Overblog Tous les blogs Top blogs LGBT
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 21:15

 

 

 

989-notre-dame-paris-BP.jpgUn soir de la semaine dernière, le temps était plutôt lourd, le "mari" (soyons moderne) de mon ex (celui pour lequel il m'a quitté, 13 ans déjà, il y a prescription!!) nous avait convié à un pique nique sur les bords de Seine, au pied de Notre Dame. Nous nous retrouvâmes à 12, Pont saint Louis, un petit pincement au coeur en passant devant les jardins de Notre Dame qui furent un de mes terrains de chasse quand habitant Bordeaux je venais m'éclater à Paris (avant que Chirac en 1985 ne les fasse fermer la nuit). Nous avons renoncé à nous installer rive droite, plutôt gayfriendly, mais la place était prise. Nous nous sommes donc déployés rive gauche, où l'espace disponible est bien plus important. Autre souvenir, celui des gigantesques bals gay du 14 juillet, qui ont été supprimés, si ma mémoire ne me trahit pas, le mois de juillet qui a suivi la coupe du monde de foot ball de 1998, en raison d' incidents homophobes. Le lieu doit prédisposer à l'homophobie, car je ne sais combien de fois nous nous sommes faits traités de pédés...dans toutes les langues..encore un souvenir du bon vieux temps!

Le hasard fait que je suis en train de lire "Le grand nulle part", de James Ellroy, un des chefs d'oeuvre du roman policier, le premier que je lis de cet auteur dont je ne connaissais jusqu'ici que les adaptations cinématograhiques de ses oeuvres, notamment L.A.Confidential. Il n'est pas facile d'entrer dans ce roman aux personnages multiples, à l' intrigue foisonnante, à l'écriture hachée. Si la chasse aux communistes dans les milieux du cinéma au temps du Mac Cartysme est au centre de l'intrigue, l'histoire se concentre aussi sur le milieu homosexuel dans ce qu'il a de plus sordide et décrit jusqu'au malaise l'homophobie de l'époque à Los Angeles. Pourtant le personnage le plus attachant est celui du policier Danny Upshaw, qui enquêtant sur une série de meutres dans les milieux homosexuels, va progressivement prendre conscience de son homosexualité.

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 17:03

subprime.gifPour avoir oublié ce principe élémentaire, que le bon sens commun traduit par « on ne prête qu’aux riches », les banques se sont tirées une balle dans la nuque et ont mis le monde dans une situation dont on ne sait toujours pas quand, ni surtout dans quel état, il en sortira. L’idée de base était cynique mais réaliste : il y a beaucoup plus de pauvres que de riches, donc prenons leur le peu d’argent qu’ils ont en leur faisant miroiter de devenir propriétaire…D’autant plus facile que les taux d’intérêt aux USA étaient tombés proche de zéro, ce qui en accordant des emprunts à très long terme (plus de 20 ans) permettait de leur faire miroiter des mensualités supportables. Mais ce que ces cyniques n’ont pas dit, c’est que les prêts accordés étaient à taux variable, pratique commune dans les pays anglo-saxons. Quiconque est tant soit peu informé des mécanismes financiers sait qu’il ne faut emprunter à taux variable que lorsque la probabilité de baisse des taux est importante, c'est-à-dire quand les taux sont hauts (ce que je fis en 91, lors de l’achat de mon appartement alors que les taux étaient à 10%, ils sont tombés rapidement à 4% et j’ai gagné 7 ans de remboursements), mais jamais quand les taux sont bas et qu’ils ne peuvent qu’augmenter ce qui risque de se traduire par une augmentation drastique des mensualités (n’empruntez surtout pas à taux variable en ce moment !)….Mais les pauvres ne savent pas ça, et on ne leur a pas dit. L’on sait ce qui arriva, les taux sont remontés, les mensualités avec, les pauvres n’ont pu continuer à payer…Et l’on n’a pas pu compenser ce défaut de paiement en saisissant leurs maisons car la valeur de celles-ci avait notablement baissée du fait de l’éclatement de la bulle immobilière….Tout cela est déjà immoral, mais s’il ne s’était jamais agi que de cela, les banques auraient évité de côtoyer el pire et seuls les pauvres auraient été plus pauvres. Mais nos banquiers US, jamais rassasiés, ont eu la géniale et fatale idée de « titrariser » les crédits consentis, autrement dit les mettre en bourse, et en plus, cerise sur le gâteau, de faire assurer le risque par ce qu’on appelle les « rehausseurs de crédit » (je ne maîtrise pas encore tout cela, aussi ai-je placé en fin de billet une petit résumé du mécanisme en cause). D’où la catastrophe en cours qui s’est propagée selon le mécanisme de la théorie du chaos.
Le plus drôle de l’histoire fût d’entendre ce petit plaisantin qu'est Alain Greenspan, ancien directeur de la Réserve fédérale, déclarer n’avoir jamais vu une chose pareille, alors qu’il est un des principaux responsables de ce qui est arrivé : c’est lui qui, lors de l’éclatement de la bulle internet en 2001, suivie par les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak, qui, pour venir au secours de l’économie américaine menacée de récession, a baissé les taux de façon si inconsidérée qu’il a créé la bulle immobilière…
Les bourses se sont alors effondrées, et il n’y a que les « diseuses de stupidité », telles Edith cresson en 91, pour dire « La bourse je n’en ai rien à cirer », car chaque fois qu’une entreprise s’effondre en bourse elle devient la cible des prédateurs qui licencient à tour de bras. Il s’en est suivi, en dépit du sauvetage « d’état » des banques et assureurs par l’administration Bush (qui rappelait à une échelle démultipliée le sauvetage du crédit lyonnais par l’état français), sauvetage indispensable pour éviter la faillite générale, une récession massive avec destruction d’un nombre incalculable d’emplois dans le monde. Les plans de relance qui ont été mis en œuvre pour freiner et inverser cette récession ont accru massivement le déficit des états, ce qui nous amène à la phase actuelle de « rigueur » pour éviter une faillite de plusieurs d’entre eux. Le pire n’est peut être encore à venir et pour faire passer la « pilule » aux peuples concernés devant les sacrifices à venir, on peut s’attendre à une montée des tensions et des conflits dans le monde (on se souvient de ce qui a suivi la crise de 29….).


