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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 19:44

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Il n'est pas rare, sur les "chats", forums ou autres blogs du monde gay, de trouver des propos discriminatoires à l'égard de certains des composantes de la communauté gay. Selon eux, la société nous accepterait bien mieux, nous pourrions enfin parvenir à ce droit "à l'indifférence" s'il n'y avait tant de ces homosexuels qu'ils accusent de donner « une mauvais image de nous» : les travestis, les folles, les tantes, les efféminés, les cuirs, les bears, ceux qui vont à la gaypride, ceux qui fréquentent le marais, ceux qui organisent des partouzes, ceux qui ont des « trips pervers » (uro, etc…), ceux qui s’embrassent ou se tiennent la main dans la rue, ceux qui draguent alors qu’ils sont en couple, ceux qui fréquentent les backrooms (souvent les mêmes !), etc, etc….

Ce "meilleur des mondes" dont ils rêvent existe peut être dans un des multiples et infinis univers parallèles dont certaines interprétations de la théorie quantique nous affirment l'existence. La théorie nous dit qu'il n'est certes pas possible de communiquer entre ces univers putatifs, mais l'expérience onirique permet de s'affranchir pour un temps de la réalité. Imaginons donc qu'un de nos homosexuels en mal de ce monde "idéal"  réussisse dans son rêve à franchir une  dimension cachée (sorte de fenêtre quantique sur les mondes parallèles…) et qu'il puisse s'y promener par la pensée…Qu'en serait il, dans un tel monde, de l’homosexualité? Se rendant dans le "marais", il se réjouit de n'y trouver aucun bar, aucun drapeau gay, aucun signe visible d’une présence gay ostentatoire. Son soulagement initial se transforma en sourde inquiétude, quand après avoir vérifié qu'internet existait bien aussi dans ce monde là et taper le mot "homosexualité" dans un moteur de recherche, il obtint la réponse: «il n’y a pas de résultat pour votre recherche ». Son inquiétude se mua en panique quand il découvrit que dans ce monde là, il n'existait pas….Un monde sans « différences»

L’univers de Jean Guidoni est bien différent :
http://keskidi.net/chansons/paroles,52389.htm

 

"Aigreurs/

Très récurrente dans les petites annonces, l'hostilité emphatique au "ghetto", "au milieu", au "circuit", me parait témoigner d'une homophobie à peine latente."

(Renaud Camus, Notes achriennes, p.O.L., 1982).

""MORALISME"
"Surtout ne pas tomber dans le piège de l'amoralisme, de l'immoralisme, de l'anti-moralisme : "Puisque c'est au nom de la Morale que vous nous méprisez, que vous nous rejetez, que vous nous opprimez, nous sommes contre la Morale." Non, leur morale n'est pas la Morale, elle est une erreur et une erreur coupable. C'est au nom de la Morale, de ce qui est juste et de ce qui est bien qu'il faut lutter contre les racistes anti-achriens.
La Morale n'est pas de leur côté, elle est du nôtre. Il ne faut pas la leur abandonner. Notre indignation, notre dégoût, sont en intensité égaux aux leurs. Ils ont comme les leurs la Morale pour référence. Mais ils sont justes et moralement fondés, tandis que les leurs sont imbéciles et moralement indéfendables.
Il n'y a pas leur morale et la nôtre. Ici il n'y en a qu'une, et elle leur donne tort.
(Renaud Camus, Notes achriennes, 1980)

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:13

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Le personnel d’Air France ayant renoncé à faire grève et les sénateurs à leur amendement, j’ai finalement pu, jeudi dernier, m’envoler pour Toulouse pour assister à ce congrès sur les essais cliniques dans la maladie d’Alzheimer, études qui, les unes après les autres, s’avèrent négatives. La perspective d’une percée majeure dans la prise en charge de cette pathologie dans les 5 ans à venir, un des objectifs du Plan Alzheimer lancé par Nicolas Sarkozy, s’éloigne chaque jour un peu plus.

La douceur printanière qui régnait sur la « ville rose » m’a incité à parcourir à pied et redécouvrir, de mon hôtel à l’Hôtel Dieu où se tenait le congrès, son centre ville et sa partie historique sur les bords de Garonne, d’un œil plus bienveillant, plus objectif, que le bordelais que je suis ne le faisait dans un passé pas encore si lointain, n’hésitant pas à affirmer de façon péremptoire- « on ne compare pas la brique et la pierre de taille... » . Les quelques années que j’y ai passé à l’occasion de la mutation temporaire de mon père, du jardin d’enfant à la 9è, ne m’avaient laissé que le souvenir de la naissance de mon frère, comme le signe prémonitoire de tout ce qui allait nous séparer, et de la coiffe des bonnes  sœurs de l’école Sainte Barbe et du bonnet d’âne qu’elles m’avaient infligé pour une écriture « de cochon ».

De retour à Paris, vendredi soir, c’est au restaurant le « vagabond » que j’ai redécouvert, presque 20 ans après ma dernière visite, à une époque où les bars/discothèques de la rue Saint Anne, le 7, le Colony et le Bronx avaient depuis longtemps fermé leur portes et où les tapins de la rue de Saint Anne avaient migré vers des lieux plus accueillants, alors que  le club « 18 » et « L’insolite » tous proches étaient encore fort courus. Bien que le propriétaire ait changé, le lieu (mais pas la note) semblait comme piégé dans un repli du temps. La clientèle m’a semblé encore plus âgée qu’auparavant, j’ai perdu l’habitude de me retrouver parmi les plus jeunes, ou presque, d’un établissement gay, tandis que les gigolos si présents lors de ma dernière visite, semblaient avoir déserté le lieu à l’instar de leur collègues bas de gamme de la rue Saint Anne, préférant sans doute maintenant chasser le micheton sur Gayromeo. Sans doute ces gays d’un certain âge, qui se sentent exclus du Marais, viennent ils  essayer de retrouver là un peu de leur passé.

