Il n'est pas rare, sur les "chats", forums ou autres blogs du monde gay, de trouver des propos discriminatoires à l'égard de certains des composantes de la communauté gay. Selon eux, la société nous accepterait bien mieux, nous pourrions enfin parvenir à ce droit "à l'indifférence" s'il n'y avait tant de ces homosexuels qu'ils accusent de donner « une mauvais image de nous» : les travestis, les folles, les tantes, les efféminés, les cuirs, les bears, ceux qui vont à la gaypride, ceux qui fréquentent le marais, ceux qui organisent des partouzes, ceux qui ont des « trips pervers » (uro, etc…), ceux qui s’embrassent ou se tiennent la main dans la rue, ceux qui draguent alors qu’ils sont en couple, ceux qui fréquentent les backrooms (souvent les mêmes !), etc, etc….
Ce "meilleur des mondes" dont ils rêvent existe peut être dans un des multiples et infinis univers
parallèles dont certaines interprétations de la théorie quantique nous affirment l'existence. La théorie nous dit qu'il n'est certes pas possible de communiquer entre ces univers putatifs, mais
l'expérience onirique permet de s'affranchir pour un temps de la réalité. Imaginons donc qu'un de nos homosexuels en mal de ce monde "idéal" réussisse dans son rêve à franchir une
dimension cachée (sorte de fenêtre quantique sur les mondes parallèles…) et qu'il puisse s'y promener par la pensée…Qu'en serait il, dans un tel monde, de l’homosexualité? Se rendant dans
le "marais", il se réjouit de n'y trouver aucun bar, aucun drapeau gay, aucun signe visible d’une présence gay ostentatoire. Son soulagement initial se transforma en sourde inquiétude, quand
après avoir vérifié qu'internet existait bien aussi dans ce monde là et taper le mot "homosexualité" dans un moteur de recherche, il obtint la réponse: «il n’y a pas de résultat pour votre
recherche ». Son inquiétude se mua en panique quand il découvrit que dans ce monde là, il n'existait pas….Un monde sans « différences»
L’univers de Jean Guidoni est bien différent :
http://keskidi.net/chansons/paroles,52389.htm
"Aigreurs/
Très récurrente dans les petites annonces, l'hostilité emphatique au "ghetto", "au milieu", au "circuit", me parait témoigner d'une homophobie à peine latente."
(Renaud Camus, Notes achriennes, p.O.L., 1982).
""MORALISME"
"Surtout ne pas tomber dans le piège de l'amoralisme, de l'immoralisme, de l'anti-moralisme : "Puisque c'est au nom de la Morale que vous nous méprisez, que vous
nous rejetez, que vous nous opprimez, nous sommes contre la Morale." Non, leur morale n'est pas la Morale, elle est une erreur et une erreur coupable. C'est au nom de la Morale, de ce qui est
juste et de ce qui est bien qu'il faut lutter contre les racistes anti-achriens.
La Morale n'est pas de leur côté, elle est du nôtre. Il ne faut pas la leur abandonner. Notre indignation, notre dégoût, sont en intensité égaux aux leurs. Ils ont
comme les leurs la Morale pour référence. Mais ils sont justes et moralement fondés, tandis que les leurs sont imbéciles et moralement indéfendables.
Il n'y a pas leur morale et la nôtre. Ici il n'y en a qu'une, et elle leur donne tort.
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1980)




Vendredi dernier, j’aurais du me rendre à Bordeaux mais j’en ai été dissuadé par le mouvement de grève larvée de certains personnels des aéroports parisiens, le départ de mon avion
ayant été finalement annulé après avoir été repoussé de demi-heure en demi-heure. J’ai constaté avec surprise que ces retards qui touchaient la plupart des vols étaient pris avec une relative
bonne humeur par une clientèle dont j’ai pu constater par le passé, dans des circonstances similaires, qu’elle pouvait manifester son mécontentement plus que bruyamment. Compréhension implicite
des motivations des grévistes ? Ces perturbations aériennes, dont j’ai appris qu’elles duraient en fait depuis mardi, sont étrangement passées sous silence par les médias. On peut s’interroger
sur cette minimisation de l’étendue du mouvement de grève actuel, alors que ces mêmes médias ont plutôt eu tendance à suivre les syndicats dans leur surestimation du nombre de
manifestants.

/http%3A%2F%2Fwww.cartoonstock.com%2Fnewscartoons%2Fcartoonists%2Fepe%2Flowres%2Fepen75l.jpg)
Samedi après midi, au même
moment où certains d'entre nous défilaient contre la retraite à 62 ans (comme pour la gaypride, les chiffres de la police et des organisateurs divergent), nous sommes allés au cinéma. J'avais
fait état, dans un blog antérieur, de mon coup de cœur pour le premier film d'un jeune canadien de 18 ans, surdoué, Xavier Dolan. Après "J'ai tué ma mère" son nouveau film, "Les amours
imaginaires", ne déçoit pas , loin de là. La mise en scène en est pour temps beaucoup plus audacieuse et esthétisante, ce qui a pu en agacer certains, mais une grande sensualité en émane. La
déconstruction du triangle amoureux (un jeune homme au visage d'ange va être l'objet du désir d'un fille à pédé et de son petit copain interprété par le réalisateur dont on a peine à imaginer
qu'il le soit ) n'apporte rien sur le fond à ce que l'on sait déjà - René Girard- mais elle est illustrée de façon magistrale, en s'aidant de ralentis à la "In the mood for love" et d'une bande
son étonnante mêlant Bach et Dalida. Xavier Dolan rafraichit avec irrévérence tout ce que la grande littérature nous a déjà appris du caractère "imaginaire", accidentel, éphémère de "l'état
amoureux".