PS : Mécanisme des « subprime » :
1. La banque accorde un crédit
2. La banque titrise cette créance
3. Elle vend le titre à un hedge fund [un fonds d’investissement à risques, ndlr]
4. Ce fonds emprunte auprès de la banque pour acheter encore plus de titres émis, profitant à fond de l’effet de levier [qui permet d’emprunter plus pour gagner plus, ndlr].
5. Quand le débiteur fait défaut ou même qu’on considère que le risque qu’il fasse défaut augmente, la valeur de la créance titrisée dégringole, mettant en péril le hedge fund.
6. Celui-ci doit financer des pertes et se trouve en situation délicate vis-à-vis de la banque qui le finance.
7. La banque doit déprécier sa créance sur le hedge fund et lui refuse les nouveaux crédits dont il a besoin pour financer ses pertes et assurer la continuation de son activité.
8. Le hedge fund fait faillite.
9. A son tour, la banque elle aussi peut se retrouver en difficulté. Elle a tout à coup besoin d’argent et se tourne vers d’autres banques ; mais ces dernières se méfient car elles estiment que la situation de leur homologue est très dégradée étant donnée la nature de ses engagements. Elles refusent de lui prêter ou alors à des conditions très dures

Partager cet article
Repost0
17 juillet 2010 6 17 /07 /juillet /2010 21:56

flyingdutchmanthe.jpg

 

Ces choses ont par trois fois commencé, triple mystère des origines, de l'univers, de la vie, de la conscience. Le premier est le plus opaque, fondateur de tous les autres, les frères Bogdanoff y voient « Le visage de Dieu ». Dans les trois cas c'est la "singularité" initiale qui fait mystère, car une fois le processus enclenché, la théorie est là pour en décrire l'évolution, théorie du big bang pour l'univers, darwinisme pour la vie, darwinisme neuronal pour la conscience (pour cette dernière on en est encore aux balbutiements).
Mais il est un 4è commencement, celui de la culture, et pour ce dernier on a une hypothèse quant à sa "singularité" initiale, le premier meurtre victimaire. Au commencement était l'état de nature, violence de tous contre tous (Hobbes). Cette violence indifférenciée a commencé lorsqu'une première main se tendant pour s'approprier un objet, par mimétisme, une 2è, puis une 3è etc, se sont tendus vers le même objet. A "l'origine", cet objet pouvait être le territoire, la nourriture ou la femme. Cette violence de tous contre tous était si destructrice, qu'un mécanisme régulateur s'est mis en place, le mécanisme victimaire. Le regard du groupe s'est ainsi tourné vers un de ses composants, attiré par une singularité (infirmité, couleur de peau différente etc..), en a fait le bouc émissaire du désordre de la société et l'a sacrifié. La communauté s'est réconciliée sur la victime innocente et la victime, à l'origine de cette réconciliation a été sacralisée, voire déifiée. Ce mécanisme de réconciliation a alors été ritualisé, naissance du sacré et des religions. Naissance de la culture...et de son système d'interdit permettant la vie en société. Au fur et à mesure de l'évolution, ce mécanisme s'est affaibli, de plus en plus de textes venant nous révéler l'innocence de la victime, la révélation finale s'étant faite sur la croix, le Christ étant venu mettre à jour ce mécanisme inconscient (Père pardonnes leur car ils ne savent pas ce qu'ils font).
Les mécanismes de régulation persistent bien entendu de nos jours, la mal (le désir mimétique) étant toujours à l'œuvre, mais ils sont affaiblis, l'économie de marché ayant pris la place des religions, mais celle-ci aussi donne des signes de fatigue, retour prochain à l'état de nature....
Telle est la théorie, très simplifiée ici!, de René Girard..