Samedi, sous une pluie froide, en sortant de ma séance au Club Med Gym Nation, j’ai pu croiser la tête du cortège syndical qui atteignait les colonnes du Trône. L’ambiance n’était pas à l’euphorie, point besoin d’attendre les comptages, d’où qu’ils viennent, pour constater le reflux. Le temps en tous cas incitait à s’enfermer dans une salle de cinéma, ce que nous fîmes à trois reprises ce week-end, rien d’inoubliable mais du bon cinéma du samedi soir : « Elle s’appelait Sarah », un mélo fort émouvant, c’est fait pour ça, remarquablement interprété même dans les seconds rôles (Michel Duchossoy, Niels Arestrup)- « Fair Game », thriller parfois un peu poussif, quasi documentaire,  sur les méfaits de l’équipe Bush pour justifier l’invasion de l’Irak- « L’homme qui voulait vivre sa vie », comédie dramatique à la première partie prometteuse, malheureusement un final trop peu crédible, mais il y a Romain Duris, je craque, et Niels Arestrup, encore, toujours génial.

Je n’ai pas l’habitude de faire mes choix de lecture en fonction de l’attribution d’un prix littéraire, mais il n’est pas rare que de tels prix récompensent un livre déjà lu. Cette année ce fût le cas pour « Sukkwand Island » (Prix Médicis étranger) et le Houellebecq, bien sûr. C’est un des grands romanciers de ce siècle, Harry Mulish, donné plusieurs fois "nobélisable", qui vient de disparaître. Un de ses derniers romans, « A la découverte du ciel », reste pour moi un des plus grands chocs littéraires que j’ai éprouvés. Cette fresque magistrale, véritable thriller métaphysique,  dont le dénouement se situe à Jérusalem,  raconte comment Dieu décide de rompre son alliance avec l’humanité qui a fait du 20è siècle une barbarie. Une perte pour moi équivalente à celle de Kubrick pour le cinéma.


 "C'est qu'il y a deux sortes d'absence, la bathmologie le sait bien, qu'on pourrait appeler pour les distinguer ante factum et post factum l'une est un en deçà de la présence, l'autre est un au-delà. La première est celle des pays que nous ne connaissons pas, des musiques inouïes, des êtres que nous n'avons jamais rencontrés. Celle-là ne m'intéresse guère, même s'il arrive aussi qu'elle me hante. C'est une absence essentiellement conceptuelle, progressiste, dynamique et pour tout dire métaphysique. C'est par excellence l'absence de Dieu - malgré le court épisode de "l'Incarnation", que nous sommes quelques-uns à ne pas trouver pleinement convaincant. L'autre absence est bien plus humaine, nostalgique et sensuelle, conservatrice et, j'en ai peur, réactionnaire, même : elle connaît ce qui lui manque. Elle a - et c'est bien sûr sa cruauté, mais c'est aussi sa force, sa beauté, son efficace et sa vertu - elle a le son d'une voix, le grain d'une peau, l'odeur d'une pinède, d'une averse ou d'une chevelure. Elle luit du miroitement captieux d'un nom, de la couleur d'un moment, de la terrible acuité d'une volupté, d'un assentiment ou d'un cri. Sans doute est-elle un vide, nous ne l'éprouvons que trop. Mais comme dans les plus audacieuses et les plus belles des nefs, des coupoles et des cages d'escalier baroques, ce vide est l'élément constitutif d'un espace qu'il structure et qu'il modèle selon ses formes propres, son épaisseur, ses lois, ses caprices, ses lancinantes poussées."
(Renaud Camus, Elégies pour quelques-uns, P.O.L., 1988)

