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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 22:29

tasse

 

 

 

Une étude américaine sur les pratiques homos dans les toilettes publiques, publié il y a un peu plus d'un an, a remis en mémoire cette forme de drague d'un autre temps. Douce nostalgie de mes premiers émois sexuels, pas le tout premier cependant (dans un cinéma porno de la rue Vivienne à Paris …), mais presque et c’est là que j’ai connu mon premier amour. Un rapide coup d’œil à Wikipedia, nous apprend que les pissotières ont été conçues par le comte de Rambuteau au milieu du 19è siècle. Elles ont très vite nourri l’imaginaire et les pratiques homosexuelles, ce dont témoigne la littérature de la première partie du 20è siècle, Proust bien sûr sous la dénomination d’édicules ou de pistières, et Roger Peyrefitte, dans « Des Français », qui parle longuement des tasses, expression qui a vite supplanté chez les homosexuels les termes de vespasiennes , de baies ou de ginettes,
Je n’ai connu les tasses que peu de temps, à la fin des années 70, leur suppression, déjà graduelle depuis plusieurs années , ayant été décidée au début des années 80 : JC Decaux, l’entreprise qui installe aujourd’hui velib (ce qui ne signifie sans doute pas qu’elle se spécialise dans le domaine de la pédale), ayant été chargé de mettre en place les « sanisettes » payantes.
Il serait bien réducteur de ne voir dans les tasses qu’un lieu de « rencontres rapides pour hommes mariés ». Certes cette « catégorie » d’homosexuels », fréquentait ces lieux, mais selon un schéma temporel, le soir en sortant du boulot ( sans doute aussi le matin en y allant mais à cette heure là je n’étais point là pour le constater ) et avant de rentrer baiser bobonne, venaient s’y faire tailler une ou plusieurs pipes (entre autres).
Mais les tasses étaient bien plus que cela, un véritable « Totem » du lieu homosexuel, avec une population d’autant plus jeune que l’on s’avançait dans la nuit. Là où il y avait une tasse vous aviez de grandes chances de trouver dans son périmètre immédiat des baladeurs masculins, à pied, en vélo ou en voiture. Les tasses les plus courues étaient celles qui permettaient ces multiples approches et notamment la rotation des voitures dont les conducteurs scrutaient les lieux et s’arrêtaient devant, un peu plus loin, ou ne s’arrêtaient pas…La rencontre pouvait avoir lieu sans que jamais le seuil de la tasse ne soit franchi, un peu comme dans les autres lieus de drague en plein air. Ailleurs, l’entrée dans la tasse n’était qu’un signal envoyé à celui dont on venait de croiser le regard afin qu’il marque son acceptation par le même mouvement, mais l’affaire ne se conclurait pas là. Et puis bien sûr il y a ceux qui « faisaient ça là », à la va vite, soit parce que leur sexualité était celle là, soit parce que qu’ils ne pouvaient assumer d’affronter le regard de l’autre et leur propre homosexualité. Les tasses avaient l’avantage sur les autres lieux « naturels » (plages, bois, jardins etc..), outre d’être facilement réparables dans une ville inconnue si on avait oublier son guide, de faciliter la prise de contact, un peu comme les bars sexe aujourd’hui. A l’époque il y avait certes quelques bars, saunas et boites, mais il fallait « sonner » pour entrer ( et beaucoup pensaient, à tort ou à raison, que ceux qui fréquentaient ces lieux étaient fichés) et il n’était pas possible de baiser sur place.
Fréquenter les tasses n’était pas sans risque (excitation supplémentaire ?). Risque d’un contrôle d’abord par une patrouille de police. Je ne sais combien de fois je me suis retrouvé dans une fourgonnette à détailler mon identité ( l’arrivée de la police provoquait immanquablement un sauve qui peut comique, les hommes mariés étant sans doute les plus rapides….). Je dois dire que je prenais un certain plaisir arrogant à le faire. Deux anecdotes à ce propos : quelques jours après un de ces contrôles, je fût convoqué par le médecin général commandant l’hôpital militaire de Bordeaux où j’effectuais mon service national en tant que médecin du personnel (et notamment, cela n’arrive qu’à moi, de l’école d’infirmière des armées) ; j’étais convaincu que j’allais entendre parler de mes virées nocturnes, en fait il me fût reproché d’examiner les élèves infirmières sans témoin féminin, ce qui montrait manifestement que l’information n’avait pas été transmise ! Une autre fois, en escapade sur un des plus beaux lieux de drague que je connaisse, le phare de Biarritz, l’inspecteur qui menait le contrôle me menaçant d’écrire à l’ordre des médecins, se contenta de me dire de faire attention à la dangerosité du lieu quand je lui ai proposé d’écrire moi-même la lettre…Ces contrôles ont cessé dès l’arrivée de Mitterrand au pouvoir en 81. Cet inspecteur faisait allusion à l’autre risque, bien réel celui là, d’une attaque par des bandes de casseurs (j’en ai été victime à 2 reprises et ai eu beaucoup de chances de m’en tirer sans mal).
La fin des tasses a coïncidé avec l’arrivée du SIDA et la libération « mitterrandienne » des mœurs et des mentalités. On peut ainsi dater du début des années 80 le véritable basculement de la question gay et l’établissement d’une nouvelle cartographie du désir sexuel: enfermement des pratiques sexuelles « publiques » dans des lieux spécialisés (bars sexe, boites avec backrooms, saunas) et apparition de la capote. L’arrivée d’internet, j'en ai déjà parlé, est sans doute entrain de modifier à nouveau cette cartographie mais sa dimension en partie virtuelle complexifie l’analyse.
Reste à savoir comment les hommes mariés se sont adaptés à la situation ? Certes il existe toujours des lieux publics, parcs , bois et jardins, mais leur fréquentation n’a plus grand-chose à voir avec la grande époque (n’y trouve t’on plus que cette catégorie là ?). Internet peut être justement…




