariat du 4è au bar le COX, rue des Archives, afin qu’il respecte tout simplement la législation qui s’applique aux bars hétérosexuels) et je suis, cela devrait aller sans le dire, pour la revendication de l’égalité des droits! Mais je ne peux accepter que cette égalité passe par l’effacement des différences, ou du moins de ce qui la rend visible, et encore moins que cette demande émane de certains d’entre nous. Je l’ai déjà dit, mais je crois que les luttes de la période post 68, y compris celles du FHAR, ont contribué à faire avancer les choses (comme sur un autre plan Act-Up en son temps pour le Sida, même si je n’ai jamais approuvé les actions de cette organisation extrémiste) et je crois qu’il est salutaire que ceux qui l’ont oublié se rappellent que si on en est là aujourd’hui, ceux qui n’en avaient rien à foutre « de donner une bonne image de nous », quelques aient été leur objectifs, y sont pour quelque chose. Ce moment historique est aujourd’hui dépassé et heureusement remplacé par le mouvement revendicatif. Mais s’en prendre aux « folles », « aux efféminés », « au ghetto » , à la Gay Pride (qui est un peu notre 14 juillet), et à tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, irrite, choque, dérange ou fait rire l’hétérosexuel moyen, reproduire ainsi contre les nôtres les mêmes mécanismes archaïques d’exclusion, l’éternel « bouc émissaire », de la société envers nous, me révolte. « Nous sommes tous des folles », titre d’un précédent billet, comme les étudiants de 68 criaient « nous sommes tous des juifs allemands » quand Cohn Bendit a été expulsé de France.
Je le répète je soutiens la lutte pour l’égalité des droits, en dépit des réserves que j’ai pues avoir, en son temps, sur le Pacs, mais j’ai évolué sur ce point (je suis toujours très réservé sur le « mariage » mais c’est le mot qui me gêne, avec tout ce qu’il connote, pas l’égalité des droits). Ces réserves sur le Pacs, et encore plus sur le mariage (sur l’adoption je n’en ressens pas le besoin, mais je n’ai pas d’objection de principe), sont un peu la conséquence de ma préférence du droit « à la différence » (les membres du FHAR ne réclamaient d’ailleurs pas le droit à la différence, ils voulaient dynamiter le système capitaliste) sur le droit à « l’indifférence ». Ce que je crains, c’est qu’il y ait chez certains défenseurs du droit « à l’indifférence » (mais pas chez tous et s’il s’agit du droit « à l’indifférence pour la différence », il n’y a pas de problème), une « intériorisation des interdits », quasi biologique, c'est-à-dire derrière le désir de voir l’homosexualité reconnue comme dans la « la norme », celui inconscient de s’accepter soi même enfin comme « normal ». C’est en ce sens que j’ai pu dire que le rejet de la « folle » et de ce qu’elle représente pouvait n’être que la manifestation de « la haine de soi ». C’est pour cela que je suis pessimiste (au-delà de mon pessimisme plus fondamental sur la nature humaine), je crois que le droit « à l’indifférence » est « utopique », que l’homosexualité ne pourra pas entrer «dans la norme», tant que sexe et reproduction auront partie liée (et c’est pourquoi d’ailleurs le mouvement de libération de la femme a joué un tel rôle favorisant dans l’évolution des mentalités sur l’homosexualité), et que la cellule familiale restera un facteur clé de la structure de nos sociétés. Comment ne pas comprendre que des parents souffrent de ne pas avoir de petits enfants, telle est forte la pression biologico-culturelle (à l’œuvre également dans le besoin d’adoption), le besoin d’immortalité. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui pensent que c’est « un lieu commun » d’évoquer le malaise provoqué par la différence, quelle que soit la différence. Non, car non seulement ce malaise prend naissance dans la famille, mais bien pire, il est tapis jusqu’au fond de soi. Le racisme au sens classique est un rejet de l’autre par peur, ou pire au nom de la croyance en une race supérieure, mais il n’engendre habituellement pas « dégoût » ou « culpabilité » (« tu me dégoûtes », « tu ne peux pas être mon fils », etc, etc, jusqu’au « je me dégoûte »). Cette pression est telle que je ne suis pas certain que l’évolution favorable actuelle ne soit pas terriblement fragile, un hoquet de l’Histoire.
Loin d’être subversif donc ( et d’ailleurs cela rendrait difficilement compréhensif ma sympathie persistante pour l’Eglise Catholique…), n’imaginant pas une seconde que « l’on puisse faire entrer l’homosexualité dans la « norme » », mais se battant pour qu’elle soit reconnue comme « une » norme. Et la conviction aussi que la pleine acceptation de son homosexualité par soi même est la condition de sa reconnaissance par les autres. C’est pourquoi je suis convaincu que le coming out (je conviens qu’il ne soit pas toujours possible et qu’il ne doit pas être fait n’importe comment) est une étape indispensable. 
 

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