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 22:19

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Après un week-end plutôt calme, si ce n'est notre participation samedi soir à la "touze" organisée par Etienne à Suresnes dont j'ai déjà parlé dans un billet précédent, sur le thème d'Halloween cette fois, slips ou chaussettes rouges s'imposaient, et avant vendredi soir d'aller avec des amis au restaurant le "vagabond", haut lieu du paris gay dans les années de folie de la rue Saint Anne et où se retrouvait une clientèle branchée tandis que de jeunes gens, on les appelait des gigolos en ces temps qui ne connaissaient pas la police de la langue, maintenant des escorts, attendaient que des monsieur moins jeunes les invitassent, vingt ans que je n'y ai mis les pieds, je m'apprêtais  à passer une partie de la semaine à Toulouse où va se tenir un congrès sur la maladie d'Alzheimer, mais voilà qu'un nouveau préavis de grève des syndicats d'Air France fait planer une incertitude sur mon retour vendredi. Rien à  voir avec les retraites cette fois-ci, une revendication purement corporatiste après le vote d'un amendement du projet de loi sur le financement de la sécurité sociale qui considère désormais les billets d'avion à tarif réduit qui sont octroyés par les autres compagnies qu'Air France comme des avantages en nature. On peut discuter de la pertinence d'une grève pour amendement imprudent qui n'est pas définitivement voté et qui a toute les chances de pouvoir être modifié au Sénat.
La loi sur les retraites, elle, est votée et sera sans aucun doute promulguée quoiqu'en dise le facteur qui croit encore à une "réplique" du mouvement de protestation. Je ne saurais le regretter puisque j'étais plutôt d'accord sur le fond (dans la mesure où on a pas eu le courage d'engager tout de suite une réforme bien plus ambitieuse en allant comme le souhaitait la CDFT vers une retraite à "points"), et surtout parce qu'on a enfin donné le dernier mot au parlement sans céder à la rue, comme cela était devenu une habitude depuis le retrait de la loi Savary sous Mitterrand et presque une règle du temps de Chirac. Mais j'ai été accablé par la façon dont le pouvoir a mené son affaire en allant s'enferrer, avec l'aide de notre nouveau Saint-Just, Edwy Plenel,  dans la pantalonnade juridique et financière provoquée par une vieille dame souffrant d'une maladie d'Alzheimer. Le mouvement de rejet qu'a suscité et suscite encore cette loi, me semble être moins lié au contenu de la réforme qu'à un ras le bol de Nicolaparte  exacerbé par la crise, crise qui met en position difficile tous les dirigeants, Merkel, Zapattero, Obama (Le bouffon italien coureur de jeunes chattes, "il vaut mieux ça qu'être gay" vient il de proclamer, est hors cadre), et seul l'anglais, tout juste élu, échappe encore à la colère populaire. Ce qui m'a le plus attristé c'est l'attitude du parti socialiste, ancré, à l'exception de quelques individualités, dans une position négativiste et schizophrène, et incapable de proposer une alternative. "Nous sommes dans un moment de creux historique très grave. Le gauche conserve des positions très fortes sur le plan des valeurs de notre société, mais elle a perdu la main sur la perspective de l'avenir ; elle est devenue un parti complètement défensif contre les méfaits d'un monde dont elle a perdu le secret. Elle est donc le parti des perdants." disait il y a quelques temps Marcel Gauchet. Il pourrait bien l'être toujours, le parti de perdants, au lendemain de l'élection de 2012, en dépit du boulevard que semble lui tendre Sarkozy, surtout s'il prend le risque insensé de nommer, comme on nous l'annonce, l'obsessionnel des "Grenelle", au poste de premier ministre. au moins on ne s'ennuiera pas à compter ses "bourdes", comme en son temps lorsque ce cher Mitterrand eut l'idée saugrenue de nommer Edith Cresson!

Pendant ce temps là on continue à profaner des tombes en France, et l'on sait peu que ce sont les tombes catholiques qui sont de loin les plus touchées, mais, allez donc savoir pourquoi (pas politiquement correct?),  l'indignation ne s'exprime que lorsqu'elles sont musulmanes ou juives, tandis qu'on continue à massacrer allègrement les chrétiens en pays musulman.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 15:45

 

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Ce blog n'a pas vocation à devenir une chronique des romans policiers que j'ai jugés dignes d'intérêt, mais il se trouve que la lecture de Zulu, de l'auteur français Caryl Férey, m'a d'autant plus marqué, qu'elle m'a donné une vision bien différente de l'Afrique du Sud, de ce que j'avais vu en voir lors de mes courtes vacances dans ce pays, il y a un peu plus de trois ans.

Une semaine en Afrique du sud était, à n'en pas douter, insuffisant pour se faire une idée objective de l' évolution de ce pays, d'autant plus que notre voyage, Bertrand et moi,  s' était  limité à un Lodge de la réserve Kruger et à la région de Cap Town. Les impressions que j'en ai eues sont celles de tout touriste ...Tout d'abord l'étonnement de pouvoir côtoyer de si près des animaux, souvent féroces, dans la réserve Kruger, à l'occasion de 5 Safaris ("photos"), et la chance d'avoir pu voir les " Big Five", l'éléphant, le lion, le rhinocéros, le buffle et le léopard (le plus difficile à rencontrer, parait il). Cela m'a paru parfois un peu risqué, dans le simple abri d'une land rover ouverte à tous vents, mais le guide nous a dit "no problem if you don't stand up"!. La nuit venue, dans le Lodge, il était interdit de se déplacer sans être accompagné par un membre du personnel..
Trois jours plus tard nous avions pris l'avion pour le Cap. A l'aéroport local il était cependant étrange de voir la répartition des passagers entre les deux destinations possibles, Johannesburg, 95% de noirs, et Cap Town, 100% de blancs. Cette étrange impression s''est poursuivie au Cap. Dans les restaurants des parties touristiques, notamment Water Front, uniquement des blancs, à l'exception du personnel bien sûr. En périphérie la misère, immense qu'on ne peut qu'apercevoir de loin (il existe cependant des excursions "sécurisés" permettent de traverser les townships). Il n'y a plus d'apartheid "politique", l' apartheid "économique" persiste. La vie, pour un Européen à l'euro fort, apparaît très bon marché ( 1 euro la bière dans un bar branché!) mais inabordable pour le sud africain noir. Autre étonnement, dans ce pays anglo-saxon, le nombre de noirs qui parlent français, en fait des émigrés du Congo ou d'autres pays africains francophones qui sont se sont exilés dans un pays un peu moins pauvre que le leur. Notre dernière nuit en Afrique du Sud s'est écoulée dans un hôtel merveilleux de Franschhoeck (littéralement "le coin des français"), une petite ville sur la route des vins, dont j'ai dégusté un des crus les plus connus "Dieu Donné", en blanc et en rouge, un petit cru, mais tout à fait convenable.  Voir ce nom de Dieu Donné en plusieurs endroits de ce village viticole, d'ailleurs très riche en noms d'origine française, y compris une rue "Bordeaux", témoins d'une colonisation française, prêtait à sourire à un moment où ce dernier multipliait les provications à Paris. Comme vous le savez sûrement, l'Afrique du sud est un des rares pays et le seul Africain, à avoir légalisé le mariage gay. J'ai certes constaté que Cap Town était une ville relativement accueillante pour les gays, avec un petit quartier style marais, composé de 2 "bar -boîte", plutôt du style année 80 chez nous, beaucoup de monde , une ambiance chaleureuse, une mixité de races et de sexes, des gogo-boys très style US, une backroom où les poches des pantalons sont sans doute plus fréquentées que les bites, et un service de sécurité bénévole, à l'extérieur, garantissant pour quelques rands l'intégrité des véhicules...Beaucoup de gays aussi se baladant sur "Waterfront".
Nous n'avons pas pu parcourir en une semaine, tout ce qu'on nous avait suggéré de visiter, mais j'ai trouvé ce que j'ai vu de ce pays magnifique, quelle émotion de se retrouver dans les paysages grandioses du Cap de Bonne Espérance, un des bouts du monde...

