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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 10:05

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Voici donc, comme annoncé dans un billet récent, le texte complet sur le mariage gay que j'avais envoyé au bimestriel "Friendly", d'abord celui qui a été publié, suivi par celui qui dans mon esprit aurait du le précéder mais qui n' apas été retenu. Pour le prochain numéro à paraître en décembre j'ai proposé un texte sur la "théorie du genre"....

" Catho, réac, homophobe ou lâche?

Quelque réticence que l'on puisse avoir quant à la revendication du "mariage gay", sur sa pertinence ou son urgence, courir le risque de se retrouver en compagnie de ceux qui s'y opposent frontalement, parfois jusqu'à l'ignominie, ne vous laisse guère d'autre choix que de la soutenir.Ce front du refus n'est cependant pas univoque, il recouvre des motivations, des arrières pensées et surtout des conceptions de l'homosexualité fort différentes.
Il y a ceux, que l'on pourrait qualifier de réactionnaires, qui sur des convictions religieuses, politiques et/ou philosophiques tentent désespérément d'inverser la "flèche du temps". La normalisation de l'homosexualité vécue comme menace pour l'institution familiale ou porte ouverte au communautarisme. Pour nombre d'entre eux l'homosexualité est "acquise", voire un choix de vie, elle se conçoit comme une "pratique" et non comme une "relation affective" et il n'est pas rare qu'ils s'appuient sur la théorie freudo/lacanienne (on ne soulignera jamais assez les méfaits de la psychanalyse quant à sa conception de l'homosexualité). S'ils n'étaient contraints par leur idéologie "droit de l'hommiste", nombre de socialistes, comme il le firent par le passé, s'appuyant sur la philososphe Sylviane Agacinski, épouse de Lionel Jospin ("Il s'agit donc de savoir si l'institution du mariage et de la filiation doit continuer à inscrire chacun dans l'ordre d'une humanité elle-même sexuée, ou bien si l'on veut briser ce modèle dans lequel s'articulent la génération, la différence des sexes et celle des générations") s'inscriraient encore dans ce courant de pensée. Christine Boutin ne dit pas autre chose - « Effectivement. Ce n’est pas du tout ma foi qui me conduit à prendre cette position. C’est la réalité historique, biologique, psychologique. Pas du dogmatisme ou de l’idéologie ». On pourrait aussi citer François Baroin ( "ils ne veulent pas se marier") et surtout Eric Zemmour qui considère la revendication comme communautariste, le fait du "lobby gay"(dont les motivations réelles seraient la destruction de l'institution - un soupçon de vérité...pour une minorité). Pour ce dernier, qu'on a connu plus avisé dans ses démonstrations, la faible proportion d'homosexuels parmi ceux qui concluent un Pacs serait la preuve qu'une majorité d'entre eux ne se sent pas concernée! Dommage que l'on ait à rappeler une évidence à qui se veut si "rationnel", à savoir que les demandes de Pacs, devenu fait de société, ne font que refléter la prédominance "quantitative" de l'hétérosexualité , et qu'au contraire, si l'on considère l'obstacle infranchissable que constitue encore pour beaucoup la sortie du placard que le PACS implique, on doit souligner son succès chez les gays. Ces positions, tant qu'il n 'y a pas de rejet de l'homosexuel en tant que personne, font partie du débat public.
Il n'en va pas de même avec la cohorte des homophobes, dont il semble que l'UMP soit un réservoir, qui ont joué à qui irait plus loin que l'autre dans l'abomination. Un florilège : "Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie?" (Brigitte Barèges), «Après le mariage homosexuel, bientôt l’adoption, après l’autorisation du piratage et des vols de DVD, après la demande d’arrêt des contrôles de vitesse, après la dépénalisation de la prostitution, après la non-incarcération des délinquants mineurs, je dirais à la limite, à quand la dépénalisation du viol? Ou la légalisation du viol?» (Jacques-Alain Bénisti), proposition de signer le Pacs dans ""les services vétérinaires" (Dominique Dord). Sans oublier bien sûr le sinistre Christian Vanneste : « Je ne vois pas en quoi l'Assemblée nationale doit s'intéresser à une aberration anthropologique [...] ou encore "l'homosexualité est dangereuse, et inférieure à l'hétérosexualité". L'opposition au mariage n'est ici qu'un prétexte, c'est l'homosexuel qui est visé, aberration biologique, délinquant ou malade mental. Il est sidérant qu'un parti "républicain" garde en son sain de tels personnages.
Il y a enfin une dernière catégorie, d'autant plus méprisable que certains d'entre nous la composent, tel ce député UMP, futur ministre, Renaud Donnadieu de Vabres, dont Act-up avait menacé de révéler l’homosexualité, qui avait défilé contre le Pacs et dont les motivations étaient sans doute les mêmes que ce sénateur américain, connu pour ses positions homophobes, arrêté en état d'ébriété à la sortie d'un bar gay et qui avait déclaré : « …que ses votes représentaient la façon suivant laquelle ses électeurs voulaient qu’il vote, pas son propre « conflit interne »
Catho, réac, homophobe ou lâche? Certains se paient même le luxe d'appartenir à plusieurs de ces catégories, des "trans" en quelque sorte."


Ci-dessous le texte qui devait le précéder....


"L'opinion qu’on peut avoir quant au « mariage gay » n’est pas sans lien avec le « contexte » de l’époque où elle est émise. En d’autres temps François Baroin ne nous aurait pas dit pas qu’il avait des « amis gays », peut-être n’aurait-il même pas su qu’il en avait, aujourd’hui il nous précise «qu’ils ne veulent pas se marier». Si l'on peut sourire de la valeur statistique de l'argument, d’amis gays il ne doit point en avoir tant que ça pour que l’échantillon soit représentatif, il aurait fallu l'informer qu'il ne leur avait pas posé la bonne question. Le problème n’est pas de savoir si l'on «désire se marier» mais celui d'obtenir «le droit de se marier».