http://notesgaydethomas.over-blog.com/article-6470182.html
 

 

 

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 22:35

Hypatie.jpgLe titre de ce billet, qui est celui d’un article, une pleine page, de la rubrique littéraire du dernier numéro du Nouvel Observateur semble se référer au projet de transfert des cendres d’Albert Camus au Panthéon. Jérôme Garcin, son auteur, s’est sans doute amusé à jouer de l’ambigüité, puisqu’il s’agit en fait d’une critique, élogieuse, du nouveau volume des « Demeures de l’esprit », de Renaud Camus, ces maisons et châteaux qui ont été habitées par d’illustres écrivains, peintres, artistes, etc…Fait remarquable, ce journal ayant pris le train de la cabale contre Renaud Camus lors de la sortie de son « Journal de l’année 1994 » (il est vrai que Jean Daniel a concédé, à mi-mots, qu’on était peut être allé trop loin), il n’est jamais fait allusion dans l’article, comme si souvent dans les critiques que l’on peut lire de ses livres, mêmes favorables, aux propos « sulfureux » de la « Campagne de France ».
Un des admirateurs « critique » de l’écrivain a déclenché une vive polémique sur le site de la « Société des lecteurs de RC » en faisant remarquer que si Renaud Camus cantonnait ses « obsessions » aux communiqués de son « parti de l’innocence », son œuvre, libérée de ce qui la fait « diaboliser » par la société médiatique de la pensée unique, se verrait enfin reconnue pour ce qu’elle est, pure littérature. Il faut d'ailleurs une certaine témérité pour s'aventurer sur ce site où une petite secte d'admirateurs "rejoue" les précieuses ridicules. J'ai eu l'imprudence de d'y faire connaitre l'article de Jérôme Garcin, qui a été aussitôt qualifié de "nul"....

Autre secte, celle de chrétiens fanatiques qui au 5è siècle après Jésus Christ ont assassiné Hypatie d'Alexandrie, fille du philosophe Thenon et férue d'astronomie (elle aurait, des siècles avant Kepler, imaginait le mouvement des planètes). Le film, un peu académique et démonstratif, accrédite la thèse d'une implication de Cyrille, l'évêque d'Alexandrie (en conflit politique avec Oreste, préfet de l'empire romain, chrétien mais représentant laïque, et protecteur d'Hypatie), dans ce meurtre. D'autres sources en font un personnage féru de justice qui se montra un modèle de modération des excès de ses partisans trop zélés et de condescendance pastorale, mais cela n'aurait pas servi la thèse du film sur l'intolérance religieuse qui perdure au travers des siècles (les fanatiques chrétiens ressemblent étrangement dans leur accoutrement aux fanatiques islamiques...).

Difficile de ne pas succomber par contre à la leçon de tolérance (j'y ai laissé quelques larmes) donnée par Nelson Mandela dans le dernier film de Clean Eastwood. sans doute pas son meilleur film, mais quelle efficacité.
Une mention pour le film de Michel Blanc (en tant que scénariste), "Petites zones de turbulence", fort amusant, même si Michel Blanc en fait parfois des tonnes dans son rôle d'hypochondriaque, et un ton juste dans pas mal de situations