C'est une Afrique du Sud bien différente que nous fait découvrir ce remarquable polar qu'est Zulu. Celle du racisme et de la ségrégation persistante, de la violence extrême, du sida, de la drogue et de l'insécurité généralisée. Au moment où ce pays se prépare à recevoir la coupe du monde de football 2010, trois flics, Ali Neumann, zulu de naissance, et deux de ses acolytes blancs, dont un, homosexuel refoulé, va trouver une mort atroce, vont mener une enquête qui semble s'orienter sur la piste d'un serial killer mais qui se révèle en fait être celle du trafic de stupéfiants et de l'expérimentation médicamenteuse. C'est un livre très noir, au style alerte,  aux personnages attachants qui se meuvent dans des milieux d'une violence inimaginable, à dimension politique, historique, et social, sans négliger l'intrigue. Un grand roman, très noir qui mérite le bien qu'on en a dit.

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 21:40

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Ce vendredi j’ai pu sans aucune difficulté me rendre à Bordeaux, avion à l’heure et aucune pénurie d’essence dans la ville, pénurie dont j’ai la chance de n’être pas, pour l’instant, la victime à Paris, ce qui n’est pas le cas de quelques collègues, adeptes du diesel, et qui en sont réduits au covoiturage. Par contre, j’avais du renoncer mercredi dernier à me rendre à Nice, un barrage filtrant sur la rocade qui mène à Orly m’ayant fait manquer les deux « navettes » qui m’auraient amené à temps à la réunion à laquelle je devais participer. J’ai ainsi pu assister à des scènes hallucinantes, une illusion d’exode, nombre de voyageurs abandonnant leur voiture sur les bandes d’arrêt d’urgence et tentant d’atteindre l’aéroport à pied avec leurs bagages. J’imagine l’ahurissement des touristes étrangers qui doivent se demander s’ils n’ont pas atterri sur une autre planète. J’ai d’ailleurs renoncé de tenter d’expliquer à mes collègues de l’international ce qui se passait en France, me contentant d’un sourire accompagné d’un haussement d’épaule.

Dans l’avion qui m’amenait à Bordeaux, feuilletant le « Monde des livres », je m’attardais (à côté d’un article consacré à la parution du troisième opus de l’ œuvre de Marcel Gauchet consacrée à l’avènement de la démocratie, « A l’épreuve des totalitarismes », ouvrage qui va venir s’ajouter à la longue liste de ceux en attente d’être lus), sur plusieurs articles sur le roman policier à « héros récurrent ». Depuis plusieurs années j’ai progressivement déserté (je me suis cependant récemment procuré le nouveau roman de Michel Jeury, »May le monde » ) la lecture des romans de science-fiction, cette dernière, qui fût une passion dévorante et dont le titre d’un de ses chefs d’œuvre me tient lieu de pseudo, semblant avoir été submergée par l’envahissement de son sous-genre le plus infantile, « l’héroïc-fantasy » , pour me tourner vers le roman policier, qui convient parfaitement aux longs déplacements en train ou surtout en avion, et même, je m’y suis résolu il y a peu pour « tuer » le temps, lors de mon cardio-training quasi quotidien en salle (ce qui nécessite une certaine technique, recourir aux livres de poche « désossables » pour éviter de voir les pages « tourner » toutes seules sous l’effet de votre respiration et des soubresauts de la machine, et n’être pas presbyte). Comme le roman de science-fiction, le roman policier a ses « sous-genres » (dont j’hésiterais à proposer une taxinomie comme je le fis pour celui-ci (http://limbo.over-blog.org/article-science-fiction-42229402.html), en ayant encore une connaissance insuffisante), le roman à « héros récurrent », détective ou policier le plus souvent, en est un. Ce type de roman a indiscutablement depuis toujours la faveur du public, même si le profil du « héros » a notablement changé, du super héros dépourvu « d’affects », d’empathie, de vie privée et au QI inégalé autrefois (Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Philo Vance, Ellery Queen) à l’anti-héros humanisé d’aujourd’hui, alcoolique et/ou dépressif le plus souvent, désenchanté devant le problème du mal, et ayant à faire face, parallèlement à leurs enquêtes , à leur problèmes personnels avec leur fille (le plus souvent). Les détectives homosexuels sont plus rares, comme Dave Brandstetter créé par Joseph Hansen, enquêteur pour une compagnie d'assurances ou Henry Rios, l’avocat crée par Mickael Nava. Ces romans font fi des règles du roman policier édictées par SS Van Dyne et notamment de celle qui dit que rien ne doit détourner de l’intrigue : « Il ne doit pas y avoir, dans le roman policier, de longs passages descriptifs pas plus que d'analyses subtiles ou de préoccupations atmosphérique. Cela ne ferait qu'encombrer lorsqu'il s'agit d'exposer clairement un crime et de chercher le coupable ». C’est là que le bât blesse car ce basculement vers le descriptif au détriment de l’intrigue ou du suspense nécessiterait un réel talent littéraire, à l’égal des grands auteurs du roman « noir ». Il faudrait que ces « anti-héros» existent, aient une réelle profondeur psychologique, pour que l’on ne parcoure pas en diagonale les passages qui concernent leurs «états d’âme », afin de revenir à l’intrigue, malheureusement souvent bien banale...comme je viens d’en faire l’expérience avec l’enquête de l’inspecteur Banks « l’amie du diable » de Peter Robinson. J’aurais du mal à trouver dans la liste des romans à « héros récurrent » que j’ai lus ces dernières années et dont beaucoup ont été distingués par des prix, ceux de Ian Rankin (inspecteur Rebus), d’Henning Mankell (inspecteur Wallander), de Donna Leon (inspecteur Guido Brinetti), Mickael Connelly (commissaire Harry Bosch), Arnaldur Indridason (Erlendur Sveinsson), j’en oublie sûrement, un seul qui soit de la dimension de ces chefs d’œuvre du « polar » que sont par exemple « Le grand nulle part » d’Ellroy, « Mystic River » de Dennis Lehane ou « Le verbe s’est fait chair » de Jack O’Connel. Bien sûr je n’ai pas tout lu (notamment les romans de Joe Nesbo avec l’inspecteur Hary Hole), j’ai pu passer à côté d’une œuvre importante, et certains de ces romans méritent d’être lus (notamment « La voix », d’Arnaldur Indridason). Il faudrait faire une place à part à la série « Millenium » mais c’est un « ovni » inclassable, ou aux romans « berlinois » de Philippe Kerr, il est difficile de ne pas tomber sous le charme de son détective, discrètement « homophobe », Bernie Gunther, et  « La mort entre autres » qui fait suite à la trilogie berlinoise est un grand roman.