A cette revendication il n’est cependant pas certain que la réponse des gays soit aussi univoque que d'aucuns le pensent ou le proclament. L'extrait qui suit du livre de Jacques Fortin, militant LGBT et fondateur de la revue "Masques", "l'homosexualité est elle soluble dans le conformisme", en témoigne :
"Nous sommes-nous battus pour ça ?
Pétition pour le « mariage gay » à l'heure où le mariage hétéro implose, sans s'interroger outre mesure sur le contenu possessif, oppressif du mariage. Homoparentalité à deux papas deux mamans qui revendique d'instrumentaliser les corps en mère porteuse ou donneur anonyme. Retour en force de la « romance amoureuse » et du duo/duel de la conjugalité à la mode hétérosexuelle. Changement d'état civil (bien hétéronormé ?) pour les transexuel/les... Tout cela sent la reddition à l'ordre sexiste. On n'est plus dans la mise en procès de l'hétérosexisme machiste, mais plutôt dans le syndicalisme exigeant sa part à lui du « grain à moudre ». En même temps que, orchestrateur sournois de nos imaginaires, s'est épanoui un espace commercial qui dicte les modes, les comportements, les goûts, l'égotisme sexuel et la futilité consommatrice. Est-ce bien de cet utilitarisme, de ces normes et de ces « valeurs » dont les « hors-le-genre » avaient besoin ? Cela correspond-il à nos vies réelles ?"
Edmond White, dans sa chronique biographique des années 70 à New York récemment parue, "City Boy", dit à peu près la même chose.

Opinion d'une génération, celle des années 70, de ce temps où la « libération » gay voulait dynamiter le mariage et vouait aux gémonies tout mimétisme de l’hétérosexualité? A cette époque là la perspective même d’un « mariage » homosexuel nous aurait fait éclater de rire. Le mouvement homosexuel d'alors était loin de s’imaginer que son rôle essentiel dans la reconnaissance et l’acceptation progressive du fait homosexuel allait aboutir à une déroute de ses idéaux par victoire totale du modèle hétérosexuel qui a fini par nous imposer ses normes. Il était difficile d'imaginer que nombre de ceux que les militants des années 70 pensaient "libérer" de la pression culturelle qu’ils subissaient n’allaient accéder à la « lumière » que pour aussitôt intégrer le modèle qui n’avait cessé de les oppresser. Des deux visons de l’homosexualité qui s'opposaient alors, celle de Jean Louis Bory, critique cinématographique au Nouvel observateur, défenseur d’une homosexualité « respectable », du droit à "l’indifférence", en quelque sorte dans la logique de l'association "Arcadie", et celle de Guy Hocquenghem et des mouvements homosexuels tenant d’une visibilité radicale et d’une certaine marginalité, c'est la première qui semble avoir finalement triomphé ( les membres du FHAR, Front Homosexuel d'Action Révolutionnaire, raillaient l'association Arcadie fondée dans les années 50, « l’homosexualité de papa ». Là où ces derniers se définissaient comme « homophiles », les membres du FHAR se disaient « pédés et lesbiennes)?
Il est assez étrange de voir que la revendication du mariage gay est née de l’alliance contre nature de l'extrême gauche, des disciples de Bourdieu (Didier Eribon, Michel Onfray, etc), qui ont toujours comme arrière pensée de détruire l’institution du mariage, de l’intérieur, revendication cheval de Troie, et de la majorité « silencieuse » gay, qui rêve d’une "reconnaissance sociale ". Pour cette dernière, il s’agit d'un besoin du « mot », elle est « nominaliste », nommer effacerait les différences... Alors que nous nous sommes battus pour le droit à la "différence", la génération actuelle se réclame du droit à « l’indifférence ». Je crains qu’il n'y ait chez nombre de ceux qui la composent une «intériorisation des interdits », quasi biologique, le regard de l'autre continuant à faire problème et derrière le désir de voir l’homosexualité reconnue comme dans "la norme", celui inconscient de s’accepter soi même enfin comme « normal ». Comment s'en étonner puisque ce sont souvent les mêmes qui fustigent les « folles », « les efféminés », « le ghetto », et tout ce qui, d’une manière ou d’une autre, irrite, choque, dérange ou fait rire l’hétérosexuel moyen, reproduisant ainsi contre les nôtres les mêmes mécanismes archaïques d’exclusion, l’éternel « bouc émissaire ». Le rejet de la "folle" stigmate de « la haine de soi ». La Gaypride, déjà privée de son nom de baptême, a elle même été victime de cette volonté d'effacement de nos "différences". Cette année, la LGBT avait choisi un visuel dans la tradition du l'humour "Queer", affublant le symbole du machisme et de la fierté, cher à nos rugbymen, le coq gaulois, d'un boa! La présentation de ce visuel au Tea Dance du tango a provoqué un vent de révolte dans une partie de la communauté homosexuelle, le concert des honteuses y ayant vu une stigmatisation des homosexuels, une intériorisation des clichés de la folle, un recul de la lutte contre l'homophobie....

Cette couse effrénée vers la "norme" nous fait oublier qu'il y a d'autres urgences aujourd'hui que celle du mariage et de l'adoption, l'homophobie qui est loin de régresser, le suicide des jeunes gays, la lutte contre le Sida, etc...Mais faudrait-il pour cela que les gays se sentent encore engagés par ces combat au lieu de n’avoir plus en tête que le « droit à l’indifférence ». Christine le Doaré, présidente du centre LGBT Paris, a déclaré dans TETU : « Il y a une perte évidente des repères individuels et collectifs sur ce sujet. L’obsession du mariage et de l’adoption a étouffé en partie d’autres luttes....Cette recherche absolue de normalité ne remet pas en question les principes fondamentaux de la société. Ceux qui en font les frais sont les mêmes : les femmes, les malades, les précaires.»