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:44

15284177.jpgIl y a quelques temps , L., un de mes amis qui lui aussi vit en couple, bientôt 40 ans, s’inquiétât auprès de moi de l’évolution des capacités de séduction au fur et à mesure des années qui passent. Comme je continue, à un âge qui lui paraît sans doute avancé (que j’aurais moi même trouvé, à son âge, fort avancé !), à mener une vie sexuelle plutôt active, et que j’ai la réputation de continuer à être un « chasseur », certes timide dans son approche, mais chasseur tout de même, je compris sa demande comme une interrogation sur ma propre expérience en la matière, interrogation qui pourrait se traduire par ce qui constitue la trame d'un roman de Houellebecq (la possibilité d’une île) « La vie (sexuelle et désirante) s’arrête t’elle à 40 ans ?», ou de façon plus brutale « baises tu encore ?). Pour répondre à cela, ce que je fis par touches successives, nuançant le lendemain sur ce que j’avais dit la veille, le désir étant si multidimensionnel qu’une réponse univoque, telle que celle de Houellebecq (chez lui la réponse est oui), n’était pas possible . J’aurais pu le renvoyer à un article récent de ce blog  qui traitait déjà des rapports entre âge et désir, mais mes amis n’en n’ont pas l’adresse. J’ai donc pris le parti de lui parler de moi, ce que je dois aimer puisque je tiens un blog, et de lui dire que dans mon cas la réponse à la question de Houellebecq était sans équivoque « NON ». Mais de préciser la nécessité de deux préalables : le « souci de soi » (pour reprendre une expression de Michel Foucault) et la chance. Le « souci de soi » c’est la volonté permanente de ne point se laisser aller et de se donner les moyens de garder aussi longtemps que possible un corps qui puisse être désirable (par ceux qui vous inspirent du désir bien entendu, laissons de côté les foutaises de ceux qui vous disent que tout corps aussi difforme soit il peut être désirable, bienheureux les innocents…). La chance c’est de n’avoir pas rencontrer la maladie (il ne s’agit pas toujours de chance, ce peut être aussi une conséquence du souci de soi), d’être doté certains attributs qui traversent les âges, j’y reviendrai, mais aussi d’avoir bénéficié d’une évolution (ou su faire évoluer ?) de son propre désir. Il est en effet évident que si continuais, comme il y a 30 ans, à ne désirer que les crevettes de 18-25 ans, focalisation du désir qui persiste chez certaines de mes connaissances, la problématique serait sans doute un tant soit peu plus difficile à gérer! Ceci étant posé, j’ai pu rassurer L., une vie sexuelle satisfaisante peut se poursuivre bien au delà de 40 ans même chez un gay du milieu! Il semblait toutefois douter que le nombre de rencontres puisse rester le même. J’ai pu lui répondre facilement puisque je tiens une sorte comptabilité sur ce plan (voir une des entrées ci-dessous). En valeur absolue mon nombre de rencontres annuelles a certes globalement diminué (il est un peu supérieur à ce qu’il était il y a 30 ans (mais les facilités de drague n’étaient pas ce quelles sont aujourd’hui), et nettement inférieur à ce qu’il était il y a 10 ans (mais ce pic correspond à seule période, 2 ou 3 ans, où je n’ai pas été en couple…). En valeur relative (si l’on rapporte nombre de rencontres au nombre « d’occasions de chasse », sorties en boîte, bars, saunas etc.), il a certes un peu diminué, mais pas de façon très significative. Ce qui a diminué c’est mon nombre de « journées de chasse », je n’ai plus la patiente, si ce n’est en vacances, de passer des heures en boîte, ou de me coucher au petit matin. Ceci est en partie compensé par une meilleure maîtrise de mon excessive timidité (j’ai cependant toujours beaucoup de mal à faire le premier pas), et surtout par un choix très sélectif des lieux de drague, je privilégie ceux où les corps, sur lesquels on peut, jusqu’à un certain point, maîtriser l’impact du temps, prennent parfois plus d’importance que les visages (bars naturistes, plages, salles de gym etc.). J’ai ainsi pu constaté, et c’est probablement là le principal changement avec ce qui se passait avant, que musculature et surtout bite (voilà un organe quasi « éternel »), sont devenus des atouts bien souvent plus efficaces que mon « charme » potentiel. Je n’avais pas l’impression il y a 30 ans, comme cela m’arrive parfois maintenant, d’être un objet sexuel plutôt que de séduction. Non que les rencontres où l’on sent dans le regard ou le comportement de l’autre (le numéro de téléphone échangé ou la sollicitation de prolonger ce moment autour d’un verre) un désir d’aller plus loin ne surviennent plus, elles sont seulement plus rares qu’avant, mais surtout il y a belle lurette que j’évite de « piéger » l’autre (j’ai eu par le passé cette fascination des aventures multiples) dans une aventure sans espoir pour lui (je suis de ceux que l’on quitte, pas de ceux qui s’en vont). Faut il encore s’en apercevoir à temps (mais il y a parfois des choses que l’on ne veut pas voir).