Si je suis fatigué des romans policiers à héros récurrent, je le suis encore plus de ceux à « sérial killer » qui envahissent la production depuis le succès du « Poète » de Mickael Connelly. Certes il y a quelques bonnes surprises, comme « Le chuchoteur » sorti avant l’été, et dont la qualité et l’originalité de l’intrigue font oublier la pauvreté de l’écriture et l’inexistence psychologique des personnages, mais elles sont si rares que le seul terme de « serial killer » dans la quatrième de couverture tend à me dissuader d’acheter le livre. Je suis fatigué de ces descriptions interminables de dépeçage de corps féminin (il s’agit rarement d’hommes, pas même de quoi exciter mon inconscient sadomasochiste...) par des psychopathes. Heureusement que j’ai fini par céder au « bouche à oreille » pour me procurer « Seul le silence » de R.J.Ellory qui renouvelle et transcende complètement ce thème. Un véritable choc, un incontestable chef d’œuvre. Je n’ai pas encore lu Vendetta qui lui traite de la mafia, mais je viens de terminer presque d’une traite (çà ne m’était pas arrivé depuis « Hyperion» de Dan Simmons) son dernier roman paru en France, « Les anonymes ». Ce qui débute comme une histoire de tueur en série, s’avère en fait une enquête sur les crimes de la CIA en Amérique latine. Remarquablement écrit, aux personnages attachants, ce livre aux dimensions politiques et philosophiques, franchit les limites du polar sans jamais oublier le suspense. « Un véritable aboutissement du genre. Des fanfares devraient saluer l’arrivée d’un thriller de cette ambition, de cette puissance et de cette maîtrise » ont écrit des critiques anglo-saxons. Indéniablement.
Je n’ai pas parlé des romans à succès des « vieilles dames anglaises » (parfois pas si vieilles) toujours en première position dans les devantures des librairies, ni de Harlan Coben...car il n’y a rien à en dire


Au cinéma nous avons vu ce week-end « Les petits mouchoirs », quelques bons moments, on rit souvent mais ça se gâte sur la fin, ça se « Lelouchise » et Benoit Magimel est aussi crédible en homosexuel que moi vous annonçant que je vais me mettre à courir le clito... et « Biutiful » Alejandro González Inárritu, narrant le chemin de croix d’un père mourant dans le Barcelone de la misère et des travailleurs clandestins et qui fait tout pour offrir un avenir décent à ses enfants. Magnifique mais à ne pas voir un jour de déprime...