Qu'on ne se méprenne pas, le combat pour l'égalité des droits est essentiel, elle va de soi, mais la façon dont nous venons de le mener en se focalisant sur sa dénomination, "mariage", l'a retardée et nous a détournés d'autres luttes. Il va de soi, maintenant que le mariage gay a été adopté par nombre de pays, qu’il est une revendication mondialisée, revendication qui s’est imposée de fait, que toute autre appellation pourrait apparaitre comme une régression et qu’on n'a plus d'autre choix que la soutenir. Cela ne doit pas nous faire oublier :
"Le bonheur de n'être jamais vraiment à sa place,
le petit détail qui fait que l'on n'est jamais aussi conforme que le voudraient les normes" (Hervé Brizon, La vie rêvée de Sainte Tapiole)"

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 22:26

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C’est en rentrant de la projection, à l’UGC ciné cité Bercy, de la palme « Queer » au dernier festival de Cannes, « Beauty », que j’ai pris connaissance du résultat des primaires socialistes.

Qui aurait pu imaginer, il n’y a pas si longtemps encore, quelques mois tout au plus, que François Hollande serait le candidat socialiste à la présidentielle 2012, cinq ans après n’avoir pas été celui de celle de 2007, place qui lui été alors naturellement destinée en tant que premier secrétaire du parti socialiste. L’envolée irrationnelle qui s’était alors produite dans les sondages en faveur de Ségolène Royal l’en avait empêché, et, ironie de l’histoire, c’est elle qui, par son ralliement spectaculaire et presque émouvant, a apporté un soutien décisif à son ancien concubin, bien plus décisif que celui de l’inénarrable baron gauchiste, l’espace d’une élection, Arnaud de Montebourg. Comme il était jouissif, l’autre dimanche, de voir difficilement contenir leur dépit les dinosaures du parti qui s’étaient presque tous rangés dans le camp de Martine, et ...Laurent Fabius serrer la main de vainqueur. J’ai éprouvé, ici ou là, pendant cette campagne certaines émotions que j’avais presque oubliées depuis 1981, celle de l’autre François. Il y a si longtemps que je n’avais plus voté avec plaisir et conviction, presque un retour au bercail. Presque, car le chemin est encore long et s’annonce plus que périlleux dans un environnement économique et financier qui ne va cesser de se dégrader et qui ne devrait plus permettre de tenir le langage d’un autre siècle, celui de Benoit Hamon, ou celui apocalyptique, délirant, du baron. Une autre grande satisfaction pendant ces quelques semaines, l’état de sidération de l’UMP au bord de la crise de nerfs...

« Beauty » donc, d’Olivier Hermanus, est un film sur la haine de soi, celle d’un homosexuel quinquagénaire vivant dans des milieux hyper conservateurs d’une Afrique du Sud dont les « apartheid » sont encore souvent dans les esprits, s’ils ne le sont plus dans les lois. Le titre du film semble étrange car s’il se réfère à la fascination que va exercer la beauté captivante d’un jeune étudiant, la traduction du titre anglais « skoonheid » est impuissante à reproduire son lien avec le mot « apartheid ». Les contradictions du héros, torturé, qui derrière le masque de son homophobie vit clandestinement une homosexualité sordide, et va vivre une passion pour son jeune neveu, destructrice jusqu’ au viol, sont admirablement rendues par l’interprétation remarquable de Dean Lotz. On pourrait reprocher à ce film son simplisme et son caractère démonstratif, renvoyant les contradictions du personnage à son histoire individuelle - milieu social, racisme- notamment dans cette scène finale où le héros comprend, à la vision de jeunes gays s’embrassant en public dans un bar, qu’il est passé à côté de sa vie, il n’en reste pas moins oppressant et très intense. Dommage qu’une réalisation contemplatrice, où les silences s’éternisent, s’éternisent, amène parfois à l’ennui.

Aucune réserve quant au film de Nicolas Winding Refn, « Drive », de la fascination au contraire. Ce thriller qui conte l’histoire d’un petit malfrat solitaire qui va se transformer en tueur fou, le hasard lui ayant fait croiser la route d’Irène et de son fils, menacés par la mafia. La réalisation en est époustouflante, rappelant les plus grands jusque dans son utilisation de la bande son et Ryan Gosling irrésistible dans son blouson brodé d’un scorpion.

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:25

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Mon attention a été quelque peu détournée de ce blog par mes obligations professionnelles et notamment la nécessité de faire face aux remises en cause, venant d’horizons multiples, et dont la bonne foi et la rigueur scientifique sont le plus souvent absentes, des traitements actuels de la maladie d’Alzheimer. Les effets pervers de la sale affaire « Mediator » ne sont pas prêts de s’estomper.

Les sujets d’intérêt ne manquent pourtant pas, en premier lieu cette campagne des primaires socialistes dont, il y a quelque mois, je ne doutais pas qu’elle ne se révèle délétère pour ce parti et qui constitue au contraire une divine surprise par la retenue dont font preuve, du moins jusqu’à ce jour, les candidats dans leurs attaques personnelles. Si ce renouveau inattendu de maturité politique survit à la désignation du vainqueur, je ne vois pas comment celui ci pourrait perdre cette élection. La présence d'un bureau de vote à distance de marche de mon domicile  pourrait bien m'inciter, dimanche, à aller glisser un bulletin dans l’urne en faveur de François  II.

Il serait cependant excessif de dire que cela me passionne, l’essentiel se joue ailleurs, la crise des dettes souveraines ne laissant pas  d’autres choix à l’Europe que de se faire enfin dans sa dimension politique ou disparaitre dans un avenir qui pourrait bien s’avérer cauchemardesque. Il serait sans doute salutaire pour le parti socialiste de se trouver aux commandes à un moment où la confrontation  à la dure vérité des faits lui interdirait toute expérimentation idéologique.