J’ai cependant convenu que je rendais compte là de l’expérience de quelqu’un qui vît en couple et qui ne chasse donc que de l’éphémère. La situation est bien différente pour celui qui est (ou se retrouve) seul. Vieillir est alors sans doute plus difficile, car si les rencontres purement sexuelles obéissent à la même problématique que celle précédemment décrite, la recherche d’une relation durable peut ne pas être simple au delà un certain âge (j’éviterai de donner un seuil !). Deux profils de rencontre peuvent se présenter : celui qui recherche exclusivement l’homme « mûr », profil que j’aurais tendance à fuir si j’étais ou devenais célibataire (d’abord parce qu’il est bien peu valorisant pour son ego, mais surtout parce qu’il cache souvent un désir de « surprotection », de recherche du père » qu’on peut n’avoir aucune envie d’assumer ou même abhorrer), celui au contraire du mec pour lequel on constitue avant tout un attrait sexuel sans aucune envie de se lancer dans une aventure affective dont l’avenir peut être considéré comme déjà oblitéré par la différence d’âge ou de mode de vie.
C’est alors que L., sceptique, ajouta « peut être mais le fait que tout le monde ou presque mente sur son âge sur Internet, est bien la preuve qu’il est le facteur déterminant de la fréquence des rencontres ». Je n’ai pas encore réalisé des statistiques personnelles sur Internet, mais je dois bien admettre que sur les sites très axés sur les rencontres sexe  où il m’arrive avec Bertrand de rechercher un plan à 3, le nombre de contacts est significativement supérieur si je mets la photo et l’âge de Bertrand (de 17 ans plus jeune) en ligne plutôt que les miennes. Mais Internet a introduit une dimension nouvelle qui change quelque peu la donne, le virtuel bien sûr mais surtout, pour optimiser la recherche dans une foule de contacts, la technique du « tri », par âge d’abord, ou autres critères. Or combien de fois, dans le réel, ne rencontrons nous pas des gens alors que nous sommes parfois assez loin de correspondre aux critères de leur « homme idéal » ? J’ai parfois entendu « Si j’avais su ton âge avant peut être aurais je hésité ou tu n’est pas le genre de mecs que je rencontre d’habitude». Pour ne pas être « éliminé » par les clefs de tri, combien trichent avec la réalité ? Et cette dimension virtuelle comporte d’autres pièges, notamment celui inverse que l’autre fantasme sur un CV ou une photo. J’ai ainsi eu très récemment une expérience qui aurait pu être évitée avec un peu plus de perspicacité. Ainsi, F., internaute de 25 ans, m’a contacté (je ne contacte pratiquement jamais le premier sur Internet) il y a quelques semaines, coup de cœur, messages, etc., pour finalement me demander, avec insistance, si l’on pourrait se rencontrer pour un plan. Cela a traîné quelque peu, la vie de couple et les obligations professionnelles laissent peu de disponibilité, pour finir par un rendez vous. Il m’a alors dit, toujours sur le chat, que cela le rendait un peu anxieux car il n’avait jamais rencontré quelqu’un de plus âgé que lui, qui plus est du double. J’aurais du lui dire alors ma réticence immédiate (si quelqu’un rencontre exclusivement des gens de son âge ce n’est jamais le fruit du hasard mais d’un choix) ou tout au moins choisir un endroit de rencontre dans un lieu public, café ou autre. Je ne l’ai pas fait, et lorsque je l’ai vu, bien plus séduisant encore que sur ses photos du site, j’ai pressenti dans son regard que son fantasme était en train de se fracasser sur le réel. Nous avons bavardé quelques minutes puis je le lui ai dit qu’il n’y avait pas de problème pour en rester là s’il ne se sentait pas à l’aise. Il s’en est allé. Je m’en suis voulu d’avoir agi comme un débutant et contribué à créer une situation aussi désagréable pour lui que pour moi. Pour moi, en dehors des plans à 3 avec Bertrand, Internet reste un moyen très accessoire de rencontre, même si celles que j’y ai faites m’ont le plus souvent laissé un souvenir très agréable.
Il ne faut pas oublier non plus que les plus de 45 ans aujourd’hui sont souvent (quand ils ne sont pas morts) ceux qui ont accompagné la « révolution gay » des années 80, qui ont participé à la « fête », et qui ne sont donc pas prêt, sous prétexte de l’âge, à rejoindre à nouveau un « placard » comme le faisaient leurs aînés. Il est même probable que les jeunes gays d’aujourd’hui qui profitent de plus en plus de cette visibilité enfin acquise seront sans cesse plus nombreux, dans leur futur, à vivre leur sexualité aussi longtemps que possible.