9782220053554.jpg

Partager cet article
Repost0
14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 19:53

 

 

 

gecole4-copie-3.jpgLors d’un récent billet consacré à la gaypride j’avais indiqué que nous avions le lendemain participé à une fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur « inscription ». J’avais répondu à une « invitation » reçue sur un site gay, invitation qui recommandait de s’inscrire à l’avance en envoyant par e-mail une photo visage et corps. Je subodorais que je ne correspondais sans doute plus aux critères d’âge le plus souvent appliqués pour ces évènements, mais en l’absence de précision, j’avais envoyé un lien vers les photos de Bertrand et de moi sur le dit site gay de rencontre où nous ne cachons rien de notre anatomie et j’avais reçu en retour une acceptation de l’inscription.
Arrivé sur les lieux de la sauterie, un « profileur » accueillait les participants et j’ai eu le sentiment que si je n’avais pas pris la précaution d’amener avec moi mon « attestation » d’inscription, nous n’aurions pu franchir l’entrée. Ceci fait nous découvrîmes, après nous être débarrassés de nos vêtements dans les sacs poubelles fournis, un lieu immense, sur plusieurs étages avec bar, salons de « repos », distributeurs de gel et de préservatifs, et même douches. J’ai eu vite confirmation de mon pressentiment, j’avais étonnamment échappé au filtre de la sélection (dilettantisme du « profileur » internet ?), car j’étais de loin le plus âgé des participants dont la majorité avaient des corps qui en auraient fait rêver plus d’un. Pourtant l’ambiance était loin d’être aussi « chaude » que ne le laissait supposer l’invitation : lieu trop grand pour le nombre de participants, tendance de certains à se donner un air d’inaccessibilité où à ne venir qu’en « touriste » pour se « faire désirer », difficulté pour d’autres de choisir entre tant de si beaux spécimens.... ? On trouve là la limite d’application de critères de sélection trop sévères. Je ne serais pas étonné que bien des participants ne se soient contentés que du seul plaisir des yeux. Ce ne fût pas mon cas mais l’expérience ne sera pas inoubliable...
Ce type de soirées « sur inscription ou sélection» existent depuis fort longtemps. J’ai ainsi fréquenté pendant plusieurs années les « après midi » du Clan Nature, organisés le premier dimanche de chaque mois dans un bar sexe privatisé pour l’occasion, avec une sélection à l’entrée plus ou moins sévère selon le « profileur » (un temps même la sélection se faisait en deux temps, sévère les deux premières heures, puis plus souple...). Internet a permis la prolifération de ces « sexparty », avec une sélection qui se fait maintenant sur « dossier ». Nous avons pris l’habitude depuis quelques temps de nous inscrire à telle ou telle de ces propositions, en fonction des critères plus ou moins explicites qui sont donnés, désir sans doute de voir d’autres têtes (entre autres) que celles que nous côtoyons régulièrement dans nos bars sexes préférés. Nous avons ainsi été à deux reprises à une « touze », dont les critères de sélection sont plus axés sur le côté « bien foutu, bien monté » que sur l’âge, avec un nombre limité de participants (entre 20 et 30). Le mot « touze » est d’ailleurs contestable car cela ressemble plus à ce qui se déroule dans les bars sexe « naturistes » qu’à une mêlée générale, mais avec une clientèle qu’on a pas l’habitude de rencontrer dans ces endroits publics. Dans sa première partie, cette soirée est filmée par l’organisateur (les participants portent alors un masque) pour être mise sur un site internet payant...
Hier soir nous étions « parrainé » par un de nos contacts internet pour participer à une touze « géante », la soirée « des sans culottes », plus de 150 personnes, organisée dans un appartement de 200 m2 en banlieue (mais vue sur la Tour Eiffel) avec de larges terrasses aménagées pour n’être pas accessibles à la vue du voisinage. Apéritif en petite serviette autour de la taille jusqu’à ce que tout le monde soit là, avant que le « jeu » ne commence. Il y avait même une tombola où Bertrand a gagné un barbecue ! De loin le plus sympathique de ces évènements auxquels nous avons pris part, et de loin aussi le plus « chaud ». « Clientèle » beaucoup moins star que rue quimcampoix (quelques présents aux deux tout de même !), atmosphère beaucoup plus « conviviale » dans tous les sens du terme mais bien sûr sélectionnée. Nous sommes rentrés a plus de 2 heures du matin.
J’ai eu à plusieurs reprises des amants qui n’acceptaient pas ce « principe de sélection », et qui, même s’ils remplissaient parfaitement les critères, refusaient d’aller dans ce genre d’endroits. Vieux réflexe égalitaire...Mais le désir ignore les principes de la République, et la sélection, si elle n’est pas imposée à l’entrée se fait après, comme à l’université. Personnellement , même s’il a pu m’arriver d’en être la victime et si les temps sont proches où il sera sage que je ne tente pas le diable, cela ne m’a jamais choqué à condition que cette sélection soit transparente (pas du type : « la direction se réserve le droit d’admission ») sur des critères annoncés sans ambiguïté, ce qui est cependant assez rarement le cas.