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 12:22

Vendredi dernier, j’aurais du me rendre à Bordeaux mais j’en ai été dissuadé par le mouvement de grève larvée de certains personnels des aéroports parisiens, le départ de mon avion ayant été finalement annulé après avoir été repoussé de demi-heure en demi-heure. J’ai constaté avec surprise que ces retards qui touchaient la plupart des vols étaient pris avec une relative bonne humeur par une clientèle dont j’ai pu constater par le passé, dans des circonstances similaires, qu’elle pouvait manifester son mécontentement plus que bruyamment. Compréhension implicite des motivations des grévistes ? Ces perturbations aériennes, dont j’ai appris qu’elles duraient en fait depuis mardi, sont étrangement passées sous silence par les médias. On peut s’interroger sur cette minimisation de l’étendue du mouvement de grève actuel, alors que ces mêmes médias ont plutôt eu tendance à suivre les syndicats dans leur surestimation du nombre de manifestants.
On peut se demander aussi pourquoi les syndicats appellent à poursuivre un mouvement alors qu’ils savent pertinemment que le gouvernement ne peut plus reculer et qu’ils risquent de se retrouver sans porte de sortie honorable ? Peur d’être débordés et que le recul du pouvoir ne puisse advenir que dans le contexte d’une dé-corrélation du mouvement protestataire du problème des retraites, dé-corrélation dont l’entrée en lice de lycéens qui n’ont jamais songé qu’ils seraient vieux un jour pourrait être le signe avant coureur, qui emporterait tout sur son passage (le petit facteur, qui commence à vieillir lui aussi, rêvant même tout haut de mai 68, oubliant qu’en mai 68 la France était prospère, en pleine expansion et qu’il s’est alors agi d’un mouvement libertaire dans une France « culturellement » sclérosée) ? On comprend mieux par contre l’attitude du parti socialiste qui a intérêt à ce que la réforme se fasse (un boulet de moins pour lui s’il arrive à revenir aux affaires), mais avec le plus de dégâts possibles pour que le coût politique en soit considérable pour le pouvoir actuel. Car c’est bien l’élection de 2012 qui est en train de se jouer, que le PS puisse gagner même sans leadership et sans programme (François Hollande s’y essaie bien, en faisant sur le plan fiscal des propositions d’une cohérence telle qu’on en regretterait presque qu’il ne soit plus à la tête de ce parti).
Je ne sais pas qui sera le candidat du PS en 2012, mais il se pourrait bien que Renaud Camus le fût, s’il arrive à obtenir, ce qui me semble improbable, les signatures nécessaires. C’est par hasard que je suis tombé l’autre soir sur une interview de lui, dans une émission où je m’attendais le moins à le trouver, « Bienvenue chez Basse », animée par un journaliste, Pierre Louis Basse, dont la pensée me semblait bien ancrée dans le conformisme de gauche le plus répandu. L’interview, menée sans agressivité, autre surprise, portait sur la sortie de son livre « L’abécédaire de l’in-nocence », qui reprend des communiqués du parti qu’il a fondé, « le parti de l’in-nocence », interview pendant laquelle il a confirmé qu’il était possible qu’il soit candidat en 2012. Cette annonce a même provoqué quelque émoi, prendre le risque du ridicule,  sur le site de la « Société des lecteurs », site pourtant bien aseptisé depuis que des interventions intempestives ont conduit à une censure préalable qui en fait un cercle des adorateurs. On peut imaginer la stupéfaction que pourrait provoquer l’apparition dans la « lucarne » de ce sexagénaire gay, pionnier de la liberté sexuelle, au look d’un autre temps, parlant un langue que l’on pourra bientôt qualifiée de morte, pestant contre la disparition des valeurs de la grande bourgeoisie, l’impolitesse, la dislocation de la syntaxe, l’islamisation de la France, la perte des bonnes manières et du sens civique, l’état de l’éducation nationale et le saccage des paysages.
Cette grande « déculturation » dont parle Renaud Camus est sans doute aussi le reflet d’un monde qui est passé du traitement de texte à « powerpoint», de la phrase au « bullet point », « formatage par le bas de la pensée » (je renvoie à l’article du Monde de ce week-end « Powerpoint c’est du cinéma »), ce monde qui a donné naissance à « Facebook », dont un film magistral, au premier plan d’anthologie saisissant la tachypsychie du héros, nous montre comment l’impossibilité à communiquer, la blessure d’amour propre provoquée par une rupture sentimentale et la jalousie vont amener un surdoué à devenir le plus jeune milliardaire de notre temps.
Jacques Julliard lui aussi, dans des numéros récents du Nouvel Observateur, s’émouvait de la disparition de la langue française et du silence assourdissant qui occultait le fait que la religion chrétienne était devenue la plus persécutée au monde, notamment en Orient et de l’impossibilité à mobiliser les intellectuels sur cette chasse aux chrétiens. Jacques Julliard y voit un Yalta culturel, à l’Orient le monopole d’une religion de plus en plus intolérante, à l’Occident celui de la tolérance et de la laïcité ? On pourrait mettre en doute ce monopole de la tolérance en occident, parler plutôt là aussi d’un formatage de la pensée aux normes du « politiquement correct », formatage dont nous avons l’illustration de samedi en samedi à l’émission de Ruquier où l’on tente de plus en plus souvent, samedi dernier c’est Samuel Benchetrit qui s’y est essayé, de priver de parole ceux qui pensent autrement.
La flèche du temps n’est réversible que dans les équations de la mécanique quantique. Renaud Camus retiré dans son château du Gers fait de plus en plus penser à Don Quichotte. S’il peut m’arriver d’avoir telle ou telle nostalgie, douce et non douloureuse, je ne me sens pas mal du tout dans le monde tel qu’il advient. Quelque soit l’intérêt jamais démenti que je porte l’œuvre de Renaud Camus, je ne voterai donc pas pour lui. Je ne sais encore pour qui. Qui sait, François Hollande sera peut être le candidat socialiste !

 

"Les Lumières ont versé, si l'on ose l'écrire, des torrents de larmes, que le romantisme se garda bien de sécher, quoiqu'il ait modifié la matière des mouchoirs, et réduit quelque peu leur format. Ces pleurs si naturels, si l'on en croit leur immémoriale ancienneté parmi nous - qu'attestent à l'envi la littérature, qui sait tout, et la peinture, qui voit tout, pour ne rien dire de la musique, qui bruit de bout en bout de leur débordement -, ces pleurs directement tombés des yeux de la nature, il ne fallut rien moins que le naturalisme pour commencer à les tarir, l'urbanisme haussmannien, la science, les mardis de la Salpêtrière et la grande industrie. Nous ne sanglotons à peu près plus, sauf, et ce n'est même pas sûr, aux pires débâcles de l'histoire, de la grande et de la nôtre. Or qu'en serait-il pourtant de décennies à la chaîne qui ne sauraient plus ce que c'est que le rire ? Nous ne savons presque plus ce que c'est que les larmes."
(Renaud Camus, Le Bord des larmes, P.O.L., 1990)