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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 22:33

IPerrette-et-son-pot-au-lait.jpgl y a quelques semaines, à l’occasion d’un déplacement en avion je suis tombé, dans le journal économique « Les échos », sur une interview de Michel Serres, philosophe et historien des sciences. Il se trouve qu’il fût un de mes « maître à penser » à l’époque où je découvrais son livre « Rome, le livre des fondations ». Sa culture phénoménale, son intérêt pour la littérature, les sciences et les techniques, en font un de ces rares intellectuels capables de mettre en relation des « savoirs » et d’avoir une vision holistique. Il était interrogé, à la suite de nombreux autres intellectuels, sur la récente crise financière. Pour lui elle n’est qu’un épiphénomène d’une crise bien plus globale, celle de l’éducation notamment.

« Ce que nous avons subi dans l’enseignement est un tsunami de la même importance que ce que vous avez vécu dans la finance. La vôtre de crise a fait plus de bruit, mais la société n’a pas prêté au tsunami vécu par ses enfants une attention à la mesure de l’évènement. Elle préfère son argent à ses enfants…..Mais avez-vous conscience de l’effondrement des savoirs ? Il n’y a plus de latin, il n’y a plus de grec, il n’y a plus de poésie, il n’y a plus d’enseignement littéraire. L’enseignement des sciences est en train de s’effondrer partout »

Ce diagnostic bien d’autres l’ont fait, mais Michel Serres ne réagit pas de façon obsessionnelle comme Renaud Camus, il ne se retire pas dans son château et dans un passé qui ne reviendra pas, ce changement d’épistémé il faut en prendre acte :

« On est pourtant dans une des périodes les plus passionnantes qu’on ait vécues. Je vois toutes les institutions comme vraiment des dinosaures….la guerre que nous faisons aujourd’hui n’est pas une guerre entre les hommes mais la guerre que les hommes font au monde …Nous sommes en train de gagner cette guerre contre le monde, c'est-à-dire de la perdre…Je crois que cette guerre là est vraiment nouvelle et que c’est elle qui va changer le monde »

Certes cette « déculturation » il en désigne les responsables, pas la bourgeoisie qui aurait démissionné pour laisser la place à la « dictature de la petite bourgeoisie », mais les philosophes :

« C’est la faute des philosophes. Les philosophes n’ont pas vu l’ampleur des changements du monde. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient engagés depuis Sartre dans la politique ».

(Sartre est le seul cité mais on peut se demander si ce n’est pas Michel Foucault et son « journalisme transcendantal » qui est visé.)

Pour terminer l’article, Michel Serres, illustre le phénomène des bulles financières par la fable de La Fontaine, La Laitière et le pot au lait, « c'est un raisonnement financier parfait. Elle raisonne exactement comme un golden boy »

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 21:03

20100121-18668101794b587fecd9e09Un tel est mort des suites d’une longue maladie….Derrière cette phrase se cache le plus souvent le mot tabou : « cancer ». Ceci ne donne pourtant pas lieu à des protestations, voire à un « outing » comme vient de le faire Act-up à propos du décès du philosophe trotskiste Daniel Bensaïd. Pourquoi ce qui ne soulève pas l’indignation quand il s’agit du cancer, pose problème quand il s’agit du Sida ? Probablement parce que le cancer est vécu comme une fatalité (ce qui est pourtant loin d’être vrai), alors que le Sida est associé à un comportement à risque (sexuel ou addictif) et à une réprobation morale du « peuple ». Dans le premier cas il s’agirait d’un mélange de pudeur et de phobie d’un mot tabou, dans le deuxième cas d’une volonté de dissimulation. C’est sans doute en grande partie vraie (d’autres morts célèbres ont ainsi vu la cause de leur décès, le sida, occultée : Michel Foucault, Bruno Carette (ex-nul), Thierry le Luron, etc…), mais on ne peut exclure qu’il puisse d’agir aussi, parfois, de simple pudeur.

Autre décès, qui passera sans doute plus inaperçu, celui de Jacques Martin (pas le premier mari de Cecilia, on ne meurt qu’une fois !) mais le dessinateur d’Alix, à l’âge raisonnable de 88 ans. Son héro a très souvent été soupçonné d’être en fait gay. Combien savent tout ce qu’ont évoqués ces héros souvent dénudés (il faudrait ici aussi évoquer la série des « Prince Eric » de Serge Dalens) pour des générations de jeunes garçons (ou même d’adultes) aux sens en plein éveil)?

Conservons la « Gay attitude » en parlant de cet étonnant polar, « Fakirs » d’Antonin Varenne, dont la mort d’un des protagonistes, gay, décède sur la scène d’un spectacle sado-masochiste dont il était l’unique acteur (suicide ?). Un polar superbement écrit qui vient à point pour me remettre du désastreux « Symbole perdu ».
20100121-18526852474b58802a8f5a5.jpg

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 23:27

Blood___blood_and_more_blood_by_pierrebouvierlover.jpgA l'occasion de mon récent changement d'ordinateur et du transfert de ma boîte aux lettres "Outlook" de l'ancien vers le nouveau PC, faisant le tri de mes mails, je suis tombé sur celui de X, rencontré il y a plusieurs années sur un chat gay. La relation qui aurait du être sans problème, nous étions tous deux en couple l'idéal pour les rencontres illégitimes, s'est révélée douloureuse, il tomba amoureux. Je n'ai vraiment pris conscience de ce qui arrivait que lorsqu'il me l''avoua, par mail. Et pourtant les indices de cet état ne manquaient pas, dès le coup de fil qui suivit notre première rencontre chez moi ("j'ai l'impression d'être sur un nuage). Nous nous revîmes deux ou trois fois chez lui, en l'absence de son ami, sans que j'accepte de voir les signes qui s'accumulaient. Il est si facile, pour sa tranquillité, de ne rien vouloir voir, ne rien vouloir entendre, ne rien vouloir vraiment lire, comme ce mail que je viens de retrouver, une poésie dont j'ai oublié l'auteur :

"le spectre de la rose..............
soulève ta paupière close
qu'effleure un songe virginal,
je suis le spectre d'une rose
que tu portais hier au bal.
tu me pris encore emperlé
des pleurs d'argent de l'arrosoir,
et, parmi la fête étoilée,
tu me promenas tout le soir.
ô toi, qui de ma jouissance fut cause,
sans que tu puisses le chasser,
toutes les nuits mon spectre rose
a ton chevet viendra danser.
mais ne crains rien, je ne réclame
ni messe ni de profundis,
ce léger parfum est mon âme,
et j'arrive du paradis.
mon destin est digne d'envie,
et pour avoir un sort si beau
plus d'un aurait donné sa vie;
car sur ton sein j'ai mon tombeau,
et sur l'albâtre ou je repose
un poète avec un baiser
écrivit: ci-gît une rose,
que tous les rois vont jalouser.