L’Europe est au bord du gouffre, mais la physique théorique aussi...Le modèle standard qui en constitue le socle, jamais démenti par l’expérience et qui a même permis de découvrir des particules dont il avait prédit l’existence, pourrait se voir remis en cause sur trois fronts. Les physiciens sont des « agnostiques », contrairement aux philosophes ou aux politiques ils confrontent sans arrêt leurs certitudes d’aujourd’hui à l’expérience et leurs remises en question les exaltent. On sait, j’en ai parlé dans un billet précédent, que les expériences en cours dans l’accélérateur de particules du CERN, devraient d’ici quelques semaines ou moins, confirmer l’existence, une des prédictions du modèle, de ce fameux boson de Higgs qui nous donnerait enfin la clé de la masse des particules. Si finalement on ne le trouvait pas, les tenants du principe « anthropique », selon lesquels il n’est pas nécessaire qu’une théorie explique tout si l’on admet que toutes les possibilités existent et que nous sommes seulement dans l’ univers dont les valeur physiques, y compris la masse, étaient les seules compatibles avec la vie, s'en trouveraient confortés....L’autre faiblesse du modèle vient du fait qu’il présuppose que la matière « visible » que nous avons mise en évidence ne  constitue que 20% de la matière totale de l’univers, les 80% restants nous étant « invisibles », la « matière noire » (seule façon d’expliquer la vitesse de rotation des étoiles lointaines). Or une équipe allemande aurait peut être enfin détecté des indices de cette matière introuvable....Mais enfin et surtout, ce qui a le plus mis en émoi les physiciens, c’est la communication de résultats d’une expérience selon lesquels les neutrinos, ces particules si difficiles à détecter car elles interagissent peu avec la matière, pourraient dépasser la vitesse de la lumière, obstacle infranchissable depuis Einstein. Si cette expérience était confirmée ce serait un coup de tonnerre qui obligerait à considérer la théorie de la Relativité comme incomplète. Cet ébranlement pourrait bien se révéler salutaire car la théorie d’Einstein est incompatible « aux origines », au temps du big-bang, avec le modèle standard de la mécanique quantique vu plus haut, il faut donc bien qu’une au moins des deux théories soient incomplète. Les neutrinos sont d’ailleurs des créatures charmantes qui existent sous trois formes, « trois genres » que les physiciens appellent joliment des saveurs, et qui, lorsqu’elles se déplacent peuvent changer de genre, des « trans» en quelque sorte.

Le dernier film de Gaël Morel, « Notre paradis », cavale destructrice d’amants criminels, aurait pu se placer dans la lignée de Jean Genet et de son rapport à l’homosexualité, fascination pour le mal, le crime et la mort. Mais il ne suffit pas de nous montrer toute la panoplie des perversions et pratiques fétichistes de certains milieux gays pour accéder à ce statut, faut il encore avoir du talent, talent dont manque à l’évidence et le réalisateur et certains comédiens. Quant à Stéphane Rideau, dont l’expansion du postérieur n’a d’égal que celle de celui de Béatrice Dale, il n’est plus que le pâle reflet de la jeune découverte d’André Téchiné.

Le numéro 2 du magazine gay « Friendly » est paru. J’avais répondu à la demande de la rédaction en envoyant deux billets ayant pour sujet le mariage gay, l’un exprimant certaines réticences « post soixante huitardes »  quant à ce concept, contrebalancées dans le second, plus polémique, qui fustigeait ceux qui s’y opposent. Seul le second a été retenu...je vais donc passer pour un fervent défenseur  de ce mariage !

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 22:11

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Je n’ai pu voir ce premier débat des primaires, mes obligations professionnelles m’en ont empêché, mais je doute qu’il ait pu modifier mon inclinaison, qui ne date pas d’aujourd’hui, pour François Hollande. Je ne sais encore si je participerai au vote, puis je vraiment signer un document où j’affirmerais mon adhésion aux valeurs de ce parti ? On  a d’ailleurs du mal à croire qu’elles soient exactement les mêmes pour les  six candidats, mais après tout comme l’élu, quel qui soit, s’il remporte la présidentielle se verra forcé (par la «realpolitik») de les trahir, plus ou moins vite, on ne prend pas  grand risque à le signer en fermant les yeux?

Je n’ai pas non plus beaucoup vu Budapest, tout juste  le temps d’apercevoir, des fenêtres du taxi qui m’amenait de l’aéroport à mon Hôtel, quelques vestiges de l’empire Austro-hongrois sur les façades d’immeubles bordant les rues de Pest, et  au loin sur les bords d’un danube qui n’avait rien de bleu le château et les monuments de Buda que j’avais eu l’occasion de découvrir, trente ans plus tôt, avant la chute du mur. La vie nocturne de Budapest est sans doute aujourd’hui beaucoup plus animée que du temps où Brejnev régnait sur Moscou, je n’ai pas eu le temps d’aller l’explorer, mais si on en juge par la fréquentation par la jeunesse locale des sites internet, gayromeo semble très populaire ici aussi, les rencontres doivent pouvoir s’enchainer...Ce n’était point le cas à St Laurent de Cabrerisse, petit village des corbières perdu entre Carcassonne et Perpigan, où je participais dès mon retour à un séminaire de travail, le GPS du logiciel de rencontre « GRINDR » de mon ipad ne localisant pas âme qui drague à moins de 20 kms....

Du temps donc pour me lancer dans la lecture d’un roman improbable, celui d’un petit génie de 19 ans, Marien Defalvard. « Du temps qu’on existait » nous conte la dérive mélancolique et la détestation de son temps d’un homme qui se penche sur son passé, mélancolie que rien, depuis le paradis perdu de son enfance familiale,  ne vient adoucir, y compris ses éphémères rencontres masculines. On ne peut pas ne pas évoquer Proust. Le style, une fois qu’on s’est laissé emporter par lui, la lecture n’en est pas limpide, est étincelant, envoutant. Seule réserve, derrière le sentiment d’assister à l’avènement d’un grand écrivain, celle justement de s’être laissé envouté, de s’être « fait avoir », et que l’auteur ne se révèle un jour être à la littérature ce que BHL est à la philosophie.