Partager cet article
Repost0
11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 20:34

hopital.jpg

 

Une polémique quant à la possible fermeture de certains services hospitaliers à l’activité limitée a remis l’accent sur le problème du coût de la santé. J’aborde rarement le problème de la santé, notamment celui du médicament, dans ce blog, car travaillant pour l’industrie pharmaceutique, je ne manquerai pas d’être accusé de partialité. Lorsque l’heure de la retraite viendra (à 65 ans, peu concerné donc par la réforme des retraites, si je ne suis pas victime (ou l’heureux bénéficiaire ?) avant d’un « plan social »), et si je tiens encore ce blog ou un autre…c’est un sujet que j’aborderai volontiers de front, d’autant plus que je me sentirai plus lié par un quelconque « devoir de réserve ». Quoiqu’il en soit, depuis plus de 20 ans que j’exerce dans l’industrie, je ne me souviens pas d’avoir été une seule fois confronté à une situation où j’aurais été conduit à malmener le serment passé il y a une trentaine d’années.
Les sujets qui ont enflammé l’opinion et la presse ces dernières années sont légions? Déremboursement de certains médicaments, hausse importante de certains médicaments non remboursés, franchises médicales, fermeture et restructuration d’hôpitaux. En arrière plan de l’annonce de ces mesures, le déficit de la sécurité sociale. Il n’y a, à ma connaissance, que 4 façons de réduire ce déficit : augmenter les impôts, diminuer les dépenses, restructurer l’hôpital et diminuer les arrêts maladie de complaisance. Jusqu’à maintenant les derniers gouvernements ont choisi avant tout de diminuer les dépenses (il est parfois amusant de constater que ceux qui protestent le plus contre cette approche, sont les mêmes qui se plaignent le plus des impôts…). C’est ça le populisme, il se mord souvent la queue. Le « dé remboursement » de certains médicaments et l’instauration des franchises médicales visent à cette diminution des dépenses. Le « dé remboursement » entraînant une diminution de la prescription, certains laboratoires ont décidé d’en augmenter les prix pour compenser la perte de prescription. Ceci peut sembler regrettable mais il faut d’abord bien comprendre ce qui a justifié cette éviction du remboursement. Il faut pour cela connaître le mécanisme qui conduit au remboursement en France. Le parcours est le suivant : il faut d’abord que le médicament obtienne son A.M.M (autorisation de mise sur le marché), ce qui se fait maintenant au niveau européen, après que le dit médicament a démontré dans des études cliniques souvent longues et coûteuses qu’il était efficace ( en comparaison à un placebo) et d’un niveau de tolérance suffisant compte tenu de son efficacité (on accepte d’autant plus des effets indésirables parfois graves que l’efficacité est majeure alors qu’un médicament d’efficacité marginale n’aura son autorisation que s’il est parfaitement toléré et sans risque). L’essentiel de mon travail consiste à mette au point et à conduire de telles études. Mais une fois que le médicament a eu son AMM, il doit passer en « Commission de transparence » qui va lui attribuer 2 notes en fonction de son « utilité médicale » en comparaison de ce qui existe déjà (cela s’appelle « service médical rendu » et « amélioration du service médical rendu »). Cette note va déterminer le remboursement ou non (si le service médical rendu est jugé nul ou insuffisant le médicament ne sera pas remboursé) et aussi, s’il est remboursé, son prix qui sera déterminé par le « Comité économique du médicament ». Mais il se trouve que cette longue procédure n’a pas toujours existé et que dans le passé certains vieux médicaments ont eu leur AMM sans répondre aux conditions aujourd’hui nécessaires. Ils ont donc été « réévalués » par la Commission de Transparence qui leur a donné la note la plus faible « efficacité insuffisante ou jamais démontrée. Ils ont donc été retirés du remboursement, ce qui peut aisément se comprendre. Il devrait en être de même pour les médicaments homéopathiques qui n’ont jamais prouvé la moindre efficacité. Certains de ces médicaments, même s’ils n’ont jamais montré leur efficacité (parfois tout simplement parce que les études n’ont pas été faites !), n’en ont pas moins une action. Ainsi, par exemple, il n’est pas contestable que l’ « humex », qui est utilisé dans ce que les concierges appellent « rhume de cerveau », diminue les sécrétions nasales et donc apporte un certain confort, sans agir le moins du monde sur le mal lui-même. La sécurité sociale considère qu’elle n’a pas à rembourser de tels médicaments. Quant à la soudaine augmentation de prix de certains d’entre eux, elle pourrait être limitée si des dispositions (dont certaines sont conseillées par le rapport Attali) étaient adoptées : liberté d’installation des pharmaciens, vente libre des médicaments sans ordonnance, etc…).
J’étais plus réservé sur les franchises médicales. Pas sur le principe, responsabiliser le malade (et le médecin !) et ne pas recourir systématiquement au médecin ou au médicament (il faudrait ici faire référence à Ivan Illich et son œuvre, mais ce serait trop long) pour des maladies qui guérissent toutes seules (80% d’entre elles…), mais sur leur application systématique. Il ne me parait pas en effet acceptable d’appliquer ces franchises aux maladies graves ou chroniques.
Les hôpitaux enfin. Ils constituent une des causes majeures du déficit. La réforme de leur gestion est nécessaire et la fermeture de certains services hospitaliers inévitable et dans ce cas, pas seulement pour la question du coût du maintien de structures non rentables, mais aussi parce que les services de chirurgie qui n’opèrent pas suffisamment ont un risque de décès ou de complications bien plus élevé....