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 21:15

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La sortie, mercredi prochain, du quatrième film d’Alejandro González (qui a reçu à Cannes le prix d'interprétation masculin), après l'inoubliable "Amours chiennes", "21 grammes" et "Babel"  me donne l'opportunité  de  revenir sur ce dernier film, plus "démonstratif" que les deux précédents. Dans les trois films nous assistons à l'entrelacement de destinées, ici, un évènement banal, le don d'un fusil de chasse par un japonais en voyage au Maroc à un paysan va bouleverser les vies de quatre familles, marocaines, mexicaines, américaines et japonaises, et ce en raison de l'impossibilité de communiquer aussi bien à l'intérieur de sa culture , qu'entre les cultures, d'où le titre "Babel". Impossibilité de communiquer traduite à l'extrême dans le personnage du sourd-muet. Pourtant aucune des critiques que j'ai pu lire n'a semblé remarquer que le film était bâti autour de la théorie du chaos, théorie physique qui répond à des modèles mathématiques que l'on trouve un peu partout  ainsi vulgarisée :  "le battement d'une aile de papillon en occident , par amplification des variations infinitésimales qu' il produit localement, peut être responsable d'un ouragan en Asie". Cette théorie, qui n'est d'ailleurs plus une "théorie", car elle décrit des lois physiques vérifiées par l'expérimentation, dit que des variations infimes de l'état initial d'un système physique vont rendre l'évolution de ce système "imprévisible" pour la physique (deuxième mort du déterminisme absolu après le coup de grâce de la mécanique quantique) en raison de l'impossibilité d'avoir une information complète sur l'état initial de ce système. Par analogie, dans le film, le don d'une carabine, dans le désert marocain, va déclencher une succession d'évènements imprévisibles. Et l'absence d'information sur cet état "initial" (le don d'une carabine), est traduite métaphoriquement dans l'impossibilité de communication entre les êtres.

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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 21:28

 

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J’étais à Limoges lundi dernier, une chance la grève ne commençait que le lendemain,  pour rencontrer plusieurs médecins du CHU avec lesquels nous menons une étude clinique. A chaque fois que je reviens dans cette ville, je ne peux m’empêcher de penser que c’est dans cette ville, il y a bien longtemps, je devais avoir environ 17 ans, que j’ai connu mon premier « émoi affectif ». J’y effectuais ma période dite des « 3 jours », en fait à peine un jour et demi, pendant laquelle, en ces temps là, on déterminait votre aptitude au service militaire. J'y étais allé certes un peu inquiet de ce que j'allais avoir à faire, mais aussi fort excité de découvrir un milieu sans femmes! Retrouver l'excitation, purement visuelle,  que me procurait l'ambiance des dortoirs à cette époque là, la même que j’avais connue à l’âge de 13 ans lors d’une « retraite » d’une semaine à Lourdes, organisée par mon collège catholique, et durant laquelle j’attendais chaque soir avec impatience que nous nous couchions pour observer, à la dérobée, mes camarades se déshabiller…Il se trouve que quelques mois avant cette évaluation militaire j’avais fait, probablement la conséquence d’un banal traumatisme sportif (cela peut prêter à sourire mais je jouais au golf dans ma jeunesse, et lors d’un mouvement malheureux le club lancé à grande vitesse a raté la balle et s’est brutalement planté dans le sol), un pneumothorax spontané. Ceci a beaucoup inquiété le médecin militaire qui voulait me réformer, ce que, à la stupéfaction générale, je refusais absolument, je me sentais trop bien dans cette ambiance exclusivement masculine (j’ai ressenti la même chose 10 ans plus tard lors de mes « classes » d’aspirant médecin à Libourne où j’ai été à deux doigts de m’engager !). Ce médecin a donc décidé de m’hospitaliser à l’hôpital militaire de Bordeaux pour un bilan visant à s’assurer que je ne souffrais d’aucune pathologie pulmonaire. Il se trouve que j’avais sympathisé avec un jeune homme, Loïc, qui lui aussi allait être hospitalisé pour une raison que j’ai oubliée. Je me souviens encore du véritable moment de détresse que j’ai ressenti lorsqu’ il a été réformé et est retourné chez lui quelques jours après son arrivée à l’hôpital. Il n’était probablement pas homosexuel (je n’étais même pas vraiment conscient de l’être), mais avec le recul j’ai indiscutablement connu là, pour la première fois, le désir amoureux….Je suis sorti quelques jours plus tard, apte...

Les plus "physionomistes" d'entre vous me retrouveront peut être sur la photo ci-dessus, prise à la fin de mes classes!

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 15:56

 

 