Pas d’envoutement, plutôt une certaine perplexité, après avoir vu le film de Nanni Moretti, « Habemus Papam ». Certes on passe un assez bon moment, c’est parfois drôle, et Piccoli égal à lui même, mais on voit mal quel est le propos de l’auteur qui balance entre la caricature du collège des cardinaux, de la psychanalyse, voire du sport d’équipes. Si c’est l’Eglise qui est visée, la satire est plutôt douce, elle aurait facilement pu être plus cruelle. Etrange cette absence presque totale du film de la « religion», comme si aucun des cardinaux n’avait été touché par la « grâce », comme si aucun n’était habité par la « foi ». Etrange aussi cette affirmation d’une réticence de l’Eglise aux théories freudiennes, le cinéaste ne sait il pas qu’elles influencent au contraire fortement ses positions , notamment sur l’homosexualité ou sur la « théorie du genre » !


« Ceux que j’aimais de façon immanquable, suivaient tous le même rituel à travers mes perplexités intérieures, mais il fallait, pour qu’à chaque fois le processus puisse se renouveler sans que je l’anticipe, que la personne sur laquelle j’avais fixé mon sentiment, me paraisse toujours nouvelle, qu’elle semble écraser de son simple nom couché une pléiade d’antécédents bavards et divers, qu’elle les enterre, tous »
(Marien Defalvard, Grasset, 2011.

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 16:50

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« Je peux vivre sans toi, oui, mais ce qui me tue mon amour, c'est que je ne peux vivre sans t'aimer », ces paroles du refrain d’un des chansons écrites par Alex Beaupain pour le très beau film de Christophe Honoré, « Les Biens aimés », constituent le film conducteur des chroniques amoureuses d’une mère (interprétée par Ludivine Sagnier puis Catherine Deneuve) et de sa fille (Chiara Mastroianni), chroniques dont les soubresauts et les souffrances qu’ils traduisent éclipsent pour les protagonistes les grondements de l’Histoire, chars de Prague aux attentats du 11 septembre. Ce réalisateur qui m’avait déjà enchanté avec sa précédente comédie musicale, « Les chansons d’amour », toujours avec Alex Beaupin comme parolier, est un habitué de Cannes depuis s son premier film « 17 fois Cécile Cassard ». Film sur le sentiment amoureux sur ce qui le fait naître, disparaître, ou l’exacerbe- le temps qui passe, l’égoïsme, l’infidélité (« Est-ce qu’on pourrait arrêter de se tromper les uns les autres ? » dit un des personnages, laissé pou compte de l’amour), l’absence de désir physique - tout ce qui en constitue l’essentiel est dit en chansons. Dans un des plus belles scènes, l’amant de Henderson, batteur d’un groupe rock interprété magistralement par Paul Schneider, tente de surmonter l’impossibilité d’un rapport physique entre ce dernier et Vera qui l’aime à en mourir, en prenant l’initiative d’un plan à trois....

Cette rentrée est riche de films qui ont marqué l’excellente sélection du festival de Cannes, notamment le splendide film de Lars von Trier, « Melancholia », dont les dimensions cosmiques et la virtuosité de la réalisation font écho à celui de Terence Malik, « Tree of life ». Les deux films révèlent pourtant deux visions aussi opposées que possible, religieuse d’une rédemption par la grâce pour ce dernier, alors que celle de Lars Von Trier est d’un pessimisme radical, solitude infinie de l’Homme dans l’Univers qui n’a d’autre issue que de disparaitre avec l’humanité entière.


On pourrait rêver d’une rentrée littéraire sans un livre d’Amélie Nothomb en tête des ventes, ce ne sera pas cette année, il faudra en plus supporter ses chroniques dans « Le monde des livres » ce qui ne rassure pas sur l’évolution éditoriale de ce supplément, mais on se consolera en découvrant le nombre d’ouvrages qu’on aimerait se procurer et avoir le temps de lire, le nouveau roman de Jonathan Franzen, le premier d’Albert Jenni, « L’art français de la guerre », dont on parle beaucoup, et surtout la saga d’Haruki Murakami, 1Q84, titre clin d’oeil à « 1984 » , dont les deux premiers tomes viennent de paraître.

Rentrée professionnelle aussi, avec la reprise de mes déplacements, Budapest lundi et mardi pour une réunion internationale, puis en pays cathare pour une réunion interne à mon entreprise.

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 18:31

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Un certain nombre de députés UMP ne semble pas avoir d’autre urgence que de faire retirer des manuels scolaires qui rendent compte de la « théorie du genre ». Bien que m’étant maintes fois fait référence à cette théorie dans des billets de ce blog, théorie qui je le rappelle affirme que l’orientation et même l’identité sexuelles doivent autant au contexte socioculturel qu’à la biologie, je dois avouer quelque peu surprenant qu’elle soit exposée de façon univoque, sans préciser qu’il ne s’agissait que d’une théorie et non d’une vérité établie sur le plan scientifique ( sous réserve que les passages de ces manuels que j’ai pu lire dans la presse n’aient pas été dénaturés, en dehors de leur contexte...). La théorie « Queer » est fort contestable dans sa version « militante», elle relève du combat politique d’une certaine extrême gauche, mais elle mérite au moins débat si l’on considère la façon dont l’aborde Florence Rochefort du CNRs, en ne parlant plus « d’identité » mais de représentation : "Toutes les représentations assimilées au féminin et au masculin sont le produit d'une construction sociale".
On pourrait conseiller à nos députés UMP d’aller voir, comme « leçon de choses », le passionnant thriller d’Almo Dovar, « La piel que habito », d’une grande beauté formelle même s’il n’atteint pas, le film est quelque peu glacial, à l’émotion de « Tout sur ma mère ». A la fin de ce film bouleversant, le héros, transsexuel, affirmait que son identité sexuelle était un choix. Dans son dernier film Almo Dovar va plus loin, l’identité de «Vera » sera forgée par un démiurge, le genre au delà du gêne et du socioculturel....