 

Partager cet article
Repost0
7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 21:31

ecstasy-schema.png

 

La presse s’est faîte l’écho de l’utilisation très répandue d’une nouvelle drogue que l’on pourrait se procurer sur internet, « la méphédrone », drogue euphorisante qui simule les effets de l’ecstasy. Les Autorités de Santé viennent de lancer une alerte en raison de plusieurs cas de décès. L’utilisation de  telles drogues récréatives répond aux effets de mode. Il y a deux ou trois ans, lors d’un épisode tragique survenu au cours d’une soirée gay « people », il a été dit qu’une des drogues consommées avait été « la drogue du violeur », le GHB. Je n’avais pas immédiatement identifié de laquelle il s’agissait, il y a tellement de « drogues du violeur », et ce d’autant plus qu’il n’y avait pas eu viol (mais le terme est sans doute plus vendeur que celui de « drogue récréative »).
Renseignements pris, il s’agissait d’un dérivé du GABA (une des molécules, appelées neuromédiateurs, qui transmettent l’information entre neurones dans le cerveau). Ce neuromédiateur intervient dans les situations d’alarme, de peur, d’anxiété et d’éveil. Il a été découvert par Henri Laborit au début des années 60, un neurochirurgien militaire qui s’était déjà illustré en découvrant, 10 ans plus tôt, les propriété antipsychotiques de la chlorpromazine, ce qui allait révolutionner le traitement de la schizophrénie et contribuer à la sortie de l’asile de nombreux malades. Le GABA est utilisé en médecine comme anesthésique en raison de ses propriétés hypnotiques et relaxantes, son utilisation ayant été détournée du fait de cette action relaxante, avec diminution de l’anxiété, euphorie, état proche du rêve et de l’ivresse. Il est également utilisé par les bodybuilders pour d’autres raisons. Il n’est pas normalement pas possible de s’en procurer mais certains semblent y parvenir sur internet. Alors pourquoi « drogue du violeur », tout simplement parce que ses propriétés hypnotiques, si on l’introduit subrepticement dans une boisson, peut permettre de prendre en partie le contrôle d’une personne. Mais ceci est le cas de biens des tranquillisants, surtout ceux qui agissent sur le GABA, notamment le Rohypnol, ce qui a conduit à ne plus en commercialiser que la posologie la plus faible et en modifier la composition afin qu’il colore les boissons ou l’Halcion, qui a été retiré du marché. Ce détournement de médicaments à des fins « récréatives » ou criminelles, ne date pas d’aujourd’hui. Je me souviens qu’un de mes premiers amants avait voulu me faire croire qu’il était dépressif, pour que je lui prescrive du Survector, un antidépresseur utilisé alors surtout chez la personne âgée, mais dont j’ai appris qu’il l’utilisait à des doses dix fois supérieures en discothèque, comme stimulant. En fait ce produit à forts doses a des propriétés amphétaminiques (comme l’extasie) et a du être, lui aussi, retiré de la vente. Un autre médicament de ce type, utilisé en médecine vétérinaire surtout, la kétamine, dangereux hallucinogène, est également très recherché dans certaines soirées.
Il va sans dire, qu’outre les risques d’addiction, ses drogues peuvent être mortelles, notamment si elles sont associées ou prises avec de l’alcool qui les potentialise, ou si la personne a le moindre problème cardiaque (souvent méconnu…).
Certaines drogues, apparemment plus anodines, comme les « Poppers », qui sont aussi dérivés d’un médicament utilisé dans des tests cardiologiques (le nitrite d’amyle), peuvent provoquer de sérieux problèmes cardiaques (et ils sont d’ailleurs contre indiqués avec les stimulants de l’érection comme le viagra). On peut comprendre que leur interdiction à la vente en France en 2008 ait perturbé la communauté gay. Ils sont depuis peu à nouveau autorisés, le Conseil d’Etat ayant cassé l’arrêté d’interdiction, le jugeant proportionné par rapport au risque.