câlins X "

Nous dûmes arrêter de nous voir, c'était sa volonté. Nous reprîmes contact deux ou trois ans plus tard, sans jamais réussir à renouer un relation, fût elle amicale.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:51

LAG195257.jpge plan à trois dans le cadre du couple ( seul concerné ici) me m'a jamais paru évident. Il faut d'abord que son principe même soit possible, certains qui ont partagé ma vie n'en auraient même pas supporté l'idée...Leur vécu du désir amoureux, totalement possessif, ne pouvait l'accepter , ne se doutant sans doute pas qu'ils ouvraient ainsi la voie à une multitude d'aventures parallèles et secrètes.
Quand il est possible, de multiples configurations sont envisageables, mais je ne parlerai pas de celles dont je n'ai aucune expérience ( notamment de celle qui me parait la plus adéquate pour la réussite de ce type de situation : deux mecs d'âge peu différend, de look assez semblable et qui ont des goûts compatibles...). Il se trouve que j'ai toujours vécu avec des garçons plus jeunes que moi ( l'actuel a 17 ans de moins), et de look, en dehors même de l'âge, assez différent. Il faut d'abord ce mettre d'accord sur le troisième. Il fût un temps où je n'aimais que les crevettes de moins de 25 ans ( qualifiées de "raclures de bidet" par un de mes ex, qui, étrangement, ne correspondait pas à ce look) et les dites crevettes étaient souvent attirées par des "mecs" souvent plus âgés que moi qui avait à peine 30 ans, quadrature du cercle..Les choses ont changé, mes goûts se sont élargis aux "gambas", et je vis avec quelqu'un qui, à l'exception des "minets" fades et sans charme, a des goûts très larges. Se mettre d'accord sur un troisième n'est pas rare, mais faut il encore que le dit troisième fût attiré par des physiques aussi différents que les nôtres. S'il n'est pas si difficile de trouver des candidats, l'expérience nous a appris à éviter les situations où le plan à trois va se conclure par un "2 plus 1" ( situation que mon "ego" me permet d'assumer sans problème, mais ce n'est pas le cas de Bertrand quand il se trouve que c'est lui qui est le 1. Mais ce n'est pas pour cela que le plan sera pour autant réussi, faut il encore que les deux composantes du couple soient autant demandeuses l'une que l'autre, que le plan lui même se déroule de telle façon que les deux y prennent un plaisir à peu près équivalent, qu'au fil du rapport ne se noue une relation trop proche entre un des 2 et l'invité, que l'après du rapport ( "on se revoit"?) soit bien géré ( le couple qui devient un trouple!).
Nous avons ainsi, de temps en temps, avec Bertrand des plans à 3, mais en fait moins souvent que nous n'en avons l'occasion. Ce qu'en fait nous avons le plus de mal à gérer, la plupart de ces plans étant noués par internet, c'est le nombre de fois où nous tombons sur l'incontournable "cherche "now"", alors que nous cherchons pour "plus tard". Nombre d'internautes semblent avoir des "bouffées de chaleur", éphémères, qui ne sauraient attendre demain....

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 22:32

A0379.jpgNous avions commencé un petit voyage dans la physique moderne avec l' histoire du chat de schroendinger. Nous continuons avec le problème de l'apparente irréversibilité des phénomènes physiques et notamment du temps qui s'écoule. Voici ce qu'en dit Brian Greene, un des "maitres" de la physique théorique dans son livre " La magie du cosmos" :
""Alors? Pourquoi peut on voir des œufs qui se cassent, mais pas des œufs qui se reforment? D'où vient la flèche du temps dont nous faisons tous quotidiennement l'expérience? Voici l'état actuel de notre compréhension. Dans un état primordial chaotique très ordinaire, doté d'une haute entropie (désordre), une fluctuation statistique favorable, liée au hasard mais à laquelle on peut s'attendre de temps à autre, permit à une petite portion d'espace de 10 kgs de réunir toutes les conditions requises pour donner lieu à une explosion inflationnaire fulgurante. Cette incommensurable expansion eut pour effet d'étire l'espace jusqu'à une taille gigantesque et avec une très faible courbure. Vers la fin de l'expansion, l'inflation céda toute son énergie, grandement amplifiée, à de la matière et du rayonnement qui remplirent alors tout l'espace de manière quasi uniforme. La gravitation répulsive émanant de l'inflation diminuant, la gravitation attractive ordinaire redevint dominante et exploita les petites "inhomogénéités" dues à l'agitation quantique en y accumulant suffisamment de matière pour former les galaxies, les étoiles, le soleil , la Terre, le reste du système solaire et tous les autres astres de l'univers observable. L'énergie de notre soleil, d'entropie relativement basse, fut utilisée par les plantes et les premières formes de vie animale, de faible entropie, pour produire davantage de formes de vie de faible entropie, contribuant à une augmentation progressive de l'entropie totale en générant chaleur et déchets. Au dernier maillon de cette chaine fut finalement produite une poule qui pondît un œuf....et nous connaissons la suite de l'histoire : il arriva que l'œuf tomba du plan de travail de la cuisine pour s'écraser au sol, s'inscrivant ainsi dans le cadre inéluctable de l'augmentation de l'entropie de l'Univers....."
Oui mais il y a un grain de sable! Pourquoi l'inflation a t'elle eu lieu? Quelles étaient exactement les conditions de l'Univers avant le "Big-bang", avant l'inflation? Dans les conditions pré "inflationnaires" la relativité générale " et la mécanique quantique sont incompatibles. Il faut alors faire appel à une autre théorie, la théorie des cordes....ou à Dieu ... (les 2 ne sont d'ailleurs pas incompatibles).