J'ai toujours été surpris de constater combien le mot "génétique" avait pour don de réveiller des frayeurs archaïques. On se souvient du tollé à propos des déclarations de Sarkozy sur la pédophilie et ceci pour une simple imprécision de langage, certes très imprudente en ces temps médiatiquement assassins.
Il s’était agi, à n'en pas douter, d’une approximation hâtive, incomplète et excessivement simplificatrice (on n'a pas mis en évidence un gène de la pédophilie ou de la "tendance suicidaire" et il est peu probable que cela arrive un jour), mais émettre l'hypothèse d'un "terrain génétique" propice à l'expression de certaines pathologies est tout à fait licite, d'autant plus que nous avons de nombreux exemples où il ne s'agit plus d'une hypothèse mais d'une réalité. On sait qu'il y une prédisposition génétique à certains cancers, à certaines formes de maladies neurologiques etc... En ce qui concerne les comportements les facteurs génétiques de la schizophrénie sont admis et pour en venir au suicide une prédisposition génétique à la dépression est établie depuis longtemps (par l'intermédiaire de gènes intervenant sur le transport de la sérotonine chez environ 15% des patients). Pour les perversions sexuelles, comme la pédophilie, envisager une prédisposition génétique n'a rien de choquant, même si cela n'est encore qu'une hypothèse.
Il est étonnant aussi de voir avancer cet étrange argument (aussi bien par l'église que par les bien pensants, pour une fois sur la même longueur d'ondes) qu'une origine génétique équivaudrait à une "perte" de la responsabilité individuelle", de la liberté. Et pourtant il est reconnu qu'il existe une prédisposition génétique pour l'alcoolisme, ceci n'autorise cependant pas à rouler en état d'ivresse et rend passible des mêmes sanctions.
J'espère qu'on a compris que je ne cautionne pas ce qu'a pu dire Nicolaparte, mais que les réactions me semblent disproportionnées, y compris celles de scientifiques qui eux aussi font du politiquement correct (à moins qu'ils ne laissent entrevoir leur sensibilité politique...). Peut être que si j'étais candidat à l'élection à venir me reprocherait on mes propos sur l'homosexualité dans un billet antérieur de ce blog (« Inné et acquis »).
Cette « peur du gène » trouve en partie sa source dans le principe « égalitaire » qu’il pourrait s’en trouver malmené, mais aussi sans doute dans les excès de la sociobiologie et des théoriciens du « gène égoïste » qui en ont fait le centre de toute théorie de l’évolution.

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3 octobre 2010 7 03 /10 /octobre /2010 21:56

 

 

 

les-amours-imaginaires-dolan.jpgSamedi après midi, au même moment où certains d'entre nous défilaient contre la retraite à 62 ans (comme pour la gaypride, les chiffres de la police et des organisateurs divergent), nous sommes allés au cinéma. J'avais fait état, dans un blog antérieur, de mon coup de cœur pour le premier film d'un jeune canadien de 18 ans, surdoué, Xavier Dolan. Après "J'ai tué ma mère" son nouveau film, "Les amours imaginaires", ne déçoit pas , loin de là. La mise en scène en est pour temps beaucoup plus audacieuse et esthétisante, ce qui a pu en agacer certains, mais une grande sensualité en émane. La déconstruction du triangle amoureux (un jeune homme au visage d'ange va être l'objet du désir d'un fille à pédé et de son petit copain interprété par le réalisateur dont on a peine à imaginer qu'il le soit ) n'apporte rien sur le fond à ce que l'on sait déjà - René Girard- mais elle est illustrée de façon magistrale, en s'aidant de ralentis à la "In the mood for love" et d'une bande son étonnante mêlant Bach et Dalida. Xavier Dolan rafraichit avec irrévérence tout ce que la grande littérature nous a déjà appris du caractère "imaginaire", accidentel, éphémère de "l'état amoureux".
Le hasard a voulu que nous voyions dans la foulée, un jour plus tard un film magnifique du metteur en scène italien Luca Guadagnino, "Amore", histoire d'un amour fou, à la réalisation aux accents parfois viscontiens, et qui là encore s'accompagne d'une superbe bande son. Somptueux et bouleversant.
J'ai eu le loisir pendant une semaine professionnelle assez chargée qui m'a mené de Genève à Nice (où nous avons pu diner sur la plage, derniers moments d'un été dont j'ai de plus en plus de mal à le voir s'en aller) en passant par un séminaire à Neuilly où j'ai pu constater que la vie "communautaire" , ce n'était pas seulement à "Barbes", d'avancer dans la lecture du dernier Houellebecq - "La carte et le territoire"- qui pour une fois rencontre (il y a cependant des bastions de "résistance") l'unanimité de la critique. On se demande pourquoi car ce roman me semble totalement cohérent avec son 'œuvre antérieure, autoportrait de l'auteur, situé dans un monde parallèle (constance d'un référence à certains codes de la science-fiction) qui se veut une "représentation du réel" qui le dévoile, monde où Jean Pierre Pernaud aurait fait son "coming-out" en plein journal télévisé, vison toujours aussi cynique, ironique (c'est souvent très drôle) et pessimiste. L'écriture de ce grand roman est toujours aussi belle.
Le succès de ce roman, en tête des ventes, au même moment où "Des Dieux et des hommes", une vraie surprise, est en tête des entrées cinématographiques depuis 3 semaines, souligne la complexité de notre humanité.
Je suis loin de me sentir en phase avec tout ce que dit Philippe Sollers, qui fût une des têtes pensantes de la cabale contre Renaud Camus lors de "l'affaire", mais cet extrait de la chronique dans le JDD, je n'ai rien à en retirer :
"La religion rend souvent fou, c’est une vieille histoire. La palme d’or de l’illumination revient quand même, ces tempsci, au pasteur protestant menaçant de brûler en public quelques centaines de corans. Obama le supplie de n’en rien faire, l’armée américaine aussi. Il est têtu, il insiste, il a pris goût à sa dimension soudaine de star. Les Américains éclairés (ça existe) soutiennent, par ailleurs, le projet de mosquée près de Ground Zero. En effet, si toutes les religions se valent, pourquoi l’islam n’aurait-il pas droit de cité sur des ruines provoquées par des fanatiques? L’islam modéré est en marche (voyez la Turquie, il n’y a pas que l’Iran) et au nom de quel Dieu faudraitil freiner ses progrès? La mauvaise religion perverse, vous le savez bien, est la catholique et ses légions de prêtres pédophiles encore sur le terrain. Le pape n’en fait pas assez dans le repentir, et l’Angleterre vient de le lui rappeler avec fermeté. Le Vatican, un Etat? Vous rigolez, un repaire de fantasmes. Le mariage des prêtres résoudrait-il le problème? On le dit, mais rien n’est moins sûr. L’indignation gay est compréhensible: Benoît XVI ferait mieux de démissionner."

 

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