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:09

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Regagner directement Paris depuis Sitgès en voiture est suffisamment éprouvant, je m’y suis risqué deux fois seul au volant puisque Bertrand ne s’est toujours pas décidé à passer son permis, pour que nous ayons pris l’habitude de faire une étape en France. Cette année ce fût Aigues Mortes dont le joli nom pouvait laisser supposer que nos nuits seraient beaucoup plus calmes, elles le furent, sans que le syndrome de sevrage soit trop brutal puisque le village est proche de la plage naturiste dite de « L’espiguette » dont la réputation n’est plus à faire. Bonne occasion peut être de la « défaire ». Tout contribue à vous mettre de mauvaise humeur, la circulation infernale sur les 10 kms qui la sépare de la ville, le parking payant, les 20 minutes de marche dans le sable sous une chaleur torride pour atteindre la section « gay » où vous avez la surprise de retrouver certains de ceux que vous avez déjà aperçu hier à Sitgès et que vous reverrez demain rue des Archives. Si ce n’était que cela ces petits désagréments seraient vite oubliés, après tout, un peu partout, les plages gays naturistes où l’on peut s’adonner au plaisir des rencontres furtives se méritent. Mais à « L’espiguette » vous prenez le risque que les seuls dards qui vous aient pénétré soient ceux des hordes de moustiques ou autres charmantes bestioles qui hantent les dunes. Cela ne semble pourtant pas décourager les stakhanovistes de la drague en plein air dont on peut supposer qu’ils se sont enduits le corps de lotion répulsive, supposition confirmé par Bertrand qui, inconscient de cette invasion avait continué sa progression au cœur du théâtre des opérations, alors que j’avais entrepris une retraite rapide vers le bord de mer, et qui me dit : « ça avait goût de citronnelle ». Le second jour nous sommes sagement restés sur le bord de mer, ne nous aventurant sur la crête des dunes que pour réaliser nos photos suggestives destinées à l’actualisation des « pics » de nos profils sur les sites de rencontres (où il peut arriver qu’on minimise un tant soit peu son âge dans la limite du vraisemblable pour échapper à la censure des filtres de recherche, mais faut il encore que les photos soient récentes pour qu’il n y ait pas tromperie sur la marchandise...).

 

Ceci étant dit la cité médiévale, étonnamment bien conservée, particulièrement animée en ces jours où se déroulaient les fêtes de Saint Louis, fondateur de la cité, ne manque pas de charme. Nous logions à l’hôtel Canal Aigues Mortes, à deux pas des remparts, très gayfriendly, tenu par un « trouple » très accueillant. Un couple de nos amis avait choisi un hébergement dans un maison d’hôtes exclusivement gay à quelques kilomètres de la ville, dont l’agencement, un fort opportun labyrinthe dans le jardin bordant la piscine, leur a permis de s’épargner l’épreuve des dunes pour faire leurs « courses »....

 

De retour sur Paris samedi, le temps de voir quelques films sortis pendant notre absence : «La planète des singes- les origines », série B offrant une plaisante détente neuronale après un long voyage, puis surtout le dernier Téchiné, « Impardonnables », une relative déception devant cette tragicomédie sentimentale dont les multiples trames du récit s’entrelacent de façon quelque peu confuse sans qu’on en décèle la ligne directrice, ni la nécessité de certaines, comme celle qui décrit les comportements homophobes de Jeremy, l’adolescent psychopathe, mais le film n’en est pas moins attachant, comme ses personnages, notamment le dit Jeremy, Téchiné a toujours excellé dans l’art de découvrir de jeunes talents masculins.

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 18:08

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Nous avons quitté Paris il y a un peu plus d’une semaine pour rejoindre Orange, que nous atteignîmes après être passé par le Puy en Velay et découvert les splendides paysages du plateau de l Ardèche, une ville quelque peu endormie après ses chorégies. A Avignon, notre destination suivante, Bertrand n'avait pas encore eu l’ occasion de visiter le Palais des Papes et de se remémorer ainsi que le séjour de ces derniers en cette ville ne se résumait pas á la période schismatique, nous eûmes la chance de loger, à moitié du prix affiché dans la chambre grâce au site de réservation "booking.com", dans très bel hôtel cloitre et de faire un agréable dîner dans un bistrot, "Mama Corsica", tenu par une mégère faisant marcher à la baguette son personnel comme ses clients. Villeneuve les Maguelones, un village des environs de Montpellier dont je n'avais jamais entendu parler, mais où réside maintenant un couple d'amis gays (presque un pléonasme, nous avons si peu d amis qui ne soient pas gays.....) autrefois parisiens, fut notre dernier étape avant d atteindre Sitges, ville qui fût l'objet du premier billet de ce blog, deux ans déjà... 


Sitges bouge, le temps qui passe, la crise qui touche si durement l'Espagne. "Pepe", le vieux vendeur ambulant qui arpentait la plage gay du centre ville depuis toujours et dont nous avions encore dans l' oreille, bien après notre retour, les "cerveza, coca-cola, aqua", n' est plus là, des restaurants que nous aimions bien ont fermé, des commerces de fringues "branchées" ont été remplacés par les inévitables magasins d’ optique, mais les gays sont au rendez vous, aussi nombreux sinon plus, avec semble t’ il un retour en force des corps sculptés. La tendance, déjà amorcée depuis deux ou trois ans, d'un abandon progressif des lieux "historiques" du circuit des bars, le Candil depuis quelques années, puis plus récemment le Mediterraneo, s'amplifie. Tout se concentre maintenant à proximité du Parrots, le café où ceux qui veulent être vus se retrouvent à l'heure de l'apéritif, entre deux rues parallèles, la Calle Bonnaire et la Calle Bonne Aventure, où le flux nocturne qui semble suivre à la trace "Lady Diamond", la reine de ces lieux où elle fait spectacle, n'a que quelques mètres à parcourir pour aller du Privilège, au Queenz, et au XXL dont la backroom rappelle de plus en plus le RER A aux heures de pointes. 