La suite dans un prochain billet!

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:52

Cblogueurs-bd-nus-2.jpgela fait environ 30 ans que je fréquente les lieux de drague et que je tiens une sorte de répertoire des nouvelles rencontres que j’ai faîtes. Ce répertoire est assez sommaire, puisque n’y est consigné que le mois et le lieu de la rencontre, le prénom et l’âge quand je les ai eus ou tout autre signe distinctif qui pourrait me permettre de me souvenir de la personne rencontrée. Une histoire, en quelque sorte, des errances de mon désir. Un rapport sexuel consommé, aussi bref soit il, suffit pour qu'il y en ait une trace dans ce répertoire. Le seul critère qualitatif est l’attribution de 0 à 3 "x" en fonction de l’importance « affective » qu’a eu cette rencontre ( de 3"x" pour ceux qui sont devenus des amants réguliers, ceux qui ont partagé ma vie sont hors catégorie, 2 "x" pour ceux qui n'ont été que des amants éphémères, à 1x pour ceux dont j'aurais aimé qu'ils soient plus que de simples tricks et 0X pour l’immense majorité de ceux qui n’ont été qu’un « one shot » d’un soir ou de quelques minutes).
Cette liste, dont le nombre global pourrait en effrayer certains, d’autant plus que 27 de ces 30 ans ont été passé en « couple », permet bien des classements. Nombre de rencontres par an et son évolution au fil des années (en dent de scie avec un pic à 225 l’année qui a suivi le départ de Bernard, un de mes ex avec qui j'ai vécu 15 ans), évolution de la moyenne d’âge (de 20 -22 ans il y a 30 ans à 35 environ aujourd’hui), fréquence des prénoms (Pascal, Stéphane, Eric, Philippe et Thierry en tête), fréquence des rencontres « affectives » (2 ou 3 "x"), en nette diminution avec le temps ( ce point mériterait à lui seul un développement, le sujet d'un autre billet peut être). Mais ce qui est peut être le plus frappant en revenant sur ces 30 ans c’est l’évolution même des « lieux de drague » que j’ai fréquentés, car elle reflète peut être encore plus une évolution globale que mon propre parcours.
Avant mon arrivée à Paris, dans ma vie Bordelaise, de la fin des années 70 à celle des années 80, la quasi totalité de mes rencontres se concentraient en 4 lieux : les pissotières que l'on désignait par le beau nom de "tasses",  les boîtes et la plage. Les « tasses » aujourd’hui disparues et qui étaient le "totem" autour duquel s’organisaient de véritables lieux de drague, à pied ou en voiture, pour une consommation sur place ou à distance, lieux mythiques, où se brassaient toutes les classes sociales, non sans risque d’un fréquent contrôle de police( ce qui m’était indifférent), voire d’une attaque homophobe. Ce sont les lieux de la période « répressive » qui ont progressivement disparu avec l’arrivée de F. Mitterrand au pouvoir, la libération « homosexuelle » ouvrant d’autres perspectives. Les "parcs et bois", certains mythiques comme celui qui entoure le phare de Biarritz ou le parc Jourdan à Aix en Provence, mais aussi le Parc Beaumont à Pau, la place Renaudel ou le lac à Bordeaux, le jardin de Notre Dame à Paris, etc...Nombre de ses endroits sont maintenant fermés la nuit.  Les boîtes ensuite, certes parce que j’étais plus jeune, mais aussi parce que dans cette période de l’avant ou du début des années Sida, les boîtes étaient le plus souvent exclusivement « homo » , de vrais lieux de rencontre (le Vert galant, le Differend et le Smart à Bordeaux, le Colony, le Sept, le Bronx, Haute Tension, le BH, la Luna et le Broad à Paris, sans parler du Palace). Leur ouverture progressive aux « gay friendly » a plus ou moins tué la drague ( il y a bien sur encore des exceptions, surtout en province). Enfin la plage, les célèbres Dunes du Porge (ou de la plage des casernes dans les landes) dont je connais chaque grain de sable et que je fréquente toujours même si leur fréquentation s’est bien réduite. Je n’ai qu’effleuré le minitel, n’arrivant pas à me résoudre à prendre le risque d’être obligé de dire « non » à quelqu’un que je n’avais jamais vu .
Mon arrivée à Paris a vu s’ouvrir pour moi la période « sauna », notamment avec l'inoubliable « Continental », près de l’Opéra, que j’avais connu depuis Bordeaux, véritable temple de la baise avec ses innombrables cabines, salles noires, sa piscine, son restaurant, ses masseurs, sa salle de sport. On faisait souvent la queue le dimanche sur le trottoir pour pouvoir entrer…Puis l'IDM, le K-West, le Mandala et ensuite Univers Gym et maintenant Sun City. J’ai de longues années fréquenté préférentiellement ces lieux, jusqu’à l’addiction, réussissant tout de même à ne pas m’abonner. J’allais moins souvent dans les bar « sexe » comme le QG, le Trap, les Docks, le Keller et d’autres que j’oublie.
Puis, à la fin des années 90, lancées par le « clan nature » sont apparues, dans ces même bar sexe, les soirées (ou après-midi) naturistes, au QG, au Transfert, aux Docks (devenu le Bunker), au London, au Mec Zone, au Glove, au Gobelet d'argent, au Next maintenant, etc, jusqu’à culminer avec un bar exclusivement naturiste, l’Impact. La tenue et ce type de lieu, suffisamment éclairés pour qu’on ne puisse plus parler de « black(back) rooms » ont fait de ces endroits ceux où le sexe est le plus facile, le plus libéré. Leur succès n’a cessé de s’amplifier et je les fréquente presque exclusivement, avec de rares visites dans les saunas. Je ne vais plus en boîte que dans les lieux de vacances (Sitgès par exemple), et dans les bars « sexe » en province (le Tracks à Bordeaux par exemple).
L’irruption d’Internet et des sites de rencontres comme Citegay, Gayromeo, Gayrrier, Keumdial, Xtremboy  ou d’autres, est entrain de modifier la topographie des rencontres d'une manière qu'il est encore difficile de cerner car l’intrication du virtuel et du réel, l’interférence éventuelle de la Webcam (un sujet à développer !), en font pour moi un instrument de drague plus complexe, qui n’a pas « l’immédiateté » et la transparence du lieu "physique". Cette évolution n’est pas terminé, de la même façon que l'informatique n’a pas tué l’écrit, Internet ne fera pas disparaître les lieux de drague.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 21:41