Partager cet article
Repost0
5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 22:46

 

 

56.jpg

 

L'extrait qui suit du livre de Jacques Fortin, "l'homosexualité est elle solublke dans le conformisme", rappellera aux habitués de ce blog bien des propos qui y ont été tenus :

"Nous sommes-nous battus pour ça ?
Pétition pour le « mariage gay » à l'heure où le mariage hétéro implose, sans s'interroger outre mesure sur le contenu possessif, oppressif du mariage. Homoparentalité à deux papas deux mamans qui revendique d'instrumentaliser les corps en mère porteuse ou donneur anonyme. Retour en force de la « romance amoureuse » et du duo/duel de la conjugalité à la mode hétérosexuelle. Changement d'état civil (bien hétéronormé ?) pour les transexuel/les...
Tout cela sent la reddition à l'ordre sexiste. On n'est plus dans la mise en procès de l'hétérosexisme machiste, mais plutôt dans le syndicalisme exigeant sa part à lui du « grain à moudre ».
En même temps que, orchestrateur sournois de nos imaginaires, s'est épanoui un espace commercial qui dicte les modes, les comportements, les goûts, l'égotisme sexuel et la futilité consommatrice.
Est-ce bien de cet utilitarisme, de ces normes et de ces « valeurs » dont les « hors-le-genre » avaient besoin ? Cela correspond-il à nos vies réelles ?
.......
L'abrogation de vieilles lois indignes était nécessaire ici et reste urgente ailleurs ; l'égalité de droits va de soi, elle est demandée maintenant... mais de quels droits qui ne soient pas piégeurs ? de quelle égalité qui ne soit pas un miroir aux alouettes ?"

Jacques Fortin, militant LGBT, est un des fondateurs de la revue "Masques", assez élitiste, qui à la fin des années 70 et au début des années 80 était dédiée aux expressions culturelles des homosexualités. Jacques Fortin est aujourd'hui militant du parti du facteur, bien loin donc de ma sensibilité politique actuelle... Serais je toujours marqué par mon passé gauchiste? Mais Edmond White, dans sa chronique biographique des années 70 à New York récemment parue, "City Boy", dit à peu près la même chose. Opinion d'une génération?