Le soir de la "White party", tous les mardis dans une discothèque à l'extérieur de la ville, alors que nous étions à la terrasse du restaurant du Parrots, mon attention fût attirée à la table voisine par un individu à l'embonpoint notable qui dînait avec un jeune homme, à n'en pas douter le propriétaire des lieux à la façon dont il réglait d'un mouvement des doigts les déplacements des serveurs, objet d'une véritable "cour" de la part d'un nombre incalculable de passants qui venaient le saluer et qui distribuait, selon son bon plaisir, des entrées gratuites pour la "Party". Véritable "Parrain" d'un empire qui s'est étendu autour du Parrots, au gré des défaillances des commerces voisins probablement emportés par la crise - restaurants, cafés, bars, discothèques se succèdent, drainant le tout Sitgés gay. Bertrand s'esclaffa " c est "Jaba the Hut".

Cette concentration satisfait sans doute aussi ce besoin de la jeune génération de tout avoir à portée de main, ou de pas, comme en témoigne le succès foudroyant du logiciel de rencontres pour iPhone, "Grindr", qui vous indique au mètre près qui est connecté et où («à 7 mètres seulement, seriez vous dans ma baignoire ?» fût un des premiers messages que je reçus en arrivant à notre hôtel !), jusqu'à redécouvrir peut être un jour que le plus proche il partage déjà votre lit...... *

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 14:46

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Une étude, réalisée par le prestigieux National Institutes of Health auprès d'un millier d'homosexuels, a valu au gouvernement US un flot de critiques. Le rapport intitulé "Le lien entre la taille du pénis et la santé sexuelle chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes" établissait un lien entre la taille du pénis et la "passivité" . On y apprenait que  "les hommes gays et bisexuels avec une taille de pénis en "dessous de la moyenne" étaient supposés avoir un position sexuelle  passive, tandis que ceux avec une taille "moyenne supérieure" seraient généralement sexuellement actifs. Ceux qui ont une taille "moyenne" du pénis étaient identifiés comme "versatile"".

Si l' étude ne se limitait pas à cette seule question, qui montre à n'en pas douter la nature hétérosexuelle de son auteur, je ne vois pas en quoi elle est critiquable en tant que telle, seule sa méthodologie pourrait l'être. Elle fait suite à celles qui s'intéressaient à d'autres critères que l'orientation sexuelle. On pourrait citer celle d'un chercheur de l'université d'Helsinki qui a étudié la corrélation entre le PIB d'un pays et la taille moyenne du pénis de ses habitants (http://www.tdg.ch/actu/monde/taille-penis-influerait-pib-2011-07-27). La taille idéale serait 13.5 cm, au delà de 16 (l'Afrique?) ou en dessous de 12 (l'Asie?) on noterait une chute du développement économique .  En effet "Target Map" a publié une cartographie de la taille du pénis en fonction des ethnies (je fais attention à "big brother", je ne parle pas de race!) selon laquelle ce sont les congolais qui l'auraient la plus longue et les asiatiques la plus courte, ce qui correspond bien  à une impression personnelle, fruit d'une longue expérience...Une entreprise européenne  s'est limitée à l'Europe, les français arrivent en tête avec 14 cm en moyenne, l' Irlande et la Grèce ferment la marche avec moins de 12 cm...on comprend mieux pourquoi ils  nous posent tant de problèmes!

La méthodologie de ces études fait cependant sourire, car elle est basée sur "l'automesure", c'est à dire sur le déclaratif des participants, et non sur une mesure par un "tiers"...Les français auraient ils tendance à se surévaluer?  Pas sûr cependant, car dans toutes ces études, indépendantes les unes des autres,  on trouve le même chiffre d'environ 14 cm pour la France. Rassurez vous il s'agit d'hétérosexuels, car il me semble  que la longeur moyenne du pénis chez les gays est significativement supérieure à ce chiffre! mais cette impression soulève un autre problème méthodologique : le choix de l'échantillon. En effet la population gay que j'ai rencontrée est probablement majoritairement représentative de celle qui fréquente les endroits sexe et ces lieux  n'ont ils pas tendance à sélectionner les "bien montés"?

Revenons en à l'étude américaine du  NIH chez les homosexuels. Elle semble basée sur une hypothèse génétique et si je  n'ai pas de doute quant à l'origine "génético-biologique" de l'orientation sexuelle,  je ne crois pas que la façon dont elle s'exprime puisse ignorer l'histoire personnelle  (http://limbo.over-blog.org/article-gay-de-naissance-ou-la-faute-a-maman-44364997.html). Les résultats rapportés ne correspondent pas à mon expérience. On peut identifier plusieurs biais, n'avoir pris comme critère que la longueur du pénis et non son épaisseur,  n'avoir pas pris en compte que nombre de passifs exclusifs compensent ainsi leur absence d'érection,  ignorer que le caractère "passif" ou "actif" peut évoluer avec le temps (on peut ainsi, c'est mon cas, avoir été plutôt passif dans un premier temps, c'est plus reposant pour le paresseux que je suis, puis trouver un certain intérêt à l'autre position quand on s'aperçoit que ses attributs attirent surtout les passifs et que l'on peut ainsi signifiactivement augmenter le nombre de ses contacts...En un mot ce sont les passifs qui concentrent les grosses bites et non celles ci qui  sont, à priori, "actives"...