rembrand

Aller retour dans la journée à Nice où régnait une douceur que nous avons un peu oublié ici, pour participer à une réunion neuro-psychiatrique dont les communications devaient s'articuler autour du "regard". La mienne concernait une nouvelle façon de "voir" la maladie d'Alzheimer, pas seulement une atteinte de la mémoire selon la description classique, mais aussi des fonctions exécutives (cela nous entrainerait trop loin de préciser, disons que les fonctions exécutives impliquent tout ce qui touche à l'attention, la planification, la stratégie). Nous avons surtout eu un exposé brillant sur "l'histoire du regard" à travers les tableaux de maîtres de la peinture. j'ai pu ainsi apprendre qu'un des dessins de l'album d'Astérix "le devin", était en fait une reproduction de la leçon d'anatomie de Rembrandt...

Le récent éclat de Vincent Peillon, m'amène à d'autres regards, ceux que l'on porte actuellement sur la notion d'identité nationale. Le terrain étant miné par les circonstances, méprisables, qui ont amené ce débat sur la scène médiatique, remobiliser l'électorat UMP à quelques mois des régionales, il est difficile de s'y aventurer sans se faire catégoriser de façon caricaturale. Mais que la question ait été mal posée, au mauvais moment, avec des arrières pensées condamnables, n'en élimine pas sa pertinence. Elle avait déjà été abordée par Cruella pendant la campagne présidentielle dans un climat plus serein et il n'est pas anecdotique que ce soit un de ses lieutenants qui ait témoigné, en érigeant "officiellement" (officieusement nous savons tous que c'est souvent  la loi en politique) le mensonge comme stratégie, du malaise du parti socialiste face à cette question. Car il y a bien un problème grandissant et que ce problème, pourquoi l'éluder derrière des formulations politiquement correctes, a un rapport avec l'islam, non l'islam en tant que tel bien sûr, une religion ni plus, ni moins respectable que les autres (chez nos caricaturistes il semble qu'elle le soit plus que moins...elle est bien mieux traité que le catholicisme) , mais l'irruption massive de cette religion dans un pays qui n' a pas cette culture là. Je ne suis pas de ceux qui vivent ce problème de façon paranoïaque, je ne crois pas qu' une loi sur la burqua soit adaptée, et je suis tout à fait, depuis longtemps en faveur du vote des étrangers aux élections locales. Je ne sais s'il y a une bonne réponse au problème, il est sans doute trop tard, des générations de politiques se sont soumis au terrorisme intellectuel d'une certaine gauche, mais qu'on arrête  de nous dire qu'il y a pas de problème. Certains d'entre nous, les gays, pourraient "regretter" un jour, le doux temps où ils n'avaient à endurer que les anathèmes papaux.

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