Il me semble pourtant qu'il y a d'autres urgences aujourd'hui que celle du mariage et de l'adoption, l'homophobie qui est loin de régresser, le suicide des jeunes gays, etc... Ce qui m'étonne le plus c'est cette attachement au mot "mariage". Il me semble pourtant que l'important c'est l'égalité des droits, et que le mot "mariage" a une connotation culturelle si hétérosexuelle qu'elle a tendance à me paraître ridicule quant il s'agit de deux hommes (ou deux femmes). Une "union civile" ou autre, avec les mêmes droits me conviendrait tout à fait. Mais sans doute nos nouveaux conformistes sont ils "nominalistes" et de la même façon qu'ils font débuter l'histoire de l'homosexualité à l'invention du mot (certains se rappelleront les échanges plutôt vifs que m'avaient valu mes positions "essentialistes" quant à l'homosexualité dans la Grèce antique), ils ont besoin du mot "mariage" pour se sentir "normaux". Et puis c'est vrai, le mariage appelle des enfants (restons conformiste), d'où la nécessité d'obtenir aussi l'adoption...le mot "mariage" serait le sésame au droit à l'indifférence...Les "folles", nos ancêtres", étaient souvent inséparables de leur "petit chien", nos nouveaux homos auront leur enfant...


" Il était cinq heures du matin. Je suis entré dans le square qui forme la pointe de l'île Saint-Louis et d'où l'on peut, en enjambant d'autres barrières, accéder à des quais, en contrebas, un cap, d'autres taillis. Quatre ou cinq dragueurs croisaient en ces parages, un assez beau garçon était agenouillé devant un autre, qui s'arc-boutait contre un arbre. Je venais de me répandre moi-même, dans les profondeurs de la rue des Anglais, avec un musculeux étranger. J'étais donc sans désir immédiat, libre, détaché, absent en quelque sorte à ces ombres, ces quêtes, ces rares accordailles entre deux eaux. Et pourtant je sentais une fois de plus, de toutes mes forces, que là était bien mon univers, que ces marcheurs obstinés étaient mes frères, que j'étais pour toujours de leur côté de la barrière, contre les dormeurs, les vertueux et les indifférents ; que ce jardin c'était mon camp, ce fleuve mon ami, cette beauté mon sommeil, et cette veille ma joie. "
(Renaud Camus, Aguêts, journal 1988, 1998)

 

 

 9782259211383.jpg

 

Partager cet article
Repost0
3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 22:03

20100701-15517155594c2c61dba4104.jpg

 

Notre première participation à la Gaypride en tant qu’association a quelque peu manqué de professionnalisme. Nous avions certes de beaux T-shirts bleus aux couleurs de l’AMG, mais pas de banderole, ce qui s’avéra être une erreur car les 8 ou 9 adhérents ayant tenu leur engagement (nous aurions du être au moins 13) ont eu beaucoup de mal à rester ensemble sur un même niveau sans nous faire disperser par la masse des participants. Nous avons pu tout de même distribués les milliers de « cartes de visite » de l’association et nouer de nombreux contacts, nous aventurant même en fin d’après midi à prolonger cette distribution en faisant un tour des bars du marais….Nous ferons mieux l’année prochaine…Une frustration cependant, l’absence de vision d’ensemble de la marche et de son affluence puisque nous n’en avons vu que ce qui était devant et derrière nous. Il m’a semblé que l’ambiance était plus à la fête qu’à le revendication et qu’il y avait un monde fou, ce qui rend sidérant de mauvaise foi les chiffres de participation de la préfecture de police. Le soir, comme à l’habitude le Marais était en ébullition. Nous avons clôturé tout cela avec Bertrand le lendemain en allant participer « chaudement » à la fin d’après midi « sexe » organisée rue quimcampoix sur inscription…

Partager cet article
Repost0
29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 21:35

 

0061.jpg

Il se confirme que l'épidémie de SIDA pourrait être éradiquée si on s'en donnait les moyens. Le traitement systématique de toutes personnes infectées apparait selon un modèle mathématique comme le meilleur moyen de prévention : "le dépistage volontaire universel du VIH chez l'ensemble des adultes (en moyenne une fois par an), suivi immédiatement d'un traitement antirétroviral en cas d'infection, permettrait de réduire de 95 % l'incidence annuelle de l'infection par le VIH en dix ans. " annonçait l'OMS sur le site du Lancet en 2008. Elle s'apprête à recommander le traitement antiviral comme arme anti transmission. Deux écueils majeurs cependant à la mise en œuvre efficace de ce programme : la  possibilité de réalisation d'un dépistage systématique et le coût...