Ce sujet peut paraître futile tandis que le boucher de Damas continue à sévir, mais le sexe ne gouverne t'il pas ce monde, sans  référence à notre vie politique nationale....? Et puis ce sont les vacances..

La nouvelle revue gay "Friendly" a publié, j'avais fait état de leur proposition précédemment, un de mes billets sur "l'infidélité".  En fait, ils ont fusionné deux billets sur le même sujet, mais pas dans l'ordre de parution, avec une citation de Renaud Camus intercalée entre les deux, ce qui n'en rend pas la lecture pleinement cohérente, mais l'essentiel est préservé. Je dois réfléchir à un nouvel article pour leur numéro 2.

On ne peut évaluer la taille de la  bite de Pierre Niney, plus jeune sociétaire da la comédie française,  dans le délicieux premier film de Frédéric louf "j'aime regarder les filles", mais courrez y, à moins que vous ne préfériez aller voir "Absent", qui pourrait s'appeler "j'aime regarder les garçons", de Marco Berger, premier pris d'un festival gay et lesbien, où l'on ne peut non plus entrevoir les attributs du jeune amoureux, seulement se mourir  d'ennui.

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 22:39

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Celui par qui la masse fût. La particule de Dieu, le boson de Higgs, aurait donné des signes de son existence dans le nouvel accélérateur de particules du Cern à Genève. La communauté des physiciens est en émoi, deux équipes ont décelé des perturbations dans des bandes d’énergie entre 120 et 140 milliards d’électrons volts, peut être la signature du boson de Higgs (http://limbo.over-blog.org/article-la-particule-de-dieu-et-le-dieu-des-bars-gays-46950175.html). On espère la confirmation de sa découverte dans les mois qui viennent, l’enjeu est de taille, rien de moins que la confirmation du modèle standard de la mécanique quantique dont tout l’édifice repose sur une particule qui n’a qu’une existence « théorique » car on ne disposait pas jusqu’à maintenant d’accélérateur assez puissant pour atteindre les niveaux énergétiques nécessaires à sa mise en évidence. Sinon tout s’écroule et la physique sera en crise...

Autre découverte scientifique enthousiasmante, celle de l'essai américain sur l'intérêt préventif des traitements antirétroviraux. Chez les couples hétérosexuels sérodifférents, le traitement antiviral se révèle très efficace contre la transmission du VIH : l'essai américain qui portait sur plus de 1700 couples hétérosexuels a été interrompu car les résultats montraient que si une personne vivant avec le VIH était traitée précocement, le risque d'infection pour son ou sa partenaire était réduit de 96 %, aussi bien, sinon mieux, que la capote. En fait un seul couple n’a pas été protégé, probablement parce que le traitement a été entrepris après la contamination, la protection serait donc de près de 100% ! On ne peut encore affirmer que cela peut être complètement extrapolé à la contamination chez les gays le risque de transmission anale étant nettement plus élevé que par voie vaginale, mais il n’est pas douteux que dans ce cas aussi le risque de contagion par une personne à charge virale indétectable est très fortement réduit.

Dans un précédent billet (http://limbo.over-blog.org/article-sida-une-education-de-l-incertitude-49758130.html), alors qu’un premier essai allait déjà dans ce sens, j’avais souligné que nous avions les moyens d’éradiquer cette épidémie : « Un virus, pour se reproduire, a besoin de trouver de trouver un «hôte», et ceci à une relative grand échelle, sinon, il finit par disparaître, «faute de combattants». Il se trouve que si un dépistage à grande échelle (et bien sûr surtout dans les pays en voie de développement) était pratiqué et si tous les patients séropositifs (la plupart....) étaient traités avec les thérapies actuelles qui permettent de diminuer la charge virale dans des proportions telles que la transmission du virus devient improbable, peu à peu, alors que les contaminés vieillissants disparaîtraient, «le réservoir» de virus deviendrait si insuffisant qu'il ne pourrait plus se reproduire.... Ceci est possible, en une ou deux décennies, si l’on y met autant d’énergie que pour le sauvetage du système financier… ».

Mais faudrait il pour cela que les gays se sentent encore engagés par ce combat au lieu de n’avoir plus en tête que le « droit à l’indifférence ». Je partage totalement les propos de Christine le Doaré, présidente du centre LGBT Paris, dans TETU : « Il y a une perte évidente des repères individuels et collectifs sur ce sujet. L’obsession du mariage et de l’adoption a étouffé en partie d’autres luttes....Cette recherche absolue de normalité ne remet pas en question les principes fondamentaux de la société. Ceux qui en font les frais sont les mêmes : les femmes, les malades, les précaires.». A rapprocher de la pensée de deux auteurs, dans le même numéro de Tetu, Judith Butler « pour qui l’empire de la norme sexuelle est inséparable d’un assujettissement, d’un attachement passionné à la norme » et Murray Rothbard, intellectuel américain libertaire dont son ouvrage « L’éthique de la liberté » « débouche sur une critique radicale de l’Etat, dont l’action normalisatrice aurait tendance à uniformiser les modes de vie plutôt qu’à favoriser la dissidence et la différence.»

Lady Gaga, dont Bertrand est un fan, fervente militante du mariage gay, a eu droit à quelques lignes dans le dernier volume du journal de Renaud Camus. Ce dernier, qui prend un malin plaisir a relever les impropriétés de langage des journalistes français a relevé celle-ci qui m’a fait sourire « Lady Gaga....aussi connue pour sa musique que pour ses tenues ». Il aurait fallu dire, peut être trouverez vous qu’on est à limite de l’enculage de mouches en plein vol, « Lady Gaga....aussi connue pour ses tenues que pour sa musique»... Je ne suis pas sûr que Renaud Camus ait raison...il se pourrait bien que ce qui restera de Lady Gaga, ce sont ses tenues....

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