Un moyen de réduire le coût serait sans doute de mieux connaître les groupes à risque et ainsi de mieux cibler le dépistage. On n'aurait pas imaginé que les seniors qui ont tant de mal à garder un emploi dont on va pourtant reculer l'âge limite se voient offrir une compensation par une prolongation de leur vie sexuelle!
Les plus de 50 ans seraient de plus en plus nombreux à être contaminés par le VIH... Des mauvaises langues, se référant à un de mes billets précédents, pourraient penser que les troubles de l'érection qui deviennent fréquents après cette étage chez ceux d'entre eux, nombreux, qui souffrent d'affections métaboliques (diabète) et cardiovasculaires, amènent nombre de séniors à se contenter de la sodomie passive qui est la pratique la plus risquée, mais vous n'y êtes pas du tout!  Une des raisons invoquées (outre le fait que l’augmentation de l’espérance de vie des personnes contaminées grâce aux traitements augmente automatiquement ceux qui atteignent l’âge de 50 ans !) est la prise de viagra qui permettrait de poursuivre plus longtemps des activités sexuelles ! Lorsque la très sérieuse OMS a rapporté ce fait il y a déjà un certain temps, un internaute, sur un autre blog, qui avait l'habitude, tel Mr Jourdain, de tenir des propos homophobes sans le savoir, avança que la principale raison devait être en fait la fréquentation régulière des salles de sport qui nous rendrait, nous les seniors, plus "virils" et donc ("dixit") plus attirants (les tantes, les folles tordues sauf les "bodybuildés", les queers, les bears, les crevettes, les bcbg avec leur vide poche en bandoulière, et toutes les autres seraient donc à l’abri...) !!

Quant on sait que  les adeptes des plans à 3 (ou plus) pour lesquels le SNEG lance une campagne de prévention (http://www.histoiresdemecs.org/ ) constituent aussi un groupe à risque, je peux considérer que j'ai "la totale" ou presque : pratique intensive du sport, plus de 50 ans, plan à plusieurs  fréquents, seul le viagra manque pour l’instant à l’appel (en fait j'ai bien fait un essai il y a une dizaine d'années pour tester si l'on pouvait diminuer la longueur de la période réfractaire entre deux coups...pas concluant!)


Partager cet article
Repost0
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 21:15

11brxaw.jpg

 

 

Il y a quelques temps déjà, Roselyne Bachelot s’était attiré la foudre de plusieurs associations gays à la suite de son maintien de l’exclusion  homosexuels pour les dons de sang. Sur le fond je peux comprendre à la fois l'indignation de certains et la décision de la ministre, cela en tant que médecin dont une grande partie du travail quotidien est celui de la recherche clinique, de l’épidémiologie et des plans de gestion des risques. On ne peut soupçonner Roseline Bachelot d’homophobie, elle avait d’ailleurs, avant d’être ministre de la santé, milité pour la fin de l’interdiction du don de sang pour les homosexuels. Mais aujourd’hui sa position lui fait nécessité d’écouter l’avis des spécialistes. Quel conseil aurais je donné si j’avais été un de ses experts? Il ne s’agit pas ici, contrairement à ce que certains pensent du principe de «précaution» qui a été mis en oeuvre par la même ministre pour la grippe H1N1, principe dont j’ai déjà dit toute la réserve qu’il m’inspire. Le principe de précaution amène à partir d’un risque « hypothétique », non connu, comme celui par exemple des OGM, à prendre des mesures préventives. Dans le cas qui nous occupe, le risque n’est pas hypothétique, il est bien réel, et peut être chiffré, tant de % de contaminés chez les homosexuels. La directive européenne demande d’éliminer du don de sang les populations à risque, laissant à chaque pays le soin d’appliquer cette directive en fonction de ses données épidémiologiques. La position d’Act up, une fois de plus, a été démagogique. Act up, en fait, demande d’exclure ceux qui avouent des « pratiques à risque », quelle que soit leur orientation sexuelle. Position « angélique » qui revient à faire « confiance » à celui qui répond à un questionnaire. Quel politique responsable pourrait s’en tenir à la « confiance », sans parler, depuis l’affaire du sang contaminé, du risque juridique ? Il faut donc bien en revenir au risque «épidémiologique», et ce risque là, en ce qui concerne le VIH, en France, concerne significativement plus l’homosexuel que l’hétérosexuel. Bien sûr il existe un dépistage sérologique des donneurs, hépatites, etc, y compris le VIH, mais pour ce dernier il y a une «fenêtre» incompressible avec les techniques actuelles, de quelques jours avant que le test ne devienne positif.

Donc, si j’avais été « conseiller » de la ministre, j’aurais, sans doute, été de ceux qui auraient recommandé la décision qui a été prise. Il n’est pas honnête de considérer cette décision comme homophobe, d’autant plus que les lesbiennes ne sont pas concernées !

Et en même temps je comprends l’indignation, elle est nécessaire, pour que les dits «experts» remettent sans arrêt en cause leur décision, sans s’endormir sur ce qui pourrait devenir alors un «principe de précaution», en fonction de l’évolution des données épidémiologiques.

Partager cet article
Repost0